G O NT R A N , CHILDEBERT
KOI d'oRLÉAKS roi de METZ
ET DE BOURGOGNE. OU d'aUSTRASIE.
L'an 585 , Cliildebert, après la mort de Wandalen , son gouverneur , est déclaré niajcur , "a Vù-^c de quinze ans. par Gonir;;ra, son oncle, qui lui niel un javelot dans la main , et le présente au peuple pour lui faire connaître qu'il esl en élat de k'défen(irc.
Contran le déclare en mcmc tems son bériiier.
Peu de tems a[)rcs il survient du nouveaux troubles entre les deux rois ; mais ils sont appaisés par les sages avis que Crép;oire de Tours donne à l'un et fi l'autre.
La même année , on la suivante, Childebert retourne en Italie pour satisfaire l'empereur qui lui redemandait son argent. Celte seconde expédition n'eutaucun succèspar l'habileté d'Auiharis. Les partisans de Condovalde ne l'avaient pas abandonné. S'étant rassemblés, ils le tirent de sa letrLiite, lui forment une armée, elle proclament roi à Firives -la-Gaillarde, en Lituosin. Il fait des progrès r.'pides et pousse ses conquêtes jusqu'aux Pjrénées. Mais bientôt Contran et Cliildebert , ayant réuni leurs forces, arrêtent ses progrès - ssiégé dans Cominingcs par Leudégesi'e, il est trahi par Mommole , fi promoteur de son élévation, livré à ses ennemis ei uns à mort. Contran fait périr Mommole lui-même avec Sagittaire et d'autres complices de sa révolte Dans la dépouille de Mommole il se trouva trois cent quarante marcs de vaisselle d'argent. Contran la fait briser pour en faire des aumônes, et ne se réserve que deux pl.its , disant que c'était assez pour le service de sa table. Contran voulant venger la mort de S. Herrnenégilde et d'fng<indc, sa femme, morts tous deux pour la foi l'an 585 , flermenégilde par le fer , Jngonde par les njau vais traitements et par l'exil en .Afrique , envoie une armée en Espagne contre le roi I euvigilde , auteur de ces cruautés. Ses généraux n'ayant pas bien fait leur devoir, il les ra[)p(.'!Ie, et envoie pour les remplacer , l'an 586, le duc Leudé- ^esile avec Nicétius, duc d'Auvergne. Au bruit de l'approche de ces deux grands capitaines, Récarèdc
ROI DE SOISSONS
Clotaire IT , fi!s de Cliiipéric, était-! peine âgé de quatre mois à la n;ort de son père. Les grands du royaume, après avoir fait jurer Frédégonde qu'il était vraiment le fils de Cliiipéric, obligent les villes qii avaient appartenu à ce prince de prêter serment de fidélité à cet en fan t. Frédégonde, qui exerçait en quelque sorte la régence avec Contran dont elle secoua bientôi le joug, envoie Cuppa a Toulouse pour ramener sa fille Rigonthe que le duc Didier , sur la nouvelle de la mort de Cliiipéric, avaii dépouillée de tous ses trésors et mise en prison.
La même année, FréJégonde envoie deux de ses domestiques h Soissons pour assassiner Cliildebert ; ils sont arrêtés, c6 on leur fait souffrir d'horriblessupplices. Elle avait envoyé l'année précédente un clerc pour tuer Brunehaut. Cet assassin ayant ma.'iqné son coup, et lui ayani été renvoyé , elle lui fait couper les pieds et les mains pour le punir de sa maladres:e.
L'an 5S5, Frédégondc, intrépide dans le crime , forme contre Cliildebert unenonvelle conspiration dans laquelle elle fait entrer les ducs Rauchingue, Uision et Berteflède. La trame est découverte ; mais ceux qui l'avaient ourdie étant trop puissants pour être jugés dans les formes j on prend usi
CONTRAN.
DES r.OlS DE FRAXCr. 09I
CHILDEBERT. f CLOTAIRE II.
se retire , et Leuvigllfle envoie des ambassadeurs à Contran pour lui demander la paix. Ce prince les congédie sans leur ritii promettre. Leiivigiidc envoie une seconde ambassade qui ne lut pas mieux accueillie.
expédient plus court , (]Uoi'-jUe moins légal , pour les punir. Raucliingue est assassine' en sortant de la chambre du roi , oii il avait été appelé sous prétexte de l'entretenir de cjuclques affaires importantes; UrsioH attaqué dans un vieux château oii il s'était réfugié, meurt en s'y défendant les arrats à la main; Berttflède est assassiné dans l'église de Verdun oii il sc tenait renfermé comme dans un asile inviolable. Gilles, évéque de Reims, prélat intrigant, était aussi du complot; mais il vint à bout, par SCS sonples>es, d'éviter le châtiment qu'il méritait (Gidgor, Turon. , L. vin, c. 22 3.
L'auSS/, Contran rejette une 3*^ andj;issade envoyée par Récarcde, sncccsseur de Leuvigilde- Ce iiQuveau roi , qui avait embrassé la foi catholique , ne s'attendait p»s à un pareil refus. 11 croyait, non sans raison . qu'un roi pieux comme Contran sc ferait un devoir d'accorder son amitié à un j)rince qui s'empressait tie la rechercher, et qui éiait uni avec lui par la profession d'une même loi. Les mûmes ambassa- Ueuis yoni trouver Chil-
L'aa 586 , il naît an roi Chiidebert im liis qui est tenu sur les fonts par le S. évèque de Trêves , ]\îagneric , et nommé Theodebert. A l'occasion de la naissance de ce fils Chiidebert reçoit nneambassade du roi Contran , avec de grands présents.
L'an 587 , il naît à Chiidebert un second fils que le S. évèque de Cavaillon , Veranns, tient sur les fonts sacrés , et auquel il donne le nom de Tliierri, ou Théodoric.
Chiidebert reçoit à ce sujet nne nouvelle ambassade de la part du roi Contran, qui lui donne un rendez-vous a Andelot dans le diocèse de Langres , à l'extrémité de la Bourgogne. Lesdeiix rois, s'y étant rendus avec la reine Brunehaut , se donnent réciproquement ton-
L'an 586 (et non Sgo) Frédégonde fait assassiner , le jour de Pâques (14 avril). Prétextât, évèque de Rouen. Le crime de ce prélat, aux yeux de Frédégonde, était d'avoir donné la bénédiction nuptiale il Mérovée et Brunehaut. Chilpéric l'avait fait déposer pour ce sujet au concile de Paris en St-.
Mais Frédégonde ' Je voyant depuis rétabli sur son siège , prit cela pour un affront qu'elle lava dans son sang.
L'an 587, Frédégonde envoie des ambassadeurs à Contran pour le tuer.
Un homme, apnsté par eux pour faire le coup dans l'église, lorsque le roi viendrait h matines , est surpris et avoue le complot. Les ambassadeurs soat euvoyés eu exii.
^i)2 CliriO>OLOGIE HISTORîQlîE