CHARLES LE CHAUVE
840. Charles , surnomme' le Chauve , parce qu'il l'e'lait re'ellement , ne' à Francfort le i5 mai Ba^ , de Louis le Débonnaire et de Judith , nommé roi d'Aquitaine par son père , l'an 858 , après la mort de Pépin , son frère , succe'da , le 20 juin 840 ^ au royaume de France. L'an 841 , le 25 juin , s'e'tant joint à son frère Louis de Bavière , il gagna sur l'empereur Lothaire et Pépin , leur neveu, la mémorable bataille de Fontenai en Fuisaie. Le carnage fut horrible de part et d'autre ; on compte quarante mille hommes de tués du côté de Lothaire et de Pépin; Tandis que les Français se font la guerre , les Normands entrent par la Seine le 12 mai, pillent et saccagent tout ce qu'ils rencontrent j brûlent Rouen le 14 du même mois, l'abbaye de S. Germer le 25 , et se rembarquent le 01 chargés de butin.
L'an 842 , entrevue célèbre de Charles et de Louis à Slras" bourg , où ils donnent des jeux publics fort approchants , suivant la description qu'on nous en a transmise , des tournois et des carrousels. Les deux princes y font contre Lothaire un traité d'alliance que Charles prononce en langue tudesque et Louis en langue romaine ou latin corrompu. Ils passent la Moselle peu de tems après pour aller attaquer Lothaire sur le refus qu'il fait d'entendre à aucun accommodement. Lothaire n'osant les attendre , quitte promptement Aix-la-Chapelle , et se retire du côté des Alpes. Arrivés à Aix-la-Chapelle , Charles et Louis , par le conseil et l'ordre même des évèques , partagent entre eux les états que leur frère a honteusement abandonnés ( T'^oj'. les conciles ). Charles passe la INIeuse et se rend en Aquitauie pour en chasser le jeune Pépin ( J^oj'. les rois d'Aquitaine). Il lève le siège de Toulouse au mois de juin 8^5 pour aller à Verdun où les trois frères étaient convenus de se trouver au mois d'août suivant. L'assemblée se tient , et ils y partagent entre eux pacifiquement la monarchie française. Charles , par ce traité , conserva la France occidentale , c'est-à-dire tout ce qui est en deçà du Rhône , de la Saône , de la Meuse , du Rhin et de l'Escaut. Il faut néanmoins excepter le Lyonnais et les territoires d'SJzès et du Vivarais qu'on voit dans la suite compris dans la part de Lothaire ( Voy. les paris de Lothaire et de Louis le Germanique à leurs articles). Charles , assuré de sou lot, tourne ses armes contre Noménoé , qui s'était fait roi de Bretagne , et contre
4^i3 ciino.\oi;&{i|n-: niSToainuE .
Pcjiin , qui. «e mainteuait dans l'Aquitaine dont Louis le Débonnaire l'avait prive après la mort du roi Pépin son père Voyles rois d'Aquitaine ).
L'attention de'Cliarles, lorsque ses autres occupations le lui permirent, se porta sur la législation. L'an 846, il rendit une oi'donriance , dont le douzième article commet chaque e'vêque pour faire la fonction d'envoyé royal dans sou diocèse. Les ' comtes s'opposent à ce règlement, et dès-lors chaque seigneur commença à rendre sa justice souveraine , et à ne permettre pas même que ses jugements fussent portés par appel à la justice du roi.
