‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 138 sur 416 · AMIN, XXV« CALIFE · texte numérisé non relu

AMIN, XXV« CALIFE

igo de l'Hégire (809 de J. C.) Amix, fils aîné d'Haroun , le remplaça dans la dignité de calife. Très différent de son père, il remit les rênes du gouvernement à Fadhei, fils de Rabié, pour se livrer entièrement à ses plaisirs. Ce ministre ennemi de Manion , frère du calife et prince du Khorasan , l'oblige, par ses procédés injustes, à se révolter. Le général Taher se met à la tète des troupes de Mamon. L'an 197 , après plusieurs victoires remportées sur les armées du calife , il va mettre le siège devant Bagdad. La place est emportée l'année suivante. Amiu prend la fuite : il est tué à l'âge de vingt-huit ans, comme il allait se remettre entre les mains d'Harlhema, lieutenant de Taher, le 25 de mouharram de l'au 198 ^25 septembre de Tau 8i5 de J. C.

MAMON, XX\i^' CALIFE.

198 de l'Hégire (8i5 de Jésus-Christ). Mamox , second fils d'Haroun , est uuiverselleinent reconnu pour calife après la mort d'Amin, son frère. Le respect que le docteur Fadliel , son précepteur, lui avait inspiré pour la mémoire d'Ali, gendre de Mahomet, influa sur toute la famille des Alides , quoique rivale de la sienne , et lui fit naître la pensée de la remettre en honneur. Sou but ét:iit eu cela de réunir les deux maisons, et de faire cesser

l58 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

par là le schisme que leur division causait dans la religion musulmane. En conse'quence , l'an 201 de l'hcgire , il déclare son successeur Ali, fils de Musa^ chef des Alides, au préjudice de son frère Molassem. Les Abassides, dont le nombre montait à plus de trente mille , indignés de cette conduite , soulèvent les peuples contre lui. L'an 202 (|-^ de Jesus-Christ), tandis qu'il est éloigné de Bagdad , ils le déposent, et lui substituent Ibrahim , fils du calife Mahadi. L'an 2o5 , Ibrahim, mis en fuite au retour de Mamon , est obligé de se tenir caché. Ali meurt vers le même tems à ïoiis dans le Khorasan. L'an 2o5(820 de Jésus- Christ), premier démembrement de la monarchie des Arabes ea Orient. Taher , ayant obtenu le gouvernement du Khorasan , le convertit en une souveraineté, dont il transmet la possession à ses descendants. C'est ce qu'on nomme la dynastie des Tahe'riens. Nouvelles conquêtes des Musulmans : Tan 2i3 ( de Jésus- Christ 828) , la Sicile tombe sous la domination de ceux d'Afrique , par la trahison d'Euphémius , à l'exception dePalerme et de Syracuse , avec leurs territoires* Mamon , de son côté, l'an 2i5 (85o de Jésus-Christ), entra sur les terres des Romains à main année , et n'en sortit qu'en y laissant des traces funestes de son passage. L'occasion de cette guerre est singulière. Le docte Léon , archevêque de Thessalonique , résidait à Constantinople , où il était réduit à vivre des leçons qu'il donnait aux esclaves. Mamon voulut l'attirer à Bagdad. L'empereur Théophile s'opposa au départ de cet homme , dont il connaissait si peu le mérite. Le calife , offensé de cette opposition, prit les armes pour s'en venger. L'an 218 , le 19 de redgeb ( lo août de l'an de Jésus- Christ 835 ), il meurt près de Tarse, en Cilicie, d'une indigestion de dattes, à l'âge de quarante-neuf ans. Le règne de ce calife , dit M. Marin , est l'époque la plus brillante de l'histoire des Arabes. Mamon rendit sa gloire immortelle, moins par ses exploits que par la protection qu'il accorda aux arts. Il associa les lettres à l'empire, fit venir de Constantinople et traduire en Arabe les livres des philosophes et des poètes grecs , éclaira sa nation, qu'il rendit heureuse par ses vertus , attira à sa cour les savants de tous les pays , fit le même accueil aux Chrétiens et aux Mahométans , protégeait les talents, sans persécuter les opinions. Mamon , qu'on peut comparer à Auguste, àLéonX, à Louis XIV^ fonda des universités , des académies , des collèges , des hôpitaux, et cultiva lui-même les sciences. Les Tables Astronomiques qui portent son nom , sont un monument éternel de sa gloire.

« C'est au règne de Mamon qu'il faut rapporter l'origine de » ces alliances contractées pour un tems , si communes mainte- » nant en Orient, même parmi les Chrétiens , qui les appèlent 5 des mariages à la caria. Par uac promesse écrite , que le jug©

DES CALIFRS. 1^9

» autofise , l'homme s'oblige envers la femme qu'il prend, dn » la garder durant un certain nombre d'aniie'es , moyennant » une somme dont ils convieiment entre eux. Les fils, qui pro- » viennent de cette union arbitraire, appartiennent au mari ; la » mère est chargée des filles^ elle les emmène quand le terme » est expire'; et son douaire, que son époux lui rend avec les » inte'rêts , sert à sa subsistance et à l'e'ducation de ses filles. » Souvent ces baux matrimoniaux, si l'on peut s'exprimer ainsi, » se re'itèrent. L'cpoux et l'épouse, contents l'un de l'autre, » après un essai de plusieurs anne'es, contractent alors une union » durable, et d^aatrint plus solide qu'elle est rcsserrc'e parles » nœuds de l'amitié' et fortilic'e par l'habitude.» Aiiec. Mus. A dieu ne plaise néanmoins que nous pre'tcndioiis justifier de pareilles conventions , si formellement opposées à la loi divine, qui de'clare le mariage indissoluble de sa nature.

MOTASSEM, XXVII<= CALIFE.

218 de l'he'girc (855 de J- C. ) Motasskm , troisième fils du calife Haroun , succède à son frère Mamon. Il signala les premières années de son règne par une entreprise qui lui assura un rang distingué parmi les bienfaiteurs de l'humanité. L'an 220 do l'hégire, il fonda la ville de Samarah ou Sermenrai, sur le Tigre , à douze lieues de Bagdad. Son caractère le portait à la paix ; la vengeance lui mit les armes à la main. L'an 224 » il fait irrvqition sur les terres des Romains , prend et pille plusieurs villes , réduit en cendres celle d'Amorium, et cela en représailles des cruautés inouies que l'empereur Théophile avait exercées l'année précédente sur les terres des Musulmans. L'an 227 , le 18 de rabié I (le 5 janvier de J. C. 842) Motassem, âgé de quarante-neuf ans , meurt à Samarah , qu'il avait fondée , et dont il avait fait la capitale de son empire. Ce fut sous son règne que les Turcs commencèrent à entrer au service des califes. Il aclieta , dans le Turquestan , une grande quantité d'esclaves , dont il composa une brillante milice. Ces esclaves s'élevèrent dans la suite contre leurs maîtres , jusqu'à oser leur faire la loi.

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