V. BERTRAND DE BLANQUEFORT
II 55. Bertrand de Blanquefort ( et non pas Arnaud dé Montescot , comme le suppose D. Yaissète ) succe'da , dans le magistère, à Bernard de ïramelai. Il était fils de Godefroi , seigneur de Blanquefort, en Guienne. L'an 1 155 , les Templiers avec lui surprennent , dans sa fuite , le meurtrier de Dafer ^ calife d'Egypte , lui enlèvent les tre'sors qu'il emportait , et livrent son fils aux Egyptiens. L'an 1 156 , le 19 juin , Bertrand, surpris lui-même dans un défile' par Noradin, est fait prisonnier avec 87 des siens. Enfle' de ce succès , le sultan va faire le sie'ge de Pane'as ; mais les Templiers , conduits par le roi Baudouin l'obligent à le lever. Bertrand, l'an ii5c) , recouvra la ^iberte' avec ses compagnons prisonniers , et six mille autres captifs , par les soins de l'empereur de Constantinople. L'an ïi65, Geoifroi Martel, frère du comte d'Angoulème, et Hugues le Brun , sire de Lusignan, e'tant arrive's avec des troupes en Palestine , frère Gilbert de Laci , précepteur du Temple , les engage , avec d'autres capitaines Francs , à marcher sous sa bannière contre Noradin qui campait dans le comté de Tripoli avec une se'curite' dont il était facile de tirer avantage. Ils se
mettent en route , surprennent le camp des Musulmans dont ils font un grand carnage , et obligent Noradin de se sauver à demi Hu. Mais il eut sa revanche le dix août de la même année, près du château de Harenc , par la témérité des Francs qui l'attaquèrent en désordre dans sa retraite ( l^oy. Boémond III , prince d' Jlntioche). De 60 chevaliers du Temple qui se trouvèrent à celte action , il n'en échappa que sept. Le grand-maître Bertrand «tait alors en Egypte où il faisait la guerre avec le roi Amauri. De retour sur la fin de l'année , ce monarque fait pendre douze chevaliers du Temple pour avoir rendu lâchement à Siracon ou Schirkouk le château de la caverne qu'il avait confié à leur garde { TFill Tjr., L. xix , c. 12). L'an iiGô, Bertrand fait une députation au roi de France , avec une lettre où il expose pathétiquement la désolation de la Terre-Sainte. Mais l'année suivante il refuse de porter de nouveau les armes en Egypte , à cause du traité de paix dont le procureur-général de l'ordre avait été le principal entremetteur. L'an 1168 , Bertrand meurt avec la réputation d'un religieux édifiant et d'un capitaine trèsversé dans leiïiétier de la guerre. De son tems le pape Alexandre III accorda aux Templiers plusieurs privilèges qui sont compris dans sa bulle du 18 juin ii65.
Sous le magistère de Bertrand vivait André de Montbard , oiicle malerucl de S. Bernard. L'abbe' Gcofroi l'appelle maitre
TES CRANDS-BIAÎTRES DU TEMPLE. o45
du Temple , et le plus ferme appui du royaume de Jérusalem, dans la Vie de ce saint. Sur ce fondement on l'a fait grand-maître de l'ordre , faute de savoir distinguer le grand-maître des maîtres particuliers. Chililet et D. Mabilloii n'ont pas doune' dans cette méprise.