L'an 847, en février, assemble'e générale de toute la monarciiie KJMersen, près de Maëslricht , où les trois monarques s'e'taient donne' un nouveau rendez - vous. Parmi les articles qu'on y arrêta , nous remarquerons le deuxième et le cinquième qui portèrent une atteinte funeste à la puissance royale. Par l'un (c'est le deuxième) , il est dit que tout homme libre pourra choisir du roi ou de ses vassaux qui bon lui semblera pour son seigneur. /' olunifis ut uniisf/uisqiie liber Jioino iii iiostro régna seniorein , fjualem voluerit in nobis et in nostris senioriùus , accipial. H est vrai qu'avant ce traite' l'homme libre pouvait se recommander pour un îief , qu'il pouvait même de'naturer son alleud et le souïuetlre au roi. Mais depuis ce traite', il lui fut permis de le soumettre, à son choix, au roi, ou à un seigneur 5 et dans ce dernier cas, il ne relevait que mc'diatcment du roi. Ce fut celui où. l^'enlôt se trouvèrent la plupart des hommes libres qui devinrent les vassaux les uns des autres ; et la souveraineté' recula de plusieurs degre's. Par l'autre article (c'est le cinquième ) , les trois ■ frères, pour cimenter l'union entre eux, statuèrent qu'aucun vassal du roi ne serait plus oblige' de le suivre à la guerre , que li^rsqu'clie serait générale , et cju'elle aurait pour objet la défense <i'' l'état, contre une invasion étrangère. Cette dispense , accordée aux vassaux de fournir au souverain des secours en certains cas, l'clâcha les liens de la subordination, et avilit une autorité a laquelle il était permis quelquefois de résister.
L'an 848, Charles, à l'invitation des seigneurs aquitains, mécontents de la conduite de Pépin , se rend à Limoges , "où il est couronné roi d'Aquitaine. Mais bientôt ceux qui l'avaient appelé changèrent de dispositions à son égard {J^ojez Pépin II, parmi l'es rois de ce pnj^s). Noménoé, roi de Bretagne , se maintenait toujours dans son indépendance. Cette même année, Charles fait de nouveaux efforts pour le réduire , mais il n^y réussit pas ( Voyez les ducs de Bretagne). L'an 849, Charles et Louis ; pour se mettre eu garde contre les entreprises de Lo-
tliaîre , se lient, enseiiiblu d'uue amitié si étroite que se donnant jnibliqueryient des biilons Viinà V autre, ils recommaudenl leiirs femmes et leurf enfants au survivaiu {Annal. Bertin). Les Norniaiuls cependant continuaient de de'solcr la France. Nantes , Saintes et Bordeaux éprouvèrent leur fureur en 840 j ils vinrent en 845 r jusqu'aux portes de Paris , et pillèrent l'abbave de Sainî- Gerniain-des-Prés; ils ravagèrent le Limosin et l'iîe de Herrnoulier eu 846, prirent par la trahison des Juifs , et brûlèrent Bordeaux en 847 j ravagèrent Tours , et réduisirent en cendres Téglise de Saint-Martin en 855 5 l'année suivante , ils livrèrent aux flammes Angers , pour la deuxième fois. Mais l'an 855 , ils sont taillés en pièces devant Poitiers par les Aquitains. Ils se vengent, l'an 856 , sur Oiléans qu'ils. prennent le 18 avril , et où ils font un riche butin. L'an 857, le 18 décembre , ils reiTiontcnt hi Sruic jusqu'à Paris , raetlent le feu à l'éghse de Sainte-Geneviève, et à d'.nitres , en épargnent quelques-unes pour de grosses sommes qu'ils reçoivent, et emmènent prisoimier Louis, abbé de Saint-Denis. La pusillanimité que Charles montre vis-à-vis de ces barbares , le lait tomber dans le mépris. L'an 858, les grands du royaume, s'élant soulevés contre lui, députent à Louis , roi cleGermanie, pour l'inviter à venir se mettre à leur iête , et défendre l'éfal contre les IVormands. Louis arrive, et il est joint aussitôt par les mécontents ; mais l'année suivante, Charles l'oblige à retourner en son rojflume.
L'an 865 est mémorable par un accident funeste arrivé au fils aine de Charles le Chauve. Ce jeune prince , nommé Charles , après avoir été le jouet de l'inconstance et de l'ambilion des seigneurs aquitains , qui , plusieurs fois , l'avaient fait et défait roi de leur pays , vivait tranquillement à la cour de France. Revenant un soir de la chasse , il voulut , avec quelques jeunes seigneurs de sa suite , faire peur à un courtisan de même âge, nommé Albuin. Tous ensemble fondent l'épée à la maui sur lui , criant d'uue voix menarai;te , tue, tue. Albuin , qui les prend ])our des voleurs, se met en défense , et décharge, sur la tête du j)rince Charles , un coup de sabre qui le renverse par terre. Il mourut deux ans après de cet accident , le 29 septembre 865 , au château de Busançois, en Herri, et fut inhumé à Sainl-Sulpice de Bourges.
