‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 235 sur 277 · DES COMTES DE VALENTINOIS ET DE DIOIS · texte numérisé non relu

DES COMTES DE VALENTINOIS ET DE DIOIS

laume IX, comte de Poitiers, né vers l'an iii5, étant venu, accompa(;né de plusieurs gens, à Montelimar, fut engagé par la comtesse de Marsanne , lieu situé dans le Valentinois , de la secourir contre les évèques de Valence et de Die, qui lui faisaient forle guerre; lequel lui ^st très grant secours^ et conquist plusieurs châteaux et villes esdi*s pays de Vahiilinois et de Dioys ; auquel de Poitiers , pour le récompenser des services qu 'il lui avoit faits , elle offrit donner la moitié de toute sa terre , ou qu 'il lui pleust la prendre toute entière en prenant aussi à femme une sienne jille qu 'elle avoit seulement ; laquelle fille il prist par mariage , et fut seigneur de toute la terre. C'est ce que porte une enquête faite en la ville de Romans, en Dauphiné , l'an 1/^2.1 , et rapportée par Duchesne. ( Preuv. delà gcnéal. des comtes de Valentinois , p. 5. ) La même enquête nous apprend de plus qu' Aimar eut de son mariage un fils , nommé Guillaume; et Duchesne, conclut d'un testament sans date , de la comtesse Philippe de Poitiers , que c'était le nom de la femme d'Aimar. Ce comte mourut, au plutôt, en ii35, et laissa de son mariage un fils, qui suit.

GUILLAUME L

Guillaume, fils d'Aimar, de Poitiers, comme il le déclare lui-même dans une de ses chartes ( Bibl. Sebus. , pag. 4^) » ^t non pas de Guillaume IX , comte de Poitiers, comme le prétend D. Vaissète , succéda à son père dans le comté de Valentinois.

L'enquête qu'on vient de citer, nous apprend qu'il servit par aucun tems le comte de Tolose , lequel le recognut ii cousin et parent, et lui fit grand honneur et secours. De son tems, le comté de Valentinois fut considérablement entamé par l'empereur Frédéric L Ce monarque, attentif à restreindre l'autorité des seigneurs laïques autant qu'il le pouvait , étant à Besançon , accorda, l'an iiôy , par son diplôme du viii des calendes de décembre (24 novembre), à Eudes, évèque de Valence, la seigneurie de cette ville avec les droits régaliens , et treize châteaux aux environs. (^Gall. Chr. vet. , tom. III, col. 1112.) C'est depuis cette concession qu'Eudes, et ses successeurs, se sont qualifiés évèques et comtes de Valentinois. L'an 11 78, le iv des calendes d'août, Frédéric gratifia de même, à peu près, Uobert, évêque de Die, par le don qu'il lui fit de cette ville, et de quelques châteaux dans le Diois , en pleine juridiction, avec les droits royaux, même surtout ce que Guillaume, de Poitiers, avait dans l'étendue de cet évêché , à l'exception du château de Quint. ( Gall. Chr. vet. , tom. II , pag. 555. ) Mais le lendemain il accorda une sorte de dédommagement au comte Guillaume,

en lui cédant le péage depuis Valence jusqu'à Montelimar, é partager avec le dauphin. {Ai/ard.) Guillaume prit sous sa protection , Tan I i<S3 , l'abbaye cistercienne de Léoncel , qu'il exempta en même - tems de lout péage. {Biblioth. Sebus. r pag. 4^0 i^3r un mandement qu'il donna ensuite, il enjoint à ses châtelains et à ses baillis de prendre la défense de ce monastère contre certains brigands, dont quelques-uns étaient même de sa terre , qu'il tenait, dit -il, de son père Aimar, gens pernicieux , qui ne craignaient poir.t d'outrager les moines de Léoncel , de prendre et d'enlever leurs biens. Audivi quidem qubd quidam pesiilenies , et eiiam de terra mea et patris met domi'ni Ademari Liuncellensibus injuriari non metuunt^ et bona eorum rapcre et violenter abducere non formidant . {Ibid. pag. 47') Voilà donc le nom, inconnu aux modernes, du père de Guillaume, de Poitiers. L'an 1187 , Guillaume, et son fils Aimar, par acte passé à Valence dans l'abbaye de Saint - Kuf , donnèrent à la chartreuse de Silve-Bénite une rente de quelques grains à prendre sur leur terre de l'Etoile. (Anselme.) C'est le dernier trait connu de sa vie, qu'il termina au plus tard dans les premier» mois de l'an i i8y. De sa femme, BéaïRIX, fille de Guignes IV, dauphin de Viennois, il laissa le fds qu'on vient de nommer.

