‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 32 sur 277 · JACQUES IL · texte numérisé non relu

JACQUES IL

i4o8. Jacques, fils du comte Pierre et son successeur au comté d'Urgrl et à la vicomte d'Ager, épousa la même année qu'il le remplaça, suivant la Pena. {Ann. de Ca/al'gne-) Isa- Belle , fille du roi d'Aragon , Pierre IV, et de Sibylle de Forcia, sa quatrième femme. L'ambition de Jacques 11 ne se borna point à ce c<imté. Comme il descendait en ligne directe, par raàles, des rois d'x\ragon et des anciens comtes de Barceîonne, il obtint , à force d importunités, de Martin , roi d'Aragon, qui n'avait point d'enfants, la dignité de lieutenant ou gouverneur-général du royaume, dignité qui n'était ordinairement remplie que par l'héritier présomtif de la couronne. Cette disposition souleva les Aragonais et surtout les Urreas et les Lihorris, qui la regardèrent comme une violation des privilèges du pays. Ils émurent le peuple de Saragosse contre le comte d'tJrgel, qui fut obligé de quitter cette ville et de s'enfuir avec précipitation. (Ferreras, ad an. 1409.) Le roi Martin ne fut point offensé de cette émeute, parce qu'elle ne contrariait point ses vues. Son dessein , en effet, était d'assurer sa succession à son petit-fils , qnoiqu'illégitime, Frédéric, fils naturel <le Martin , roi de Sicile, il était dans celte pensée , lorsqu'il reçut, au commencement de l'an i4io, ""P ambassade de J^ouis II, roi de Naples , pour le prier de trouver bon que le duc de Calabre , son fds , passât en Aragon, afin d'y soutenir son droit à cette couronne, prétendant qu'elle lui appartenait à titre de petit-fils, par sa mère, du tliÏ Jean, prédécesseur de Martin. Celui-ci ayant permis la discussion de cette affaire , trois procureurs se présentèrent, Guillaume de Moncade pour \t duc de Calabre , Bernard de Cantellas , pouç le cpmte d'Urgoij^

et Bernard de Vlllacusio pour le duc de Candie. Chacun de ce* proctiieurs s'efforçait de soutenir le droit de sa partie , mais le roi tachait de les rendre tous douteux, en insistant toujours sur celui de don F'erdinand, infant de (,aslille, son neveu ^ qiioicpi'il cherchât à ménager les intérèls de Frédéric, son petit* ids , dont il vantait beaucoup les qualités. Voyant néanmoins c|ue personne n'était porté pour ce dernier, que les juriscon-' suites se déclaraient même ouvertement contre lui , et que Ton préférait le comte d'Urgel à tous les autres, pour tranquilliser celui-ci dont il connaissait lesprit turbuletil, il prit le parti de lui conférer de nouveau la dignité de lieutenantgénéral du royaume. Mais cette nomination ne fut que simulée ; et dans le même lems, il écrivit secrètement à l'archevêque de Saragosse et au gouverneur du royaume , de ne point en laisser prendre possession au comte , et d'engager les états à s'y opposer.

Le 2C) mai de la même année i4i*^ ^ le roi d'Aragon étant au monastère de ValdonscUas , fut attaqué d'une maladie si vio-» lente, qu'on désespéra de son rétablissement. Les états de Ca-» îalogne se tenaient alors à Barcelonne , leurs députés s'élant rendus auprès du monarque, le pressèrent de déclarer son légitime successeur. Sa réponse fut que les comtesses d'Urgel faisaient tous leurs efforts pour lui pi-rsuader que le trône ap— ^)artenait de droit aux comtes d'Urgel, mais qu'il n'en croyait rien. Il s'en tint là, et deux jours après (rli mai) il rendit l'esprit. Zurita, yinn. L. x, c. 91 , et L. XI , c. 2. )

