AIMAR III DE POITIERS
i23o. Aimar, petit-fils d'Aimar II par Guillaume, son père, succéda, en bas-âge , à son aïeul , sous la tutelle de Flotte de Rosannit, sa mère, qui avait disputé cette foncîion, après la mort de son mari, à son beau-père, et l'avait emportée de force avec le secours de l'évêque de Valence. Raymond VII , comte de Toulouse, et cousin d'Aimar, s'étant approche du Rhône au mois de février i^Sq, le comte de Valentinois vint le trouver; et, par acte passé à l'Ile dans le yénaissin, le 9 avril suivant, il
lui déclara que le château de Bois, avec ses dépendances, était de son alleu, qu'il en était de même de seize autres châteaux, du nombre desquels étaient Privas, Tournon , Saint-Alban , tous situés dans le Vivarais, et qu'il n'en tenait aucun en fief ou autrement, de quelque seigneur temporel que ce fut, Aimar reçut ensuite ces domaines en Jief franc du comte de Toulouse , après lui en avoir donné le domaine principal et direct , ne s'en réservant que le domaine utile et la possession naturelle, après quoi il lui en rendit hommage, les mains jointes, en présence de deux évêques et d'un grand nombre de seigneurs. C'était une restitution des droits qu'Aimar 11 avait usurpés, comme on l'a vu , sur le comte Raymond VI , après le jugement du concile de Latran, qui le déclarait privé des domaines que les croisés lui avaient enlevés : jugement dont Raymond Vil s'était fait relever en 1229. ( Duchesne , hist. des comtes de Valent. , pr. , pag. 7 Vaissète, hist. de Lang. , tom. 111 , pag. 4'5. )
Aimar, l'an 12S6, reconnut encore, par lettres données à Gui Fulcodi , avoir fait hommage à Raymond Vil du Diois", mais seulement par crainte , dit-il , attendu que Raymond l'avait menacé de lui faire la guerre en cas de refus , avouant néanmoins que son aïeul avait reçu de lui le comté du Diois en fief. ( Vaissète , ihid. , pr. col. 620. ) Saint Louis voulant s'assurer du château de Bidage, appartenant au comte de Valentinois, Aimar, sur la demande que le roi lui en lit, promit de le lui remettre à grande et à petite force , tant que lui ou les enfants , soit de feu Béraud de Bidage , soit de Guillaume de Soloignac , «on vassal , le posséderaient. L'acte de cette soumission est daté de Châtoau-Double , à deux lieues deDraguignan , en Provence, le 8 mai 1257. (Duchesne , l'ùid. pr. , pag. 9. ) Guichard V, sire de Beaujolais, étant mort sans postérité l'an 1265 , Aimar disputa sa succession à Isabelle, sœur de Guichard, sa tante, et fut évincé par jugement de la cour du roi , Tan 1269. (Voy. les sires de Beaujolais. )
L'an 1268, le siège épiscopal de Valence vint à vaquer par la démission de Philippe de Savoie, qui, l'ayant administré sans ^tre dans les ordres sacrés , ainsi que l'archevêché de Lyon , le quitta pour succéder à Pierre , comte de Savoie. Aimar écrivit alors au pape Clément IV, pour le prier de procurer un digne pasteur à l'église de Valence. Clément, par sa réponse des nones de juillet , troisième année de son pontificat, marque au comte que , pour satisfaire à son louable désir, il venait de pourvoir le siège de Valence d'une personne sage et discrète , et de plus votre parente , dit-il , sans néanmoins la nommer. Ce fut Bertrand , évêque d'Avignon , qui , dans l'élection , avait eu pour compétiteur Gui de Montlaur , chanoine du Pui. (^Gall. Ch,
Ï>ES COMTES DE VALE^'TINOIS Et DE DIOIS. 478
<>e/. , tom. III , pag. 1 1 14- ) Aimar eut néanmoins dans la suite des démêlés avec ce prélat ; car on voit dans le cartulaire de Valence que Bertrand mourut en 1274 > après avoir fait la paix avec it^-romte de Yalentinois. {Ibid.) Pour la consolider, le pape làrégoire X, s'étant rendu la même année à Vienne, unit l'é-stvêché de Die à celui de Valence , espérant de rendre par-Wf^vè- Cjue de Valence plus formidable au comte de Valentinois. En conséquence de cette union , Aniédée de Roussillon , qui venait de succéder à Gui de Montldur, dans l'évêché de Valence, se mit en possession de celui de Die, qui venait de vaquer par la mort d'Amédée de Genève, son oncle. Son premier soin fut de former un chapitre composé d'ecclésiastiques des deux diocèses, pour maintenir entre eux une plus grande liaison. Mais Amédée de Houssillon ne tarda pas à se brouiller avec le comte. Il lui déclara la guerre et lui eideva plusieurs places; les hostilités durèrent entre eux jusqu'à ce que des amis communs vinrent à bout de les mettre d'accord. ( Valbonnais, tome I, page 227.) La mort d'Aimar arriva l'an 1277 , peu de tems après le 6 mai , date de la donation qu'il fit à son (ils aine, de plusieurs châteaux situés dans les diocèses de Valence , de Viviers et de Die. Il fut inhumé à l'abbaye cistercienne de Beaulieu, comme il l'avait ordonné par son testament. Ce comte avait épousé, 1". Florie de Beaujeu , dame de Belleroche , fdle d'Humbert V, sire de Beaujeu ; 2*^. l'an 1266, Alixente , ou Alix SE Mercœur . fdle de Béraud , sire de Mercœur , et veuve de Ponce de Montlaur. Du premier lit il eut un fils, qui suit , et deux filles : Philippine , alliée à Bertrand , seigneur de Baux et comte d'Avellino , au royaume de JNaples ; et Marguerite , femme de Roger de Clérieu. Du second lit sortit Guillaume , seigneur de Chanéac.
M. de Valbonnais {Hîsf. de Daiiph. , p. 3^2 ) a donné le sceau d'Aimar III , qu'il nomme le IP, où il est représenté à cheval, avec un écu sur la poitrine , chargé de six besants surmontés d'un chef, qui sont les armes de Poitiers. On lit autour : Sigil-
LUM AyMARI de PlCTAVIA COMITIS VaI.ENTIWENSIS ET DiEîSSIS ;
et dans le contre-sel , on voit une étoile à douze rais, avec ces mots seulement : comitis Valentinensis.