L'an 8(^4 » y^^'s le mois de mars , assemblée générale de Pistes, où l'on rédige un édit qui est l'époque de la distinction de Franco cohlumière et de France régie par le droit écrit. Dans l'addition (pi'on y fit , le prince ordonna la démolition des châteaux que les seigneurs avaient bâtis , attendu , dit-il , que ces lieux sont devenus des letraites de voleurs , gui commettent des désordres â^ms le voîsinase. Cet article fut mal exécuté.
Il y avait alors un capitaine célèbre par ses exploits contre les Normands, et capable de les chasser du royaume sans retour, s'il eût ve'cu plus long-tems et eût ëtë mieux seconde. C'était Robert le Fort, duc de France. L'an 866, apprenant qu'une de leurs troupes vient de prendre et de piller la ville du Mans , il vole à leur poursuite, et les ayant atteints à Brisserte, il 1 s force dans leurs retranchements , et passe au fil de l'épée tout ce qui ne put se sauver dans l'église voisine. Mais le lendemain ayant attaqué ce poste sans précaution, il est tué devant la porte, et deux de ses généraux sont blessés mortellement à ses côtés ( f^oyezles ducs de France). Charles le Chauve , tout incapable qu'il était de défendre ses élafs héréditaires , n'était pas moins avide d'en acquérir de nouveaux. L'an 869, Lothaire , roi de Lorraine, étant mort, le 8 août, en Italie, il se rend à Metz, et s empare de sou royaume , au préjudice de l'empereur Louis 11 , frère de Lothaire. Louis de Germanie, son frère, lui dispufe cette proie j ils la partagent en deux parts égales , au mois d'août 870, à Mersen , près de Maèstricht, Il restait encore des états de Lothaire la portion du royaume de Provence qui hn était échue par le partage fait en 865 avec l'empereur Lî>iiis II, après la mort du roi Charles leur frère. Charles le Chauve veut l'envahir également, et marche l'an 870 contre Gérard de Roussillon , comte de Provence, qui défendait ce royaume au nom de l'empereur. Il assiège Vienne, où Berthe , femme de Gérard s'était enfermée, tandis que son époux était occupé ailleurs, et près dq prejidre la place par les intelligences qu'il y avait pratiquées , il oblige Gérard, qui s'était rendu à son camp, de la lui remettre et de lui abandonner tout le pays. Maître ainsi du royaume de Provence, il fait son entrée dans Vienne la veille de Noël. La même année 870 , Charles prive de ses abbayes et relègue à Senlis , pour crime de révolte, Carloman , sou fils, qu'il avait forcé d'entrer dans la cléricature en 85 1. L'ayant ensuite élargi , à la prière des légats du pape , comme il apprit qu'il recommeucait à brouiller , il le fit arrêter de nouveau l'an 875 , puis l'ayant tait dégrader , il lui fit crever les yeux , et l'euferma dans le monastère de Corbie. Carloman, s'étant échappé de sa prison , se sauva auprès de Louis le Germaniqne, qui lui donna l'abbaye d'Epterna(;, où il mourut en 886.
