LOUIS D'ORLÉANS
Louis, second fils du roi Charles V, nommé à sa naissance, comte de Valois, créé duc d'Orléans en i3y2, joignit ensuite à cet apanage les comtés d'Angoulême , de Périgord et de Dreux, il était né le i3 mars, un samedi de l'an i yii (n. st.), à l'hôtel de Saint-Paul, et fat baptisé le lundi suivant dans l'église de Saint -Paul, par Jean de Oaon , archevêque de Reims, assisté de douze évêques en habits pontificaux. ]>e parrain, nommé par le roi, fut Eouis, duc d'Anjou. Mais comme il était absent, Louis , comte d'Etampcs, tint sa place
tgl CHRONOLOGIE HISTORIQUE
au baptême , avec Bertrand du Guesclin , connétable de France. A celte cérémonie, le connétable tira son épée , et, l'ayant mise dans la main de l'enfant pendant qu'on le tenait ru sur les fonts , suivant la coutume de ces tems-là , il lui dit d'une voix haute : Monseigneur , je vous donne cette épée et la mets en voire main, et prie Dieu qu'il vous doint autel et si bon cœur que vous soyez aussi bon chevalier comme fui oncques roy de France qui portast épéc. Amen , amen , amen- (Dormai , Bist. de Soissons , tom. Il, p. 3S(i.) L'état de dé-^ mence où tomba le roi Charles VI, son frère, occasiona une vive querelle entre lui et Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, touchant la régence. Philippe, ayant été tuteur du roi son neveu, prétendait que le gouvernement de l'état lui était en conséquence dévolu par l'empêchement de ce monarque. Louis l'emporta par le crédit de la reine Isabeau, sa belle-sœur, avec laquelle il vivait dans un commerce fort équivoque. Mais l'abus qu'il fit de son pouvoir, irrita la jalousie des grands et lui attira la haine du peuple. Il donna cependant des preuves de son amour patriotique dans la guerre qui se faisait alors contre les Anglais. L'an 1402, il envoya de Couci, le 7 août, au roi d'Angleterre, Henri IV, un cartel de défi, dans lequel il le traitait d'usurpateur de la couronne. Henri lui ayant répondu le 5 décembre suivant , le duc répliqua sans ménagement , le 26 mars i4o3 (n. st.), reprochant à Henri d'avoir fait mourir le roi Richard II , son prédécesseur , et dépouillé la reine Isabelle de France , sa veuve. Mais les choses en <lcmeurèrent là. Le duc Philippe étant mort l'an i4o4» fut remplacé par Jean , son fils, dont le caractère impétueux ranima la querelle de sâ maison avec celle d'Orléans. Pour prévenir les suites funestes que leurs débats donnaient lieu de craindre , on prit le parti d'envoyer les deux princes faire la guerre aux Anglais, Le duc d'Orléans partit pour la Guienne où il prit Blaye , mais il échoua devant Bourg. De retour à Paris, il donna les mains à la réconciliation qui fut ménagée entre lui et le duc de Bourgogne , par Jean , duc de Berri , leur oncle. H la croyait sincère ; mais elle ne l'était que de son côté , quoique cmientée de part et d'autre parce qu'il y avait de plus sacré. Il ne tarda pas à devenir la victime de sa crédulité. Le 2.'.^) novembre du. l'an i4f^7? ui mercredi, vers neuf heures du soir, comme il revenait de lliôtel de la reine, logée à la rue Barbette, monté sur sa mule, et chantant , il fut assassiné par Baoul d'Au(|uet()uville , ér uyer d'écurie du roi , et autres gens apostés par le duc de Bourgogne. Son corps lut inhumé dans l'église des Céleslins de Pans , où Ton vovail son tomlieau de inarb."e, que son pelit-fi!s, le roi
bES COMTES d'aNGOULÊMB. lyi
touîs XII, fit construire en i5o4- {frayez Charles VI , roi de France y et Jean, dur de Buutgogne. ) De Valeistink , soa épouse, fille fie Jean Galcas Visconti , premier duc de Milan, qu'il avait épousée au mois do .septembre iSSl), morte le 4 décembre 1408, il laissa Charles, duc d'Orléans; Philippe, comte de Vertus: Jean , qui suit ; et Marguerite, femme de Richard de Bretagne , comte d'Etatnpes. Il eut de plus un fils naturel ; Jean, comte de Dunois, célèbre par sa valeur, et tige des ducs de Longueville.