‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 212 sur 416 · XIII. ABOUSAÏD · texte numérisé non relu

XIII. ABOUSAÏD

^'1 de l'he'gire (1017 de J. C. ). AbousaÏd, surnomme' Haha- EOUK , remplaça son père AIdgiaplou sur le trône , à l'âge de

I :> ans. Son règne fut agité ])ar de fréquentes re'voltes des e'mirs.

II mourut dans le Schirouan , l'an i555 (", de l'iiègire ) , à Tàge de 5o ans. Ce prince fut, en quelque sorte, le dernier l-.ijan genghizkhanide de Perse. Après sa mort, les provinces de cet empire furent envahies par les grands , et ses successeurs restèrent sans autorité. Cet état de confusion subsista jusqu'au tems de Timur-Beg , qui renversa toutes ces monarchies naissantes , et changea la face de l'empire persan. Nous passerons tout de suite à ce fameux conquérant , par où finira notre chronologie des empereurs niogols de Perse.

TBIUR-BEG , ou TAMERLAN.

~ de l'hégire (i56o de J. C). Timur-Beg, nommé par nos historiens TiMur.LERC et Tamerlan, naquit le 25 de schaban de l'an 756 de l'hégire (i557 de .1. C.) , à Khouadgé-Ilgar, dans la province de Kescli , capitale d'un petit état, faisant partie de l'ancienne Sogdiane , dont Targaï Névian, son père, était émir ou prince. Celui-ci étant mort l'an i56o, Timur-Beg lui suc-

DES GENGIIIZKHANIDES DE PERSE. 2:jC)

cëda 'y mais sa fortune ne se borna point là. L'an 1570 de J. C, , au mois de mars ou d'avril ( ramadhan 771 de l'hégire), sa valeur, e'prouvee en diverses rencontres, lui nie'rita le tronc impe'rial du Zagatai, où il fut e'ieve' par le suffrage des e'mirs. Presque tout le cours de son règne fut un enchainement de victoires et de conquêtes. L'an 1371 de J. C. , il subjugua les Getes, établis à l'orient du Kaplchaq. L'an 1^79, il acheva la conquête du Kharisnic!. L'an i58o, il tourna ses armes contre le Khorasan , qu'il re'duisit sous ses lois dans l'espace de trois ans. L'an i?i8'>, il niarclie contre les princes ilkaniens , maîtres de FAderbid^iane, s'empare de Solthanie et de Tauris leurs capitales, et les dépouille, l'année suivante, du reste de leurs états. L'an rjHG , il passe dans laGe'orgie, force Teflis , capitale du pays, fait prisonnier Mo'pe' Bagrat, roi de Ge'orgie, et ne lui rend !a liberté qu'après l'avoir oblige d'abjurer le Christianisme. Chassé de la Syrie , l'an idBj , par le sultan Barkok, après avoir été battu deux fois , il porta la guerre dans le Turquestan. La conquête de ce royaume fut l'ouvrage pour lui de quelques mois. Il entre, la même année, dans la Perse. Ispahan lui ouvre d'abord ses portes, se révolte ensuite, soutient un sie'ge , est emportée d'assaut, et expie sa re'sislance par la perle de soixantedix mille de ses habitants, que le vainqueur fait e'gorger. Schiraz le reçoit dans ses murs, dès qu'il se pre'sente, le 12 de'cembre de la même année. L'an lôçp , il porte la guerre sur les bords du Tigre et de l'Euphrate. 11 pe'nèlre, cinq ans après , dans l'indostan, arrive aux environs de Delhi le 3 janvier 1099, prend celte place à la suite d'une victoire remportée sur les Indiens , s'avance jusqu'au Gange, portant partout la désolation et le ravage, reprend ensuite le chemin de Samarcande, où il arrive le 16 mai de la même année. L'an 1400 , sollicité par l'empereur de Constantinoplc, il fait irruption sur les terres de l'empire ottoman , prend d'assaut et saccage , au bout de dix-huit jours de siège, la ville de Siouas, ou Sébaste, qu'il avait inutilement sommée de se rendre. Après avoir exercé sur elle une vengeance terrible, il repasse eu Syrie, dont il enlève la plupart des places au sultan d'Egypte, quitte ce pays pour aller achever la conquête de l'Irak babylonienne, se rend maître de Bagdad le 9 août 140c (28 de dzoulegdé 8o5 de l'hégire) , et livre cette ville au pillage et au glaive. Elle fut entièrement détruite; mais les villes de ces contrées étaient aisément rasées , et se rebâtissaient de même : elles n'étaient que de briques séchées au soleil. Tamerlan de Ui retourne dans l'Asie nâneure. L'an 804 de l'hégire , le 29 de dzoulcaada (5o juin 1403 de J. C), suivant les historiens arabes, 1-; i'.8 juillet 1402, suivant les Grecs , il gagne, près d'Arigouri , ou Aauyre, sur Bajazct I , empereur ottomao , une eéjcbrc ba-

