‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 266 sur 416 · VII. BOGER DE MOULINS · texte numérisé non relu

VII. BOGER DE MOULINS

1177. Roger de Moulins fut e'iu grand-maître après la mort de Joubert. Cependant on voit des diplômes de l'an i«75, et même une bulle d'Alexandre III , oii il est qualifié maître dès l'an 1175. Le P. Seba«t. Paoli conjecture qu'alors il exerçait par intérim les fondions ci magistère durant l'intervalle qui s'e'coula entre la mort , ou l'abdication de Castus et l'e'iection de Joubert. Quoi qu'il en soit , il parait constant qu'il ne fut pourvu de la dignité de grand-maître qu'eu 1177. Roger e'iait d'une ancienne maison de Normaiidie, qui porta d'abord le nom de Lymosin , auquel elle substitua dans la suite celui de Moulins, lorsqu'elle eut acquis le château de ce nom. ( Ant. Paoli , p. 433, vP 7.). Depuis quelques anne'es l'e'mulalion des deux ordres s'était tourne'e en jalousie , et se portait , de part et d'autre , iiux plus fâcheuses cxlrc'mite's. L'an 1179, 3" mois de fc'vrier , ils font un traité de paix par le commandement du pnpe et J'entremise des deux grands-maîtres : mais cette paix ne fut ni durable , ni sincère. Il régnait dans le même tems une grande.

DES GRINDS-MAITRES DE MALTE, So/

«ivision entre le clergé et les deux ordres. I,es e'vêqpies accusaient les chevaliers d'abuser de leurs privile'ges pour secouer le joug de l'autorité' e'piscopale. Les chevaliers , de leur coté, reprochaient fiux pre'lals de porter la durelé envers les le'preux, jusqu'à ne leur penueftre pas d'avoir des e'glises particulières , quoiqu'ils ne fassent pas admis dans les e'glises pu!)li.[ues. Ces plaintes respectives ayant été' portées au concile général de Latran tenu au mois de mars i 179 , rassemblée y fit droit , ea ordonnant que les chevaliers se renfermeraient dans les bornes de leurs ])riviléges sans manquer à l'obéissance qu'ils devaient aux évéques , etque ceux-ci accorderaient une église , un jjrètre, .et un cimetière particulier aux lépreux qui vivaient en communauté ( Vertot , T. I,p. 229-231 ). Saladin cependant, poursuivait ses conquêtes en Palestine. L'an 1 184. les ^rands-m^itres <les deux ordres sont associés au patriarche Héraclius pour aller solliciter de nouveaux secours en Occident. L'an 1187, ces mêmes grands-maîtres , envoyés par le roi de Jérusalem au comte de Tripoli , pour négocier un traité entre eux , arrivent le 3o avril à Nazareth. Une lettre qu'ils reçoivent du comte, les avertit d'éviter la rencontre du prince Afdhal , fils de Saladin , qui doit le lendemain faire une course sur les terres des Francs, avec promesse de n'attacpier personne. Au lieu de suivre cet avis , ils écrivent en diligence à tous les chevaliers répandus dans les forteresses voisines, de venir les joindre incessamment, et en ayar)t rassemblé cinq cents , ils vont le lendemain provoquer le prince musulman dont la troupe était de sept mille cavaliers. Le combat fut le plus acharné de tous ceux qui s'étaient donnés depuis le commencement des croisades. Presque tous les chevaliers restèrent sur la place avec le grand-maitre des Hopistaliers. Celui du temple trouva son salut dans la fuite. Après la bataille les Hospitnlier; cherchèrent le corps de leur chef, et le découvrirent sous un tas de Tnrcomans et de Sarrasins qu! avaient passé par le tranchant de son épée , ou ([ue les chevaliers , après sa mort, avaient immolés à leur ressentiment. Il fut portée Ptolémaïde pour y recevoir les honneurs funèbres. C'est Roger de Moulins qu'on voit le premier qualifié grandmaître dans les chartes.

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