I. GENGHIZKHAN
L'an I^ de l'he'gire (1176 de J. C. ). Témoudgin , surnomme Genghizkhan , fils aîné' d'Yèsoukai Bahadour et d'Oulan Ika , ne', suivant Abulghazi , qui nous sert de guide en cet article, l'an |y| de l'hègire ( i i6d de J, C. ), à î)iloun dans le pays appelé' BUmjulduc , succe'da à son père. Plusieurs hordes qu'Ye'soukai avait soumises , se re'voltèrent après sa mort. Genghizkhan, tout jeune qu'il e'tait (il n'avait que treize ans), marcha contre elles à la tète des treize hordes qui lui e'taient restées soumises, et fit des prodiges de valeur, mais sans un succès de'cisif. Oblige' de se retirer, il resta quelques années dans une sorte d'inaction, jusqu'à ce qu'd eut atteint un âge plus avancé. Ayant ensuite rassemblé ses fidèles sujets, il vint attaquer de nouveau les rébelles; et les ayant vaincus dans une grande bataille, il fit jeter leurs chefs dans soixante-dix chaudières d'eau bouillante. D'autres exploits semblables rendirent son nom célèbre et redoutable en peu de tems. Le khan des Tarlares Khéraïtes ayant été ch.3ssé par ses sujets , Genghizkhan , dont il implore le secours, le rétablit. Ce prince , nommé Togrul Onk-Khaii , était chrétien
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de la secte de Nestorius, et prêtre; (c'est ce prêtre Jean , si fameux dans nos histoires). Onk-Kan se brouilla dans la suite avec son bienfaiteur. L'an||-| de l'he'gire ( i2o5 de J. C ), vaincu par Genghizkhan , û fut massacré dans sa fuite par deux chefs des Tarlares Naïmans , chez lesquels il voulait se retirer. L'an 12II de J. C. , après avoir subjugue' presque toutes les hordes des Tartarcs septentrionaux , Genghizkhan tourne ses armes contre les Tartares JNiu-tclie'. C'e'taient les maîtres de la Tartarie orientale et des provinces septentrionales de la Chine-, les Mogols eux-mêmes leur e'iaient soumis. Genghizkhan triomphe par-tout où il se pre'sente. Les villes qu'il attaque se rendent, ou sont emporle'es d'assaut; Yen-king, capitale de cet empire, que l'on peut regarder, dit M. de Guignes , comme Pe'-king d'aujourd'hui ouvre ses portes, l'an i2i5, après un long siège, au géne'ral iMasgan. De grands soulèvements rappellent Genghizkhan en Tarlarie. Il est vainqueur par-tout oîi il se pre'sente. Les arme'es qu'on lui oppose sont taillées en pièces , ou mises en fuite. L'an
I 218 de J. C. , il quitte ce vaste pajs , pour aller faire la conquête de l'Asie occidentale. Le Kharisme , l'Aderbidgiane , le Khorasan, le pays de Gazna, la Transoxane , l'Irak persique, le Kaptchaq , to:nbent sous ses lois dans le cours de six années de guerre. L'an i22/|. de J. C. , il retourne àCaracorom, dans le pays des Khéraïtes, dont il avait fait sa capitale depuis la défaite d'Onk-Khan. L'an i225, il passe, à la fête d'une armée, dans le royaume de Tangut. Quelques victoires lui assujettissent entièrement ce pays. Ses généraux cepeudant continuaient la guerre chez les Tartares Niu-tché. Genghizkhan va les rejoindre.
II était sur le point d'achever la ruine de cette puissante monarchie, lorsqu'une maladie violente arrêta le cours de ses exploits. Elle l'emporta le 24 août de l'an 1227, ( 10 ramadlian 624 de l'hégire), dans la cinquante-troisième année de son règne, à l'âge de soixante-six ans. Ce prince , "fondateur de l'empire le plus étendu qui ait jamais été, régna sur des ruines, et n'édifia ou ne répara presque rien. (Bokara, au pays des Usbeks, est la seule ville qu'il ait fondée). Il laissa les Mogols aussi grossiers et aussi ennemis des arts et des sciences qu'il les avait trouvés. Ils continuèrent, sous son règne, de se vélir à la manière de leurs ancêtres, de se nourrir comme eux du lait et de la chair de leurs troupeaux, et d'habiter sous des tentes. Il leur avait néanmoins donné des lois pour la discipline militaire et quelques-unes pour la vie civile , qu'il fit rigoureusement observer, mais qui n'adoucirent point la férocité de leurs mœurs. On ignore de quelle religion il fat, et si même il en eut une. Pour les Tartares, ils étaient idolâtres; ils avaient des temples tournés vers le Nord, et dont la principale entrée regardait le midi. Leurs prêtres ; vivant dans une espèce
de communauté , avaient un supe'rieur ge'ne'ral nomme' le grand laraa, qui jouissait d'une grande conside'ration. De cinq cents femmes qu'eut Genghizkban, il laissa neuf fils, dont les quatre principaux furent , Touschi, Zagataï , Oktaï et Touli , tous quatre nés de Bortakvtchin , sa première femme. Ils eurent part au gouvernement sôus leur père, et contribuèrent beaucoup à ses victoires. Le troisième fut son principal he'ritier. Touschi lui SLicce'da de son vivant dans le Turquestan, la Bactriane, l'Astracan et le pays des usbecks. Celui-ci laissa trois fils, Batou , IWangou , Baidar, dont l'aine' fut la souche des princes de Crime'e et des khans usbecks. Zagataï re'gna dans laTransoxane , dans l'Inde septentrionale et le Tibet. Le partage de Touli fut le Khorasan avec une partie de l'Inde. ( V. dans l'histoire ge'nèrale des Huns, T. IV, pp. i et. se<f. , la description des mœurs des Mogols , que nous nommerons désormais Tarlares pour nous
conformer à l'usage.