SANCHE
ï3ii. Sanche, deuxième fils de Jacques 11, roi de Majorque, lui succéda dans ses états, il était marié depuis le commencement de l'an i3u4 avec Marie, (ille de Charles II, roi de Sicile et comte de Provence. J/an i3ii , au mois de décembre , il rend hommage de Montpellier et du château de Laies au roi Philippe le Bel , son tièsdier cousin , comme porte l'acte de cette cérémonie. Elle ne satisfit point le monarque français qui avait des vues sur la seigneurie entière de I^lonlpellier. Le roi d'Aragon, d'un autre côté , prétendait que cet hommage devait lui être porté. Il y eut des débats à Montpellier entre les officiers du roi de France et ceux du roi de Majorque pour l'exercice de la juridiction. Philippe le liel soutint les siens. Mais la mort de ce prince, arrivée le sq novembre i3i4 , ne lui permit pas de pousser les choses aussi loin qu'il se l'était propose. Louis Hutin, successeur de Philippe le Bel, renouvela ses demandes pour la seigneurie de Monfpeliiei , et ciî* X* &
iH CHRONOLOGIE HISTORIQUE
de nouveau le roi de Majorque au parlemc-nt de Paris. Dori Sanche et le roi d'Aragon lui envoyèrent des ambassadeurs qui ne parvinrent point jusqu'à lui. La nouvelle qu'ils apprirent eu chemin de sa mort, arrivée le 8 juin i3i6, les fit revenir sur leurs pas. L'année suivante , nouvelle ambassade des deux rois à Philippe le Long, successeur de Louis Hutin. Philippe consent de terminer la querelle à l'amiable , et accorde un sursis, au moyen duquel Sanche exerça librement sa juridiclion à Montpellier. Sanche mourut le 4 septembre 1824 , sans laisser de postérité. ( Voy. /es rois de Majorqus. )
DON JAYME in.
i324. Don Jayme III, successeur de SancTie , son oncle , dans sa douzième année, envoya , l'an iSiS, des ambassadeurs au roi Charles le Bel, qui avait remplacé Philippe le Long, son frère , décédé le 3 janvier i322 , pour lui demander main-levée de la partie de Montpellier qui lui appartenait et de la baron- Tiie d'Omelas ; ce prince les avait fait saisir et mettre sous sa main par défaut d'hommage. Charles lui accorda sa demande à condition qu'il rendrait hommage par procuretir dans quatre mois , et en personne lorsqu'il serait parvenu à l'âge de majorité. Don Jayme vécut bien avec ce prince qui l'affectionnait à cause de la parenté qui était entre eux et de l'attachement cpic les rois de Majorque avaient toujours marqué pour la France. ISiais le règne de Charles fut coiut. La mort l'enleva le pre-* mier février 1028. Philippe de Valois, étant monté sur le trôna après lui , reçut, le 28 asTil i33i , l'hommage que don Jayme était venu lui rendre. Mais dans la suite don Jayme donna atteinte à cet acte par l'hommage universel qu'il fit à don Pètlre IV, roi d'Aragon, de tous ses domaines sans exception; Le roi de France, l'ayant appris, fit sommer le roi de Majorque, l'an i34o, de venir lui renouveler son hommage pour Montpellier et ses dépendances. Don Jayme à cette sommation oppose un refus qu'il colora de divers prétextes, dont le principal était que l'échange de Philippe le Bel avec l'évêque de IMaguelone , qui avait procuré au roi la suzeraineté de Montpellier, était nul , parce qu'il était fait contre la défense du pape. On peut juger par-là de ses autres prétextes. Pour braver plus ouvertement le roi de France , il fit publier, dans le mois de janvier i34i , des joules à Montpellier, malgré la défense nue Philippe Valois avait faite d'en célébrer pendant la guerre qu'on avait alors avec l'Angleterre. Le comte de Valentinois, lieutenant du roi , s'avança près de Montpellier avec des troupes pour les empêcher. Ces jeux ne laissèrent pas néanmoins d'avoix
©ES SEIGÎÎEURS DE MONTPELLIER.' l<)
