GUILLAUME TAILLEFER III
J6S9 au pluiiU. GuLLAVJME, f.!s de Foulques, lui succéda
DES COMTES d'aXGOL'LÊME. i85
»u comté d'Angoulême et dans ses autres domaines. 11 était petit de corps, mais bien pris dans sa taille, et d'une force supérieure à ce t|ne sa 6gure annonçait. // a même tué ^ dit Tancien auteur déjà cité , quelques chevaliers dtiin. coup de lance ^ en la leur enfonçant au travers de leur bouclier et de leur cuirasse^ et fan tient communément que jamais on n 'a pu le désarçonner , ni le faire tomber de cheval. Il défendit courageusement , pour la comtesse Almodis , le comté de la Marche , contre Hugues de Lusignan , qui voulait se l'approprier par droit d'hérédité. Il eut aussi la guerre avec Guillaume IX, duc d'Aquitaine , avec Ademar d'Archiac , avec Bardon de Cognac, et d'autres seigneurs , alliés ou vassaux du duc. Le comte d'Angoulème remporta sur eux quelques victoires ; mais à la fm il fut fait prisonnier dans un combat contre ces mêmes ennemis , et ne receuvra sa liberté qu'en donnant pour sa rançon la baronnie de Mastas , qu'il vint ensuite à bout de reprendre avec l'aide de son fils aîné, par les conseils de Girard, évèque d'Angoulème, et légat du saint siège, c'est-à-dire après l'an iioG, époque de la légation de Girard. Le comte Guillaume entreprit, sur la fm de ses jours, le pèlerinage de Jérusalem, et mourut à son retour , le 6 avril, veille des Rameaux, suivant son épitaphe qui est à Saint-Cybar, dans la chapelle de Saint- Denis, ce qui se rapporte à l'an iii<*S, et non 1120, comnie le marque Corlieu. ( Cart. de S. Cybar. ) De Viïapoi , son épouse, fille et héritière d'Amanieu , seigneur de lîenauges et de Saint-Macaire , en Gascogne, il laissa \Vulgrin , qui suit; Raymond, sire de Fronsac : et Foulques, seigneur de Montausier; avec deux filles, dont l'une, nommée Alix, épousa Eudes, vicomte de Thouars. On ignore le nom et le sort de l'autre.
WULGRIN TAILLEFER IL
ii^o. ^VuLGRIN II , fils aîné de Guillaume III , et son successeur au comté d'Angoulème, était, suivant le portrait qu'un ancien nous en a laisse, d'une taille avantageuse , d'un port majestueux , prudent ^ habile au métier de la guerre ^ patient^ à l'épreuve des travaux^ la terreur de ses ennemis^ le bouclier de ses sujets , vigoureux et robuste ; qualités qui lui procurèrent presque toujours d'heureux succès dans ses expéditions militaires. L'auteur fait ensuite l'éloge de sa chasteté , de sa charité envers les pauvres , de sa libéralité envers les églises , et ne blâme en lui que l'ambition immodérée qu'il eut de s'agrandir. Il avait déjà fait ses preuves de valeur du vivant de son père. Outre le château de JNlastas , qu'il l'avait aidé à reprendre, comme on l'a dit, il avait retiré de force celui d'Archiac, des mains d'A- X. ^4
it^Ci CHRONOLOGIE HISTORIQUE
flémar d'Arclilac, qui s'en était emparé par surprise; devena comte d'Angoulcme, il recouvra et rehâtit le château de Blaje, que le duc d'Aquitaine avait démantelé, après s'en être rendu maître, et en fit une forteresse imprenable. L'an 1126, il fiança Kobert le Bourguignon , son parent , à l'héritière de Chabannais et de Confolens. Mais Adémar de la Rochefoucauld revendiqua cet héritage du chef de sa femme ; et ayant mis dans ses intérêts Guillaume IX, duc d'Aquitaine, il prit les armes pour s'en emparer. Il y réussit moins par sa valeur que par la trahison de ceux à qui la garde des châteaux était confiée. Guillaume IX étant mort l'année suivante , Robert, avec l'aide de Wulgrin , reprit l'une et l'autre terres sous Guillaume X, nouveau duc d'Aquitaine , et les céda ensuite avec sa future épouse, à Guillaume de Mastas , frère de Robert de Montbejroux. Le duc, menaçant de les reprendre, Wulgrin amena des troupes pour en défendre les châteaux, et y attendit, mais vainement, un mois entier, l'arrivée du duc. Ce prince, voyant la valeur et l'intrépidité de Wulgrin , aima mieux l'avoir pour ami que pour ennemi. Ils firent la paix ensemble, et
Quelque tems après , ils vinrent de compagnie faire le siège u château de Montlgnac , que Girard de Blaye avait enlevé à Wulgrin. La plupart des barons de Poitou et de Saintonge, étant accourus au secours de la place , "W^ulgrin l'emporta malgré leurs efforts, et après en avoir fait hommage à Girard ,; évêque d'Angoulème , comme d'un fief mouvant de son église, il en fit relever les murs, et bâtit au milieu une grosse tour ou donjon, dont on voit encore les restes. La réconciliation dn duc et du comte ne fut pas constante. Le premier ayant rasé une forte place, voisine de Pons, nommée la Tour Geolfroi, Je seigneur de Pons, à qui elle appartenait, appela ^Vulgrin à son secours, et on allait en venir à une bataille, sans l'interycnlion de Lambert, nouvel évêque d'Angoulème, et d'autres personnes sages , qui vinrent à bout d'accorder les parties. Wulgrin se rendit célèbre par d'autres exploits militaires que nous passons sous sIUmicc, U était occupé à punir la révolte des seigneurs de la Rochefoucauld et de Verleull, ses vassaux, et s'était même déjà rendu maître d'une partie de leurs terres, lorsqu'élant tombé malade d'une fièvre maligne au château de Bûuîevllle, il y mourut le 16 novembre 1140, à l'âge de cinquante-un ans, entre les bras de l'évêque d'Angoulème, emportant dans le tombeau la réputation de l'un des plus grands capitaines de son tcnis. Son corps fut inhumé à Saiot-Cybar, lieu de la sépulture de ses ancêtres. ( Labbe , BïIj/. ms.^. ^ t. U , pp. -Aîi-zayi.) il laissa de Ponce de la Marche, sa preini^-e f( nime , iùlc do Roger de Monlgommerl et d'Alœodis
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cle la Marche, Guillaume, qui suit; et d'AMABLE, la seconde, ûlle du vicomte de Chatelleraut, Foulques, seigneur de Mastas, et Geoffroi-Martel , qui fit le voyage de la Terre-Sainte, en ii8o, avec Hugues de Luzignan, et mit en liiilc l'armée de Noradin devant Tripoli. Nous ne connaissons point Piodclinde, fille de Raymond, comte de Toulouse, que M. Expilli donne pour femme à Wulgrin II, et qui lui apporta, selon cet estiinable écrivain , l'Agénois en dot.