COMTES D'URGEL
Urgel, en latin Orgelo^ Urgello, Orgeh's , Orgi'a^ dans les anciens auteurs, ville située sur la rive gauG«!ie de la Sègrc, dans la province tarragonnaise , devint un siège épiscopal au cinquième siècle , et fut comprise avec ses dépendances, par C'iarlemagne , dans la Septimanie ou Marche d'Espagne. Charles le Chauve ayant divisé cette Marche en deux marquisats , Urgel avec ses dépendances , fut attribuée à celui (]u'oa jiorame le marquisat ou comté de Barcelonne , dont Wifre^l le Velu fut le premier seigneur héréditaire.
SUNIFi\ED.
884'. SuNiFRED ou SuNiAiRE , troisième fils de Wifred le "Velu , était pourvu du comté d Urgel , par son père, dès l'an 884 au plus tard. Le premier trait qu'on raconte de lui ne fait pas son éloge. Un clerc espagnol , notnme Selva , qui s'était retiré en Gascogne s'étani persuadé, sur une fausse nouvelle, qu'Ingohert , èvéque d'IVg'-l, était mort dans un voyage qu'il avait entrepris, vint trouver le comte Sunifred , et avec sa protection , il se fit ordonner évêque d Urgel, Bientôt après , Ingobert ," étant revenu, dissipa par sa présence le bruit de sa mort. Mais Selva, ne voulant pas perdre le fruit de son ordi-
* Cet article est dressé sur les mémoires de JVI, Fossa.
nation ^ chassa le véritable pasteur, et se mit à sa place, A ce crime , deux ans après , (Van 886) il en ajouta un autre en ordonnant pour l'évêché de Gironne, Hermenniire , contre le vœu du clergé et du peuple qui venait d'élire un clerc de bonnes mœurs, nommé Seivus-Dei. Théodard, archevêque de Nar— bonne, ayant instruit le pape Etienne V, de ces deux usurpations , assembla, par son ordre, le 17 novembre 887 , un concile à Port , sur les confins des diocèses de Maguelonne et de Nismes. On y fit lecture de la lettre du pape qui déclarait excommuniés Hermcnmire et Selva, et rassemblée confirma ce jugement. Mais Théodard empêcha qu'on n'y enveloppât le comte Sunifrcd qui avait appuyé ces intrus, et l'événement fit: voir qu'il avait sagement fait ; car ayant été trouver Sunifred * il vint à bout par ses remontrances, de le détacher du parti qu'il avait embrassé. Hermenmire trouva cependant moyen , on ne sait comment, de se maintenir sur le siège de Gironne. Nous le voyons , en effet , l'an 88f) , avec le comte Sunifred , venir trouver le roi Eudes , pour le prier de prendre sous sa protection, le monastère de Saint-Polycarpe, dans le Rasez; ce qui leur fut accordé. (Hist. de Langued. tom. II , p. 25.) vSuniaire ou Sunifred , dans la suite, encourut les censures de l'église, pour un sujet que l'histoire ne marque pas. Mais il en fut relevé, ran.909, par le concile de Jonquières. Dom Vaissète doute néanmoins si ce Suniaire est le comte d'Urgel , ou le comte de Pioussillon ; mais il n'eut pas élevé ce doute s'il eût fait attention que Suniaire , comte de Uoussillon , était remplacé, dés l'an 86t) , par Salomon. Le comte d'Urgel avait épousé RiCHiLDE, qui vivait encore en 944* Cette année, ils firent, de concert, le 16 des calendes de mai , une donation considérable à l'église de Gironne. Ils en firent une autre, le 16 des calendes de juillet suivant, à l'église de Barcelonne. Dans celle-ci, Sunifred fait mention de Wifred , son père, de Gunidilde , sa mère, de lîorrcl , son frère, déjà mort , et de ses fils, Borel et Ermengaud , dont le dernier avait aussi payé le tribut à \a nature. {Mai ca Hi'span. ^ col. c^S(^-CjS-j.) Sunifred mourut, suivant M. de Marca , Tan 980 , dans un âge trèsavancé , laissant de son mariage Borrcl qu'on vient de nommer, et Miron.
