‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 57 sur 277 · ANNE-MARIE-LOUISÈ D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

ANNE-MARIE-LOUISÈ D'ORLÉANS

Anne --Marie -Louise d'Orléans, née le 29 mai 1627, conaue sous le nom de Mademoiselle de Montpensilu, devint , par la mort de sa mère , la plus riche héritière da l'Europe, après les têtes couronnées. Mais elle n'entra en jouissance de ses vastes domaines que l'an i65o. Plusieurs souverains recherchèrent la main de celte princesse : mais aucun ne l'obtint par les obstacles que la cour mit à son mariage. A la raison d'état , qui ne permettait pas de lui laisser prendre alliance hors du royaume , se joignait le ressentiment de Louis XIV, qui n'oublia jamais l'insulte qu'elle lui avait faite à la bataille de Saint-Anloine, en faisant tirer le canon de la Bastille sur ses troupes. Enfin étant parvenue à l'âge de quaranteî.rois ans, elle obtint le consentement du roi pour épouser le comte de Lauzun , colonel-général des dragons (i). Mais bientôt

(i) Voici ce que mandait en province sur ce mariage, le lundi i5décembre 1670, madame de Sévigné.

« Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus » surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus j) triomphante, la plus étourdissante, la plus inouie , la plus singu— » llere , la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue y ■» la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, 5) la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd hui , la plus bril— 3> iante , la plus digne d'envie , enfin une chose dont on ne trouve ■» qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple nVst-il » pas juste : une chose que nous ne saurions croire à Paris, corn—

» ment le pourrait-on croire à Lyon? une chose enfin qui se

» fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi ; je ne puis i me résoudre à la dire , devinez-là; je vous le douué en trois, jetei

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