‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 239 sur 277 · LOUIS II DE POITIERS · texte numérisé non relu

LOUIS II DE POITIERS

1.373. Louis II , fils d'Aimar de Poitiers , Seigneur de Cha— lençon , et de Guiotte d'Uzès, né l'an i354, succéda au comte Aimar VI , son cousin , dans le Valentinois et le Diois. L'an 13/4? il transigea , le ii août , avec Charles de Poitiers, seigneur de S. Vallier , touchant la succession de leur famille , et lui remit les terres de Pisançon et de Mareuil , avec les châteaux de S. Nazaire et de Flandene. L'an 1 4o4 5 i^ fil cession , par acte du II août, au roi Charles VI de ses comtés, qui renfermaient vingt-sept villes ou châteaux, onze forteresses et deux cents fiefs ou arrière-fiefs, s'en réservant la jouissance durant sa vie , et à condition, i". que ces comtés ne pourraient jamais être mis hors de la main du roi , ou de son fils aîné le dauphin ; 2,". que le roi lui donnerait, dans le mois de novembre suivant , ceot

DES COMTES DE VALENTl^OIS ET DE DIOIS. 4??

mille écus d'or ; 3°. qu'au cas qu'il laisssât en mourant des fils légitimes (il n'en avait point alors), ils auraient la liberté de rentrer dans ces comtés en rendant au roi la somme qu'il avait reçue. Ce traité n'était pas une surprise faite au comte Louis, il avait été projeté dès l'an i3e)i , dans un pour-parler qu'il avait eu, le 3o novembre, avec le seigneur de la Rivière , que le roi Charles VI lui avait député à cet effet. {BIss. du Roi ^ n". 9420. ) Antoine de Grolée, et les seigneurs d'Entremonls et de Mirebel, excités par Amédée VIII, comte de Savoie, déclarèrent la guerre en 1407, on ignore sous quel prétexte, au comte Louis. C'était la déclarer, en quelque sorte , au roi luimême , suzerain comme il était et cessionnaire de Louis. En vertu de ces deux titres , le comte de Valenlinois ne manqua pas de s'adresser, par une requête du 6 juillet i4f-'7i ^u parlement de Grenoble , pour demander du secours ; sur quoi cette cour rendit un arrêt qui défendait à ceux de Vienne de laisser passer aucunes troupes par eau et par terre qui vinssent des états de Savoie. Charles de Poitiers , seigneur de Salnt-Valller , avait consenti, par un acte du 19 juin i4o4 > à la donation que le comte Louis avait faite de ses états au roi de France. Mais, après sa mort, arrivée l'an i4io au plutôt, son fils, Louis de Saint-Vallier , ne crut pas devoir s'en tenir à la transaction. Etant entré à main armée avec Jean, son frère , évèqiie de Valence , dans le château de Graine où résidait le conile Louis, son cousin , il se saisit de sa personne, et le contraignit de faire un nouveau traité le mardi i3 août i4'^ ? en présence de plusieurs chevaliers et docteurs-ès-lols. Par cet acte, il fut c'onvenu qu'au cas que le comte Louis vînt à décéder sans enfants mâles légitimes, les comtés de Valenlinois et de Diois appartiendraient au seigneur de Saint-Vallier, excepté le Château-jSeuf de Dama san , qui demeureroit à Lancelot, fils naturel du comle. Il était veuf pour lors de Cécile de Beaufort , fdle de Guillaume-Roger III, comte de Beaufort, en Vallée, morte en i4io, dont il n'avait eu que des filles. Mais il se remaria, l'an i4i7v^vec Guillemette de Grueres, fille de Uaoul , comle de Gruères , en Savoie, dans l'espérance d'en laisser une postérité masculine et de frustrer par-là de son attente le soigneur de Saint-Vallier. 11 en arriva autrement ; car ce mariage fut stérile. Toujours , néanmoins , résolu de se venger de la violence que le seigneur de Saint-Vallier lui avait faite, il lit, le 22 juin i4'9 » à Baix, un testament par lequel , en dérogeant au dernier traité , il instituait son héritier universel le dauphin Charles, fils du roi Charles VI , à la charge de payer à ses exécuteurs testamentaires cinquante mille écus pour acquitter ses dettes et accomplir ses legs ; et en cas de refus , il lui substituait

le duc de Savois. Le comte Louis mourut le 4 juillet suivant au château de Baix , et fut enterré aux Cordeliers de Crest , laissant de son premier mariage deux filles, Louise, mariée, le i5 novembre 1^89, à Humbert VIII, sire de Thoire-Yillars; et N..., femme d'Aubert de Trassi. Une enquête, faite à Romans en 1421 , nous apprend que Combien qu'il (le comte Louis II) oysf chacun jour messe et dist ses heures doucement , comme il sembloit^ et (ju 'il se confessast et ordonnast chuciin an ; toutefois il étoit moult amhicieux et îevoit plusieurs tailles sur ses sujets qui le doublaient moult , parce qxiil estait moult rigoureux et malgracieux ^ et par plusieurs Jais ^ ajoute-t-elle, avait usié à ses Juges et officiers la connaissance des causes criminelles pendantes pardei.'crs eux , pour en avoir grand profit par composition ou autre- /7î^«/. (Duchcsne , Hist. des comtes de fiaient., pr., page 71.) Dès qu'il eut fermé les yeux, Louis de Saint- Vallier prit le titre de comte de Valentinois et de Diois en vertu de la donation qu'il lui en avait faite et sans égard pour le testament qui l'avait annulée. Mais Henri de Sassenage , gouverneur de l)auphiné , et le conseil delphinal , réclamèrent ces domaines au nom du dauphin Charles, soutenant la validité de l'acte par lequel le comte Louis l'avait institué son héritier universel : sur quoi Louis de Saint- Vallier, assisté de Tévêque Jean de Poitiers , son frère, et de quelques chevaliers, offrit de s'en rapporter à ce qui en serait décidé par le conseil du dauphin, après avoir pris connaissance de ses droits et les avoir mûrement examinés. Il y eut acte de cette offre, passé , le 16 juillet 1419 ? à la Combe-Bellon , en présence de plusieurs personnes qualifiées. Enfin , l'an 1428 , le dauphin étant monté sur le trône sous le nom de Charles VII , Louis de Salnt-Vallier lui céda , par traité fait à Bourges, le 4 mai, tous ses droits sur la succession du comte Louis , moyennant une rente annuelle et perpétuelle de sept mille florins d'or que ce monarque lui assura. « Et depuis, dit Duchesne, les comtés de Valentinois et » de Diois sont demeurées unies et incorporées au Dauphiné. ». La Marlinière dit néanmoins que le duc de Savoie persistait encore depuis à former, sur le Valentinois et le Diois, des prétentions auxquelles il ne renonça qu'au moyen delà remise que Louis Dauphin lui fit, en i44^ 1 ^^ l hommage du Faucigni.

BUCS DE VALENTINOIS.

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