ijou. Don Jayme comptait sur le roi d'Aragon. Mais celui-ci mccontent lui-même du roi de Majorque qui lui refusait aussi l'iiommage du lAousillon et de ses autres domaines , effrayé d'ailleurs par les préparatifs qu'on faisait en Languedoc pour réduire ce petit monarque , lui refusa le secours qu'il lui avait d'abord fait espérer. Don Jayme , ainsi abandonné , vint à Paris, où il rendit au roi, sur la fin de i342 , le nouvel hommage, qu'on lui demandait pour la seigneurie de Montpellier. Mais, en faisant sa paix avec la France, il ne fit point changer au roi d'Aragon le dessein qu'il avait formé de le dépouiller entièrement de ses états, lien vint à bout dans une guerre de sept années qu'il lui fit. Réduit à la seigneurie de Montpellier, don Jayme prit le parti , dans la crainte que le reste de ses domaines ne lui échappât encore , d'en traiter avec le roi de France. S'étant rencontré avec ce monarque à la cour d'Avignon au mois d'avril i3^.g , il lui vendit, comme il a été dit ailleurs, le i8 du même mois, pour la somme de cent vingt mille écus d'or, payable en trois termes, la seigneurie de Montpellier qui valait trois mille deux cent quatre-vingt livres tournois de renie , et celle de Lates qui en valait quatre cent trente-cinq. Nous trouvions, dit dom Vaissète, que la partie de Montpellier que ce prince vendit au roi Philippe de Valois contenait sej)t mille feux. Les commissaires du roi prirent possession de ce domaine, au nom de sa majesté, dans le mois de mai suivant , et donnèrent ce même jour un grand repas aux principaux habitants de Montpellier. Don Jayme employa la somme qu'il lira de la vente de Montpellier à équiper une flotte avec laquelle il vint faire une descente à Majorqne. Il y périt la même année dans une bataille qu'il livra , le zS octobre , à son rival. (Voy. les rois de Majorque. ) La seigneurie de Montpellier demeura unie à la couronne de France depu!» la vente dont on vient de parler. Mais cette union souffiit de l'opposition au commencement, de la part du roi d'Aragon. Celui de Majorque avait laissé un fils en bas âge dont le roi d'Aragon s'était déclaré le tuteur et au nom duquel il protesta de nullité contre la vente de Montpellier. Il prétendait de plus, en vertu d'une substitution , que le père de cet enfant lui avait: faite , que dans le cas où ce pupille viendrait à mourir , son héritage devait lui revenir. Pour terminer ce différent, les deux rois convinrent d'un traité dont un des principaux ariich^s fut que Philippe demeurerait en possession de Montpellier, à condition de compter au roi d'Aragon ce qui restait à payer du prix de l'acquisition. Ce traité, commencé en i35o, lut terminé au mois de février i35i (v. st. ) par le roi Jean , fils, et succesjseur de Philippe de Valois, Dans le traité de paix que
20 aIRO^'OLOGIE HISTORIQUE
le roi Charlos V fit à Veruon , l'an xSyi , avec Charles le î.îauvais , roi de Navarre , le premier céda au second ( cession f|ii'il avait déjà faite en i365 ) la seigneurie de Montpellier, pour retirer de ses mains les villes de Mantes, de Moulent, de Longueville , et d'autres places. Mais lorsque le chevalier Legier d'Orgiey vint prendre possession de Montpellier , le 2.0 novembre 1071, le sénéchal de Beaucaire y forma opposition. De nouvelles difficultés qui s'élevèrent depuis entre le duc d'Anjou, gouverneur de Languedoc, agissant au nom du roi de France et le roi de Navarre , tinrent l'affaire en suspens. Pour les terminer , ils convinrent de s'en rapporter à la décision du pape Grégoire XI. S'étant donc rendu l'un et l'autre dans la ville d'Avignon , ils convinrent, le 20 février 1872, dans la chambre du pontife et par sa médiation , de plusieurs articles, dont le principal fut que le roi de Navarre serait mis incessamment en possession de la ville et seigneurie de Montpellier, et quatre ans après cette prise de possession il serait tenu de recevoir ailleurs d'autres terres d'un égal revenu au lieu de celte seigneurie qui serait par-là réunie à la couronne de France. En conséquence de cet accord , Legier d'Orgiey prit de nouveau possession de Montpellier le 9 de mars , au nom du roi de Navarre , qui, le 20 du même