CONTRAN. CHILDEBERT. CLOTAIRE II
(li'bcrt, et font alliance nvi'C lui an nom de leur maître.
lesles marques de ramitié la ]ilus sincère, renouvellent et confirment
leurs anciennes conventions , et font nn nouveau traité de paix , daté du a8 novembre (^87}. Par un des articles de ce traité, il fut convenu que les sujets respectifs des deux princes jouiraient paisiblement des biens qu'ils avaient reçus de la libéralité des rois précédents jusqu'à la mort du roi Clotaire I, et que ceux qui eu avaient été privés y seraient rétablis: De eo qiiod permiinifîcentias ])rœcedenliiim Regunt unusqnisqua iisque ad îransiliun gloriosœ ntemoriœ l.htolharii Hegis possedit, ciim securitate possideat, et quod exinde fidelibus personis ahlnimn est , de prœsenti reciplat (^Gre'gor Tiiron. L. ix , c.^o). Ou a voulu conclure de laque les bénéfices dès-lors furent déclarés perpétuels et irrévocables. Cela est si peu vr.ii que cinq lignes après les paroles citées il est di : iHoc eliam addi placnit pactioni, ut si qua pars prœsentia sub quacumque callidilale , tempo reqiiocuniqite transceiuleril, omnia hei^eficia^ tain repromissa quarn inprœscnti conlata, ainltiat. Il faut cependant convenir que par ce même traité les reines Bruaehaut, mère de Cliildebert ; Faileube, sa femme ; et Ciodoswinde , sœur de ce prince, sont non seulement maintenues dans la jouissance de leurs apanasîes , mais encore autorisées à disposer en laveur de qui bon leur semblera , d'une partie des terres fiscales dont ils sont composés , de manière que ces concessions demeurent fixes et stables h perpétuité, sans que jamais ou puisse y donner atteinte : Ut si qiiid de agris fiscalibiis vel speciehus... pro arbitrii sui volitnlale facere aut cuiqnnm confene vnlneiint, fixa stabititate in perpetuunt conseri'eiuv , nec a quibuscumque voliinlas illarwn ullo tempore con\'eUatnr. On voit par la le pouvoir qu'avaient alors nos rois d'aliéner , quand ils le jugeaient à propos, leur domaine h perpétuité. Mais ils ne prétendaient point l'exercer eu donnant des terres eu béuélice.
L'an 583 , Contran , piqué conae Cliildebert de ce qu'il avait reçu l'ambassade de Récarède , et fait alliance avec ce prince, est sur le point de rompre avec lui ; mais i! estappaisé par Grégoire de Tours; et s'éiant fait lire le traité d'Andclot, il promet , avec seinient , de l'observer inviolable nient : il n'y eut pins , denuis cette année , aucune rupture entre Gontrau et Cliildebert ; au contraire , ils vécurent toujours depuis dans une éiroile union, ii quelques
L'an 588 , Auiliaris , roi des Loiubaras , envoie demander à Cliildebert , sa sœur , Ciodoswinde en mariage, et l'obtient ; mais comme dans le même tems il arrive des ambassadeurs de Récarède , roi d'Espagne, pour faire la demande de la même princesse, il relire sa parole- Apprenant ensuite que Contran est irrité contre lui de l'alliance qu'il avait faite avec l'Espagne, il lui envoie Grégoire, évéquede Tours, pour l'appaiscr.
Le uiariaçe de Clodcs-
DES ROIS DE FRANCE. 5(j3
CONTRAN. CHILDEDERT. CLOTAIRE II.
soupçons près de la part de Gontran, mais (|ui ue durèrent pas.
L'an 589, Contran envoie une arnice dans la Sepiinianie couirc les Coths ; elle e>t lailU'e en pièces, et pi-rit par la mauvaise conduile de Contran- Boson , qui la commandait.
Le roi Goniran, chassant dans la (ont de Vosge , s'apercoii tjMon y a tué un huifle. Le gardechasse accuse Chandon , chambellan du piince , d'avoir fait le coup. Contran oblige Chandon à se justifier par le duel. Le forestier ci le champion du clianibcllan s'entretuent. Chandon , que la mort de son chaïupion déclarait coupable , suivant le préjugé du tems , est attaché h un poteau et lapidé : barbarie et violation manifeste de la loi salique qui ne condamne qu'à une composnion pour le cas ou Chaudon était, tombé I
L'an Ego, Contran fait marcher une armée contre les Bretons , qui désolaient les pays i\ an lais et Rennois. Jl se donne im combat entre les Bretons ei les Francs , ou le capitaine Beppolcuc est tué par les Bteions.
L'an 589, CrodieWe, fille du roi Chéieberi , ci Basinc, fille de (lii péric, toutes deux religieuses â .Sainte Croix de foiiicrs, se révoltent contre leur abbes'-e, Leubouère , sortent de leur monastère, et vont trouver les rois leurs parents. Cette aif'aire eut des suites (Voy les conciles de Poitiers et de Metz , tenus en Sgo ).
windc, avec Récarède , tut rompu.
L'an 58<) , Childehcrt entre , pour la liolslème fois, en Italie , oii il est complètement battu par le roi Authaiis.
