‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 213 sur 277 · COMTES DE FORCALQUIER · texte numérisé non relu

COMTES DE FORCALQUIER

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LjE comté de Forcalquler, appelé d'abord le comté de Sisteron » parce que le chef lieu de celte seigneurie, nommé par les Romains Forum Neronis , et dans le moyen âge Forum Calcarium^ est situé dans ce diocèse, avait autrefois beaucoup plus d'étendue qu'il n'en a présentement ; car il renfermait tout ce qui est compris entre la Durance , l'Isère et les Alpes, et par conséquent la plus grande partie de la haute Provence, ou Provence occidentale. Ce fut en io54, qu'il fut démembré du comté de Provence , par le comte Geoffroi I, comme on l'a dit à l'article de ce prince, en faveur de ses neveux, GuiLLAUME- Bertraxd et Geoffroi , tous deux 11^. du nom de leur maison- Ces deux frères possédèrent en commun ce comté ; mais il paraît qu'ils se distinguaient, l'un, par le titre de comte de iSice, et l'autre, par celui de comte de Forcalqoier. Geoffroi, dont la femme se nommait Douce, mourut sans postérité, l'an.ioyS ou 1094. Bertramd, son frère, qui le précéda de quatre ans au tombeau, laissa d'ADÉLAÏDE , sa femme, sœur de Gui de Caveneze, premier comte de Yalpergue, une fille, nommée aussi Adélaïde, laquelle épousa Ermengaud IV, comte ♦l'Urgel ; ce qui fit passer le comté de Forcalquier dans la maison de ce dernier, qui, étant mort en 1092, laissa un fils, qui suit.

GUILLAUME L 1094. Guillaume I ou III, fils d'Ermcngaud , comte d'Ur-

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gel , et d'Adélaïde de Provence , succéda en bas 3ge à son grand- oncle Geoffroi II, sous la tutelle de sa mère. L'usurpation qu'il fil de la ville de Pertuis sur'^l'abbaye de Montmajour, et les dommages qu'il y causa , lui attirèrent une excommunication , dont il alla se faire relever à Yienne , par le pape Calliste H , qui se trouvait alors en celle ville. Il éprouva à son tour, peu de tems après, le pouvoir de la violence contre la justice. Durant les différents des comtes de Toulouse avec les comtes de Barcelonne, pour le parlage de la Provence , il fui dépossédé par ces princes , de la moitié de la ville d'Avignon , qui îui appartenait ; mais , après le traité de 1 125 , elle lui fut rendue par le comte de Barcelonne. Guillaume , depuis ce tems , prit le titre de comte de Forcalquier et d'Avignon. Il mourut au mois d'octobre 1129, laissant de GaRSINDE , sa femme , deux fds , qui suivent. (, Vaissète. )

BERTRAND I et GUIGUES.

1129. Bertrand! et Guigues, fils de Guillaume I, lui succédèrent en bas âge dans le comté de Forcalquier, sous la tutelle de leur aïeule Adélaïde, qui, l'année même de la mort de Guillaume 1, son fils, se démit de tous ses biens en leur faveur. Bertrand mourut l'an 11 49» ou Tan ii5o, laissant de Josc.ERANE , sa femme, deux fils , qui suivent , avec une fille ^ Alix, mariée à Guiraud Amici, seigneur de Sabran. Guigues, frère de Bertrand, l'avait précédé au tombeau, l'an 1149 au plutôt, sans laisser de lignée, Guillaume, son fils, étant mort avant lui.

GUILLAUME II ou IV , et BERTRAND II.

ii.'îo au plus tard. Guillau:\îe II ou IV, et Bertrand II , fils et successeurs de Bertrand I, jouirent paisiblement du comté de Forcalquier, jusquen 11B2, que l'empereur Frédéric f inféoda ce comté à Raymond-Bérenger , comte de Provence, Le motif, ou le prétexte de cette inféodation , éîait qu'à l'avénement de Frédéric au trône impérial , les comtes de Forcalquier ne lui avaient pas rendu leurs devoirs. Ce prince ordonna donc que ces comtes et leurs successeurs rendraient hommage aux comtes de Provence, et qu'en cas de refus, ils perdraient leur comté. Mais, l'an 1174 (et non pas, comme le marque Bouche, 1164), Guillaume, ayant été trouver l'empereur en Italie, obtint de lui la révocation de cette inféodalion , et se fit rétablr, comme portent les leltres-patenles de Frédéric, dans tous les honneurs, dignité et juridiction de

DF.S COMTES UE FOKCALQUIEn. 43l

son comté. Ces lettres sont datées du 2. mai de la vingt-troisième année du règne de Frédéric , et de la vingt-uni('>me de son empire, indicliou VU. Dans celle affaire, il n'est point fait meulion de Bertrand, parce qu'il était alors à la Terrtf-Sainte. Avant son départ, l'an n68, il avait fait donation , par son testament , de la ville de Manosque , sur la Durance, aux chevaliers de l'Hôpital, et y avait ajouté beaucoup d'autres terres, laissant le reste du comté à Guillaume, son frère, à la charge de ratifier cette donation ; que s'il le refusait, en ce cas, Berti-and lui substituait Kaymond Y, comte de Toulouse, dans la moitié de son comté, et donnait l'autre à ses cousins de Sabran et de Simiane. Bertrand revint de la Terre-Sainte, et vécut, suivant Bouche, au moins jusqu'en 1208. Il ne laissa point d'enfants. A l'égard de Gniliaume , son frère , il eut avec Alfonse II , roi d'Aragon, une guerre fort vive, dans laquelle il lui causa de grands dommages, comme Alfonse le déclare lui-même dans le traité de paix qu'ils firent à Aix, dans le mois de juillet iiq^. Le sceau de cet pacification , fut le mariage Je Gersende , sa petite -fille, par Gersende, sa mère, femme de Rainier de Sabran , dit de Castellar , avec Alfonse II , comte de Provence. Guillaume, en considération de cette alliance, fit don à la jeune Gersende, du comté de Forcalquier, s'en réservant l'usufruit. Mais ensuite , mécontent d'Aifonse II , il transporta à Béatrix, son autre petite-fille, sœur puînée de Gersende, et femme de Guignes-André, dauphin de Viennois, u!ie portion du comté de Forcalquier, savoir, le Gtpençois et l'Embrunois; ce qui accasiona une guerre entre Alfonse et Guillaume. Celui-ci, ayant fait la paix, entreprit un pèlerinage à Saint- Jacques, en Galicie. Les habitants d'Avignon lui ayant demandé la confirmation de leur commune, il l'accorda par une charte du 4 tles nones de juillet 1206. Le titre de cette commune n'existait plus ; et Guillaume, en la confirmant, dit, adressant la parole aux Avignonais : Je croix iju'eUe a été accordée à vos prédécesseurs il y a plus de soîx.antf,-dix ans : per seplua— ginta annos et eb amplîhs. (^Noui>. hisl. de Proc. , tom. 111, pag, 534.)

L'an 1208, au mois de janvier, Guillaume fit donatioa de son parlais de Manosque, à l'Hôpital de Saint-Gilles. C'est ia dernière action connue de sa vie. Il ne vivait plus en novembre de l'année suivante. Par sa mort , le comté de Forcalquier fut réuni à celui de Provence. Cependant Guillaume, fils de Guiraud de Sabran, et d'Alix, fille de Bertrand I , comte de Forcalquier , revendiqua ce comté , tant du chef de sa mère , qu'en vertu d'une donation que Bertrand II j lui en avait faite à lui-même : il prit les armes

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