‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 273 sur 277 · EDOUARD I · texte numérisé non relu

EDOUARD I

i33i. Edouard I, fils aîné de Guichard le Grand, né le' ïi avril, jour de Pâques i3i6, lui succéda aux seigneuries de Beaujolais et de Bombes en partie. Ce prince^ dit notre Chronique , était fort déi^ot à la Vierge Blarie ; il mena quantité de gentilzhommes au K^oyage d'oidlremer à ses propres cousis et dépens^ et batailla long-tcms contre ceux qui icnoient la toi de Blahomet. Moins délicat sur le point d'honneur que son père , il accepta , l'an i343, du comte de Savoie, le dédommagement que le premier avait refusé aux conditions qui lui étaient offertes. Edouard se distingua en différentes batailles , et sur-tout à celle de Créci. L'an i345 (v. st.), le 2g janvier, Edouard et son épouse firent avec Jean de Thil , connétable de Bourgogne, père de la dame de Beaujeu , un traité par lequel ledit seigneur de Thil leur cédait tout ce qu'il avait ea terres à Mortagne et à Brionne, ne se réservant que l'usTifruit, et de plus leur quittait simplement le Chaslel et la terre de la Roche , tous biens venant de sft femme , mère de ladite dame. Ce traité fit confirmé, l'an i354 •. au mois d'avril, par le roi Jean, à la demande de la veuve d'Edouard. ( Trésor des chartes , tom. XXV, p. 357.) Edouard fut honoré, l'an i347, du. bâton de maréchal de France sur la démission du maréchal de Montmorenci , son beau frère. Il y avait alors quelque mésintelligence dont on ignore la cause , entie le sire de Beaujeu et le dauphin de Viennois , Humbert IL Elle éclata l'année suivante par une déclaration de guerre que le premier fit au^ second. Edouard, s'étant mis presque aussitôt en campagne, enleva au daiphin son château de Beauregard , en Bresse. Humbert , de son côté , dans le mois d'avril de la mèiTije année , lui prit son château de Mirebel. Les hostilités réciproques auraient été portées plus loin sans la médiation du roi de France, qui ménagea une trêve entre les parties. (Valbonnais , tom. II , p. SyS-SyS.) Edouard , ayant livré bataille aux Anglais , le 3 mai i35i , près d'Ardres , commençait à les mettre en fuite, « lorsque les Lorrains, dit notre Chronique , s'étant j) ralliés , vinrent en si grant nombre et puissance courir M sur l'enseigne dudict prince , qu'ils l'abatiirent t et ili^

5iG r.HROTîoi.or.îE historique

j) trouvé lecllct prince mort auprès de ladite cnsoigne ainsî j) abattue. Messlre Guichard , son frère, seigneur de Ferreux, jj lequel éloit en un autre quartier de ladicte bataille, oyt ces j> nouvelles dont il fut dolent. Toutefois il prit et releva » ladicte enseigne, et rallia tout ce qu'il put de ses gens, » lesquels se portèrent si vaillamment, nonobstant la mort » de leur chef, que par la prouesse et chevalerie de Guichard, » ils gagnèrent la bataille , et leur demeura bataille et champ, w auquel furent tués Anglais et Lorrains en grant nombre , 3> plusieurs blessés , et y eut beaucoup de prisonniers , et » tout le demeurant fut mis en fuite. Ledict messire Guichart y> commanda que le corps de son frère fût levé et porté à j» Saint-Omer, ce qui fut faict. Mais ce ne fut pas sans grant » douleur qui fut faite pour le corps dudict maréchal; car à ■a) la vérité ce fut une grant perte. Il mourut à l'âge de trente- 5i cinq ans.... L'an i3S5, son corps fut apporté dudict lieu j> de Saint-Omer à Belleville. » Notre auteur ne marque pas précisément l'année de la mort d'Edouard ; mais, s'il fut tué à l'âge de trenle-clnq ans, étant né en i3i6, sa mort doit tomber en i35i. Le père Lbuiel la met en iSSa , ainsi que rabi)é VcUi. ils peuvent avoir raison en datant suivant le nouveau style. Edouard laissa de Marie DE Thil, sa femme, lui fils, qui suit, et une fille, Marguerite, femme de Jacques de Savoie, prince d'Achaïe.

ANTOiNE.

io5i. Antoit^E , né d'Edouard, le iz aoilt i343, lui succéda sous la tutelle de Marie, sa uière, qu'il perdit le 4 mars i35q ( v. st.) Etant sorti de l'enfance, il soutint par sa valeur la réputation de grand capitaine que son père s'était ac(piise. Il paraît qu'il fut empêché par quelque contre-tems de porter les armes à la bataille de Brignais , donnée, l'an i3Gi , contre les grandes Compagnies qui (Jésobient son pays ; car il n'est point nommé avec ses deux oncles, Robert et Louis, qui combattirent à celte journée, et dont le premier y demeura prisonnier. Mais Antoine se distingua , l'an i364 , à la bataille de Cocherel. S'étant ensuite attaché à Bertrand du Guesclin , il suivit ce général en ^iuienne et en Espagne. Antoine mourut à Montpellier sans lignée Tan 1374. il avait épousé Béatrix , fille de Jean II de Châlons, sire d'Arlai.

EDOUABD IL

1374, Edouard II, pelit-fils de Guichard VI par Guichard,.