LOPvREL.
gSo. PiOllREL, fils aîné de Sunified, lui succéda au comté d'Urgel, et, dix-sept ans après, devint comte de Barcelonne. Il mourul , le 24 septembre 99^, laissatil deux fils, Raymond- Rorrel ()ih lui succéda au comté de Raicciounc , et Ermengaud^ qui suit. (^'^oy. les cornics de Barceloune')
i)ES COMTES D URGEL. 71
ERMENGAUD l•^ dit LE CORDOUAN.
993. JErmengaud , second fils et successeur de Borrel au comté d'Urgel et dans celui d'Ausonne qu'il partagea avec soa frère , se distingua par sa valeur qu'il exerça principalement contre les Maures d'Espagne. L'an 998 , il se rendit à Rome où il assista, dans le mois de mai, au concile que le pape Grégoire V, y tint en présence de l'empereur Otton IIL L'histoire remarque qu'Ermengaud , dans cette assemblée , s'assit aux
Sieds de ce monarque. Entre les points qu'on y discuta, les eux plus importants furent le mariage de Robert , roi de France, avec Berte , sa parente , qu'on déclara nul , et l'ordination de Gundale qui s'était fait ordonner évêque d'Ausonne, du vivant de l'évêque Fruian , qu'il avait fait ensuite assassiner pour mettre fin aux plaintes de ce prélat contre son invasion. Erraengaud rendit témoignage contre Gundale qui fut déposé. L'an 1009, il se tint à Barcelonne une grande assemblée de prélats et de seigneurs , à laquelle Ermengaud se trouva pareillement, ainsi que Raymond-Borrel , son frère, Ermes- SENDE, sa femme , et le comte de Bésalu , son parent. Il s'agissait de rétablir l'ordre canonial dans l'église de Barcelonne, ce qui fut exécuté. L'année suivante , Erniengand, se disposant à marcher de nouveau contre les Maures , fit son testament le 5 des calendes d'août, par lequel il distribua une partie de ses biens a différentes églises. Il partit ensuite avec son frère Arnoul, évêque d'Ausonne, iïlthius de Barcelonne, Olton de Gi— roxine et plusieurs seigneurs, chacun à la tête de leurs troupes. Etant arrivés devant Cordoue, où ils trouvèrent l'armée des infidèles prête à les recevoir , on en vint aux mains le i^''. da septembre. Le combat fut malheureux pour les Chrétiens , le comte d'Urgel y périt avec les évêques qui l'avaient accompagné. Le surnom de Cordouan lui fut donné par la postérité. De soa mariage il laissa un fils en bas âge , qui suit.
ERMENGAUD II, dit LE PÈLERIN.'
loio. Ermengaud , succéda dans le comté d'Urgel, à son père , à 1 âge d'un an , sous la tutelle de sa mère. L'an 1024 , il tint au cbàteau de Pons , dans son comté , le i*f. novembre, un plaid sur la contestation qui était entre Ermengaud , évêque d'Urgel, et Durand, abbé de Sainte-Cécile, au même diocèse, touchant f église deCurlicite, dans la paroisse de Cas— telbon , d )iit ils se disputaient la propriété. Le jugement du comte après avoir pesé mûrement les moyens des parties , fut eu
faveur de l'évêque. {Alarca Hispan , col. n'a.) et 434-) 1^**^ "<*^ maines de l'église d Urgel , ayaul » xcité sa convoitise , il y fit des usurpations dont il eut ensuite du regret. > 'an lu-^G, il se présenta, le 26 août , avec sa femme AR^mDE, au chapitref d'Urgel ; et pour réparation de leurs fautes , ils donnèrent chacun un serf de leurs terres et châteaux. (Ihid. p. ■^tjo.) Le comte Ermengaud étant venu, Vi\n lo^ , à Urgel, du château de Pons ou il résidait , avec Raymond-Ermengaud , comte de Pailhas, et Guillaume, vicomte d'Urgel, pour la ffle de ÎSoël , confirma les donations faites par lui et ses prédécesseurs à cette église. {Ihid. fol. 436.) L'an 1040, la dévotion l'ayant •porté à faire le voyage de la terre sainte, il y fut attaijuf d'une maladie dont il mourut, laissant de C01SSTA^■CE , sa seconde femme, un fils , qui suit. {Gesta. Comit. Baicinon.)
