‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 395 sur 416 · CONCUKRENTS DU ROI EUDES · texte numérisé non relu

CONCUKRENTS DU ROI EUDES

attente, il prit le parti de s'en retourner.

Raoul , ou Rodolphe , fils de Conrad le Jeune , comte d'Auxerre, fut plus heureux. Il se rendit inaitre de la Bourgogne Iransjurane , dont il était gouverneur, et s'en étant fait couronner roi àSt.-iMaurice, en Valais , il forma un nouveau royaume, dont il jouit paisiblement.

Rainulfe II , comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, résolut d'envahir les pays qui sont enti'e la Loire et les Pyrénées, et s'en fit proclamer roi (Voyez les empereurs^ les comtes de Poitiers ^ et les rois de Bourgogne.).

CHARLES lîl, DIT LE SIMPLE.

895. Charles III, surnomme LE biaiPLE, né poslhunre , l'an 879, du roi Louis-le-Bègue , et d'Adélaïde, sa seconde femme , le 17 septembre, fête de Saint- Lambert, comme il le déclare luimême dans un de ses diplômes , exclu du trône jusqu'en 89^ , tant à cause de son extrême jeunesse, qii'à raison de l'éauivoque de sa naissance, fut enfin reconnu roi de France au commencement de cette année par une partie des seigneurs Français, à la tête desquels était Foulques, archevêque de Reims , qui le couronna sans différer, le 28 (et non le 7 ) janvier. Mais a l'approche d'Eudes , Charles se retire auprès d'Arnoul en Germanie. L'an 89(1 , Charlei , par

EUDES

traite en Germanie: mais Charles rentra bientôt en France, pour soutenir ses droits. A la fin , il contraignit Eudes d'en venir à un traite' par lequel il partagea la monarchie avec lui et le reconnut pour son seigneur: cette paix fut conclue vers le milieu de l'an 896. Les pays , situes entre la Seine , l'Océan , les Pyre'ne'es, l'Espagne et la Méditerrane'e , échurent à Eudes. Il mourut à la Fère-sur- l'Oise , le je"^ janvier de l'an 898 , à l'âge de quarante ans {Ann. Vedast.).

Un auteur du onzième siècle donne à ce prince un fils, nomme' Arnoul , qui prit , dit-il , après sa mort le titre de roi d'Aquitaine, mais qui lui survécut peu. On le fait père aussi d'une fille , nommée Oda , qui épousa , dit-on , Zuentiboîd , roi de Lorraine , fils naturel d' Arnoul. Le père Pagi se trompe, lorsqu'il donne pour fils, au roi Eudes, Hugues le Grand , père de Hugues-Capet. Hugues le Grand était fils , non du roi Eudes , mais de Robert, son frère. La femme d'Eudes se nommait Tliéodrate, suivant un diplôme de ce prince , donné en faveur de l'abbaye de Saint-Waast d'Airas {JBouquei ,

t. IX, p. 452.).

Il faut reconnaître dansles diplômes, avec dom Vaissète et dom Bouquet , deux commen céments du règne d'Eudes, l'un de l'an 887, l'autre de 888; ce qui vient de ce qu'il a été reconnu plus tara en certains endroits qu'en d'autres.

CONCURRENTS DU ROI EUDES, la négociation de l'archevèqe de Reims , fait avec Eudes un traité, par lequel il devient maître des pays situés entre la Seine et le Rhin. La mort d'Eudes arrivée deux ans après, lui ouvre la voie pour se mettre en possession du reste de la France. L'an 8g8 , il est reconnu seul et unique souverain de cette monarchie par les seigneurs assemblés à Reims , et couronné une deuxième fois par l'archevêque. Une charte^ , rapportée par Catel (Mém. de Lang. p. 775) , nous le montre à Turin l'année suivante. iVlais aucun historien ne nous apprend ni l'objet, ni les circonstances de ce voyage. Les Normands continuent de désoler la France.

Ce n'est plus à des pillages et à des courses passagères qu'ils veulent s'en tenir ; leur dessein est d'envahir le royaume, ou de s'y former un établissement considérable. Forcé d'entrer en composition avec eux, dans l'impuissance où l'on est de leur résisler,Charles, de l'avis des grands, se détermine, l'an 911, à céder en fief à RoUon , chef de ces barbares, par le traité de Saint-Clairsur-Epte , une partie de la INeustrie , qui prit depuis le nom de Normandie. Il lui donne déplus sa fille Gisle, ou Gisèle, en mariage, à condition qu'il embrassera le Christianisme, Rollon reçoit le baptême l'an 912; depuis ce tems la France fut moins exposée aux ravages des Normands (Voyez les ducs de Normandie).

DES ROIS DE FRA^"CE. ^^Sl

EOÎÎERT I. I CHARLES HT.

