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mère (L. 6 , c. i ) , dit qu'il maltraita fort le patriarche d'Antiocn.e jusqu'à le faire emprisonner , et qu'il l'eût même fait mourir s'il ne se fut sauve'. Le sujet de leur dcmôle' n'est point connu : mais il y a bien de l'apparence que ce fut ce traitement qui «ttira à Livon l'excommunication dont il n'e'tait pas encore absout, suivant le même auteur, en 128?, ( L. 7, c. iq). Ce prince mourut, selon du Cange , en ia88 , ou l'année suivante , laissant six fils et trois filles de sa fer/ime Goirane , fille de Consv lantin, seigneur de Lambrou , forteresse situe'e entre l'Arme'nie et la Turquie. Les fils sont A.iton qui suit ; Thoros ; Sembat j Constant; Nersès , et Rupin. Les filles , Isabeau , femme d'Aimeri ou Amauri , fils de Hugues , roi de Chypre ; Ricta , marie'e à Michel, fils de l'empereur Andronic le Vieux, nomme'e par les Grecs Marie ou Xène ; et The'ophano qui e'pousa Jean l'Ange , fils de Jean, sebastocrator.
AITON II.
T288 ou 1289. AiTox , fils aine de Livon II et son successeur , embrassa , l'an 1290 , la communion de l'o'glisc romaine f.vec son peuple , gagne par les sollicitations du pape Nicolas IV" qui lui envoya des frères mineurs pour ce sujet, avec des lettres adresse'es à lui , à la princesse Marie , sœur de la reine de'ce'dée pours lors, à Thoros, frère du roi, et à Livon , conne'table d'Arjnenie. En recovmaissance de cette re'union , Nicolas et ensuite Boniface VIlï s'intéressèrent vivemejit pour la défense de l' Arménie contre les infidèles dont les incursions menaçaient ce royaume d'une ruine entière. Aïton , ayant envoyé des ambassa- ♦ Icurs en France pour demander du secours , Nicolas , qu'ils i^aluèrent en passant à Rome , les chargea de lettres de recommandation très-pressantes pour le roi Philippe le Bel. Mais elles firent peu d'effet, les conjonctures ne permettant point à la France de transporter en Orient des forces dont elle avait besoin pour sa propre défense. Les Sarrasins faisaient cependant de nouveaux progrès en Arménie. Alton , se voj'ant hors d'e'lat de leur re'sisler, descendit du trône vers l'an io.g\, et prit l'habit de frère niineur, sous le nom. dc/rére Jean.
THOROS.
1294 ou environ. Thoros ou Théodore, monta sur le Irène d'Arme'nie, par la démission que son frère Alton fit en sa faveur. Il était marié avec Marouekite, fille de Hugues III, roi de
Chypre; et en faveur do ce mariage Iliigues lui avait donne' quelques châteaux du royaume de Je'rusaleni , qui confinaient a l'Arnie'nie, avec celte clause qu'ils ne pourraient être alie'ne'.s que du conscnlenient des deux cours. Ailon , en prenant 1 hahit religieux, n'abandonna pas le soin de l'e'tat. Il par«agea le gouvernement en quelque sorte avec son frère. N'espe'rant point de secours de l'Occident, Thoros et Aïton se rendirent, l'an 1296 , à Constantinople pour en solliciter à la cour de l'empereur Andronic Pale'o ogue. Ils y étaient encore au mois de décembre de cette anne'e, et Alton, maigre' sa profession, y e'tait traite' avec les honneurs dûs au trône qu'il avait quitte ; car c'est de lui , sans doute . que Pachvmère ( L. t), c. ?o ) veut parler en disant qu'il était venu à la cour impériale un roi d'Arme'nie c[ui demeurait jjanni les Frères italiens, c'est-à-dire , les Frères mineurs.
SEMBAT.
1296. Setmbat ou Sexibald , frère d'Aïton et de Thoros, profilant de leur absence, s'empara du rovaume d'Arme'nie, et se fit couronner par ie catholique de cette eghse. Les deux frères àr leur retour tentèrent en vain de s'opposer à sou usurpation. Ils furent cl'.assès , et passèrent en Chypre (Ton ils revinrent à Constanîinople pour inte'resser l'enqiereur à leur disgrâce. K'ayant pu rien obtenir, ils se rendirent auprès du khan des ïartarcs. Mais Sembatles avait prévenus; et pour gagner l'amilie' de ce prince , il avait donne' sa main , dit Sanut , à une dame tartare , parente du khan. Ce voyage des deux frères, aussi infructueux que les précédents, fut suivi d'un plus grand malheur. Ils furent pris en revenant par des gens de Sembat , qui priva de la vue Alton, et i'\t e'tranglcr Thoros avec la corde d'un arc. Les Sarrasins cependant continuaient leurs courses en Arménie. Aussi impuissant <pie l'avaient e'te' ses frères pour les repousser , Sembat envoya comme eux, l'an 1298 , mendier du secours à Rome , en France et en Angleterre. Mais avant le retour de ses ambassadeurs , Constant , son autre frère , se souleva contre lui, l'arrêta , le mit en prison , et en fit sortir Alton (Raynald. , ad au. 1298 , n. if». Sanut, L. 3, par. i5, c. 2). Le Lignage d'Outremer ne convient pas que Sembat ait usurpe' la couronne ; mais il dit au contraire qu'elle lui fut donne'e par Alton , après qu'il l'eut ôle'e à Thoros qui en usait mal à son e'gard. Il y a lieu de douter de la circonstance rapporte'c par Sanut , du mariage de Sembat avec une dame tarlare. Car les lettres du pape Bonifacc YIIl nous apprennent qu'il avait pour épouse Isabelli:, fille de Gui comte de Jaffa ,
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avec laquelle non-seulement il vivait en 1298 , mais dont il avait des enfants qui e'taient de'jà clievaliers. {Rajnald , ibid, n. 19, ao ).