La mort de ce monarque plongea l'Aragon et ses dépendances <]ans une dangereuse confusion Les cinq prétendants à la cou-:" xonne mirent tout en œuvre pour parvenir ;> leur tin. Le comte ^i'Urgel avant commencé d'exercer la régence de l'Aragon dans la ville d'A.lmérie , le parlement de Catalogne , assemblé d'abord à Montblanc, et successivement transféré à Barcelonne et ii Tortose, lui fit signifier défense d'en continuer les {onctions, avec ordre de licencier ses troupes. (Ferreras, ad an. 1 4 1 o. Zurita, Ann. L. XI, c. 3, 4 P' II-) Mais il fallait décider entre les prétendants à qui la couronne devait être adjugée. Les élats' d'Aragon assemblés pour cela en 141 '? à C^alatayud, convinrent, avec ceux de Valence transportés à Traiiiguera et ceux de Catalogne, d'envoyer un nombre égal de personnes dans la ville d'Alcanitz , pour y terminer, dans un congrès, cette grande querelle. Mais à peine ce congrès était ouvert , qu'un incident funeste en troubla les opérations. Don Antoine de J^une^, partisan outré du comte d'Urgel , voyant l'archevêque de Saragosse appliqué à le traverser , porta la fureur contre ce-

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prélat jusqu'à l'assassiner. Cet attentat, loin d'avancer les affaires du comte, ne servit qu'à faire détester son parti. Les parents de rarchevêque coururent aux armes. On demanda des troupes castillanes à don Ferdinand. Le gouverneur d'Aragon fit arrêter l'évèque de Tarazone , trop porté pour 1« comte d'Urgel , et rassembla lui-même des troupes qui causèrent de grands désordres. Tout moyen lui fut égal, sans discernement de juste et d'injuste , pour faire triompher la cause qu'il avait épousée. On lui reprocha d'avoir recherché , non-seulement ralliance des Anglais, mais celle du mahométan Jucef, roi de Grenade. Il y eut des combats entre les troupes des deux partis. I.e congrès d'Alcanitz, alarmé de ces menaces , se détermine enfin à nommer neuf juges, trois pour chacune des princi-paulés qui composaient la monarchie aragonaise , pour prononcer définitivement sur le choix de l'héritier du trône. Ils s'assemblèrent à Caspé, et les avis se trouvèrent divisés. Saint Vincent Ferrier, qui s'y était rendu, entraîne, le 2.4 juin i4'2, moins par la force de ses raisons, que par l'éclat de sa sainteté, les avis de son frère et de quatre autres juges , en faveur de l'infant don Ferdinand. Le nouvel archevêque de Taragonne et Guillaume de Valsecca , jurisconsulte catalan , furent les seuls qui opinèrent pour le comte d'Urgel. Pierre-Bertrand Valencien , refusa d'ouvrir son avis. La sentence fut prononcée le 28 dans l'église de Caspé, en faveur de Ferdinand. Ce fut en vain que Vincent Ferrier monta en chaire pour apaiser le ïBurmure qu'elle excita. .(Zuxita, ibid. c. 3o; Ferreras, ad ann. i4i I et i4i2. )

Le comte d'Urgel , éludant de reconnaître le nouveau roi , 11 y eut une proposition de mariage entre la fille aînée du pre- »nier et don Henri, fils aîné du second. Par le traité qui fut mis en avant à ce sujet, le roi s'obligeait à délivrer au comte i5o,ooo florins pour payer ses dettes, et à lui en assigner annuellement six niille , deux pour lui , deux pour sa femme et • deux pour sa mère. Le comte, qui aurait dû accepter ces offres, préféra l'alliance du duc de Clarence , fils de Henri IV, roi d Angleterre. Mais le jeune prince ensuite y renonça. Il fut alors aisé au roi d'Aragon de dompter un vassal dont le parti s'affaiblissait chaque jour. Le comte, assiégé dans Balagucr, fut réduit à s'abandonner à la clémence du roi , qui le condamna à une prison perpétuelle, et ordonna la confiscation de tous ses domaines et de ceux de la comtesse, mère du comte, qu'il réunit à la couronne. Enfermé d'abord au château de Lérida , il fut ensuite transporté à celui d'Urvena en Castille , de là à Castro-Torafe , et enfin au château de Xaiiya dans le royaume

