AIMAR IV DE POITIERS
1277. -"^IMAR IV, que les modernes comptent pour le troisième de son nom, était marié, depuis l'an 1270, avec HlP- POLYTE , ou Polie, fille de Hugues, comte de Bourgogne, et d'Alix de Méranle , lorsqu'il succéda à son père, Aimar III, dans le comté de Valentinois. Cett-e alliance lui valut la terre X. 60
de Saint- Valller, dans le Graisivaudan, qii'Hippolyte lui apportsf en dot. Devenu veuf, il se remaria, Tan 1286, avec Marguerite, fille de Kodolfe, comte de Genève. L'an 1292, apprenant l'arrivée de l'empereur Pxodolfe en Suisse , il vint le trouver à Murât, avec plusieurs seigneurs et prélats du royaume de Bourgogne , pour lui faire hommage comme à son sui-erain. ( Valbolinais , tome I , page 2^1.) Philippe de Bernisson, gouverneur du Comtat-Yeuaissin , pour le pape Nicolas IV, voulut obliger, l'an i2yi , Hugonet Adémar , seigneur de Montéli— mar , de rendre hommage au saint siège des châteaux de la Garde, de Bac, et d'une portion de ceux de Savace et de Cliàteau-Neuf de Mazène. Le comte de Valentinols s'y opposa, soutenant que toutes ces terres , hors celle de la Garde , relevaient de lui. Après quelques contestations , il fut convenu qu'Hugonet reconnaîtrait le comte de Valentiriois pour seigneur immédiat de ces terres , et les tiendrait en arrière-fief de l'église romaine. ( Valbonnais , tome I, page 2.^1.) Aimar IV était bon économe; il augmenta considérablement ses domaines par différentes acquisitions qu'il fit. Il acheta , l'an 1288, le château de Sure ; le 4 mai 129^:^ il acquit, suivant Chazot , la terre et seigneurie de Faulignan , que nous ne trouvons dan* aucune carte géographique; en 129(3, il devint propriétaire , par achat , de la terre de Barre , en Vivarais, et deux ans après, du château de Monclar , au diocèse de Die. Ayant vendu , l'an i3i7, le château de Belleroche, il remplaça cette aliénation par l'acquisition des terres et châteaux de Mirebeau et de Pisançon , faite le 17 février i3z6 ( v. st.). 11 vivait encore en i32g, et mourut âgé de plus de quatre-vingts ans. De sa première femme il eut sept enfants : Aimar, qui suit ; Humbert et Otton, morts sans lignée ; Guillaume , seigneur de Saint- Vallier ; Louis, évèques de Langres en i3i8; Alix , femme d'Artaud , seigneur de Boussillon, et Constance, alliée à Hugues Adémar de Alonteil. Du second lit vinrent : Amé , qui succéda, dans les terres de Clérieu et Chantemerle , à Guillaume , son frère consanguin, et mourut, vers Tan i343, sans postérité; Amédée, successeur de Guillaume dans la terre de Saint- Vallier; Catherine, femme d'Aimeri VII ou VIII, vicomte de Narbonne ; et Anne, troisième femme de Henri H , comte de Rodez , remariée ensuite à Jean , dauphin d'Auvergne,
AIMAR V DE POITIERS, dit AIMARET.
1829 au plutôt. Aimar V, dit Aimaret, exerçait la dignité comtaie dans le Valentinois et le Diois avec Aimar IV , son père, dès l'an iSoy. Le i'6 juin i3i6 , il se démit, entre les
DES COMITES DE VALENTINOIS ET DE DIOIS. ^-jS
mains du roi , de ses comlés , qu'il reprit ensuite pour les tenir de lui à foi et hommage. Le dauphin Ilumbert II prétendait aussi qu'il lui devait hommage-lige pour ses comtés ; Aimar soutenait qu'il ne le devait que simple , et se pourvut à la cour d'Avignon pour se mettre à l'abri des poursuites du dauphin. Mais le pape refusa de prendre connaissance de ce démêlé. Enfin, après bien des remises, Aimar fit l'hommage, tel que le dauphin l'exigeait, le aS avril i338. ( Valbonnais , Hist. de Daupli. , pr. pag. 649 et 55o, ) L'an i3oc), Aimar fit un dernier testament, le 12 août, et mourpt peu de tems après. Sibylle DE Baux , fille de Raymond de Baux, comte d'Avellino, qu'il avait épousée en 1284, lui donna Aimar, mort , sans enfants, avant le 3 avril i324 ; Louis, qui suit ; Guichard , mort en i32c) ; Olton , évèque de Verdun ; Aimar, seigneur de Veyne ; Guillaume, évêque de Langres ; Henri, élu évèque de Gap le 8 juillet i349; Charles, tige des seigneurs de Saint- Yallier ; et cinq filles, dont l'aînée, Hippolyle , épousa, en premières noces, Renaud IV, comte de Dammartin, et en secondes, Armand VI, vicomte de Polignac ; Jeanne, la dernière, vécut dans le célibat , et mourut en odeur de sainteté.