IX. TERRIC
1184. TEnBic, ou TiiiERKi, ou Terexce, dont le pays et la famille sont inconnus , fut e'ieve' à la dignité' de grand -mailre après la mort d'Arnaud de Toroge. Sa te'me'rile' fut la cause des plus grands revers. L'an 1187, de concert avec le grand-maître de l'Hôpital, il attaque, près de Nazareth, le prince Afdlial, (ils de Saladin, au retour d'une course qu'il avait faite sur les terres des Francs. La partie n'était pas e'galo. Cinq cents chrétiens combattirent contre sept mille cavaliers musulmans. Presque tous les chevaliers, qui se trouvèrent à ce combat, y pe'i-ireut après avoir fait des prodiges de valeur. On aJmira sur-tout la bravoure de Jacquelin de MaïUe'jque les Musulmans prirent pour Saint-Georges, patron des armées chre'liennes. Cette action est du i*^'' mai. Le grand niaitre des Hospitaliers fut du nombre des morts j mais celui du Temple e'chappa par la fuite {Voy. Roger de Moulins , granci-màllre des Hosjn'laliers ), Le 5 juillet suivant sedonnala fameuse bataille dcTibe'riade par les conseils deTerric, et contre l'avis du comte de Tripoli, quoiqu'il s'agit Je délivrer sa femme et ses enfants assiégés dans la tour de Tibcriade après la prise de la ville. Les Templiers, à la suite du grand-maître,
percent les premiers escadrons et les renversenf. sur les suivaîiN ; mais abandonnes du reste de l'armée , biciilùt ils se trouvent investis et accable's par la multitude. Nid d'eux n'échappa ; ils furent tous tue's ou faits prisonniers. Saladin , après la bataille , fait trancher la tête à ces derniers pour avoir préfe're' la mort au Mahome'lisme qu'il leur proposait d'embrasser. Le j^randmailre seul fut réserve'. La prise de Jérusalem fut la suite de la journée de Tibériadc. Les Templiers cpii , lors de la bataille, étaient restés en cette ville pour la défendre, donnèrent en la quittant, pour aller s'établir à Margat, une preuve éclatante de leur charité. Outre la rançon de quantité de pauvres, qu'ils payèrent, ils se chargèrent encore de les mettre en lieu de sûreté. Les Hospitaliers en firent autant de leur côté. Quelques mois après cet événement, Tcrric obtint sa liberté. ]\lais obligé j^ar le serment qu'il avait fait à Saladin de ne jamais porter les arme§ contre lui, il donna sa démission, se regardant comme incapable par cet engagement, de continuer à gouverner l'ordre. 11 n'abandonna point cej^endant la Terre-Sainte ni ses intérêts. Benoît de Péterborough nous a conservé, dans la Vie de Henri II , roi d'Angleterre , un? lettre circulaire de Terric à ses frères , oii il leur fait la peinture du déplorable état de la Palestine, pour les exciîer à venir à sou secours. Ce lut pendant le siège de Tyr qu'il l'écrivit; siège mémorable par la brave défense du marquis Conrad, qui triompha de toutes les forces et de tous les efforts de Saladin. Dans cette lettre il prend le nona de Térence. II en écrivit une autre sur le même sujet l'année suivante au roi d'An^elerre [Ibid).