L'an 022, Robert, cliic de France . frère du feu roi Eudes , est e'iu par les factieux , et couronne' dans l'e'glise de Saint- Remi le oq juin , par Wautier , archevêque de Sens . pendant la maladie d'Hervé', archevêque de Reims , qui mourut trois Jours apriîs celte ce'rt'monie ( Cfirct/i.

j4ndegnv.). Robert ne jouit pas une année entière de la couronne qu'il avait usurpée , avant été' tue', par son rival. le i5 juin 0,25 , dans une bataille près de Soissons. De Béatuix, son e'pouse , fille d'Herbert , comte de Vermandois, il laissa un fils et une fille , qui suivent. Après la mort de Robert , Hugues le Grand, son fils , et Raoul , beaufrère de Hugues , prétendent à la couronne. Hus^ies consulte Emme , sa sœur , femme de Raoul . lequel des deux, de lui, ou de Raoul , elle se choisirait pour roi. Emme avant répondu qu'elle aimerait mieux baiser les genoux de sou mari , que ceux de son frère , Hugues, sur sa re'ponse, cède le royaume à Raoul {Radiiîf. Glaber. , 1. i , c. 2 ).

RAOUL ou RODOLPHE.

925. Raoul , dur de Bourgogne , fils de Richard-!e-Justicier est e'iu roi par les intrigues de Hugues le Grand , son beau frère . après la mort de Rober' et couronne' à Soissons avec Emme . sa femme , le 1 5 fet non le 23) juillet 920, par Waulier,

L'an 912, ou sur la fin de gi 1, Charles est reconnu pour souverain par les Lorrains , après la uiort de Louis , roi de Germanie, le dernier de la race deCharlema- ^ne au-delà du Rhin , dont touto 'a succession aurait dû lui revenir. Celte nouvelle acquisition lui donnaoccasion de daterses chartes de cet événement. Charles continue de régner , mais avec peu d'ai'terité , et encore moins de puissance. Les seigneurs, se prévalant de la faiblesse de son.

gouvernement , s'érigent presque en souverains. Ils en viennent à une conjuration ouverte, et jusqu'à refuser de le tenir pour roi légitime. Cette résolution fut prise dans une assemblée tenue à Soissons , l'an 920. Maisuncomte , nommé Hugues , qui surviiit un moment a]irès , suspendit l'effet de la délibération. Ga£;nés par ses remontrances , ceux qui composaient l'asscrilblée, consentent de rester soumis à Charle> encore l'espace d'un an , sur la promesse qu'il leur fait , au ncni de ce prince, de changer de conduite et de congédier son ministre Haganon qui leur élaitodieux.

Les Lorraio; n'avaient pas été si patients , et las de son çouverni.ment, ils étaient rentrés sous celui du roi de Germanie. Cette même année 920 , Charles marche en Alsace , et oblig'* cette province , ainsi que l"s autres parties du rovaume de Lorraine de revenir à son obéissance. Mais trahi par les deux Giselbert , il

4o2 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

RAOUL ou RODOLPHE. CHARLES HL

archevêque de Sens (Bouquet , t.Vni,p. 522). Dès qu'ilfutsur le trône, il riclama contre la cession que Charles venait de faire de la Lorraine au roi de Germanie. Mais il ne put en recouvrer qu'une partie qui même lui fut enleve'e l'an 925 par re dernier. L'an 928, Raoul pour s'affermir sur le trône, fit un traite' avec Charles-le-Siniple, à qui il imposa telles conditions qu'il lui plut, e'tant mailre de sa personne : l'une de ces conditions sans doute e'iait qu'd lui céderait la couronne. Lcsliistorleus , en parlant de ce traité, nous disent seu lement que /îrtot;/ fit sa paix avec Chajles , lui rendit le palais cV Aitigni. ei lui fit divers présents [Flodoardet Chron. P^irdiau). Charles alors e'tait hors de prison , d'oii le comte Herbert l'avait tire' sur la fin de l'anne'e pre'ce'dente pour effrayer Raoul dont il e'iait me'content. Il y fut remis aussitôt ajîrès ce traite'. L'ang'^o, Raoul passe en Aquitaine pour soumettre à sa domis^tionce pays, qui refusait de le reconnaître : il rencontre les Normands dans le Limosin , et les de'fait entièrement , ce qui le couvrit de gloire , et disposa les Aquitains à se soumettre à lui. Il bat, vers le même tems, les Hongrois , et les éloigne des frontières.

Le Languedoc , tant que Charles vécut, lui demeura fidèle, et persista encore trois ans après sa mort à refuser l'obeis-

est presque aussitôt contraint d'abandonner une partie de sa couquête.

L'an 92 1 , le 4 novembre , entrevue de Charles et de Henri , roi de Germanie , à Bonn , dans laquelle ils font le traité communément appelé Paclum Bonnense , qui paraît n'être quela ratification d'une convention précédemment arrêtée par les plénipotentiaires des deux princes , rien n'étant articulé dans ce traité, sinon un engagement réciproque de vivre en bonne inteligence. Quelques-uns prétendent que Charles fit alors cession de la Lorraine au roi de Germanie. C'est précisément le contraire , comme le prouve M.