La mort de l'empereur Louis II , arrivée l'an StS , fournit nne nouvelle ouverture à l'insatiable avidité de Charles le Chauve. Sur la nouvelle de cet événement , il s'achemine en diligence vers Rouie , où il reçoit la couronne impériale des mains du pape Jean VIII le jour de Noël. L'an 876 , autre occasion pour lui de s'agrandir. Louis le Germanique , son frère,
ineiirt le 28 août de cette anne'e , et aussitôt Charles marche avec une grande arme'e pour s'emparer de ses états , au pre'judice des trois fils de ce prince. Louis, le plus voisin d'entre eux, pour lui prouver l'injustice de son proce'de', lui envoie trente hommes, dont dix firent l'e'preuve de l'eau froide, dix celle de l'eau bouillante , et dix l'e'preuve du fer ardent ( tous en sa pre'sence , et sans être endommagés). Charles, d'abord effraye' de ce prodige , accorde une suspension d'armes , qu'il confirme avec serment ; il ne laisse pas ne'anmoins de continuer sa marche; sou dessein était , suivant l'historien qui nous sert de guide , de surprendre son neveu , et de le priver de la vue. Louis averti, vient au devant de lui , et met en déroute son armée , le 8 octobre , à Meyenfels , près d'Andernac {Annal. FiilcL). Presqu'au moment de la perte de cette bataille , Charles reçoit la nouvelle de la prise de Rouen par les Normands. Déconcerté par ce double revers , il abandonne ses projets de conquête, et pense à renvoyer, selon sa coutume , les Normands avec de l'argent. Il vint à bout de s'en procurer en établissant une contribution qui fut répartie entre tous les membres de ses états. Tandis que ses ministres sont occupés à la lever , il lui vient des lettres du pape , qui le pressent de se rendre en Italie pour s'opposer aux Sarrasins. Le voyage est décidé j mais avant de l'entreprendre , Charles tient à Quierzi-sur-Oiso, le 14 et le 16 juin 877, une grande assemblée pour assurer la tranquillité du royaume pendant son absence. Ce fut là qu'il publia ce fameux capitulaire , où nos historiens naodernes ont cru trouver l'origine de l'hérédité des fiefs. Pour nous , après l'avoir bien examiné , nous osons dire que nous n'y avons aperçu que la survivance accordée pour les fiefs et gouvernements de leurs pères à la jeune noblesse qui accompagnerait l'empereur dans son expédition. Charles , après la tenue de ce parlement , se met en marche pour aller secourir le pape contre les Sarrasins; il passe les monts , et rencontre à Pavie le pontife qui était venu au devant de lui. Mais pendant qu'ils confèrent ensemble , ils apprennent que Carloliian , roi de Bavière , s'approche , à la tête d'une armée considérable , pour réclamer ses droits sur l'Italie. A cette nouvelle ils se séparent. Charles reprend la route de la France , où il ne put arriver. La mort le surprit , le 6 octobre 877, à Brios , village situé en-deçà du Mont-Cenis , à l'âge de cinquante-quatre ans , quatre mois et sept jours , après avoir régné trente-sept ans , trois mois et seize jours , comme roi de France. On prétend qu'il fut empoisonné par le juif Sédécias , son médecin. Ce juif avait donc perdu l'esprit. Qu'y avait-il en effet à gagner pour lui en commettant ce crime, ou plutôt (fue n'v avait-il pas à perdre ? Quoi qu'il en soit, le corps dcChark* fut inhumé àjNantua, dauj;
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le diocèse de Lyon , d'où , huit ans après , ses os furent f ransfe'rc's à Saint-Denis qu'il avait de'signe pour être le lieu de sa sëpulture , parce qu'il en avait e'te' abbé. Ce prince , que les gens de lettres dont il e'tait le bienfaiteur , ont surnomme' le Grand , n'avait rien qui i-e'pondit à ce titre que son ambition. Toutes ses bonnes qualitc's e'taient au-dessous du médiocre , et ses de'fauls les surpassaient. 11 ne sut ni se faire aimer du peuple , qu'il surchargea d'impôts, ni se faire craindre des grands, qui se prévalurent de sa faiblesse pour lui faire la loi, ni se faire respecter des evêques , devant lesquels il avilit la majesté royale en reconjiaissant qu'il tenait la couronne de leurs mains, et qu'ils avaient le pouvoir de la lui retirer s'il abusait de son autorité. Les moj eus qu'il employa pour re'ussir dans ses entreprises , de'celèrenl la petitesse de son esprit et le peu de droiture de son cœur. Il voulut tout envahir , et plus d'une fois il courut risque et mérita par ses fausses de'marches de tout perdre. Il avait ëpousc- , i°, le 14 de'cembre 842, Hejvmentrude , fille d'Eudes, comte d'Orle'ans , morte le 6 octobre 869 j 2", le 22 janvier 870, RicHiLoe, sœur de Piichard, duc de Bourgogne, et de BosonI , depuis roi de Provence. Du premier lit, il eut Louis le Bègue, qui suit ; Charles , roi d'Aquitaine , mort le 2g septembre 865 ; Lothaire , dit le Boiteux, abbc de Moutier Saint- Jean , mort en 866, et inhume' à Saint-Germain d'Auxerre; Carloman, dont on a parle' •ci-dessus ; et trois filles , Judith, femme, i°*d'ELhelwolphe , roi d'Angleterre j 2" d'Ethelred, fils de ce premier mari , avec lequel elle n'avait point consomme' son mariage ; 5° de Baudouin , comte de Flandre , qui l'enleva ) Rotrude et Ermentrude , abbesses. Du deuxième lit , sortirent quatre fils et une fille , tous morts en bas âge (Voyez les empereurs , les rois (V Aquitaine et les rois dé Lorraine).
