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JEAN II, DIT LE BON

i456. Jean II, fils aîné de Charles I, né l'an 1426, lui succéda dans les duchés de Bourbon et d'Auvergne, dans les comtés de Forez et de Clermont , dans les seigneuries de Beaujolais , de Dombes , etc. , et dans îa dignité de grand-chambrier de France. C'était un prince déjà connu par sa valeur. Le roi Charles VII lui ayant donné la commission de général en chef l'an i45o, il avait poursuivi les Anglais en Normandie , portant alors le titre de comte de Clermont ; et , les avant atteints près de Formigni, à trois lieues de Bayeux , il avait remporté sur eux , le 18 avril i45o, une victoire complète. Le généreux Bichemont , connétable , et le comte de Dunois , qui avaient Lien voulu servir sous ses ordres , avaient contribué beaucoup

35o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

au gain de la bataille, il prit ensuite , la même année , les villes <î<» Caen et de Cherbourg , et de là , éranl passé en (inienne , il eut part, l'an i4 J2 , à la reprise de Bordeaux, dont le célèbre 'lalbot , général anglais, s'était rendu maître en peu de tems. l.e zèle qu'd avait marqué pour le service de 1 état, sous le règne de Charles VII , ne se soutint pas sous celui de Louis XI. Sur le refus que ce dernier lui fit de l'épée de connétable , il se joignit au duc de Bretagne et au comte de Cbarolais , avec lesquels il trama sourdement la ligue du Bien-public, dont il fut un des principaux acteurs. Elle éclata , l'année suivante , par le refus que le duc fit au roi des secours qu'il lui avait demandés pour aller faire la guerre au duc de Bretagne. Ce premier acte de rébellion fut immédiatement suivi d un autre encore plus outrageant. Bourbon, s'étant emparé des bureaux du roi , se saisit de l'argent qu'il y trouva, et fit arrêter le seigneur de Crussol , Juvénal des Ursins , et Doriole , receveur-général des finances. Le roi marcha promptement contre le duc de Bourbon , qui , bien que soutenu du comte d'Armagnac , du duc de Nemours et du sire d'Albret , fut obligé de fuir devant l'armée royale , et d'abandonner le Bourbonnais pour aller .se renfermer dans Riom. Assiégé dans cette place, il se vit contraint de plier. On convint d'une trêve, dont le roi lui-même avait besoin pour aller au duc de Bretagne et au comte de Charolais , qui se disposaient à venir fondre sur lui. Cette trêve ne détacha point le duc de Bourbon de la ligue où il était entré. Il combattit pour elle, le 16 juillet i4^5, à la bataille de Mont- Iheri , puis s'empara , dans le mois de septembre suivant , de la Normandie pour le duc de Berri. Mais, par le traité de Confians , il fit sà paix avec le roi , f|ui l'honora du collier de l'ordre de Saint-Michel. Il obtint, la même année, des lettres de ce monarque , datées du mois de novembre , par lesquelles toutes ses terres, situées en France, furent déclarées, ainsi que son duché de Bourbon , nûment ressortir au parlement de Paris. ( Guichenon , hisL manuscrit de Dombes. ) Les usures que les Juifs exerçaient à Trévoux occasionèrent des plaintes , sur lesquelles le duc Jean crut devoir faire droit, en leur ordonnant, par lettres du mois d'août 14^7 1 de sortir incessamment de cette ville. Les Juifs ne se bâtant point de se conformer à cet ordre, il chargea , par d'autres lettres données au mois de mars suivant , les officiers de ses chambres des comptes et grand-conseil, ses baillis et juges du Beaujolais, de tenir la main à l'exécution de ses précédentes lettres. ( Guichenon , ibid. ) Le roi , l'an 14.75 , lui donna un nouveau gage d'estime et de confiance en l'établissant lieutenant-général dans plusieurs des provinces méridionales, depuis le Lyonnais jusqu'au Poitou. Il attaqua, le 21 juin de la même année , à Gy , près de Châteauguion , les Bourt

DES DUCS DE BOURBON. 35t

guignons commandés par \ntoine de Luxembourg, dit le comte de Kouci, fils du connclaljle et gouverneur de Bourgogne, gagna sur eux une sanglante bataille , et fit prisonniers plusieurs ofîiciers de marque, du nombre desquels était le général qu'il envoya à la grosse tour de Bourges. Ce fut ime capiure trèsagrcable au roi que celle du comte de Bouci. Il ordonna qu'il lui f:it amené au château du Plessis-lez-Tours, et là il lui fut remonstré ^ dit Paradin , comme il avait entrepriiis plusieurs choses contre le roy , et les énormes crimes qu 'il aooit commis , 5 elaiil porté et déclaré ennemi du roy et du royaume , contre lequel il avait exercé hostilités , bruslemens , pilleries , saccage-

