‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 203 sur 277 · BERTRAND II · texte numérisé non relu

BERTRAND II

ioG3 au plus tard. Bertrand II , fils de Geoffroi I , le remplaça dans le comté de Provence, Ce comte , suivant le nouvel nislorien de Provence, était d'une capacité fort médiocre. Effrayé par les excommunications multipliées que \e pape Grégoire VII lançait contre l'empereur Henri IV et ses adhérents^ il refusa de reconnaître ce prince pour son suzerain. L'aveugle soumission de ce comte aux décrets de la cour de Rome le fit consentir à tout ce que le pape exigea de lui , et le porta même à faire hommage de ses états au saint-siége. Il avait cependant sous les yeux un bel exemple à imiter dans la conduite que tint Aicard , archevêque d'Arles , que l'autorité du souverain pontife

Sy8 "chronologie HISTORIQUE

n'empêcha point de demeurer fidèle à rertipereur. Grégoire en Vain mit ce prélat sous l'anathéme et le déclara déchu de l'épiscopat, avec ordre au peuple et au clergé d'Arles de lui nommer un successeur. Le peuple et le clergé de celte ville , nullement ébranlés par cet ordre, continuèrent de rendre à leur pasteur l'obéissance légitime qu'ils lui devaient, et au chef de l'empire les devoirs dont ils étaient tenus envers leuF suzerain. Bertrand, incapable de discerner entre l'abus et l'usage légitime de l'autorité pontificale , le fut également de faire respecter la sienne*. Ses vassaux , le méprisant, profitèrent de la conjoncture poiir se rendre indépendants. « Ceux qui s'étaient mis sous la proij tection immédiate de l'empereur se prévalurent de la faiblesse » du comte et de l'excommunication de Henri pour ne" dé- » pendre de personne ; les autres s'affermirent tellement dans >> leur autorité , qu'Us faisaient consister toute la subordination j> à prêter hommage. Ainsi l'on voyait en Provence presque » autant de despotes que de grands vassaux. Le comte n'était » point en état de les faire rentrer sous l'obéissance ; il avait i» peu de troupes et peu de moyens de les faire subsister. L'ar- » gent était rare , et la plus grande partie de ses richesses con- * slstait en fonds de terre et en bestiaux. » { Numy Hist. de Prov. tom. II, pag. 191. ) Raymond de Saint-Gilles, depuis comte de Toulouse , sut aussi tirer parti de la faiblessse de Bertrand Il et de celle des comtes de Forcalquier pour faire valoir les droits qu'il avait au comté de Provence du chef d'Emme , sa grand'mère, fille du comte Botbold. Ce n'est en effet que depuis l'an io85 qu'on voit Raymond exercer en Provence des actes d'autorité , au lieu qu'il ne parait pas , dit le nouvel historien de Provence , qu'on y eût jamais reconnu son père ni son frère. Le comte Bertrand finit ses jours entre les années loqo et logS, ne laissant qri'une fille naturelle nommée Cécile, ïnarlée, l'an io83 , à Bernard Alton , vicomte de Nismes et de Carcassonne. Bertrand', dans un acte de io65, prend le titre de comte de toute la Provence ; ce qui donne Heu de croire qu'il en avait la suzeraineté. Sa femme , nommée Mathilde ,. l'avait, précédé au tombeau.

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