PONS- HUGUES L
Pons -Hugues, successeur de Hugues II, son père, aa coinlé d'Ampurias, vit avec peine le démembrement qui en avait été fait du comté de Péralada, en faveur de Bérenger , son oncle, et chercha les moyens de recouvrer cette portion par la voie des armes. Il eut aussi de grandes conti-slalions avec le comte de Roussillon. Ce dernier et Bérenger, pour se meure à l'abri de ses poursuites, firent contre lui aecrè-
DFS COMTES d'aMPURÎA^L C3
tement un Iraité d'alliance avec Raymond-Béreriger , coTntc de Barcelonne, qui aspirait de son côté à une entière domi- Tiation sur la Catalogne, Dans cette vue , le comte de Barcelonne invita le comte d'Ampurias à concourir à ses conquêtes sur les Sarrasins ; et pour l'y «engager, il offrit de lui donner en fief plusieurs cViâleaux et terres situés dans le comté de Bésalu , dont le haut Yallespir était une dépendance, et plusieurs seigneuries dans le comté de Barcelonne. Pons-Hugues accepta l'offre, et se reconnut vassal du comte de Barcelonne, non-seulement pour les fiefs qu'il venait d'obtenir, mais encorti pour les domaines que ses ancêtres lui avaient transmis. {Archio. roy. de Barcelonne.) C'est là le premier hommage rendu aux comtes de Barcelonne par les comtes d'Ampurias , et l'époque de la décadence de cette illustre maison. Pons- Hugues dépouilla bientôt après l'église de Gironne des dîmes et autres droits qu'elle possédait dans le territoire de Castello. Il fut excommunié à ce sujet par Bérenger-Dalmace , évecpie de Gironne , et pour obtenir son absolution , il ratifia l'accord fait par Hugues, son père. ( Archb. de la calh. de Gironne.^ Mais il rompit bientôt ce traité par une nouvelle usurpation des droits qu'il avait abandonnés. L'évêque en porta ses plaintes au comte de Barcelonne, suzerain de Hugues, et les comtes de Roussillon et de Pierrelate s'élant joints au prélat, déterminèrent le comte de Barcelonne, Raymond - Bérenger III, a déclarer la guerre à celui d'Ampurias, Le dernier se sentant incapable de résister aux forces ae son suzerain , offrit de se soumettre à tout ce qu'il voudrait lui prescrire. La première condition que Raymond-Bérenger lui imposa, fut de se rendre prisonnier à Barcelonne. Il obéit, et, le i6 des calendes de septembre delà vingtième année du règne de Louis, (1128 de Jésus-Christ ) ils firent un traité par lequel il fut convenu que l'église de Gironne serait rétablie dans ses droits, que le comte d'Ampurias ferait démolir toutes les nouvelles fortifications qu'il avait élevées dans ses domaines, qu'il délaisserait les châteaux du comté de Bésalu aux seigneurs qu'il en avait dépouillés ; qu'il n'accorderait aucune protection aux vassaux rebelles du comte de Barcelonne; que les habitants de ce comté pourraient exercer librement leur commerce dans celui d'Ampurias , tant par terre , que par mer, san spayer d'autres droits que ceux qui étaient anciennement établis; qu'il indemniserait le comte de Roussillon et le seigneur de Péralada des torts qu'il leur avait faits ; qu'il ne pourrait empêcher ses sujets d'aller au marché de Péralada ; qu'il se soumettrait au jugement de la cour de Barcelonne , pour ses différents avec deux seigneurs , nommés Rarabaud et Hubert, s'iJs ne pouvaient être
terminés par la médiation de leurs amis communs; qu'il serait obligé de secourir le comte de Barcelonnc dans ses guerres, sans pouvoir se retirer sans sa permission ; et qu'enfin en sortant de prison , il serait tenu de donner au comte trois chevaux , trois vases d'argent de la valeur de cinq cents livres, et le mois suivant , autres cinq cents livres en mulets ou chevaux. )]Marca Hisp. ^ col. 1264; Taverner , Hist. des comtes ei'Amp.) Quelques dures que parurent ces conditions au comte d'Ampurlas, il fallut s'y soumettre pour obtenir sa liberté. Le 2. des ides de juin de l'année vingt-deuxième du règne de Louis (ii3o), Pons-Hugues fit un nouveau traité avec Gaufred , comte de Rousslllon, par lequel il assura à ce dernier la propriété de tous ses domaines , s'il venait lui-même à décéder sans enfants nés en légitime mariage, ex dotât a conjuge, {Marca tlisp.y col. layo. ) Raymond-Bérenger III, comte de Barcelonne, dans son testament, du 8 des ides de juillet de lavingttrdisième année, du règne de Louis, (ii3i de Jésus-Christ ) disposa non-seulement de ses domaines en faveur de Rajmond- EérengerlV, son ûls^ mais encore particulièrement du droit de suzeraineté et de procuration qu'il avait sur Peralada , domijiailonem et bajuliam quam habeo in Petralata. {Marca Hîsp. yipp., iit. CCCLXXI., col. 1274.) Gosberl de Péralacla et ses frères renouvelèrent leur alliance avec le nouveau comte de Barcelonne , et se mirent avec tous leurs biens sous la protection de Raymond-Bérenger IV, qui de son côté promit de les aider et défendre contre tous leurs ennemis, par un traité du 6 des calendes de novembre de la vingt-cinquième année du règne de Louis, (ii33de Jésus-Christ) Pons-Hugues regardant la mort de Ravmond-Bérenger III, comme une occasion favorable pour se rele\er des pertes qu'il avait faites dans la dernière guerre, usurpa de nouveau les droits de l'église de Giron ne et dépouilla plusieurs de ses vassaux de leurs fiefs. Mais Raymond- Bérenger IV lui ayant déclaré la guerre , Pons-Hugues, trop faible pour lui tenir lête , fut réduit à prendre le parti de la soumission , et à se reconnaître, comme il l'avait fait vis-à-vis de Raymond-Bérenger III , vassal du comte de Barcelonne , par un traité conclu le 3 des nones de mars de la première année du règne de Louis (le Jeune) ( ii3S de Jésus-Christ.) ( Archn\ Toy. de Barccl. , \. 2 , de jcud. , fol. 18 , Dlago Hist. des com. de Barcel. , l. -j., c. i^i.) Sa mort arriva Tan 1160 au plus tard. De Brunissende , son épouse, il laissa deux fils, Hugues, qui suit, et Pons-Guillaume.
HUGUES m.
HuGUls m , fils aîné Je Pons-Hugues et son successeur,
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^ccoraà, de l'avis de Rrnnissende, sa mèrp, et de Pons Guil-« ianrru , son frère, le droit de pèche dans Tétang de î asicllo et sur la mer, avec l'exemption «le dîme, à Pierre, al)be de Rodes. La charte qu'il fil expédier à re sujet a pour date le lo des calendes de juillet de l'année xxiv., du règne de t.ouis le Jeune (i iGo de J. C.) {Archw. de Rodes.) L'an 1 1;»^, il essuya un furieux revers par une descente' que les Sarcasins de Majorque firent dans le comté dWrapurias. Ils y firent de grands ravages qui restèrent impunis. (Tavern;^r, Hisi, des C. d'Amp.') AKonse 11 , roi d'Aragon, avant succède a la seigneurie de réralada , en vertu des traités faits par son père et son aïeul avec les seigneurs de cette ville, la donna en tief, l'an iit-ju , à Bernard de Navata, et à Brnnissende, son épouse avec ])ouvoir de la transmettre à leurs descendants a peipeiuite. ( Taverner, ibid ) On ne voit pas que les successeurs d'Alfonse soient revenus contre cette aliénation.
Le comte d'Ampurias fit, l'an '210, avec 1>. Pèdre !l,roi «i' Aragon, un traite portant que le comte d"A upnrias serait uni et annexé aux états du roi . sans préjudice du droit de souverameté que U- comte continuerait d'y exercer. ( Llob t , Rei-aL del. Coud. Emp. Ta^erner, ibib. ) Hugues fit preuve de son désintéressement en remettant à ses suj' ts , par un diplôme du 3o avril i:i2H, le droit qu'il avait de succéder aux célibataires dans ses domaines. Cet acte fut souscrit par t'ons-Hugues, soa fils. Il assista , l an 1228, aux étais de (îarcelnnne où le roi doui Javme rendit <leux ordonnances, l'une poiir l'observation de la paix ou de la Trèoe de Dieu , l autre contre les Juifs qu il exclut de toutes les charges de judica ure , et dont il reslrcigiit les privilegrs. ' Murca Hi\p. ^cul. 1 412-14 <.)
Le roi don Jayme a\aiit entrepris la co tqut^le de l'île de Majoique, le comte d'Ampurias lui amena ses forces, et contribua par sa valeur, l'an i^iat), à riitur.-ux succès d* cette expédition. Un poé'le du tems, ', Laureiilîus Vènm. Uf.ud Uiiraf^ Rerum ùal. , t VI , p. 141 ) parlatrt de la disposition da camp des Chrétiens, dit :
Post ista ste'efunt Fulgentes arie> , <|U s uxta Rusïlîenses, Ainpnriae rertor p.st omnes ca tra tenebat, Et vallalu» erat sola de gente suorum.
Le monarque victorieux nomma ensuite le comte d'Aittpurîas parmi les commissaires d<^signes pour (iaire le partage de la ■ unquète. i^ iMa ca, Hist de Bêarn, \. 6, c. 34.) Hugues lil finit ses jours dans un âge très-avancé, le 24 avril i23-) , laissant dof la comtesse Jeanne, son épouse, un fils qui suit.
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