ERMENGAUD III , dit DE BALBASTRO.
io4o. Ermeisgaxjd III n'était âgé que de sept ans à la mort de son père, auquel il succéda sous la tutelle de sa mère. L'an 1048, étant venu avec cette princesse et ÎVJiron , son vicomte, célébrer la Pâcjue à Urgel , ils firent plusieurs dons a cette église et à ses ministres. {Maica Hispan,, col. 446-) Ermengaud et Clémence , 'sa femme, firent , Tan loSj , avec Guillaume , évêque d'Urgel , et ses chanoines, l'échange du château de bolsone contre la moitié de celui de Sainte-Lezinie. L'année suivante, étant en guerre avec le maure Alrhagil, duc de Saragosse, il fit , le 5 septembre, un traité d'alliance contre cet ennemi avec Raymond - Bérenger , comte de Barcelonne , et Almodis, sa femme, en présence de Guilebert, évéque de Barcelonne, de Guillaume d'Ausonne, de Guillaume d'Urgel , et de plusieurs seigneurs qui souscrivirent l'acte. {Ujid. col. 1 1 1 1.) Ermengaud ayant renouvelé ce traité, l'an 10H4, partit, Tannée suivante, à la tête deses troupes, pour faire le siège de llalbastro, dont il se rendit maître après de grands efforts. Mais peu de lems^ après, il trouva lamort au sein d'unevictoire qu'il avait remportée sur les infidèles. Voici comment la chose est racontée clans la chronique de Maillezais. Vers ce tems là (io65) Ermenaaiid ^ ronde d'Urgel, après de nombreux triomphes remportés sur les Maures et les Sarrasins , lew lii>ra un dernier combat où il fit un carnage affreux de ces Infidèles. Mais comme il s 'en retournait Victorieux., il rencontra une nouvelle armée de Maures., c^u'il mil. d'abord en fuite. Las et épuisé de fatigues, il voulut encore les poursui\>re avec un petit nombre des siens qui eurent le couiaf^e de l 'accompagner , les ayant atteints il en tailla en pièces un giand nombre , mais il fut tué lui-même., et sa iête fut apportée par les Sarrasins à leur roi, c/ui , l'ayant fait embaumer y l'enferma dan»
DES COMTES d'URGEL. 7 3
bhe hoîte d 'or , et la parfait toujours aoec lui dans les combats j tomme un gage de la victoire. De son mariage il laissa un fils ^ (Jui suit.
ERMENGAUD IV, dit DE GERB.