mois, fit son entrée dans cette ville , alla loger au palais de l'évêque de Maguelone , et repartit pour la Navarre le 22 juillet, après avoir confirmé publiquement les coutumes et privilèges du peuple, et reçu le serment de fidélité des consuls et des habitants. Ce prinrc envoya , l'année suivante , la reine , sa femme, à Montpellier pour gouverner les domaines qu'il avait en France. Elle fit son entrée solennelle en cette ville le 17 mars , accompagnée d'Agnès, comtesse de Foix, sa belle sœur, du prince d'Orange, et de plusieurs autres personnes de distinction. Elle y fut reçue avec les mêmes honneurs qu'on avait laits au feu pape Urbain V. De là s'étant transportée en France^ elle mourut à Evreux le 3 novembre suivant. Mais, l'an 1878, le roi , son époux, ayant été convaincu d'avoir attenté sur la vie du roi de France et de s'être ligué contre lui secrètement avec le roi d'Agleterre , le duc d'Anjou , par ordonnance Ou 1 6 avril , fit saisir de nouveau la baronnie de Montpellier ])ar le sénéchal de Toulouse. Les habitants de Montpellier rentrèrent à regret sous la domination de la France, dont le duc d'Anjou avait appesanti le joug en Languedoc par ses exactions. tJn subside , qu'il avait envoyé lever à Montpellier, y occasiona, le 2S octobre 1879, une sédition où périrent plus de quatre-vingts de ses officiers. S'étant rendu, le 20 janvier 1880, en cette viilc , il prononça contre les habitants une sentence
DES SEIGNEURS DE MONTPrLLIER. 21
terrible qu'il modéra par une autre , le 27 du même mois (i) , à la prière du pape Clément VII et du cardinal d'Albano. Le nouveau roi de France, Charles VI , ayant fait rendre , le 3o mai i3Si, la baronnie de Montpellier au prince Charles, fils da roi de Navarre, la lui retira le 28 octobre de Tannée suivante, el la remit en sa main pour la faire administrer par le sénéchal de Beaucaire. C'est ainsi qu'elle fut réunie à la couronne de France.
(i) » Ce duc prétendit faire grâce en ne demandant que six cents
» victimes . dont deux cents devaient périr par le fer, deux cents par
■» le feu, deux cents par la corde, afin de varier le spectacle. Des car-
» dinaux , des moines, des magistrats, haranguèrent tant que le duc
» d Anjou consentit que le plus grand nombre de ces supplices fut
j> racheté à prix d'argent. C'était le véritable objet de cette horrible
» tragédie , qui se jouait loin des yeux de Charles V. « (M. Gaillard. )
DES
COMTES DE PvOUSSILLON {^).
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XjE Roussillon , dont Tancien comié de ce nom, romifatus Kusanonensis ^ ou Roscilionensis ^ ne faisait qu'une partie, est «ne province longue de vingt lieues sur neuf de largeur, bornée à rOrient par la Méditerranée, à l'Occident par la Cerdagne, au Septentrion par le Bas-Languedoc, et au Midi par la Catalogne, dont les Pyrénées la séparent. Elle comprend aujourd'hui dans son étendue le Vallespir, le Gonflant et la Cerdagne française. Cette contrée s'appelait autrefois Regio Sardunum , vraisemblablement à cause d'une colonie que les Romains y ovaient transportée de Sardaigne. Mais les Sardons , ou Sardes, n'occupaient que la côte ds'puis Salces jusqu'à Cervera , et au promontoire de Vénus. L'intérieur de la province, formé par le Confiant et le Vallespir, était habité par les Consuarans, suivant le témoignage de Pline ( liv. 3 , chap. 4- ) C'est la ville de Ruscino^ colonie romaine, qui a donné son nom au pays, dont elle était anciennement la ca[titale. Ce fut là que les Volces s'assemblèrent, l'an 536 de Rome, pour délibérer sur les moyens d'empêcher Annibal de traverser leur pays pour aller à Rome , dans la crainte qu'il n'attentât à leur liberté. Mais il paraît que celle ville fut détruite, ou du moins ruinée, par les Vandales , à leur entrée en Espagne. {Marca Ilispan. , pag. 20 et 83.)
(*) Cet article a e'Ie rédige' sur les mémoires fournis par M. Fossa professeur en droit à l'univcr^ilé de Perpignan.
