‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 384 sur 416 · THIERRI IV · texte numérisé non relu

THIERRI IV

auparavant, la monarchie française , avec la qualité de duc des Français.

Interrègne de 5 ans, depuis l'an 757, jusqu'à l'an 742.

rendre indépendants. Cliarles vient joindre son frère devant cette place avec toutes les machines nécessaires pour un sie'ge L'ayant emportée d'assaut , ils la livrent aux flammes , après avoir passe' au fil de l'epe'e la plupart des habitants. De là Charles renforce' par un corps de troupes, que Liutprand , roi des Lombards, lui avait envoyé', va faire le siège de jNatbonne où commandait Anthime , ge'ne'ral des Sarrasins. Amor vient d'Espagne au secours des assie'ge's avec une arme'e de la même nation. Cliarles , étant allé à sa rencontre, lui livre bataille sur les bords de la Berre, et revient tricmphant après avoir taillé en pièces une grande partie de ces infidèles avec leur chef. Cette victoire toutefois ne le rendit pas maître de Narbonne. Le siège continue ; (Miarles y laisse une partie de ses troupes, et va se saisir de Tsismes, de Beziers, d'Agde et des autres places fortes du pays.

L'an 738, Charles dompte les Saxons , situés au-dessous du confluent de la Lippe et du Rhin , et se les rend tributaires.

L'an 75g, Charles et Childebrand achèvent la réduction delà Provence par la prise de Marseille , d'oîi Mauronle s'enfuit pour ne plus reparaître dans le pays.

L'an 741 , Charles reçoit deux nonces du pape Grégoire III, (ce sont les premiers qu'on vit en France) qui lui apportaient les clefs du sépulcre de S. Pierre , avec d'autres présents considérables. Ils lui remirent en même tcmsune lettre de Grégoire, par laquelle ce pontife le conjurait de venir au secours des Romains, menacés par le roi Liutprand , en lui promettant de leur part de le créer consul , c'est-à-dire patricc de Rome , et de se soustraire à l'obéissance de l'empereur , pour se soumettre à lui. L'Annaliste de Metz dit même que Grégoire avait joint à sa lettre le décret des Romains qui réalisait ces promesses. Charles, après avoir fait un accueil très honorable à ces nonces , les fait accompagner , à leur retour, par Griinont, abbé de Corbie , et Sigebcrt, reclus de S. Denis , chargés de riches présents pour le pape. Vers le même tems, Charles sentant approcher sa fin, assemble les seigneurs français au palais de \ erberie , et de leur consentement, il partage la monarchie de France entre ses deux fils , Carloman et Pépin. Il donne au premier l'Austrasie , la Suabe et la Thuriuge^ au second , la Bourgogne , la Neustriè tt la Provence. Il n'y eut aucune disposition faite eu faveur de

Grîppon, son troisième fils , et la raison qui le fit exclure de la succession paternelle n'est pas aise'c à deviner. Mais Sonecliilde, mère de ce prince, fit tant par ses larmes auprès de son e'poux , qu'e'tant sur le point de mourir, il de'tacha une petite portion de ses e'tats , en l'absence de Carloman et de Pépin , pour faire un lot à leur frère. Loin d'acquiescer à ce de'membrement , ils s'en plaignirent hautement à leur retour , et le taxèrent de nullité' , sous prétexte qu'il avait e'te' fait sans l'aveu des grands de la nation. Charles mourut , dans ces entrefaites , au palais de Quierzi-sur-Oise , le 22 octobre 741 , à l'âge de cinquante- deux ans , après avoir gouverné pendant l'espace de plus de vingtcinq alis la monarchie française en souverain , et s'être acquis une re'putation qui ne finira jamais , par une infinité d'expéditions éclatantes. Le corps de Charles Martel fut transporté à S. Denis. Les historiens l'appellent tantôt duc des Français , tantôt prince des Français , consul , patrice. Son épitaphe lui donne même le titre de roi ; mais il ne le prit jamais , et dans les actes publics , il ne se qualifiait que maire du palais , et homme illustre, qualité que nos monarques delà première race joignaient à celle de roi. Les guerres continuelles qu'il eut à soutenir , le mirent dans une espèce de nécessité d'envahir , au défaut du fisc , les biens des églises ponr les distribuer aux gens de guerre et les attacher à son service. II est vrai qu'il le fit sans retenue et au grand détriment de la discipline ecclésiastique et régulière. On vit des militaires posséder en fief, non-seulement des métairies des églises, mais des abbaves même, et s'y établir avec leurs familles; ce qui souvent y faisait cesser le culte divin. Nous ne prétendons nullement justifier là-dessus Charles IMartel. Mais si l'on se rappelle que la relif^ioa chrétienne lui est redevable de sa conservation dans les Gaules, et que , sans la valeur de ce prince, elle y eut fait place au JMahométisme , on sera plus porté à lui pardonner les moyens injustes et violents qu'il employa pour la défendre et la maintenir. Outre les enfants qu'on vient de nommer, Charles Martel laissa trois fils naturels. 1° Rémi , archevêque de Rouen ; 2° le comte Bernard, père d'Adélard, de Vala et de Bernard , tous trois moines de Corbie , dont les deux premiers en devinrent abbés; 5° Jérôme , père de Fulrad, abbé de S. Denis , et de Folcuin, évêqua de Terrouenne. Charles eut encore une fille, Chiltrude , femme d'Odilon , duc de Bavière , et mère de Tassillon , morte l'an 764. La petite chronique de S. Gai dit que Théodoald fut tué la même année que mourut Charles Martel , sans marquer que ce fût le même , comme l'assurent D. Mabillon et D. liouquet, que le fils de Grimoald , dont ou a ci-devant parlé.

CHRONOLOGIE HISTûHIQCE

CARLOMAN et PEPIN,

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