io65. Ermengaud IV succéda dans le comte d'Urgel , à son père Ermengaud 111. L'an \o-j- . Ame evèque <r01eiun el légat du saint siège, étant venu à Urg'^l, y fut reçu avec d\'s grands lionneurs par le comte et sa femme Lucie : l'un et l autre l'engagèrent à travailler à la reforme des monastpres de leurs domaines; ce qu'il fit, l'année suivante, au concile de Gironne. L'an loHo, on voit J-rmengaud assister, le 7 mai , à une grande assemblée que Pierre, soi-disant élu archr^êr^ue ^ patron de f église de Nai bonne et i>icontte de cette ville, y tint, €t à laquelle , outre les seigneurs qui étaient en grand nombre , deux evèques plusieurs abbes et chanoines, se trouvèrenl avec ions les citoyens de ISarbonne et beaucoup d autres citoyens et r.hevalie's de la province. « On voit par là, dit D. Vaissète , }> (tome 11, p. 5S,) que l'assemblée fut composée des trois » ordres ou états distingués entre eux ^ et c'est peut-être le j) plus ancien monument où l'on trouve cette distinction. >» On ignore le principal objet de ce graïul concours, dont il ne reste d'autre monument que la charte d'une donation de Pierre, en faveur de ses chajioines qui vivaient en c -mmun. Ermengaud et sa deuxième femme Adélaïde, donnèrent, l'an loSy, à Téglise d'Urgel , le château de For ou de Barberan , qu'ils àS^aienl reçu du comte de Baicelonne , l'acte qui fut <lresse de cette donation , date du iv des calendes de septembre , la 27e. année du règne de Philippe 1 , roi de France, prouve que ce monarque était regarde comme souverain du comte d Urgel. (J]Jarcu Hispun. , col. 1180.) Ermengaud faisait sa résidence ordinaire au château de Gerb qu'il fortifia pour être à portée d'attaquer les villes que les Maures possédaient en ces cantons, il en voulait principalement à celle de lîalaguer sur la S 'gre , dont il eut le bonheur de se rendre maître. Ce comte mourut lan 1092, laissant de LuciE , sa première f^'mme , un fils qui suit. Tï avait épouse en secondes noces Ad laïde , Hlle de Bertrand II, comte de Provence, laquelle hérita de son onclef Geofroy II, comte de Provence , le comté de Foicalquier qu'elle porta a son époux, dont elle eut un fils, Guillaume, qui succéda à sa mère dans ce comté.
ERMENGAUD V, dit LE BALÉARE.
1093-. Ermengaud V, fils d'Ermengaud IV et son succès-; X, 10
seur, hérita de la valeur de ses ancêtres, et marcha sur leurs traces contre les Maures d'Espagne. La dernière expédition tju'il fit contre eux avait pour objet de leur enlever les îles Baléares, dont ils étaient maîtres, il échoua dans cette entreprise , et périt , en combattant contre eux , le 1 4 septembre de l'an 1 102 , laissant un fils , qui suit.
ERMENGAUD VI , bit LE CASTILLAN.
II 12. Ermengaud VI, dit le Castillan, parce que sa mère, dont on ignore le nom, était du royaume de Caslille , et qu'il y passa une bonne partie de sa vie , succéda à son père Ermengaud V, dans le comté d'Urgel , auquel il joignit la seigneurie de Lérida. Etant dans ses états, il lui arriva, par un emportement de jeunesse, d'enfoncer les portes du monastère de Saint-Saturnin, et de faire le dégât dans ses dépendances. Mais il en eut du repentir dans la suite , et il en fit satisfaction à l'abbé Benoît, par un acte authentique du 17 août 1161 , souscrit par Pierre, évêque d'Urgel, le vicomte Pierre, et d'autres témoins. (Marra Hi.span. , col. 1276.) Ce senties seuls traits de sa vie qui aient échappé à l'ouhli. Il mourut en Castille , le 28 juin ii54, laissant deux fils, Ermengaud qui suit, tt Gaucerand de Sales. (ii/J. col. 54<3-)
ERMENGAUD VII , dit DE VALENCE,
1154. Ermemgaud vu, fds d'Ermengaud VI et son successeur, renonça, l'an 11 '32, par un acte authentique, à la coutume que ses ancêtres lui avaient transmise, de s'emparer des meubles et immeubles de l'évêque d'Urgel après sa mort , coutume qui était presque générale parmi les grands feudataires, et qu'il traite avec raison de rapine ; mais il se réserva la garde des châteaux et autres domaines de l'év^ecbé pendant la vacance du siège. {Marca Hispan. , col. 507.) L'an 1180 , il alla faire la guerre aux Maures du royaume de Valence, avec son frère Gaiiceiand, et l'un et l'autre périrent devant la capitale. Ermengaud laissa de N. , sa femme, nièce ou petite - fille de Raymond Eérenger IV, comte de Barcelonne , un fils f|ui suit, et une fille nommée Miraglia , mariée à Pons i^'. , vicomte de Cabrera.