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taille , où ce dernier est fait prisonnier avec son fils Musa.' Tamerlan usa de cette victoire avec une mode'ralion qui ne luï était pas ordinaire. Etant entre' dans le camp enneaii , et s'etant logé dans la lente du monarque ottoman , il en demandait des nouvelles , lorsqu'on l'amena les mains lie'es. Il ordonne sur-lechamp Qu'on le délie , et qu'après lui avoir donné le tems de se délasser un peu de la fatigue d'une si cruelle journée, on le lui préseule dans un état conforme à sa dignité. Bajazet, le plus orgueilleux des hommes, parut devant son vainqueur avec plus de fierté que de douleur. Tamerlan l'ayant considéré un moment, et voyant qu'il était borgne, ne put s'empêclier de sourire: Il ji est pas d'un grand cœur , lui dit BaJRzet , d'insull or un malheureux. Je n insulte pas à ton état , lui répondit le Tartare j mais je ris de ce c/ue la fortune a partagé l'empire du monde entre un borgne comme toi , et un boiteux comme moi. Tamerlan était effectivement resté fort incommodé d'une blessure au pied , qu'il avait autrefois reçue dans un combat. Tu aurais pu , ajoula-t-il , éi'iter ton malheur par un peu de condescendance . • — Profite de ta fortune , réplique le superbe ottoman, et ne te mêle point de me donner des leçons. Malgrécette fierté déplacée et en quelque sorte outrageante , Tamerlan lui prodigua les bons traitements , et n'oublia rien pour le consoler dans son malheur; il était même sur le point de lui rendre la liberté , lorsque Bajazet mourut ( Voyez Bajazet I , empereur ottoman). La conquête de la Natolie suivit la bataille d'Angouri. Pruse fut réduite en cendres , Nicée pillée, et tout le pays jusqu'au Bosphore de Thrace dévasté. L'an 1404. Tamerlan retourne à Samarcande , d'où, après quelque séjour, il part pour faire la conquête de la Chine. Mais la mort le surprit à Otrar, dans le Turqueslan, le ï avril i4o5 (5o de ramadhan 807 de l'hégire), à l'âge de soixante-onze ans. Ce prince infatigable était non-seulement boiteux, comme on l'a dit, mais encore manchot du côté droit, il n'eut d'autre règle que son ambition, et se crut tout permis pour arriver à la monarchie universelle où il aspirait. Le P. Catrou {Hist. gén. de Vemp. du Mogol , t. 1 , p. 7) voudrait persuader qu'il avait du penchant pour le Christianisme. iVlais d'Herbelot ( p. 888) pense, avec plus de raison , que ce prince favorisait de préférence le Mahométisme. Nous ne suivrons pas plus loin les empereurs tartares , dont les affaires n'eurent dans Ja suite presque plus de rapporl avec celles de l'Europe.

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