‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 36 sur 277 · RICHARD · texte numérisé non relu

RICHARD

nGg. Richard, devenu duc d'Aquitaine, rend îiornma^e de ses états au roi de France le 6 janvier 1171, dans la ville d'Argenton. Il nomme pour son lieutenant Raoul de la Faye , homme féroce et d'une avidité insatiable, dont Pinsolence et ïes extorsions forcent la noblesse à se soulever. Richard prend les armes pour réprimer cette sédition. Le roi son p^re vient à son secours , et achève de lui soumettre les seigneurs r-^voltés. L'an 1174? il est fiancé le 80 septembre avec Alix, fille du roi Louis le Jeune et d'Alix de Champagne. La princesse , âgée pour lors de six ans , est conduite en Angleterre pour y être élevée, jusqu'à son mariage , à la cour du "roi son beau-père futur. L'an 1175, nouvelle révolte des seigneurs d'Aquitaine, à la tële desquels sont les comtes d'Angoulème et de la Marcb.e. Richard apprenrl en Angleterre, où il était pour lors, les dégâts qu'ils font en Poitou. S'étant rendu l'année suivante dans son duché, il lève une armée, poursuit les rebelles, et, après leur avoir enlevé plusieurs de leurs places, il les fait prisonniers, puis les envoie en Angleterre à son père. Le roi les reçoit à Winchester, et ne leur rend la liberté qu'après en avoir tiré de fortes rançons. L'an 1 179, selon Raoul Je Dicefo^ ou l'année suivante, selon Mathieu Paris, irrité des bravades et des fréquents manquements de Geoffroi de Ranconc à son égard , il vient assiéger , le premier mai , son château de Tail — lebourg , l'une des plus fortes places qu'il y eut alors en Aquitaine. Les assiégés, honteux de rester sur la défensive, font le iTiardi des Rogations une sortie sur les assiégeants; mais ceuxci les reçoivent avec taîit de bravoure , que les ayant repousses , ils les poursuivent et entrent pèle -mêle avec eux dans la place, où ds font un horrible carnage. Ceux qui purent échapper à leurs glaives s'étant réfugiés dans le donjon , y furent attaquée avec une telle fureur que , le jour de l'Ascension , le maître du château fut obligé de se rendre. Richard, après cela, fait raser la place, et pendant un mois il n^est occupé qu'à prendre et à détruire les autres châteaux du pays. Couvert de gloire par cette expédition , il repasse en Angleterre , où le roi , son père , îe reçoit avec de grands honneurs. L'an 1181. il prend la difense de Mathilde , fille et héritière de Guillaume JV, eointe d'Angoulême, contre ses oncles qui avaient entrepris de la dépouiller : mais dans le même tems, la noblesse d'Aquitaine , irritée <]u mauvais gouvernement de Richard, se ligue

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avec ses frères , Henri et Geoffrol , pour l'en chasser. Richard , attaqué de deux côtés en même tems, implore le secours du roi , son père, qui vient avec une armée pour le délivrer. Henri et Geoffroi feignent à son arrivée de vouloir réconcilier les barons d'Aquilaine avec Richard. On négocie à Limoges» Le roi était maître de la ville , et le jeune Henri l'était du château. Tandis que le père se promène avec quelques officiers devant celte yilace, les soldats de la garnison font pleuvoir une grêle de flèches dont l'une blesse un de ses chevaliers à ( ôlé de lui , et une autre lui aurait percé le cœur sans un mouvement de son cheval qui la reçut au front. Ce malheureux père se retire , outré de la scélératesse de son fils. Celui-ci, voyant son abominable projet manqué, prend la croix pour la Terre-Sainte. Mais, presque assltôt, il tombe malade, et au bout de quelques jours il meurt au château de Martel , dans la vicomte deTurcnne, le ii juin ii83, dans de grands sentiments de pénitence- Cette mort déconcerta les projets des re— belles. Riraard les poursuivit, rasa leurs forteresses, et obligea toute la noblesse .T rentrer dans le devoir.

La t rance , et surtout sa partie méridionale , était alors infestée , ravagée par diverses troupes de brigands nommés Brabançons, Aragonais, Routiers, Coterau.x, qui détroussaient les^ pèlerins cl les marchands sur les grandes routes, et toujours étaient prêts à se louer aux seigneurs inquiets et querelleurs pour se faire la guerre entre eux. Un charpentier du Puy se mit tout-à-coup à publier une vision où la mère de Dieu lui avait ordonné de prêcher la paix , et pour gage de sa mission lui avait remis son image avec cette inscription gravée autour : Agnus Dei gui foliis pcccata miindi , dona nubis pacem. La prédication de cet homme grossier produisit une confrérie où chacun s'empressa d'entrer. Un chaperon blanc avec une plaque de plomb ou d'étain où l'image de la vierge telle que le charpentier disait l'avoir leçue avec l'inscription , était représentée, distinguait les membres de celte nouvelle association. Leur principale obligation était de prendre les armes pour aller détruire les ennemis de la paix dans quelque ville ou dans quelque province qu'ils fussent , et rétablir la sûreté sur les grandes TOLites. Ils remplirent d'abord cet engagement avec succès. On vil pendant quelque tems la concorde succéder m\\ dissensions domestiques, la paix aux guerres intestines, la sûreté des chemins et l.'. libert;' du commerce rétablies. Les jeux de dés ou de tables furent supprimés, les tavernes (ermées, los faux serments. Us blasphèmes interdits. Mais les passions des associés frantiiirent bientôt les barrières que leurs propres règlements leur ©pposaieut ; et si celte confrérie produisit quelc|ue bien ,

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