YÉSID , I DU NOM , VIP. CALIFE
60 de l'Hégire ( 680 de J. C. ) Yésid I, fils de Moavie, associé par sou père à l'empire , lui succède après sa mort. Il eut pour érauie Hossein , fils d'Ali, qui lui disputa le trône. Une balaille décida la querelle j elle se donna près de CoufFah. Hossein la perdit avec la vie le 10 de mouharramde l'an 61 de l'hégire (1 o octobre de J. C. 680.) Ce rival est presque aussitôt remplacé par Abdallah , fils de Zobéir , qui prend le titre de calife à Médine par le choix des habitants youlevés contre Yésid. L'an 65 , Yésid «nvoie contre Médine une armée , qui prend la ville , passe les habitants au fil de l'épce , et exerce le pillage durant trois jours. La Mecque, qui s'était aussi déclarée pour Abdallah, fut ensuite assiégée par Moslem , général d'\ésid, et se trouvait àja veille de subir le même sort, lorsqu'on apprit la mort de
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rc prince. Ye'sid termina ses jours dans la ville de Havarin , nu territoire d'Emè«-.e , le 4 de rabie' I, selon les uns: le 14 du même mois, suivant les autres , de l'an fi4 de riie'j^ire(5i octohre, ou 10 novembre de J. C. 685. ) 11 e'iail d.^ns la trente-neuvième anne'e de son âge. Son intempérance , son irreligion et sa crusuté rendirent sa me'moire odieuse aux Musulmans , ainsi qu'aux Chre'ticns. Il avait fait des conquêtes et des pertes. Se'lim sou gene'ral , l'avait rendu maître de la Bulgarie et du Kharisrae ; mais un re'belle , nomme' Moctar , lui enleva la Perse.
MOAYIE, II DU NOM, Vlir. CALIFE.
64 de l'Hegire f G85 de J. C.) Moavif. , fils d'Yesid , devint son successeur à l'àr^e de tio ans. Il n'occupa le trône que six semaines. Un cajuiste lui avant persuade' que Moavie, son aieul, était un usurpateur, il abdiqua y,ar scrupule , et alla se renft-rmer dans une chambre, d'oili il nesortit point jusqu'à sa mort, (fui suivit de près son abdication. Les Ommiades , furieux de sa retraite , s'en prirent au casuis'e , dont il avait suivi le conseil , et l'enterrcrent tout vif, pour avoir trouble', disaient-ils ^ le cerveau de leur maître par des poinlilleries tlieologiques.
MERWAN , !<='. DU ^om , IX^ CALIFE.
64 del'He'gire (684de J.C) MEBWAivfutplace'surletrône , mais non tout de suite , après que Moavie l'eut quitte. Son e'ièvation avait e'ie' pre'ce'de'e de grands débats , excite's par les partisans d'AbdalIala. Celui-ci , de'j.à reconnu calife en Arabie , dans l'Irak et en Egvpte , se vit sur le point de l'être à Damqs. Biais l'ordre affreux qu'il donna d'exterminer tous les Ommiades , indisposa contre lui un grand nombre de musulmans. Les Ommiades , prévenus du pe'ril dont ils e'taient menaces , s'enfuirent à Damas , oii ils firent une nouvelle e'ieclion. Elle tomba sur ?(lerwan , le plus distingue' de leur famille. L'inauguration de ce calife est rapporte'e par Elmacin au mois ramadlian de l'an 64 de l'he'gire { avril ou mai 684 de J. C. ) L'an 65 , Merwan entre en Egypte , d'oii il chasse Abdarhaman , qui commai.dait pour Abdallah, dans ce pays. Vers le même tems , les Couffiens se soulèvent cil faveur de la maison d'Ali. Soliman, fils de Sord , se met à leur tête , et marche en Syrie avec une armée pour détrôner Merwan. Il périt dans un combat. Merwan ne lui survécut pas îong-tems , étant mort au mois dcramadhan65 de l'hégire (avril ou mai 685 de J. C. ) On prétend qu'il fut étouffé , pendant qu'il dormait, par sa femme , veuve d'Yésid. Ce prince laissa deux
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fî!s , Abdolmalek , son successeur ; et Abdolaziz , qui fut gouver* neur d'Egjpte,
ABDOMALEK , X< CALIFE.