11 faut distinguer six e'poques du règne de ce prince. La première est de l'an SSy, lorsque son père lui donna le royaume de Neustrie ; la deuxième de 858, lorsqu'il fut roi d'Aquitaine après la mort de Pépin ; la troisième de 85g, lorsqu'il reçut le serment des seigneurs d'Aquitaine , après avoir été' sacre roi de France le y juin de cette anne'e , comme il le de'clare dans un de ses diplômes (Bouquet , volume 8, page 524) '■> '^ quatrième de 840, lorsqu'il succéda à son père; la cinquième du 9 septembre 870, lorsqu'il fut couronne' à Metz , roi de Lorraine j la sixième du 3.5 décembre 875, lorsqu'il reçut la couronne impe'riale à Rome. Charles, d'abord après la mort de I^olhaire, son neveu, joignit les annc'es de son règne en France à celles de son règne dans le royaume de Lothaire. Celles-ci se comptent tantôt du mois d'août 8619 , tsnlôt du mois de septembre 870. Ce prince ajoute
à la date cîe quelques-uns de ses dijîlûrnes , lorsque nous assicfiojis T'onlouse , l'an 849- Charles le Chauve est surnommé le Grand , comme on l'a dit. , dans quelques auciens monuments ; ce qui l'a fait confondre par d'habiles gens avec Charlemagne. Ce qui distingue ses diplomesdeceiix.de son aïeul, c'est l'invocaliou de la Trinité', qui esta la tête de ceux-là; usage que Charles le Chauve transmit à ses successeurs. 11 commençait souvent l'indiction à Noèl avec l'année.
Dans le parlement tenu à Pistres , le vu des calendes de juillet (ajjuui) de Tan 864 , Charles le Chauve ordonne que les deniers doivent être d'argent fin et de poids; mais ce poids n'est point exprime'. De plus, il ordonne que dans tout le rovaume la livre d'or ne sera vendue que douze livres d'argent en deniers de nouvelle fabrique. L'or qui sera afline' , mais non pas jusqu'au point qu'il puisse servir à dorer , ne sera vendu que dix livres d'argent des deniers nouvellement fabrique's.
Presque tous les deniers qui nous restent de ce prince pèsent trente-deux grains ou environ. Sur ce pied le sou devait peser trois cent quatre-vingt-quatre grains , et il n'v en devait avoir que dix-hnit à la livre de poids; de sorte que, suivant la proportion douzième e'tablie par ce capitulaire entre l'or et l'argent, la livre d'or fin valait dix livres seize sous : celui qui n'était qu'à vingt carats valait neuf livres ; et la livre d'argent fin valait dixhuit sous (Le Blanc, ibid.). Ainsi le sou d'argent de ce tems-; là vaudrait aujourd'hui quatre livres neuf sous un denier un sixième , et le denier sept sous cinq deniers sept-douzièmes.