ERMENGAUD VIIL
ii83. Ermengaud VIII, fils d'Erraengand VII, lui succéda au comté d'Urgel. L'an ii85 , il reçut d'Arnaud, vicomte Ue Caslclbon et de Cerdagne , le serment de fidcUte poup U
»ES COMTES d'uRGEL. 78
première de ces deux seigneuries. Par l'acte qui en fiJt dresse le a6 seplembre , Arnaud promet à Ennengaud de lui élrc fidèle, de Taider envers et contre tous, et de faire droit , suivant son jugement, à tous ceux qui formeront des plaintes contre lui. Ermengaud de son côté , s'engage à lui donner tous les secours qu'un seigneur doit à son vassal dans le cas où il est en guerre avec ses ennemis. Le 2 octobre suivant , Ermengaud et -Arnaud firent l'accord suivant : le comte s'oblige à faire réparer à ses frais le chiàteau de Castelbon et promet au vicomte de lui donner pour cet objet deux cents marabotins ; que si cette somme ne suffit pas , il y ajoutera ce qu'il faudra de plus, à l'arbitrage d'ËLViRE , sa femme , comtesse de Subirats , et de l'abbé de Saint-Saturnin, et l'ouvrage achevé, le vicomte lui remettra la place avec ses dépendances, excepté le château de Saint- André. Il en sera de même de la roclic de Beren et de toutes les forteresses nouvelles du vicomte, toutes les fois qu'Ermengaud les demandera par lui-même ou par ses envoyés , à moins qu'Arnaud ne montre un pouvoir donné à ses prédécesseurs pour les construire. L'acte est signé d'Ermcngaud , de sa femme Elvire, de la comtesse Douce, que nous croyons être la veuve de Raymond-Bérenger III, comte de Barrelonne, qui l'avait épousée en 11 12, du vicomte Arnaud 1^*., de Bertrand, abbé de Saint- Saturnin , et de plusieurs autres. {JMarca Hispan. , col. i38o et io8i.) L'an 1198 , Ermengaud et Raymond-Boger , comte de Foix , entrèrent en guerre , an sujet, à ce qu'on suppose, des limites de leurs états, et leur querelle partagea la Catalogne. Le comte de Foix eut d'abord l'avantage. Etant venu assiéger Urgel , il emporta la place de force, la mit au pillage avec la cathédrale , ht prisonniers les chanoines dont il exigea une grosse rançon, et désola tout le pays. ( Marca, Hist. de Béam. , p. 726. ) Mais dans la suite , Ermengaud prit sa revanche , et , l'an 1204 » il fit prisonnier, le 26 février , dans un combat , le comte de Foix et le vicomte de Castelbon, son allié. Us restèrent l'espace de quatre ans dans les liens , et n'en sortirent que l'an 1208 , par un traité que le roi d'Aragon ménagea , le 17 mars, entre les parties. Ermengaud fît preuve de générosité dans cet accommodement, en donnant à titre de fiefs , au comte de Foix , deux mille sous melgoriens ^ à prendre sur ses domaines , et en promettant en mariage Elisabeth , sa nièce , au vicomte de Castelbon , avec tous ses domaines, au cas qu'il vînt à mourir sans enfants. {Hist. de Lang^ tom. III, p- i45) Le mariage s'accomplit la même année, et >eu de tems après , Ermengaud mourut , laissant d'Elvire , qui ui survécut, une fille unique en bas âge , nommée Aureinbia.^.
