‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 212 sur 277 · CHARLES IH · texte numérisé non relu

CHARLES IH

i4<^o. Charles III, fils de Charles I , comte d'Anjou et du Maine, était à la cotir du roi René, son oncle, lorsque ce prince l'institua son héritier universel. Il reçut aussitôt après cet acte, les hommages des seigneurs provençaux. Mais René H , duc de Lorraine, petit-fils, comme on l'a dit, du roi René, par Yolande, sa mère, souffrit impatiemment que l'ample succession de son aïeul passât à un héritier collatéral, avec la seule réserve pour lui du duché de Bar. Il dissimula néanmoins son ressentiment tant tpie le testateur vécut. Ce prince étant mort, il se mit en devoir de faire valoir ses prétentions. Ayant envoyé, pour cet effet, une armée devant lui en Provence , il vint promptement la joindre. Mais il trouva plus d'obstacles à ses desseins qu'il n'en avait prévus. Outre les forces que la Provence fournit à son rival , le roi Louis XI avait fait passer, dans ce pays, un corps de yicilles troupes, qui dissipèrent bientôt les soldais lorrains , et assurèrent à Charles la libre possession de cette province. C'était pour lui-même que Louis travaillait. Voyant que Charles tramait une vie languissante, il gagna Palamède Forbin, premier ministre de ce prince, et par son moyen il vint à bout de se faire instituer héritier universel de Charles, par un testament passé le 1 1 décembre i4'^i. Charles mourut le lendemain à Marseille, dans la quarante cinquième année de son âge. Après sa mort, le roi Louis Xï se mit en possession de la Provence , ainsi (jue des autres états dont Charles avait joui. Mais René forma opposition en régie à cette prise de possession. Il attaquait, non le testament de Charles, qui était hors d'atteinte, mais celui du roi René, prétendant que la Provence et le royaume de Naples ayant été souvent gouvernés par des filles, ils appartenaient légitimement à sa mère, et qu'ainsi son aïeul n'avait pu anéantir les droits de la nature, par un acte extorqué à la faiblesse. Le roi de France, de son côté, faisait valoir, contre le duc de Lorraine, un pacte de famille et d'anciens testaments de deux princes de la maison d'/\njou , qui avaient appelle des mâles à leur succession, quoique dans un degré plus éloigné, préférableraent aux filles. La question resta indécise pendant le reste du règne de Louis XI , qui demeura toujours en jouissance par provision. Mais le roi Charles VIII la décida de fait, en réunissant, ou, pour mieux dire, annexant à perpétuité la Pro-

yence à sa couronne, par ses lellres-patentes du mois d'oclobre i486. ( ^'^oy. Charles II , com/c du Maine.) La Provence a conservé jusqu'à nos jours, suivant le trailé fait avec elle par Charles Vill , ses lois particulières et privilèges. Elle n'est point encore aujourd'hui (1785) regardée comme province de la France. C'est pour cela que dans les arrêts du parlement d'Aix, on met toujours, par le roi, comte de Prooence , et que nos rois, dans leurs lettres adressées à ce pays-là, prennent la qualité de comte de Provence et de Forcalquier. Ce fut le roi Louis XII qui établit le parlement d'Aix , pour la Provence et les pays en dépendants, par édit donné à Lyon , au mois de juillet i5oi ; ce qu'il confirma par sa déclaration donnée à Grenoble, le 2.6 juin de l'année suivante. Le ressort de ce tribunal était en iy85 çncore le même; il comprenait douze sénéchaussées et environ cinquante-une justice royales, etc.

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