Floreutiin, maire de la maison de Childeberl, vient de la part de son maître avec d'autres olficiers en Poitou [)our travailler -A un nouveau cadastre. Après avoir soulagé le pauvre peuj)le qu'écrasait le fardeau de l'imposition trop inégalement répartie, les conimissaiies établissent un tribut p ibhc sur ceux qui pouvaient le porter, c'està-dire sur les Caulois ; car les Francs , par Je droit de leur naissance , jouissaient de rinummilc.
De Poitiers ils passent à Tours pour y faire la même o|)érai]oo. Mais l'évèque et les habitants de Tours s'y opposent , alléguant les franchises que ( lotairc et ChanberL leur ont ;iccordées par respect pour S Martin.
La même année, Chiidebert envoie trois ambassadeurs à l'empereur Maurice , qui était alors à Car-» thage. Un de leurs domestiques vole un mairhand dans la ville, et le tue. Le peuple se jette sur les ambassadeurs qui sont ruis en pièces. L'empereur Maurice fit satisfaction, l'année suivante, au roi d'Austràsie, sur ce massacre.
L'an 590, Chiidebert, '»
pour réparer le mauvais succès de la préced nte campagne, envnie contre les Lombards deux corps d'armée , dont l'un , commandé par le duc Andoalde, n'osa ni laire
de siège ni livrer de bataille; l'autre, corrmantîé par Cedin, prit queltjiies places dans le Trcutln et se relira avec quelques dépouilles; ce qui uc compensa pas les pertes que les maladies lui avaient occasiou- Jiécs.
S94 CHllONOLOGlE HISTOKIQUE
GOKTRAN. f CIIILDEBERT. | CLOTAIRÉ II,
L'an 5f]i , Gonlran , Sn%'itc par Fri'clégondt- de venir h Paris tenir sur les fonts de baplOrae Clotairc II , s'y n^nd , et prcsenie l'enlant qui Cit bapiist'.
L'an 593 , Contran meurt le -jS mars, arc d'environ Go ans , après iin repue de 33 ans (Voy.
les rois de Bourgogne ).
Ses femmes furent \ ÉnÉ- BAKDE , qu'on tient n'a- •voir été que concidjiue , Marcatkude , qu'il répudia, etAusrr.ÊGiLDE.
Ce prince était adoré de ses sujets qui ne rappelaient que notre ion roi Gontran. t)uand il arri- "vait h Orléans, le peuple allai t au devant de lui avec des bannières , en criant Vive le Roi. L'n lui donnant le titre de ^aint, d'après quelques martvrologes , il faut supposer qu'il a effacé par une grande pénitence les fautes énormes que l'histoire lui reproche.
La même année, Gilles, évêque de Reims, oubliant
le pardon que C hildebcri lui avait accordé, complote avec le connétable Siiijcgisiie , le grand référendaire Gallus, ei Sepiiinine, gouvernante des cnlants de ce monarque, pour l'engager à répudier la rcirie Faileube, sa fennne , et chasser la reine Brunehaui; avec la résolution de l'empoisonner lui-même •'i l'on ne pouvait obtenir de lui ces deux articles. Il y a tout lieu de cio're que Frédégonde avait part à cette intrigue bien digne d'elle. Quoi qu'il en soit, le secret ayant été éventé, le connétable et le référendaire soni privés de leurs charges et de leurs biens-, la gouvernante , convaincue d'ailleurs d'avoir fait sur son mari l'essai du poison qu'elle préparait au roi , estniarquée d'un fer rouge au front, etl'évequedéféré au concile de MlIz qui le déposa,
L'an 598, Childebert 1 L'an Sg^ , Cloiaircest succède à Gontran , son attaqué par Vintrion , oncle et son père d'adop- duc de Champagne. Frétion , dans les royaumes ' dégonde , avant le com d'Orléans et de Bourgo- 1 bat , harangue ses soldats, gne et dans nne partie ! tenant son fils entre ses de Paris. Non content de ! bras ; elle use d'un stracette riche succession , il ' tagème singulier pour en envoie le duc Vintrion , j imposer à l'eunemi. Le avec Gonrioalde , pour ! heu oii se donna la bas'emparer des états de! taille est Droissy (en latin Cioiaire, son cousin. Ba-! Truccia ^> dans le Soislaille de Droissv , dans le' sonnais. Il y eut un grand Soissonnais, ou Vintrion' caro:igede part et d'antre, est défait par nn strata- On fait éiat de trente
niîile hommes tués côté des Ausirasiens.
du
géme de Landri , maire du palais de Clotaire.
Tassillou est créé roi de Bavière par Childebert.
L'an 594 , les Varnes , dont la demeure était sur les bords de la mer Germanique , vers l'ancienne embouchure du Rhin, excités par les émissaires de Frédégonde , font irruption sur les terres d'Austrasie. Childebert marche contre eux, les bal, et leur fait essuyer une si gr.mde perte, que depuis celte épotjue ils ne figurent plus dans l'hisioire.
L'an 595 , ordonnance de Childebert , publiée dans le champ de Mars, près de Cologne, la 20^ année de ce prince, le -28 février. Elle est comprise en 1 5 articles , dont le premier porte que qu confine aura tué tin autre niédiammeni et sans raison, soit puni de mort, sans qu'il puisse se racheter par aucune composilion (^Baluze Capit., T. l,col. 18.) C'est qu'ordinairemeiit, suivant la loi des Francs, le meurtrier rachetait sa vie e.n composant pour nue somme avec les parents de celui qu'il avait lue. D. Byuquec place