CltRON. HIST. DES COMTES DE ROUSSÏLLON. :'.'>
Kulle mention en elfet de Ruscino^ dans i'hisLoire de l'expédition du roi Vaml)a contre le duc Paul , écrite sous le règne de ce prince par Julien, évéque de Tolède, quoi qu'il y soit parlé d'Llne et de toutes les forteresses du pays. Même silence dans le jugement rendu alors contre les séditieux, qui contient un récit abrégé de cette expéilition. En retournant en Espagne, après l'avoir terminée, Vamha séjourna deux jours à Elne, qui devait être sans doute alors la principale ville du pays. /^.«.' /^uoe/uc , dit Julien , Heleiiam peiveniens duorum ibi liierum îmmoralione detenfus est. J/eglise qui , dans l'érection des évèchés , a toujours suivi Tordre civil, et placé les sièges épiscopaux dans la principale ville du diocèse, plaça dans le sixième siècle celui de Roussillon , en l'érigeant, à Elne, comme la capitale du pays, ainsi que le reconnaissent Adrien de Valois. (iVWiV. Galt. pag. 126, 18b), le Coi nie [ann. ad. an. 524? n. 5), M. de Marca {Marca His/jan, pag. 24 7 81, 444 )i D. Vaissète {H/st. de Lang. , tom. I , n. 28) , et les auteurs du nouveau Gain'a Christiamiy ( tom. VI , col. io3i.) Mais Bine n'a pas toujours porté le même nom. C'est l'ancienne Iltiheris , connue sous les Romains , comme l'a prouve iVL de JNIarca (^Maixa Hisp. pag. 22), suivi par Baluze, Vaissète et le nouveau Gallia Clirisiiaiia. Constantin eu rétablissant cette ville, lui donna le nom d'Elne, Helena, en mémoire de l'impératrice Hélène, sa mère. Il n'est donc pas surprenant qu'elle soit devenue la capitale du Roussillon, après* la ruine de liuscino , dont l'histoire ne parle plus sous la domination des Visigoths. Il est vrai qu'au neuvième siècle on appelait Roussillon la ville d'Elne, de même que le pays dont elle était capitale. La souscription d'Audesinde , évéque d'Elne, apposée au concile de Tusey, porte : Audesindus lioscellensium episcopus. ( Concll. tom. Vlll, pag. ySS.) La bulle du pape romain , accordée à Ricuife, évéque, aux ides d'octobre de la sixième année de l'empire de Lambert, c'est-à-dire l'an 897 , •qualifie.ce prélat évéque de l'église de Roussillon (i).
A la ville d'Elne a succédé, dans la dignité de capitale, celle de Perpignan , dont le nom ne parait point avant le dixième siècle. On connaît trois monuments de ce siècle où il en est fait mention Ils n'en parlent pas même comme d'une ville fermée. Le premier est une vente faite à Wadalde, évéque d'Elne, l'an XXX du règne de Charles le Simple (922), de deux alleus , dont les limites sont ainsi marquées : Affrontant.... de aVw latcve
(i) Baluze {Marca. Hispan. TH. L. VIII) , rapporte à l'an 900 celte fculie, dont 1> date ne peut se ve'rifier qu'eu 8q7 : Imperatore D- N. piissimo pp. Aug. Lambcrlo à Dco coionato.
:2+ CÎIROISOLOGIE HISTORIQUE
iii ipso termino Cu\>estagniu Chameau près de Perpignan), et Je tertio lateie in termiiio deoitta Perpiniaiio. {Caria/. d'E/ne, ibl. 2.6.} Le second est une donation faite au même prélat, Il cinquième année du règne de Raoul (cjacS), qui exprime celle désignation, de (quarto vero latere in Kua quœ pergit Perpiniano. {Und. fol. 229.) ].e troisième enfin est le testament de Raymond I , comte de Piouergue et marquis de Golhie,de ranyBi, où il lègue aux églises cathédrales d'iilne et de Gironne, et à l'abbaye de Saint-Pierie de Rodes, dans l'Ampourdan l'alleu de Perpignan, qu'il avait acquis d'Atton : Atode de Perpiniani quod de Attone acquisi^^it. ( Mabil. dere diplom. pag. 672. ) i>'ancienne église de Saint-Jear» de Perpignaa ne fut érigée en paroisse qu'en io25. {Marra Ilisp. pag. 1040.) Les trois autres paroisses ne datent leur érection que du tems de la domination de Jacques 1 , roi de Majorque en Roussillon. ( On ^oit le diplôme de ce prince, du /^janvier i3oo, aux archives de la ville de Perpignan , livre vert rnss.fol, 85 , et celui du VI des ides de mai 1001 , aux archives de la marguillerie de Saint-Jean.)
