X. BAJAZET II
886 de l'hégire ( 1^81 de J. C. ). Bajazet II , surnommé Lamoraboquin par les Francs, fils aine de Mahomet II , était en Egypte au retour d'un pèlerinage de la Mecque , lorsqu'il apprit la mort de son père. A cette nouvelle, il revole à Constantinople pour se mettre en possession du trône* Il avait un frère , nommé Jem , ou Zem , par les Turcs , et Zizim par les Chrétiens , prince ambitieux et intrigant , dont il ne pouvait trop se hâter de prévenir les desseins. Zizim en effet gagna les troupes d'Asie , et vint à bout de se faire proclamer empereur à Pruse. Guerre entre les deux frères. Zizim, battu par Ahmed pacha , se retire en Egypte. Il revient l'année suivante , et lève nne nouvelle armée , qui est encore mise en Béroutje. Alors il jasse à Rhodes, d'où , après trois mois de séjour, il est envoyé par le grand-maître en France , où il le fait garder à vue par ses chevaliers. L'an i4^9 d^ J. C. , livré aux députés du pape Innocent VIII , il est conduit à Rome. Dans le même tems , Bajazet faisait la guerre en Syrie contre les Egyptiens,
maîtres alors du pays. Après des succès variés , il fait la paix avec eux l'année suivante. L'an de J. C. 1495 , l'infortuné Zizim est remis par le pape Alexandre VI entre les maius des officiers de Charles ^ III , roi de France. II meurt subitemeiit peu de jours après son départ de Rome ( i ). L'an de J. C. i499» les Turcs , sollicités par Sforce , duc de 31ilau , font une deicente en Italie , et ravagent le Frioul. Cet acte d'hostilité fiit suivi d'une efuprre de cinq ans entre Venise et le sultan ( P'oy. les doges de Venise.) L'an i5io de J. C. ou environ , Bajazet fait étrangler Atsian , l'un de ses fils , pour uue désobéissance que l'histoire ne détaille pas. Mahomet, un autre de ses fils, lui étant devenu suspect à raison du grand dcsir qu'il marquait de s'instruire , il le fait empoisonner secretteineut par un secrétaire , et fait jeter ensuite l'assassin à la mer dans un sac de cuir. La même année . sortant de son palais pour aller à la mosquée , un fanatique lui porte un coup de poignard dans le sein , comme il se baissait pour lui donner l'aumône qu'il demandait. La blessure ne fut point mortelle. Mais depuis cet événement . tout ce qui n'est ni membre du divan , ni officier du séiail , n'approche jamais de l'empereur des Turcs , que deux clîiaoux ne lui tiennent les bras. L'an de J. C. i5ii , Bajazet , succombant aux douleurs de la goutte , veut abdiquer ea faveur d'Ahmed, son fils aîné. Sélim, son second fils , se révolte à cette occasion. Bataille entre le père et le fils, donnée au mois de dojioumadi 11 de l'an giy de l'hégire (août ou septembre de l'an de J. C. i5i i. J. Selim la perd , et prend la fuite. Mais l'année suivante , il est rappelé par les janissaires qu il avait gagnés. Bajazet alors prend le parti de lui remettre l'empire 11 sort de Coustanlinoj^le , le ib de séfer 918 de l'hégire ( 5 mai de J. C. i5i2) , pour se retirer à Didimotique sur l'Hebre en Thrace ; mais il meurt sur la route , empoisonné , dit-on , par les mains d'un médecin juif. Bajazet fut un prince voluptueux , faible , superstitieux et cruel. Les Persans profitèrent de son indolence pour reculer leurs limites en resserrant celles de l'empire ottoman^
'1) Ces: injusteiiienr tjue la plupart des hi^oric-iis européens accusent le paj e de l'a\oir lait eiiipoisoiiuer. Tons les lii^torieiis mrcs s'uccordeni à dire tjue le foison dont il raourut , lui fui donné pur les émissaires du sultan son Irère. J I n'avait alors que vin^l-liuit ans. En passant à Rhodes il avait remis sa tenime et son fils à ia gurdc du sultan d'tgypte. Le fils s'etant marié après avoir embrassé le Christianisme à Rhodes, ou il s'était établi, eut deux fils et deux lilles. Soiimaii H s'ciant rendu mùiîre de Rhoiies, le lit luourir avec se» lila , aur le ïe;us uu'ils tirent d'abjurerle Chriitiiui5Ui.e. ^ Toderiai },