AIMAR II DE POITIERS, comte de Valentinois et de

Diois.

1189 au plus tard. Aimar, successeur de Guillaume, son père, se releva d'une partie des pertes que son père avait faites, par le don que lui fit le comte de Toulouse, Raymond V, au mois de juin 1 189 , de tout le droit et le domaine qu 'il possédait , soit par lui-même , soit par ses vassaux , dans le comté de Diois, ( Valssète, tom. III , pag. 79. ) La reconnaissance d'Aimar envers la maison de Toulouse , l'engagea depuis à se déclarer pour le comte Raymond VI , dans la guerre des Albigeois. 11 fortifia ses châteaux, et les mit en état de défense. Mais, l'an laiS, voyant approcher de Valence Simon de Montfort , chef de l'expédition contre ces hérétiques, avec le duc de Bourgogne, il alla les trouver, et prévint par ses soumissions les ravages dont ils le menaçaient. Pour sûreté des promesses qu'il leur fit, il livra à Montfort quelques-uns de ses châteaux, dont ce général confia la garde au duc de Bourgogne. Deux ans après l'occasion qu'il trouva de s'agrandir , le détacha entièrement des intérêts du comte de Toulouse. Le concile de Latran ayant privé ce prince de ses domaines, que les croisés avalent conquis, Aimar se prévalut de ce jugement pour étendre sa domination sur le yivarais , compris dans les états du comte de Toulouse , quoi-

DES COMTES DE VALENTINOIS ET DE DIOIS. ^']l

<ju'îl ne fit point partie de la conquête des croisés. (Hisi. de Long. , tom. III , pag. 255.)

Malgré cette usurpation et les engagements qu'Aimar avait pris avec Moutfort, il rentra, sans se dessaisir, dans le parti de Raymond VI. Monlforl , les voyant réunis , passe le Rhône à Viviers, Tan laiy ; et, s'étant joint à un corps considérable de croisés, conduit par l'évêque de Nevers, il va faire le siège de Crest, château très-fort et très-bien muni dans le Valentinois, dont un brave chevalier, nommé Arnaud d'Aydu, était gouverneur au nom d'Almar, à qui il appartenait. Plusieurs evèques du pays , et environ cent cVievaliers français, l'aidèrent dans cettrf expédition. On négocia cependant la paix entre ce général et le comte de Valentinois; et ils convinrent enfin d'un traité. Simon promit de donner sa fille au comte, qui , de son côté, promit de vivre en bonne amitié avec lui, et lui livra, pour gage de sa parole , plusieurs de ses châteaux. Aimar conclut , en mêmetcms , la paix avec Humbeit de Mirabel, cvéque de Valence, avec lequel il avait de grands différents. ( Vaissète , iùid. p. 298. )

L'empereur Fréiléric I avait accordé au comte Guillaume, père d'Almar, un droit de péage sur le Rhône; le fils en demanda. Tan 1219, la confirmation à Frédéric II, et l'obtint. Le aU juillet de la même année, par transaction faite avec l'évêque et le chapitre de Valence, il reconnut tenir de cette église, en franc- fief , la seigneurie de Château-Double. Il acquit, le 2.2. février 12^0, d'Almar et de Pierre du Poussin la terre de ce nom, et mourut peu de tems après. Philippine de Faï, sa deuxième femme, qui vivait encore en i:i5t, lui apporta en dot la terre de Faï, et beaucoup d'autres en Vivarais. Devenu par-là vassal du roi de France , il reçut ordre de lever le ban et l'arrlère-ban dans ses terres, et de le faire partir pour aller joindre l'armée de ce monarque. Les enfants qu'il eut de son premier mariage, sont Josserande, femme de Bermond , seigneur d'Anduse, et Guillaume, qui mourut en 1226 , laissant de Flotte de Rozannit, sa femme , un fils, qui suit.

Page 1