MOAVIE , I DU NOM , VI« CALIFE
4t de l'Hégire (661 de J. ^. ) Après l'abdication de Hasan , Moavie I , fils d'Abou Soffian^ et arrière-pelit-fils d'Ommiah, de la tribu des Khoréishites , fut reconnu calife dans tout l'empire des Musulmans. Ses services avaient déterminé son élection: son gouvernement la justifia. L'an 45 (665 de J. C.) il envoya le général Ben Hadidje pour achever la conquête de l'Afrique. Les Arabes ne furent pas uniquement occupés à détruire ce pays. L'an 5o ( 670 de J. C 'l , Oucba , ou Akbé , successeur de Hadidje , fonda la ville de Rairoan , à 12 lieues de la mer, près du désert de Barca. Le commerce, les arts et les lettres , la rendirent par la suite l'une des plus florissantes villes du monde. Il ne resta plus aux Grecs en Afrique que la Mau-» ritanie tiiigitane , avec la côte maritime qui s'étend de Cartilage jusqu'au détroit dit aujourd'hui de Gibraltar. Mn's Kusciié , prmce maure , ayant rassemblé sous ses étendards les
romains fugitifs et les Berbers (peuple du pays qu'on nomme aujourd'hui Barbarie), en forma une arme'e nombreuse, avec laquelle il se rendit maître de Kairoan , après une bataille sanglante , gagnée sur Oucba , qui périt dans la mêle'e. Ruscilé ne s'en tint pas à cette conquête. Il enleva aux Musulmans toutes^ celles qu'ils avaient faites dans la Bysacène. D'un autre côte y Ye'sid , fils du calife, accompagne' du ge'néral Soflan , l'an 52 de l'hégire ( 672 de J. C. ) conduit une arme'e navale devant Conslantinople , qu'il tint bloquée l'espace de cinq mois , maigre' le feu grégeois ( nouvelle invention) que les Grecs faisaient pleuvoir sur sa flotte. Repousse' par l'empereur Constantin Pogonat , il revient sept ans de suite attaquer cette capitale , mais toujours sans succès. Faifin , l'an 58 de l'he'gire (678 de J. C. ) , Moavie conclut avec l'empereur une tre've pour 3o ans. L'an 60 de l'he'gire , au mois de redgeb ( avril ou mai de J. C. 680 ) , il meurt à Damp.s , où il avait transporte le siège de son empire. C'est par lui que commence la dynastie des Ommiades , dont on peut dire qu'il fut l'honneur aussi bien que le chef. « L'ambition , « dit M. le Beau , l'avait rendu perfide : dès qu'elle fut satis- « faite , il ne montra plus que de la bonne foi et de la probité. « Aux talents du gouvernement , il joignit la douceur et la cle'- « mence. Quoiqu'il ne si^it pas même lire , il avait beaucoup « de génie j nulle dureté dans les manières non plus que dans « les mœurs j une éloquence naturelle , qui le rendait maître « des esprits ». Il avait vécu 78 ans , et en avait régné 19. Le caractère de son successeur rendit encore sa perte plus sensible. La dignité de calife jusqu'alors avait été élective. Aveuglé par la tendresse paternelle , il la rendit héréditaire , et eut le malheur de faire un n)auvais choix.