DES DUCS CE VALENTINOIS
tion de ses projets sur Tltalie , donna, par lelfres-patentcs du mois d'août , les comtés de Valentinois et de Diois à CÉSAR BoRGiA , fds naturel de ce pontife , et dans le mois d'octobre suivant , il érigea le premier de ces deux comtés en duché. A ces bienfaits , il ajouta une compagnie de cent lances de se$ ordonnances, dont il gratifia César, et la main de Charlotte, fdle d'Alain , sire d'Albret , qu'il lui fit épouser. Enfin , par un privilège qui n'avait point encore d'exemple , il adopta le nouveau duc de Valentinois , par lettres-patentes du mois de *499î ^^ '^'o?« et aux armes de France y avec permission d'en user en tous actes. On ne revient pas de son élon- «ement , quand on considère sur quelle tête Louis avait accumulé tant de faveurs. César Borgia , promu à l'archevêché de Valence , en Espagne , et créé cardinal par son père , en i4'>^» quitta l'état ecclésiastique , après avoir fait poignarder et jeter dans le tibre le duc de Gandie , son frère aîné , qui lui disputait la jouissance de Lucrèce, leur sœur. Soutenu parles armes de France, il mit toute l'Italie en combustion. Le pape, son père , voulant lui donner la Romagne , il restait à conquérir la ville de Faënza, possédée par Astorre de Manfredi , jeune seigneur de dix-sopi ans , adoré de ses sujets. César en fait le siège , et serre la place de manière que , perdant toute espérance de secours, les habitants capitulèrent le 26 avril de Tan i5oi. Les conditions du traité portaient qu'Astorre con^ serverait la vie , la liberté , Thonneur , avec la jouissance de ses biens allodiaux , et que la ville serait exempte du pillage. César tint parole sur le dernier point ; mais aussitôt qu il eut entre ses mains le malheureux Astorre, il l'envoya prisonnier, avec un de ses frères naturels, à Rome, où ils furent mis secrètement à mort. Il ne fut pas, après cela , difficile au duc de Valentinois d'obtenir du pape l'investiture de la Romagne , à titre de duché. Il enleva ensuite la terre de Piombino à Jacques d'Appiano; le duché d'Urbin, par une perfidie insigne , l'année suivante, à Gui Ubald ; et Camerino , par une autre fourberie, à Jules de Varane , qu il fit ensuite étrangler avec deux de ses fds. Les principaux seigneurs d'Italie, craignant chacun pour leurs terres et pour leur vie , se réunirent contre cet usurpateur. Mais il eut l'adresse de les gagner , l'un après l'autre, par de belles paroles , et de les engager à venir faire avec lui le siège de Sinigaglia , dont ils le rendirent maître en l'absence de François-Marie de la Rovère , préfet de Rome, qui en était le seigneur. La récompense qu'ils reçurent de cet important service , fut celle qu'on devait attendre d'un homme sans honneur et sans probité. César étant entré dans la place, après ea avoir fait sortir leurs gens , sous prétexte qu'elle ne pouvait les
contenir avec les siens , il arrêta prisonniers les prîncîpatliÉ «l'entre eux, savoir: Paul des Ursins , François des Ursins, duc de Gravina , Vitellozzo, Oliverotlo, Louis de ïodi ; et le lendemain , '61 décembre de Tan i5o2, il fit étrangler dans une rUarnhre (et non, comme le dit un moderne, dans la place publique) V^itellozzo et Oliverotto. ( Muralori. ) Le pape, instruit des derniers succès de son (ils, loin d'en avoir horreur , travaille à les compléter , en s'assurant de la personne du cardinal Jean B. des Ursins, qu'il envoya dans la tour Borgia. Il y fut trouvé mort dans le mois de février suivant, non sans soupçon de poison. Dans le même tems , César se débarrassa, par le lacet, de Paul des Ursins et du duc de Gravina, ses prisonniers. Le fruit qu'il retira de ces forfaits, et qu'il s'était roposé en les commettant, fut l'invasion de plusieurs terres de a maison des Ursins. Mais cela ne remplit point encore son insatiable avidité. Le mobilier du cardinal Corneto , le plus riche du sacré collège , et surtout l'argent qu'on savait qu'il avait dans ses coffres , était un objet qu'il avait grande envie de s'approprier. Pour y réussir , il invita à un repas ce prélat , dans le dessein de l'empoisonner. Mais la bouteille de vin , qu'il avait préparée pour cela, ayant été dérangée par une méprise , on en servit à l'un et à l'autre , et tous deux en ressentirent le funeste effet , auquel néanmoins ils survécurent par la force de leur tempéiament. Voila ce qu'il faut croire , ou donner un démenti à Paul Jove, qui , dans la Vie de Gonsalve, atteste avoir appris, de Corneto lui-même, que ce breuvage lui avait causé une inflammation inexprimable , et l'avait fait changer de peau. Mais ce qu'on ajoute, que le pape était du repas, et qu'ayant bu du même poison il en mourut , est une fable détruite par Odoric Raynaldi , qui prouve, par l'extrait d'un journal manuscrit du tems, qu'Alexandre mourut, le jb août i5o3, d'une fièvre double-tierce qui l'emporta en six jours de tems. La mort de ce pontife arrêta le cours violent des tvrannies de son fils Jules 11 , l'ayant fait emprisonner àOstie, ue lui rendit la liberté, qu'après l'avoir obligé à rendre toutes les places dont il s'était emparé. Il lui permit ensuite de se rendre auprès de Gonsalve de Cordoue , général espagnol, qui i'euvoya en Espagne , où il fut confiné dans une prison. .Xyant trouvé moyen de s'évader, il alla se réfugier vers Jean d'Albret, roi de Navarre, qui l'employa dans la guerre qu'il avait avec Louis de Beaumont , son vassal. César alla faire le siège de Viane , et y fut tué , le 12 mars 1607 , laissant une fille unique, nommée Louise, qualifiée duchesse de Valentinois , et mariée, i»- le 7 avril 1617 , à Louis II, sire de la Trémoille ; ' 2". le à février i5i3o, à Philippe de Bourbon-Busset. « Ce scélérat j^