OU Aurembiasse , tju'il institua, par son testament, son hérî-? tière , lui substituant , au cas qu'elle vînt à décéder sans enfants, sa sœur xMiraglia , femme de Pons I". , vicomte de Cabrera ; eX à celle-ci, dans le même cas, Guillaume , vicomte de Cardona, son cousin, cju'lî nomma son exécuteur testamenlaire , avec Elvire, sa femme, Guillaume de Peraïta , et l'abbé de Poblet, Par ce même acte , Ermeugaud légua au pape Innocerit 111, U moitié de la ville de Valladolid qui lui appartenait du chef de sa mère, et la mouvance de Taulre moitié, à condition qu'il ferait exécuter son testament. (Zurita, Annal, de la Coron. (U ylrag., L. II ^ c. LVll') Mais après la mort d'Ermengaud Vili , Geraud de Cabrera, son neveu , bis de Pons l'=^ , vicomte de Cabrera et de Miraglia , prétendit que le comté d'Urgel devait lui revenir comme au plus proche héritier maie, préferable-r ment à sa cousine Aurembiax. il prit les armes pour soutenir cette prétention et , secondé par ses parents du côté paternel, il s'empara de Balaguer et d'autres places. Elvire se trouvant tlans l'impuissance de lui résister, céda les étals de sa bile , à Pierre 11 , roi d'Aragon. (Zurita, Indiç. ad. an. 1208.) D autres disent que ce fut à don Jayme !«'. , fils et successeur dç Pierre II, que cette cession fut faite. (Mariana , ad. un. 120^. Baluse , Marca Hispan. ., p. 620.) Peut -être les deux cessions sont-elles vraies , et c'est noire opinion. Le roi d'Aragoîi ayant levé une armée, prit Balaguer, et força le vicomte de Cabrera, qui s'était enfermé avec sa famille dans le château de l.lorens, à se rendre; après quoi il l'envoya prisonnier au château dç Loharre, en Aragon. Pour recouvrer sa liberté, il fallut que le vicomte fît livrer par ses officiers, à don Hugues de Tarroja et <lon Guillaume de Moncada . sénéchal de Catalogne, ses cbâ-r teaux de Montsoriu, de Monlmagastre , d'Ager, de Pania et de Fines! res.
Durant l'interrègne et les troubles qui suivirent la mort de. Pierre II , le vicomte Géraud de Cabrera reprit plusieurs villes et châteaux du comté d'Urgel, où il fil de grands dégâts. (Zurita, Annal. , L. Il, c. CLXXv. Bernaidin. Gomes de i'i/a et veb gest. Jac. I , L. 111 , ap. Schot. Hi.p iIJusf.., tome lU , pag. 4'^9- ) Le roi don Jayme tenant , au mois de mars 1222 , les étals d'Aragon , à Darroca , le vicomte de (^abrera s'y rendit, et par ses soumissions, obtint sa grâce et celle de ses partisius, pour tous les ex( es qu'ils avaient commis dans le comté d'Urgel. (le par-, don fut confirme, le 21 décembre suivant, à Terrer, où la cour se trouvait. Le roi, de l'avis de dona Léonore, son épouse , du comte don Sanche et de l'infmt don Ferdinand, ses oncles» tle don Mugnez-Sanchez , de don Arnaud de Luna ^ de don.