86 CHHON.. HIST. SES COMTES D'uRGEL.

(ÎB Valence, OÙ il finit ses jours, le i<=r. juin i^Si^. ( Zurîta ,' Ferreras, ihid. )

La comlesse douairière d'Urgel et les filles du romte , furent d'abord enveloppées dans sa ratastrophe. avani été enfermées toutes ensemble, l'an i4'4i dans nn château par ordre du roi. 3\Iais l'année suivante . Kerilinnnd fit amener les filles à sa cour OÙ elles demeurèrent jusqu'à ce qu'il les eut établies En 1428, il donna en mariage Isabelle, l'aînée , à linfant don l'èdre , duc de (oïmbre, deuxième fils de don Jaynu- I, roi de Portugal , avec une dot proportionnée à sa naissance et à la dignité de son époux. Eléoiiore, la deuxième, fit alliée en j4'^" , ^ ï\aymond UjTsi:., comte de Noie; et Jeanne, la dernière, épousa, i". Jean de Grailli, qui prenait le litre de comte de Foix; 2°., en juin i44^) Jean-Kaymond Folch , comte de Cardone.

t)ES COMTES DE POITIERS, ET DUCS D'AQUITAINE OU DE GUIENNÉ.

I^oitierS, en latin Augnstorilum , ville fonrlée sous le règoâ df rempereur Angusio^ comiTie riiulique son nom^ capitale' des Piclons on Piciaves , appelés dans h suite Poitevins, l'utt des quatorze peuples situes entre la Garonne et la Loire ^ dii teirs des l-ioinaiiis, ne dt)il pa^ être ronionJne avec Lemunnni^ autre ville des i^iclons, d(jnl la position n'est pas bien connue* Lorsqn'Honorius eut partagé iWquitaine en trois provinces^ Poitiers fut comprii dans la seconde, dont Bordeaux fut là métropole.

Clovis ayan' enlevé la plus grande partie de 1' \quilaine auiè "Visigoths, établit des comtes dans les principales cités de sa Conquête, Cette police subsista sous les rois et les ducs d'Aqui^ taine , descendants de Clovis, jusqu'à l'extinction de leur dynastie. Amingus ou Ainanuge, eiait ci.mte de Poitiers sous Waifre, dernier duc mérovingien d'Aquitaine, qu'il servit dans ses guerres contre le roi Pépin le Bref. Knvoyé par Waifrô avec un corps de troupes, l'an 760, pour faire le dégât etl Tourainé , il y fut attaqué par les vassaux de saint Martirt ^ qui retendirent sur la place avec la plupart de ses gens. (Vaissète, t. I, pag. 421.) ^

L'an 77^, ' harlemagne, au retour de son expédition d'Espagne, voulant rétablir le royaume d'Aquitaine en faveur dé son fils Louis, qui venait de naître, nomma de nouveaiiJè comtes , au nombre de quinze , pour gouverner ce pays ^ c'esljr^dire, suivant le plaa qu'il leur traça, pour veiller sur lé*

88 Chronologie historique

séditions et les révoltes qui pourraient s'y élever, résister atrt ennemis (lu dehors, adniinislrer la justice, et régir les domaines et les droits de la couronne : leurs fonctions , par conséquent, embrassai (^ ni la justice, la guerre et les finances. Au-dessus de ces comtes était le duc d'Aquitaine, qualité que Charle— magne affecta aux comtes de Toulouse, et que les comtes de Poitiers, comme on le verra ci-après, partagèrent dans la suite avec eux.

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