‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 322 sur 416 · I. HUGUES DES PAYENS · texte numérisé non relu

I. HUGUES DES PAYENS

11 18. Hugues des Payens {dePaganis), et non de Pains , comme porte 1 ancienne édition , ainsi nomme' de la terre des Payens, en Champagne, située entre Me'ri - sur - Seine et Troyes , chevalier issu de la maison des comtes de Champagne, .étant en Palestine, forma, avec d'autres gentilshommes, le dessein d'établir un nouvel ordre de religieux militaires , consacré à la défense de la Terre-Sainte. Le patriarche Gormond , en recevant leurs vœux, les obligea spécialement à pourvoir à la sûreté des chemins , et à mettre les pèlerins à l'abri des insultes des brigands. Intéresse' à favoriser cette socie'tc naissante, le roi Baudouin W leur accorda pour un tems le quartier me'ridional de son palais, d'oii ils furent appelés Frères de la Milice du Temple , les Chevaliers du Temple, les Templiers. L'an t 1 2.7, Hugues passe en Occident, pour obtenir du saint siège lu confirmation de son institut. II est renvoyé au concile do Troyes, qui s'ouvrit le i5 janvier de l'aimée suivante. Hugues s'y présente avec cinq de ses chevaliers. Le concile approuve leur re'solution; ordonne qu'ils perleront l'habit blanc , et charge un nommé Jean de Saint-Michel , au refus de saint Bernard, de leur dresser vuie règle par écrit. Elle a été imprimée plusieurs fois ; et en .dernier lieu, l'an 1703, par Nicolas Gurtler dans son Histoire des Tenipliers. Hugues parcourt ensuite une partie de la France, et de là passe en Angleterre , en Espace et en Italie. Outre les aumônes abondantes qu'il ramassa dans ces contrées pour les besoins de la Terre-Sainte ^ il y fit un grand nombre de prose'lytes, qu'il amena avec lui, pour les engager dans sa nouvelle milice : elle nefutpas long-tems concentrée dans la Palestine. En 1 12g, l'ordre avait déjà des établissements dans les Pays-Bas. En 1 i3i , Alfon.«e, roi d'Aragon et de Navarre, institua, par un testar ment authentique, les chevaliers du Temple et ceux de S. -Jean de Jérusalem , héritiers de ses états. Ce testament , quoique confirmé par ce prince l'an ii55, peu de tems avant sa mort, n'eut cependant point lieu j mais on promit aux chevaliers de respecter les intentions du testateur autant que les circonstances et la raison le permettraient. L'an ii35, au plus lard, saiùt Bernard adressa aux Templiers cette belle exhortation , que le îems nous a conservée : elle contient des avis très-salutaires et

des règles admirables de conduite. L'an 1 156 est l'e'poque , suivant D. Vaissèle , de la plus ancienne maison de l'oi'dre en Languedoc. Elle fut fondée dans un lie^-i nomme' la iVogerède, et depuis Villedieu, au comte' de Folx, par le comte Roger IIL Hugues des Payens mourut cette même anne'e, regrette'de tout ce qu'il y avait de chre'tiens zc'le's en Palestine. Il avait ete' marie', et il eut un fils , nomme' Thibaut , qui fut abbe' de Ste. -Colombe de Sens, et mourut, l'an ii47; ^" allant avec le roi Louis le Jeune à la Terre-Sainte.

Dans les commencements de leur institut, les Chevaliers dix Temple e'iaient si pauvres qu'ils n'avaient qu'un cheval pour deux. Ce fut pour perpe'tuer la me'moire de cette pauvreté' qu'ils firent mettre sur le sceau de l'ordre, un cheval monté par deux cavaliers ( Mathieu Paris ) .

Page 1