DES COMTES n'URGEt; 77
Pierre Abonnes, et de plusieurs autres riches hommes, arrêta ce qu'il avait déjà réglé au commencement de son règne avec les barons et syndics des cités et villes d'Aragon et de Catalogne ; savoir , qu'il garderait le comté d'Urgel , avec le titre de comte, excepté les châteaux engagés à don Guillaume de Cardona , sur lesquels il cédait ses droits au vicomte Géraud ; qu'il donnerait en fief, à ce dernier, les châteaux et lieux du comté d'Urgel et de la vicomte de Cabrera, possédés par ses ancêtres, pour les tenir sous la mouvance des rois d'Aragon , comtes de Barcelonne ; que dans le cas où Aurembiax , fille du comte Ermengaud , réclamerait judiciairement les états de son père , don Géraud esterait à diuil devant le roi et sa cour , et que si elle gagnait sa cause ^ elle paierait à don Géraud trente mille maravédis dus au roi, dont ce prince faisait cession à don Géraud. (Zurita, ibid. c. CLXXVII; Gomez , ihid. p. 4oq ; Ferreras, ad an. \ 2.2.2.. )
Ce qu'avait prévu don Jayme arriva l'aa 1228. Aurembiax, au mois de juillet de cette année , se rendit à la cour pour demander la restitution des états de son père. Elle fit doa au roi de la ville de Lérida , qui dépendait du comté d'Urgel , lui fit hommage de ce comté, et s'obligea de remettre aux rois d'Aragon, en tems de paix comme en tems de guerre, neuf de ses châteaux seulement; savoir, ceux d'Agramont , de Lincvola, de Manargues, de Balaguer , d'Abesa, de Pons, d'Aliana, de Calafanz, et d'Albéda, à condition que si elle était rétablie dans les villes et places occupées par Géraud de Cabrera , le roi jurerait Tobsersation de ce traité le premier août suivant , en présence de plusieurs seigneurs qui favorisaient la comtess' \ (Zurita, ibid. , C. LXXXVi ; Gomez, L. v, p. 422 et seq. ) Le roi , de l'avis de son conseil , fit citer à sa cour don Géraud qui ne comparut point. Don Guillaume de Cardona y soutint, au nom du vicomte , qu'il n'était point tenu de comparaître pour défendre des droits qu'il possédait , à juste titre , depuis plus de vingt ans ; et comme Guillaume de Casala , défenseur de la comtesse, établissait sa demande sur des moyens de droit, don Guillaume de Cardona répliqua que de tels moyens n'étaient pas propres à dépouiller don Géraud de son comté , donnant à entendre par là qu'il se défendrait par la voie des armes ; en conséquence, le roi se détermina à porter la guerre dans le comté d'Urgel, Le succès de ses armes y fut rapide. Il prit les villes d'Abesa et d'Agramont, avec les châteaux de Menargues et de Linevola, Balaguer et Pons ne firent aucune résistance , et la comtesse fut ainsi rétablie dans ses états. (Zurita, ibid. Ferreras, ad an. 1228.) Don Géraud prit alors
yS fHRONOLOnTE HISTORIQUE
le parti d'entrer daus l'ordre «les Templiers , laissant ses prélentions à Pons , son fils aîné , qni avait un autre frère , Geraud 11 , vicomte de Cabrera , et deux sœurs , Eléonore , femme de Raymond de Moncada , et Marchesia , mariée à Guillaume de Péralta.
Aurembiax n'était point encore mariée , quoique Zurita assure qu'elle était veuve alors de Guillaume de Cervera , seigneur de Junada, ce qui ne se rencontre dans aucun autre écrivain national II est vrai qu'en i2o3 elle avait été fiancée à don Alvare Ferez , lîis de don PieiTC-Ferdinand de Castro. Mais ce mariage ne s'effectua point. Le roi d'Aragon , après l'avoir remise en possession de ses états, chercha lui-même à lui donner un époux digne de sa naissance et de ses richesses. Don Pierre, infant de Portugal, fils du roi Sanche et de Douce d'Aragon, fille de Raymond Bérenger IV, comte de Barcelonne, s'était retiré d'abord à la cour du roi de Maroc, pour éviter Jes vexations du roi Alfonse II, son frère. S'étant réfugié depuis auprès du roi d'Aragon, son parfnt, ce prince lui fit un apanage dans le territoire de Tarragone, et lui fit ensuite épouser Aurembiax comme la plus riche héritière de son royaume. (Zurita, ibid.^ liv. IV, c. Xll , d'Acheri, Spia'l. , tom. IX, p. 176.) Cette princesse mourut, l'an i:i3i, sans laisser de postérité. Par son testament elle laissa à son époux le comté d'Urgel avec la ville de Valladolid et les seigneuries qui lui appartenaient dans le royaume de Galice, pour en disposer à sa volonté. (Zurita , l'fjid. Ferreras, ad an., laSi.) Mais le comté d'Urgel , formant une partie considérable de la Catalogne, le roi craignit que don Pierre ne cédât ses droits à la maison de Cabrera. Pour prévenir ce coup , il se concerta avec l'infant par un traité du 29 septembre i23i , et lui donna, en échange des terres de sa femme, la seigneurie de Majorque et des îles adjacentes, pour les posséder en fiefs pendant sa vie avec faculté de transmettre la propriété du tiers à ses héritiers, ne retenant que la citadelle de la capitale avec les villes et les châteaux dOiéron et de Polença. ( Zurita, ibid. Gomez, . ik'd. , liv. viii , p. 449 1 et liv. X, p. /^hi^. Gesla Com. Barda. Marra., Hùp. ^ toi. 555.) L'an 1284, l'infant souscrivit avant Nugnès-Sanche, prince du sang, et le comte d'Ampurias, l'ordonnance de paix, donnée par le roi don Jayme aux états-généranx de Catalogne, tenus à Tarragone sous cette quallficotion , P. infant Senyor de Mal/orques., Pierre, infant, seigneur de Majorque. ( Constit. de Catal.., vol. ï, liv. x, tit. Vlll, c. xi. ) Marlana prétend que le roi ne retint, en vertu de cet échange, que la ville de Balaguer, et qu'il rendit aux Cabi-era les autres villes du comté d'Urgel.