mens ^ et toutes manières d'excès Pour ce estant entre ses

mains , et ayant mérité la mort , le roy lui voulant faire grâce , le

mettait à l^o mille écus de rançon à faute de quoi il fusi

tout assuré qu'on le ferait mourir. Le duc de Bougogne , dans la suite , se retira de la cour, et n'y reparut que sous le règne de Charles Vilf. A son retour, il se joignit au duc d'Orléans pour disputer le gouvernement du royaume à la dame de Beaujeu , sa belle-sœur. La princesse essaya de les engager à un désistement , en les comblant d'honneurs et de biens. Elle fit conférer au duc d'Orléans le gouvernement de Paris , de l'Ile de France, de la Champagne et de la Brie , avec le droit d'assister à tous les conseils : et au duc de Bourbon , par lettres du 23 octobre i4<^3, la charge de connétable et de lieutenant-général du royaume, après laquelle il soupirait depuis long-tems. Mais, enhardis par ces faveurs , ils n'en furent que plus ardents à soutenir leurs prétentions. Pour en rendre juge la nation, ils requirent la convocation des états généraux. L'assemblée se tint , l'an i4^i- •( 3 Tours ; mais sa décision, après de longs débats, ne répondit pas à leur ambitieuse attente. Il y fut statué que le jeune monarque étant parvenu à l'âge de quatorze ans , fixé par l'ordonnance de Charles V pour la majorité des rois, la dame de Beaujeu et son époux resteraient auprès de sa personne ; et qu'en son absence, le duc d'Orléans , puis, au défaut de celuici, le duc de Bourbon , et ensuite le sire de Beaujeu , présiderait au conseil, composé de tous les princes du sang, d'autres seigneurs , et de douze membres choisis parmi les représentants de la nation aux états. Les ducs d'Orléans et de Bourbon, trompés ainsi dans leurs espérances, font un traité de confédération contre la cour. Tandis que le premier lève une armée dans le Blaisois , le second, en sa qualité de connétable, convoque le ban et l'arrière-ban des provinces méridionales, sous prétexte de mettre le roi en liberté. Mais Thabileté de madame de Beaujeu rendit cet armement inutile. Le duc d'Orléans , as-

siégé dans Beangenci par laïrémoille , après avoir conru risque tl'être arrêté dans Paris, se vit réduit à se mettre à la discrétion de ce général, et s'estima trop heureux d'obtenir sa grâce, que toute la haute noblesse sollicita pour lui. Le duc de Bourbon , cependant, s'avançait à la tête de son armée vers Orléans. Il était à douze lieues de cette ville , lorsqu'il rencontra l'armée du duc de Lorraine , que sa rivale envoyait contre lui , mais avec ordre de le ménager. Instruit alors des revers du duc d'Orléans , il prête l'oreille aux propositions de paix qui lui sont faites, et reprend la route de Moulins , où il continua de murmurer contre le gouvernement.

L'archiduc Maximilien , dans ce même tems, menaçait d'une invasion les frontières de la France, dans le dessein de reprendre les provinces que Louis XI l'avait obligé de lui céder par le traité d'Arras. Il ouvre la campagne au printems de i486 , avec soixante mille hommes. Le duc de Bourbon , invité par une lettre du roi à venir se mettre à la tête de l'armée pour repousser l'ennemi , s'excuse sur la goutte, qui ne lui permettait pas de monter à cheval. Bientôt néanmoins il se met en marche avec une florissante armée , et voit en passant le roi , auquel il déclare, en plein conseil, la résolution ou il est de faire à son gré la guerre ou la paix avec l'archiduc , aux conditions qu'il jugera les plus convenables au bien de l'état. 11 part sans prendre congé du roi , laissant la cour dans la plus grande agitation. Le monarque et la dame de Beaujeu courent après lui; et, l'ayant atteint à Compiègne , ils viennent à bout de calmer son ressentiment. Une nouvelle attaque de goutte l'empêche d'arriver jusqu'aux frontières, et l'oblige de remettre ses troupes aux maréchaux des Querdes et de Gié, De retour à Moulins, il mourut, sans laisser de postérité légitime, le i^*^. avril 1488, âgé de soixante-deux ans , et fut enterré au prieuré de Souvigni. Il avait épousé , 1". par contrat du 1 1 mars i447 1 Jeanne , fille du roi Charles VII , morte à Moulins le 4 mai 1482 ; 2°. le 28 avril 1484? Catherine , fille de Jacques d'x\rmagnac, duc de Nemours, morte au mois de mars i486 (v. st.): .S", l'an 1487 , Jeanne , deuxième fille de Jean II , comte de Vendôme , laquelle, après la mort du duc Jean, prit une seconde alliance avec Jean III, comte d'Auvergne, et une troisième, l'an i5o3, avec François de la Pause, baron de la Garde, et mourut le 22 janvier i5i2 ( n. st. ). Le duc Jean laissa cinq enfants naturels; savoir, Mathieu, dit le Grand, bâtard de Bourbon, qui se rendit célèbre par sa valeur sous le règne de Charles VllI, et mourut au mois de septembre i5io5; Charles, souche des marquis de Malause; Hector^ évêque de Lavaur, puis archevêque de

Toulouse en i49-» mort en i5o2; Marie, alliée à Jacques de Sainte-Colombe ; et Marguerite, femme Je Jean de Ferrières ,

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