HUMBERT. I
Humbert I, fils aîné de Guichard II, fonda, l'an 1070," l'église collégiale de Beaujeu, de concert avec Vandelmode, son épouse , que du Bouchet prétend avoir été de la maison de Tniern, en Auvergne. «^ '--'--- i- «^-^ - -^r- 1 »,a
nsi que l'abbaye de Savig
— ourut avant l'an iiiS, après .^ „„„ .„....„j^v,, vji^.-
chard , qui suit; H^igues, abbé (l'on ne sait d'où); Elisabeth; Vandelmode, mariée, suivant du Bouchet, à Renaud III , comte à& Joigni»
5o4 eHRONOLOGIE HISTORIQUE
GUÎCHARD m.
GuichaRd III , fils aîné de Humbert et son successeur, fut le premier , dit Cachet , qui eut des biens dans le pays de Dombcs. Les châtellenies de Saint-Tri vier, de Monlmerle, de Ricotiers, et les châteaux qui en dépendent, furent les domaines qu'il posséda dans celte contrée. Ce fut, suivant Guichenon , du comte de Forez, qu'il acquit Saint-ïrivier ; d'Artaud le Blanc, vicomte de Mâcon, qu'il acheta la châtellenie de Ricotiers; et de Robert, dit VEnchainé^ quil obtint, à prix d'argent, Montmerle. Ces terres et celles que les sires de Beaujeu y joignirent dans la suite au-delà de la Saône , furent long-tems appelées le Beaujolais en la pari de l'empire. Guichard III surpassa ses ancêtres en puissance et en réputation. L'histoire ne rapporte de lui que des traits honorables.
L'an II i5, il fonda le prieuré du Joug-Dieu, qui, l'an iiSy, fut érigé en abbaye, et, l'an 1688, a été sécularisé , par son union à la collégiale de Villefranche. Il est bon d'apprendre de Guichard lui-même, le motif de la fondation de ce monastère et la raison de la dénomination qu'il lui fit. C'est ainsi qu'il s'exprime dans la charte qu'il fit expédier à ce sujet , l'an 1 118, dans l'abbaye de Tiron , au Perche. «Une nuit, dit-il, étant seul i) dans mon appartement de Thamais , j'eus la vision suivante: j» Six hommes vénérables, tout brillants de lumière, se présen- » tèrent à ma vue , ayant des jougs à leur cou et tirant une » charrue, sur laquelle était appuyé le saint homme Bernard, » abbé de Tiron , un aiguillon à la main , avec lequel il les » piquait , pour les faire tracer un sillon droit. A mesure » qu'ils avançaient, je voyais sortir de terre des fruits en abon- » dance. Après avoir long-tems réfléchi sur cette vision , j'allai * trouver ledit abbé Bernard, à qui j'offris ce même lieu de »• Thamais, avec ses dépendances, pour y mettre des hommes » qui, sous le joug du Seigneur, prieraient continuellement » pour moi et les miens ; ce qu'il m'accorda volontiers. Et >» pour conserver la mémoire de la vision dont je viens de » parler, je veux que ce monastère ^ s'appele le Joug-Dieu ». (Gall. Christ., tora. VIII, instr.^cul. 3i6.) F/an 11 17, Guichard et l'abbé Hugues, son frère, par une charte du aS juillet, engagèrent au chapitre de Mâcon, tout ce qu'ils possédaient à droit et à tort, juste oel Injuste, dans le village d'Avenac , en Beaujolais, pour trente marcs d'argent fin. (Severt in Episc. Matisc, pag. 124, et Gall. Christ, nuv., tom. IV, col. 1069.)
DES SIRES DÛ Bi^RONS tt BEAUJOLAIS. 5o5
ïj'an II2C), Guichard reçut dans son château de Beaujeu, le pape Innocent II, lorsqu'il s'en retournait à Rome, d'où Tantipape Anaclet l'avait obligé de sortir, pour venir chercher un asile en France. C'est ce que porte une ancienne inscription conservée dans les archives de l'église de S. -Nicolas de Beaujeu, 'que Guichard avait fait construire à neuf (et qu'il ne faut pas <;onfondre avec la collégiale.) L'inscription ajoute que le pontife, à la prière de Guichard, fit la dédicace de cette église, cérémonie dont la mémoire se célèbre tous les ans, le 1 1 février. Mais il est certain qu'Innocent 11, qui ne fut élu que le i5 fé-» vrier i i3a ( n. st. ) ne partit de France, pour s'en retourner en Italie , qu'en 1 132.
Guichard , étant tombé malade, et se voyant sans espérance de guérison, prit l'habit de religieux à Cluni , suivant la dévotion du tems , et y mourut Tan 11.37. Il avait épousé I.ucihNNE^ fille de Gui de Kochcfort, dit le Rouge, laquelle ayant d'abord été mariée ou plutôt fiancée vers 1104, avant l'âge de pubi'rté, antè nubiles annos dit Suger, au prince, depuis Louis le Gros, en fut séparée, l'an «107, pour cause de parenté. Elle fit Guichard , père de Humbert , qui suit ; de Guichard , dit Goutherin; de Marie, femme de Guignes II, comte de Forez; et d'une autre fille, nommée Alix , mariée à Renaud, comte de Tonnerre. Tous ces enlants sont mentionnés dans la charte 4e fondation de Joug-Dieu.