‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 268 sur 277 · HUMBERT IV · texte numérisé non relu

HUMBERT IV

12 iB, HuMBERT IV, fils aîné de Guichard IV et son successeur dans la Sirerie de Beâujeu , servit utilement les Roi» Philippe- Auguste et Louis VIII , son sucesseur , dans la guerre contre les Albigeois. Ce dernier , avant de quitter le Languedoc , établit Humbert gouverneur de tout te pays ; titre qui lui fut confirmé par le roi saint Louis. L'an 1227 , il assiégea le château de la Bessede , près d'Aleth , en Languedoc, défendu par Pons de Villeneuve , Olivier de Thermes, et plusieurs autres braves chevaliers , protecteurs des Albigeois. L'archevêque de Narbonne et l'évèque de Toulouse étalent à ce siège. Celui-ci entendait les assiégés qui l'appellaient Eoéque des diables: « Ils ont raison, dit-d , à ceux qui étalent avec î> lui , car je suis leur évêque , et ils sont des diables ». I^ Château fut pris , et tout ce qui s'y trouvait fut passé au fil de Tépée, ou assommé à coups de bâton. L'évèque de Tou-. louse tâcha en vain de sauver la vie aux femmes et aux enfans. Géraud de Mota , à qui les Albigeois donnaient la qualité de Diacre , fut brûlé vif avec ceux qui avaient travaillé comme lui, à l'établissement de l'hérésie. Humbert fit d'autres expéditions, dont on n'a point le détail , le reste de celle campagne , à la iin de laquelle il retourna dans ses terres. Mais , l'année sui-, vante , il fut rappelle en Languedoc , pour soutenir Castel— Sarrasin assiégé par le comte de Toulouse. L'archevêque de Narbonne , les évêques de Toulouse et de Carcassonne , et l'archevêque de Bourges , à la télé d'une petite armée, accompagnèrent le seigneur de Beaujeu ; mais le comte de Toulouse était si bien retranché , qu'il n'y eut pas moyen de lui faire abandonner son entreprise. Ils allèrent donc assiéger le château de Montech , à deux lieues de IMontauban , qu'ils prirent en peu de jours. La garnison de Castel-Sarrasin , manquant de vivres , se rendit de même au comte de Toulouse, à condition qu'elle aurait la vie sauve. L'armée des catholiques , après la prise de Montech, s'approcha de Toulouse, vers la fin de Juin , et fit , pendant trois mois , aux environs de celte ville , des ravages dont le récit fait horreur. Le sire de Beaujeu conduisit ensuite son armée vers Pamierç j et s'arrêta dans la

£lO CHRONOLOGIE HtSTORIQUÉ

plaine de Saint-Jean de Verges , d'où il alla soumettre tout le, pays de Foix, jusqu'au Pas de la Barre. La paix se fit l'année suivante ( n. st. ) par la médiation du comte de Cham^pagne. L'an I22C) ( n. st. ) , au mois de février, Humbert acquit d'Alix, comtesse de Mâcon, le château de Cône, avec ses dépendances, pour la somme de mille marcs d'argent. ( Martenne, anec. ^ tom. I , pag. y^B. ) Humbert, l'an lio; , fit le pèlerinage de Saint-Jacques de Galice. Baudouin II , empereur latin de Constantinople , étant venu chercher du secours en Occident , le sire de Beaujeu se chargea , l'an i^or) , de le reconduire., en ses états. De retour en France l'année suivante , Humbert fut nommé connétable par saint Louis. L'an i2Zj.fi , au mois de septembre , il fit avec ses frères , Hugues , évêque de Clermont , Arbert de la Tour , Gui , sénéchal de Lyon , et Hugues , archidiacre de la même ville , un pacte de famille, par lequel ils promettaient, sous la foi du serment de s'aider muluellement envers et contre tous les ennemis de chacun d'eux , et nommaient deux chevaliers pour arbitres de tous les différends qu'ils pourraient avoir ensemble; lesquels arbitres venant à manquer ^ seraient remplacés par le choix du seigneur de Beaujeu. ( Spicil. , tom. IX , pag. 187. )

Depuis long-tems Humbert était en querelle avec Bernard II , vicomte de Comborn , pour la part que celui-ci prétendait avoir dans la seigneurie de Beaujeu , au nom de Guicharde sa mère. Ils s'accommodèrent enfin , par un traité fait au mois d'octobre 1246. Humbert , pour le bien de la paix et pour être quitte envers Bernard , lui assura un revenu annuel de 5o livres , monnaie forte de Lyon , qu'il assit sur les châtellenies de Chamelets , de Saint-Bonnet et de Belleroche. C'était, est-il dit dans l'acte , le même revenu de 5o livres que Guichard , pèrô de Humbert, avait assigné au vicomte Archambaud , père de Bernard , sur la terre de Quebressoles et ses dépendances : Dictis quinquaginla Ubrîs quœ ( quas ) dominus Giiichardus de hellojoco quondam puler ipslus ïlumbeviî dominî BeHijoci assiqnaveriit domino ArrJiamhaudo supràdicto vicecoviiti de Comhornpatri iiosfro apud Quebressoles et in appeiidlciis ejus pro jure et actione suprà nominatis. { li3\oze ^ hïst. Tuiel. ^ pag. 54o-553. ) Mais, l'an 1248 , Guichard de Comborn , ayant besoin d'argent , pour faire le voyage de la J erre-Sainte , à la suite du roi saint Louis , vendit cette rente à Humbert pour la somme de mille livres viennoises. ( ibid. p. 553. ) Humbert , après. cet arrangement, s'étant occupé à faire ses équipages, partit avec saint Louis, Le sire de Joinville fait un grand éloge de la valeur et de la sagesse qu'il fit paraître en celle

DES SIRES OU BARONS DE BEAUJOLAIS. 5li

«îfpècîition , et une ancienne chronique , déjà citée plus haut, dît qu'il mourut en Egypte , après que la cité d'Anwernerbat fut prise par les Français , qui fut l'an de grâce 12.00 ^ le 21 Mai. De Marguerite de Beaugé, qu'il avait épousée l'an 1218 , et qui lui avait apporté en dot la seigneurie de Mirebel , dans le pays de Donibes , avec ses dépendances jusqu'à Lyon , Humbert laissa Guichard , qui suit , Isabelle qui succéda à son frère ; Florie , dame de Belleroche et première femme d'Aimar III, comte de Valent inois ; Béatrix , aussi première femme de Robert de Montgascon ; Marguerite , femme de Béraud , spigneur de la Motte Saint- Jean , et Jeanne , qui fut prieure de la Chartreuse de Poletins en Bresse , fondée par sa mère en i22y. Humbert voulant ériger en ville le lieu de Belleville, y attira un grand nombre d'habitants, par les privilèges qu'il leur accorda.

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