HUMBERT II
11 37. Humbert II, fils de Guichard III, lui ayant succédé,^ se conduisit d'abord avec une extrême licence, suivant Pierre le \enerable, abbé de Cluni. Touché, ensuite, de repentir, il passa à la Terre-Sainte, et entra dans Tordre des Templiers. Sa femme, sans le consentement de laquelle il avait pris ce parti, le reclama et obtint du pape Fugène \\\ , par le crédit de l'archevêque de Lyon et de l'ablté de Cluni , la cassation de ses vœux. (Pcir Vene . l. 6, ep. 26 el 27, pp. i^-j.\-(yj.^.) Mais on lui iinposa la condition qu'il ferait quelque fondation pieuse, inconséquence il fonda, le 17 octobre de l'an iiSg, (église de Belleviile-sur-Saone, qu'il fit quelque tems après ériger en abbaye. {Gall. Chr. , no,, tome IV, col. 26)3.) Le même Pierre le Vénérable, parlant de son retour de la Terre-Sainte , dit que ce fut un sujet de triomphe pour le clergé , les moines et les paysans , tant il avait donné de belles espérances avant son départ! « Les brigands, au contraire, ajoute t-il, les pillards * des biens des églises, des veuves et de tout le pauvre peuple
5o6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
») qui élait sans défense, tremblèrent en le voyant reparaître. w H ne trompa l'altcnte ni des uns ni des autres. Il allerra tel- » lemenl le vicomte de iMâcon , ce loup qui , le matin , le soir » et la nuit, ravageait nos terres, qu'il pouvait dire avec Job : » Je l/rixuis les mârJuiiies du méchant , et f arrachais la proie de » ses dénis. C'est ce (|u'il fit en-deçà et au-delà de la Loire. » La conversion de Huinbert ne fut pas persévérante. Son avidité lui fit entreprendre des guerres injustes , et commettre de f;randes déprédations , même sur les biens consacrés à Dieu. S'étant ligué avec Drogon , archevê(|ue de l^yon, et Girard, comte de Mâcon, il attaqua Renaud 111 , seigneur de Baugé , de Bresse et d'une partie de Dombes , désola ses terres, et fit prisonnier Ulric de Baugé, son fils. Kenaud , hors détat de faire tête à cette ligue , implora le secours du roi Louis le Jeune par deux lettres que nous avons, et dans les(juellcs il l'appelait son cousin , carissinnun duniinum et cousobrinuni supplex exoro ^ offrant de lui soumettre en fief ses châteaux qui ne relevaient de personne , omnia c.aslcUa inea quœ ii radio teneo. Mais le monarque interposa vainement son autorité pour obliger les confédérés à mettre les armes bas. 11 fallut que, pour la rançon de son fils, Renaud cédât à Humberl les châteaux de Thoissey et do Lent, avec tout ce qu'il possédait en Dombes. Ce pays, bien plus considérable qu'il ne l'est aujourd'hui, s'étendait depuis la Saône et le Khône, le long de la rivière d'Ain, jusqu'à la rivière de Vesle. Les sires de Beaujeu en possédaient la partie septentrionale comprise le long de la Saône jusqu'aux rivières de Vesle et d'Ain, et le reste appartenait aux sires de "Villars. L'an ii63, Hurabert s'etant rendue Monbrison auprès du roi Louis le Jeune qui revenait triomphant de son expédition contre le vicomte de Polignac, il engagea ce monarque à revenir de la surprise que le comte de l'orez lui avait faite en obtenant de lui l'investiture de l'abbaye de Savigni , dont le patronage avait toujours appartenu aux sires de Beaujeu. Sur la fm de ses jours Humbert se retira dans l'abbaye de Cluui , où il mourut en 1174- D'Alix, son épouse, fille d'Amédée If, comte de Savoie, qui lui apporta en dot les seigneuries de Châteauneuf, en Valromei , de Virieu le Grand, et de Cordon,' en Bugei, il eut Humbert , qui suit; Guichard , mort en 1 164; Hugues, père de Guichnrdo, femme d'Archambaud IV, vicomte de Comborn , et Poncer.e, mariée à Guillaume, comte de Màcon. Du Bourhet lui donne une seconde fille, Vandelmode, jnariée , selon lui , à Renaud III , comte de Joigni.