t)ES COMTES DURGÉL. yCJ
Ëafagucrîm , dit-il, Piex rethiuil \ alla oppida Cabrerls restituta. Mais il est certain, suivant la remarque de Baluze, que depuis Tan 1233, les rois d'Aragon prirent le titre de comtes d'Urgel , qu^ils n'avaient pas pris auparavant. D'un autre côté l'auteur de l'ancienne chronique de Riupoll, ou du Gesîa Coin. Barcin. ^ assure qu'après le décès de Géraud de Cabrera, Pons, son fils, eut le comté d'Urgel, qu'il hnismit à ses descendants. (Marco, Hisp.^ col. 554.) Zurita fait succéder immédiatement celui-ci à Aurembiax, et dit qu'en qualité de comte d'Urgel il assista, l'an 1236, aux états tenus à Montçon. (Annal. d'Arag.^ liv. li, c. LXXXVi , et liv. III, c. LIV. ) M. de Marca ajoute qu'aux nones de juin de l'an 1243, Pons, étant en route pour allertrouver, au Pui-en-Yelai , les rois de l'rance et d'Aragon, (it ^ à Kalaguer, son testament, dont il nomma exécuteur Géraud de Cabrera, son frère. Par cet acte , dil-il, Pot»s laissa le comté d'Urgel à Ermengaud , son fds aine, légua à Rodrigue, son second iils , qui était alors en Castille , tous les châteaux qu'il avait hérités de Pierre Fernandez, son oncle, et de la comtesse Elo , sa mère; assigna à Pons, son troisième fils , mille sous de maravedis, avec lesquels il l'olfrit à l'église d'Urgel, pour ea être clerc et chanoine; et laissa à Géraud, son quatrième fil&, né la même année , tout ce qu'il possédait au comté de Riba-
f;orça. Il parait que le même testateur avait deux filles, dont 'une, appelée Eléonore, avait épousé Raymond de Moncada, et l'autre était femme de Guillaume de Péralta. Une autre clause de son testament portait que, dans le cas où Ermengaud, son fils aîné, décéderait sans enfants, le comté serait acquis à Rodrigue, son frère, et à ses enfants, l'un après l'autre, à la charge par celui qui serait comte d'Urgel, de porter le nom d'Ermengaud à perpétuité. Il substitua , sous la même condition et à la même charge, à Rodrigue Géraud, son quatrième fils. Au défaut de celui-ci et dans le cas de décès de sa fille aînée sans hoirs mâles, il déclara qu'il donnait le comté d'Urgel au vicomte de Cabrera, son frère, età ses enfants mâles légitimes. Ce monument éclaircit la généalogie des derniers comtes d'Urgel. Pons mourut la même année 1^43, suivant la chronique de Riupoll. (^Gesla Com Barda. Marca , Hisp., col. 553 et 554» ) Zurita recule sa mort jusqu'en i256.