Les peuples du Roussillon étaient compris parmi les Volces Tectosages , lorsqu'ils furent subjugués par les Romains qui les enclavèrent dans la Gaule Narbonnaise. Ils passèrent, l'an 4^-» avec toute cette piovince sous la domination des Visigoths, et tombèrent. Tan 720, sous celle des Sarrasins, qui se rendirent maîtres du pays. Ceux-ci en furent chassés à leur tour, vers l'an 7G0 , par Pepm le Bref, qui le* obligea de repasser les Pyrénées. Ce prince, en unissant le Roussillon à la couronne, le renferma dans le gouvernement d'Aquitaine,
GAUCELIN, ou GAUCELM.
Gaucelin, ou Gatjcelm, fils de Saint-Guillaume , fondateur de Gellone, et frère de Bernard, duc de Septimanie, gouvernait déjà, suivant Eginhart , l'Ampourdan , ou le comte d'Arapurlas, depuis l'an 812. {Marca Hisp. pag. 297.) Accusé, l'an <S.)o , d'avoir trempé dans la conspiration de son frère contre l'empereur Louis le Débonnaire, il fut, à ce quVn croit, dé-
f»ouillé de son gouvernement par les commissaires envoyés sur es lieux, pour informer de sa conduite. Il se justifia néanmoins dans la suite, et rentra dans les bonnes grâces de l'empereur, qu'il servit avec zèle contre Lothaire, son fils rebelle. 11 lut la victime de sa fidélité. Lothaire l'ayant forcé, l'an 634, t^^ns Chàlons-sur-Saône où il s'était retranché, le prit et le fit décapiter avec plusieurs autres seigneurs du parti de l'empereur. ( Marca Hisp.., pag. 1-^49, 359, 77^5 Vaissète, tom. I, pag. 469, 535, 5ii.)
On donne à Gaucelin pour successeur Eéra, fils d'Argila, et
t)ES COMTES DE ROUSSILLOiST. aS
^etit-fi1s, par son père, de Béra , duc de Septlmanle ,
i proscrit, comme on l'a dit ci-devant, par l'empereur Louis a Débonnaire en 820. La preuve qu'on en doune se lire de l'acte d'une donation qu'il fit , le 24 février 846 , au monast-ère d'Exalala , dans le Confiant (transféré depuis à Cuxa ) , dans lequel il prend le titre de comte par la grâce de Dieu. ( Marca Hlspan. pag. 782 ; Vaissète , hist. de Lang. tom. I , pag. yoy. ) Mais une donation faite à une église par un comte , ne prouve pas que cette église fût dans son département. Nous voyons d'ailleurs que le comté de Roussillon était occupé par un autre , qui suit , dans le même tems qu'on y place Béra.
SUNIAIPiE I«^
SUNIAIRE était comte d'Ampurlas avant l'an 843, comme le prouve un jugement rendu par Alaric , son successeur dans ce comté, le 12 des calendes de septembre, la troisième année après la mort de l'empereur Louis le Débonnaire; acte dans lequel il est dit que l'évêque de Glronne avait été investi par le comte Suniaire dans la ville d'Ampurias , Sunlariu comité Mo inimpurias ci^itate , d'un droit de tonlieu , dont s'était emparé depuis un nommé Selvan. {Marca Hisp. col. 779-780.) Le même Suniaire était comte pour lors du Roussillon. Il est fait mention de lui dans l'édit de Charles le Chauve , donné Tan 844 7 en faveur des Espagnols qui s'étaient réfugiés en France. ( Baluze, CapituL, tom, II, col. itt44- ■ On peut encore inférer d'un diplôme du même prince , en faveur de l'abbaye de la Grasse , datée de l'an 855 , (hist. de Lang. tom. I , pr. pag. 102) , qu'il jouissait aussi du comté de Bésalu. On n'est pas assuré de l'année de sa mort.