DITS SIRES OU BARONS DE BSArjOLAlS. Siy

son père , seigneur de Perreux , en Brionnais , et de Scmur , lue l'an i35l), à la bataille de Poitiers, recueillit la succession d'Antoine, malgré les oppositions de Marguerite, sœur de ce dernier et femme de Jacques de Savoie, prince d'Achaïe. Celte princesse ne perdit pas néanmoins tout ; car Edouard , par composition , lui céda la terre de Bersal avec la somme de vingt mille livres.

L'an i3yG , les officiers d'Edouard , assemblés le 22 décembre avec des bourgeois de la ville de Villefranche dans un cabaret , in domo albergaiiœ ^ ad signum mutonis, y signèrent une espèce de code, contenant les coutumes, immunités et privilèges de la ville, qu'ils firent ensuite approuver par Edouard, sous ce titre, Libertas et franchesia Villœjratichce, hœr est laîis. Un des articles de ce code porte qu'il est permis aux maris de batire leurs femmes jusqu à la mort exclusivement , sans que le seigneur puisse les en punir. Par un autre il est dit qu'aucun débiteur ne peut être arrêté pendant les foires et marcliés. Quicurm/ue i'enerit ad Jonim ViUaeJraïichœ , guarmus deheat delnlum in villa , nisi forum, fuerit eideni prohibilum , veniens et redicns sa/ous dcbet remanere : privilège qui a été depuis confirmé par leitrcs-paJentes du roi Henri IV du u'6 février 160a.

L'an 1^77 , traité fait à Paris , entre le comte Verd et Edouard, par lequel celui-ci, outre l'bommage de Lent, deTholssei, de Beun et de Coligni , reçoit encore du comte en fief les vUles et châteaux de Clialamont, de Monlmerle , de Villeneuve et de Beauregard en Bombes. Edouard, au mépris de ce traité, refusa dans la suite de rendre foi et hommage au comte de Savoie; refus qui lui attira une rude guerre en Bombes. Ce fut l'héritier présomptif de Savoie , Amédée le Rouge , qui la fit pour son père. Il conquit Beauregard , et assiégea Thoissei avant qu'Edouard fût en état de se défendre. Philippe, duc de Bourgogne, et Louis, duc de Bourbon, vinrent au secours de ce dernier, et ménagèrent, le 12 juin 1080, une trêve d'un an. Mais à peine fut-elle expirée, qu'Amédce le iiou^e recommença la guerre. 11 prit Thoissei, Monlmerle et Chalamont. La mort de son père, arrivée sur ces entrefaites , l'obligea de quitter ces conquêtes pour aller prendre possession de la Savoie. Le duc de Bourbon et le sire de Couci viennent le trouver à Chambéri pour l'engager à un accommodement. Le comte consent à rendre , au sire de Beaujeu , les places qu'il a prises, à condition qu'il reconnaîtra tenir de lui les châteaux de Thoissei , de Lent et de Montmerle. Edouard refuse de souscrire à ce traité. Les hostilités néanmoins cessèrent , et dans la suite le comte et Edouard firent un traité

5lS CHRONOLOGIE HISTORIQUE

de paix, le 2,5 juin i383, par rentremiso du duc d'An jotp; Jtdouard était dans le même tems en procès avec. Beatrix de Châlons, veuve d'Antoine de Beaujeu, au sujet de son douairedont il s'était emparé. Béatrix , après une longue procédure , oblitit un arrêt de provision. Mais Edouard maltraita les huissiers qui vinrent le lui signfier. La violence fut poussée mciue au point rju'il y eut quelques personnes de tuées. Il: fu plus encore ; pour se fortifier , il donna retraite chez lui à des gens poursuivis par la justice. Arrêt de prise de corps enconséquence décerné contre lui. Edouard se défendit contre les commissaires, archers et sergents du (Jiàielet, envoyés pour l'exécution de ce jugement. Mais enfin il fut pris et amené aux prisons du Chàtelet. Le comte de Savoie sollicita sa grâce, et obtint pour lui , du roi Cliarles VI , des lettres de rémission, en date du mois de juillet i388 , portant pour condition, qu'il souffrira leocr dans sa seigneurie de Beaujeu les aides que sa majesté y a imposées , comme aussi les arréages de ces rentes qui sont échus ; faute de quoi ladite grâce sera de nul effet. (Rec. de Culhert, vol. 3?, fol. cjtc^. ) La clémence dont usa le monarque envers le sire de Beaujeu , ne le rendit pas plus sage ni plus circonspect. L'an i3j^8, le dérèglement de ses mœurs et la férocité de son caractère lui attirèrent une nouvelle affaire encore plus fâcheuse que la première. Ayant enlevé une fille de Villefranche, il fui ajourné au parlement de Paris pour répondre sur ce rapt. Edouard , qui était alors dans son château de Perreux, se croyant tout permis, fit jeterpar les fenêtres l'huissier qui vint lui faire la citation. Oa envoya des troupes qui l'arrêtèrent et le conduisirent en prison à Paris. Il y courait risque de perdre la tête. Mais , ayant imploré le secours de ce même Louis de Bourbon qui l'avait autrefois défendu contre le comte de Savoie, il l'obtint et fut délivré par son crédit , moyennant la cession qu'il fit à ce prince, par acte du aS juin i^oo, de ses terres de Beaujolais et de Dombes , au cas qu'il n'eût point d'enfants légitimes. Il ne jouit de sa liberté que six semaines, étant mort sans lignéele 11 août suivant. Il avait épousé, l'an 1370, ElÉonore de Beadfort, fille de Guillaume-Roger III, comte de Beaufort et vicomte deTurenne, laquelle succéda, l'an 14^7 jà ces deux, seigneuries. ( Voy. les vicomtes de Tareune. )

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