65 de PHegire (685 de J. C.) Abdolmalek, fils aîné' de Merwan, lui succe'da par le choix des partisans de sa maison. Voyant la i^îccque toujours posse'de'e par Abdallah, il prit le parti de transporter le pèlerinage de cette ville à Je'rusalem. Pour y réussir , ïl fit mettre dans la mosque'e de Je'rusalem la pierre sur laquelle on prétendait que Jacob avait repose'. Ce monument tint lieu de la pierre noire que les Musulmans allaient baiser de'votement à la Caaba. Vers le même tems , il renouvelle la paix avec les Grecs , en leur abandonnant les conquêtes des Musulmans ea Afrique Mais cette paix ne fut pas durable. L'an 68 de l'he'gire ( 688 de J. C. ) Zobe'ir passe en Afrique par ordre du calife à la tête d'une puissante armée , et reprend Kairoan à la suite d'une grande bataille livre'e aux Grecs , commande'sparKuscile', qui la perdit avec la vie. Le vainqueur marche ensuite vers Carthage, Mais une flotte envoyée par l'empereur Justinieu II, ayant mis à terre , vers le même tems , une année considérable au port de cette ville , il fallut en venir à une bataille. Zobéir , inférieur en nombre , y périt avec la plupart des siens , après avoir disputé la victoire avec une valeur héroïque. Les Grecs , n'osant entrer plus avant dans le pays , remontèrent sur leurs vaisseaux , trop contents d'aller montrera Constantinople les dépouilles des Sarrasins. Abdolmalek fut très sensible à la perte de son général et de sou armée. Mais il ne se trouvait pas alors en état d'ea poursuivre la vengeance. Il avait à soutenir deux guerres meurtrières , l'une du côté de la Perse contre Moctar , l'autre en Arabie contre Abdallah. Après avoir triomphé du premier , il envoya, l'an 7 1 de l'hégire son général Hégiash faire le siège de la Mecque. j\bdallah périt à la défense de cette place. Son cadavre ayant été porté en Syrie, sa peau remplie de paille fut attachée à un î^ibet aux portes de Damas. L'an 76, première monnaie arabique. Elle a pour légende : dieu et le seigneur. Les Arabes s'étaient servis jusqu'alors de la monnaie des Grecs et de celle des Persans. L'an 78 ( 697 de J. C. ) Hassan , gouverneur d'Egypte , fait , par l'ordre du calife, une nouvelle expédition en Afrique. Tout fuit ou fait joug devant l'armée formidable qu'il conduit. Il entre sans résistance dans Kairoan , qu'il trouve déserte. De-là il marche droit à Carthage dont les habitants , au Jjeu de se défendre , se jettent dans leurs vaisseaux, et se sauvent, les uns en Sicile, les autres en Espagne. Ce qui restait aes Koinains abandouiia ks campagne? et leà autres villes pour
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se retirer dans les deux places les plus fortes de la contre'e , Safatcour.i et Hippo-zanitos , nomme'e depuis Biserle. Les Berbers , peuple d'Afrique difFërent des naturels du pays , ennemis des Sarrasins , voyant leurs progrès , accourent pour se joindre aux Piomains , et forment avec eux une nombreuse arme'e. Mais le nombre succomba sous la valeur de Hassan et de ses soldats. Safatcoura et Hippo-zanitos subirent le sort des vaincus. Hippone , nomme'e depuis Bonne , fut pres([ue la seule place que les Romains conservèrent dans les provinces de Cartilage et de INumidie. L'arme'e musulmane cliarge'c de de'pouilles revient à Kairoan. Cependant l'empereur Le'once , au bruit de l'irruption des Musulmans en Afrique , avait mis en mer une flotte considérable sous les ordres du patrice Jean , guerrier expe'rimenté et plein de valeur. Mais elle n'arriva qu'après la prise de Cartilage et la retraite des infidèles. Elle entre dans le port après avoir rompu la chaîne qui le barrait , et le de'barquement s'e'tant fait malgré la garnison ennemie qui bordait le rivage , les Romains reprennent Cartilage , où leur ge'ne'ral victorieux les fait hiverner. Mais l'anne'e suivante , Hassan ayant reçu du calife xme flotte e'gale à celle des Romains vient l'attaquer dans la rade de Cartilage ; et l'ayant mise en fuite , il rentre dans la ville dont il fait raser les murailles , et abattre les e'difices. Ainsi fut aae'antie poar jamais cetle superbe ville , reine de l'Afrique , rivale de Rome , aussi fameuse dans l'histoire de l'e'glise que dans les annales des nations. La rdhgion chrétienne se soutint encore quelque terns eu Afrique ; mais enfin elle s'y éteignit entièrement , et l'on ne voit point d'èvèque de cette partie du monde au VII , ni au VHI concile. (Le Beau.) Les re'voltes qui s'e'- Icvèront dans les deux années suivantes contre le calife , facilitèrent au gène'ral He'raclius les moyens de venger en quelque sorte l'empire par les conquêtes , ou plutôt les ravages qu'il fit en Syrie. L'an 86, au milieu du mois schoual (9 octobre de J. C. yoS) Abdolmalek , âge' de (io ans , meurt à Damas , oii il est inhume'. Son avarice et sa cruauté' de'menlirent sur le trône les belles espérances qu'il avait donuée's avant d'y monter. Il laissa 5nls, dont/j régnèrent successivement après lui. Les Grecs pomment ce calife Abimélek.