DES COMTES DE PERIGORB
<\\i roi qui reçut leur serment de fidcUlé en 1226. Fortifiées par des alliances avec les seigneurs de Bergerac et les vicOiUîes de Limoges, les deux communes se firent une guerre cruelle pendant plusieurs années , jusqu'à ce qu'enfin lasses de leurs querelles, elles les terminèrent en se réunissant dans une même enceinte. L'acte de cette réunion est du i3 septembre 1240. Ce fut à cette époque qu'Archambaud partit pour la Terre-Sainte. De retour en 1243, il eut de nouveaux démêlés d'inléiét avec le chapitre du Puy-Saint-Front. Ils furent soumis à l'arbitrage de Pierre, évêque de Périgueux. I>a sentence arbitrale de ce prélatcst dulundiaprès la fêle de Saint-Hilaire 12/^?). il futstalué que le comte Archambaud resterait chargé d'une rente envers le chapitre , qui de son côté serait tenu à des prières pour le repos des âmes des ancêtres du comte de Périgord, spécialement d'un anniversaire pour le comte Hélie, son père, au jour que Ion croyait qu'il était mort dans son expédition d'outre-mer. Les termes de ce titre sont essentiels à rapporter pour prévenir sur l'erreur de quelques modernes qui ont confondu Arcliambaud H avec Archambaud I, son frère. Cum ess^l artum debutum îiiter nos dictum Archambaldum e1 nos dïr.tos Caaunl::os.... promisi-
nuis quod arbitrariuni epîscoui reciperenius Nos Pctriis Dei
grafia Pelragoricensis episcopus.... du.vinais sfaiuendum , (^iwU oi" giniisolidi eidem Comitî remittanhir^ et l'pse oi'ginli solidos assii;net JUcclesiœ dictœ..... pnt anima ipsliis Cumitis et pareidum suu/um et totius generis sui aiinii^ersariuni fariat co die (juo. {lîélias) pater i^jsius /lirhainbaldi ultra mare credifur decessisse.... Actum unno MCCXLIII. Fer. II pust festum B. Ililarii in claustra B. Joannis evangel. inter Podium et CiiHtafem^ ( Arch. de l'hôLel-de-ville de Périgueux.) Cette discussion terminée, une querelle i)lus sérieuse s éleva. Archambaud , dont la politique ne pouvait voir avec indifférence la réunion de la ville et de la cité, employa de nouvelles intrigues pour réveiller leurs anciennes jalousies. La guerre sanglante qui s'alluma entre elles, aliira l'attention du roi saint Louis , qui leur députa un sénéchal nommé Pons de Ville, pour les engagera remettre leurs différents entre ses mains. Cet officier et ceux qui l'accompagnaient , loin d'être écoutés , furent repousses par ceux de la cité, ayant à leur télé le comte de Périgord, dont l'intérêt politique était d'enti\Ueair ces dissensions. Saint Louis, par mo-* dération, dissimula cette insulte. Archambaud mourut dans ces entrefaites, laissant d'une femme , dont on ignore le nom , un fils nommé Hélie, qui fut son successeur. A. vaut sa mort , ayant fait cession à Boson . son neveu, fils d'Hélie Taleyran I , Je la châtellenie de Grignols . Boson en retint le surnoai» Ses dcs-r «endants possèdent encore cette terre.
HÉLIE YI.
HÉLIE, devenu comte de Périgord en i245, ratifia la mênré année , en faveur de Boson Taleyraiid , son cousin germain paternel, l'abandon que lui avait fait Archambaud II de la terre de Grignols. Dans cet acte , le comte de Férigord et le sire de Grignols s'obligent mutuellement « sous la foi du serment, à » s'entre-secourir avec les meilleurs chevaliers de leurs terres » toutes les fois que l'un en sera requis par l'autre , et entenu dent que leurs successeurs renouvellent le même serment à » chaque mutation de comtes de Périgord et de sires de Grl- » gnols , afin d'entretenir entre leurs descendants la paix et une » union inaltérable. » ( Til. un'g. de la maison de TaUeyrand. ) L'année suivante, le comte Hélie engagea lui-même les habitants de la ville et ceux de la cité à s'en rapporter sur leurs querelles à la décision du roi. Le jugement de saint Louis, qui ne fut favorable ni au comte ni à la cité, justifia la pollti(iue et les défiances du comte Archambaud , père de celui-ci. Le roi prononça que le comte de Périgord perdrait pour le tems de sa vie les droits qu'il prétendait sur la ville de Saint-Front, et les attribua aux habitants en dédommagement de leurs pertes. En enlevant ainsi au comte de Périgord le droit d'administrer la justice dans l'étendue de sa domination , saint Louis pré[>arait la révolution cpii devait ôter bientôt après l immédiation à celle dynastie. La cité de Périgueux fut condamnée aussi à des dommages et intérêts, et le traité de I240 fut confirmé. L'an i247, le comte de Périgord fut un des quatre chefs que les seigneurs français choisirent pour défendre leur juridiction contre les entreprises du clergé. Le comte Uélie n'était plus en laSi. U avait épousé, 1". Brunisseinde , fille d'un seigneur nommé Augen, qu'on a mal à propos mis au rang des comtes de Périgord, mais qui n'avait été que gouverneur de celte province! pendant une absence du comte lielie, son gendre ; 2". Gaillarde, dont il eut Archambaud, qui suit; Almodis, femme de iiertrand , seigneur de Cardaillac ; et Marguerite, dame de Montanceys en i:i6(j.
ARCHAMBAUl» IIL
Archambaud III est nommé fds et successeur d'Hélie VI, dans Une quillance de l'année 12.01; il était encore sous la tutelle de Gaillarde, sa mère, suivant la même quittance donnée par Marguerite , femme de Boson TaUeyrand, sire de Grignols, alors en Palestine avec le roi saint Louis. Le traité de i^Sy, (jui