‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 99 sur 416 · I06 CHR. HIST. DES GOUVERNELRS · texte numérisé non relu

I06 CHR. HIST. DES GOUVERNELRS

auprès de Mangou, khan des Tartares. A son retour, Sembat fît au roi, son frère , un rapport si avantageux des bonnes qualités de Maugou et du traitement honorable qu'il lui avait fait , qu'Alton résolut d'aller lui-même le trouver. Ce voyage eut tout le succès qu'il s'en c'tail promis. Non - seulement il mit dans ses inle'rêts le lartare , mais il lui persuada même d'embrasser la religion chre'tienne et de se faire baptiser. Le sire de Joinville semble placer ce voyage d' Alton avant l'arrivée de saint Louis en Chypre, en disant qu'il obtint alors du khan un grand secours avec lequel il défit le sultan de Cogni, et s'affranchit du tribut dont il était tenu envers lui ; à quoi cet historien ajoute que la renommée de cette victoire attira en Arménie beaucoup de chrétiens , dont on n'entendit plus de nouvelles. Mais Mangou ne monta sur le trône qu'en 1261. Ainsi l'historien de saint Louis confond les tems , ou doit être favorablement expliqué. Le tartare , après avoir été baptisé par un évêque arménien avec les principaux de sa cour , envoya son frère Houlagou à la tête d'une armée vers le roi d'Arménie pour faire la guerre avec lui aux Musulmans de son voisinage. Ils commencèrent par les Assassins qu'ils détruisirent ; puis étant entrés dans les états du sultan d'Alep , ils y firent de grands progrès qu'ils auraient poussés encore plus loin si la mort de Mangou , arrivée l'an i aSg , n'eût rappelé son frère en Tartaric. L'an i 265 , le pape Clément IV, voyant la décadence des aifaires des Chrétiens en Palestine, écrivit au roi d'Arménie pour l'engager à leur donner du secours. On ne voit pas l'effet que produisit alors cette lettre. Mais , deux ans après , Alton envoya des troupes à la ville d'Antioche menacée d'un siège. Ses propres états ne furent pas à l'abri des incursions des Sarrasins. Car tandis qu'il était avec les forces du royaume chez les Tartares , le sultan d'Egypte , profitant de l'occasion, fit partir un de ses généraux à la tète d'une armée pour faire une irruption dans l'Arménie. Les enfants d'Alton se mirent en devoir de repousser les infidèles ; ayant levé promplement des troupes , ils leur livrèrent un combat dont l'issue ne répondit pas à leur valeur. Les Arméniens furent défaits. Léon , fils aine d'Alton , fut fait prisonnier^ et l'autre, nommé Thoros, périt dans l'action. Cette victoire donna aux infidèles la facilité de courir l'Arménie , où ils firent d'affreux ravages. Alton revient en diligence au secours de ses états. Mais n'ayant pu obtenir de secours des Tartares , il est obligé de s'accommoder au tems. Il fait une trêve avec le sultan qui lui rend son fils en échange de quelques places qu'Alton lui cède. Ceci semble être arrivé vers l'an 1269. Cependant il est raconté par Abulfarage sous l'an laGS. Ce fut un des derniers e'vènements du règne d'Aiton. Las des affaires de ce

ET 1\0IS CHRÉTIEISS D*ARMÉÎVTE. IO7

monde , il abdiqua vers l'an 1270 , et se relira dans un monastère où il prit le nom de ISIacaire. et linit ses jours l'an 127?., laissant de la reine , sa fenHae , un fils qui suit , et cinq filles; SiNylle, femme de Boe'mond VI . prince d'Antioche ; Euphe'mie ou Fémie, mariée à Julien , sire de Sayète ou Sidon ; Biote , femme du sire de la Roche ; Marie , alliée à Gui d'Ibelin , fils de Baudouin , seue'chal de Chypre ; et Isabelle , morte sans alliance ( Suiuit , L. 12, part. i5, c. 8. Lignage d' Outremer.)

LIVON ir.

1270 ou environ. Ltvox ou Léon , fils d'Aïton , monta sur ie trône d'Arménie , après l'abdication de son père. Il continua de cultiver l'alliance des Tartares avec le secours desquels il fit ses efforis pour diitruire les Sarrasins d'E'jjypte. Lorsque Abaka eut conquis le royaume des Turcs , ou de Roum, il l'oflfrit à Livoa qui s'excusa de l'accepter, sur la dlfïiculté qu'il aurait à le conserver , attendu qu'il avait toujours sur les bras le sullau d'Egypte, Bondochar , qui menaçait à tous momenis ses e'tats. Bondocliar en efîet, l'an layS, était entre' dans la plaine d'Ar-» mënie , où il avait massacre' plus de vingt raille hommes , fait plus de dix mille captifs , et pille' tout ce qui était tombé sous sa main : désastre qui obligea le roi de se retirer dans les montagnes et les habitants de s'embarquer sur mer, pour se sauver de la rage du sultan. ( Sanut , L. 5, part. 12 , c r4)' Livon pria seulement le tartare de vouloir bien se joindre à lui pourchasser Bondochar de la Syrie. Le moine Alton (i) (c 34), ditqu'Abaka y consentit, et qu'ayant joint ses troupes à celles de Livon , ils remportèrent une victoire sur Bondochar dans la plaine de la Chamelle. Mais Bondochar sut bien réparer cet échec. Pachy-

(i). Ce moine Aïion était fils de Sembat , frère 'lu roi A'ùoti , qu'il suivit dans tontes ses expéditions. I! eut ainsi part h celles de Livon , jusqu'à oe que voyant les affaires d'Arménie désespérées , il quitta le tuéiier cles armes et même la vie séculière, il passa en Egypte, oii il embrassa la vie rclifjieuse. Ses supérieurs l'cuvovèrent dans la suite au pape Clément V, alors résident h Avitjnon, pfiur le prier de secourir les Arméniens. Ce pontife prit en afteciion le père Aïion -, il goûta beaucoup les hi-)to!resquelni fit ce relictieuxqui avoit parcouru des pays alors peu connus en Europe. Il lui ordonna d'écrire ses mémoires-, ec pour lui en donner le loisir, il le pourvut d'une abbjve de Prénionirés , située dans la ville de Poitiers. ïl parait que c'est la qu'il 3 écrit /a Fleur des histoires d'Oiienl l'an i3o5. Selon toute apparence ce fut d'abord en français; mais l'otivrage fut irailuii en latin dès l'&n i 3o- , par un prêtre nommé Falcoin ou Falcon. (Lecture des liv. franc, vol. F. )

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