Pfcffel sur l'an 921. Ce ne fut qne deux ans après , ainsi qu'on le dira sur Henri l'Oiseleur , que Charles , dans sa détresse, lui fit cet abandon.

L'an 922 , les grands , irrités du retour d'Haganon , que Charles avait rappelé , ne gardent plus aucune mesure. Ils s'assemblent de nouveau, etélisentpour roi, Robert, duc de France, frère du feu roi Eudes.

L'an 920, Charles livre bataille, le 1 5 juin , près de Soisson-) , à Robert, et le tue de sa propre mainj mais ce prince n'est pas plus affermi sur le trône par l;i mort de ce compétiteur. Huguca, fds de Robert , ranime le courage des soldats à la vue du cadavre de son père, et pousse si vivement Charles , qu'il l'oblige

RAOUL ou RODOLPHE. CHARLES IH.

sance à Raoul. Mais enfin, l'an p52 , voyant que toute la France lui e'tait soumise, cette province consentit à lui ohe'ir comme à son roi le'gitime. Dejjuis ce tenis, on y data les acles des années de ce prince ; mais en ne les comptant que depuis la mort de Charles le Simple , ou quelquefois depuis la soumission de Raimond - Pons , marquis de Gothie. Raoul mourut de la maladie qu'on nomme pe'diculaire, le 14, ou selon dom Vaissète , le i5 janvier 9^)6 , à Auxerre , suivant M. le Bcuf , sans laisser d'enfants mâles d'EiWME ou Emine, sa femme, fille du pre'ttudu roi R^obert ( morte l'an c)55), et fut enterre' à Sainle- Colombe de Sens. Raoul, suivant les historiens, fut un prince brave, actif, libéral, digne de commander dans des meilleurs tems, et de porter une couronne le'gitimement acquise. Il y eut après sa mort un interrègne en Fiance jusqu'au retour de Louis, fils de Charles le Simple, que les ])rincipaux seigneurs rappelèrent. Pendant ce tems on data, depuis la mort de Raoul J. C.

régnant, et dans V attente d'un roi. Raoul, pour se concilier les seigneurs français et les retenir dans son parti, se vit oblige' de leur abandonner la plus grande partie des terres du fisc, ensorle que le domaine immédiat du roi se trouva re'duil à très-peu de chose.

à prendre la fuite. Charles se sauve au-delà delà Meuse, et revient ensuite auprès d'Herbert , comte de Vermandois , qui se saisit do sa personne , et le retient enfermé àChàteau-Thierri, d'oii il fut transféré à Péronne, On dit communément que Charles ne recouvra jamais sa liberté.

Cela est vrai dans un sens. Cependant il est certain qu'Herbert le tira de sa prison ran()27 ])our l'opposer à Raoul , dont il était alors mécontent, et qu'ayant ensuite fait son accommodement avec ce dernier , il renferma Charles à Péronne Tannée suivante. Ce malheureux prince y finit ses jours le 7 octobre 929, à l'âge d'environ cinquante ans , et fut enterré à l'abbaye de Saint- Foursi. Charles laissa de la reine OoGivF. , ou Ogive, dite aussi Eadgive, sa troisième femme, un fils, nommé Louis , âgé de neuf ans , que sa mère avait mené en Angleterre , après que son mari eut été détrôné , pour y chercher un asile auprès du roi Aldesfan , son frère. Ogive ,longtems après la mort de Charles , se remaria à Herbert , comte de Troy es , fils de celui qui avait emprisonné son époux. On ignore le nom de la première femme de Charles qui le fit père de Gisèle , nnariée , comme on l'a dit , au duc de Normandie. Frederunf, , sa deuxième femme , qu'il épousa le i5 avril 907 , dans la ville d'Attigni , mourut le 10 février

484 CHRONOLOGIE HiSlORlQL'E

IXr.ns tronvoiis trois époques dans les chartes de Charles le Simple; la prenn'ère , du 28 janvier 893, lorscjiril commença de régner : la seconde , du 5 janvier 898, lorsqu'il re'unit toute la monarchie parla mort du roi Eudes. Celte e'poque est exprimée par anno ledinlegraiite , ou pleniier régnante, ou enfin iii succès '<ione Odonis. La troisième est du 21 janvier qi2 , ou de la fin de 911, suivant D. Eouquet, lorsque Charles devint maître de la Lorraine, par la mort de Louis , roi de Germanie. Cette e'poque est ordinairement exprime'e par à laigiore , ou aniplioie herediiaie indepta. Ces trois dates se trouvent souvent Te'unies ensemhle, chacune depuis le commencement qui lui est propre. Elles se renconîrent sur-tout dans le traité de Bonn , dont on a parle' plus haut, et combinées avec celles du jour, du mois et de la semaine qui s'y trouvent jointes , elles servent à corriger celle de l'année qui est 9^:6 au lieu de 921 , dans les éditions d'Aubert le Mire ( Cod. don. pt'ar. p. Ii5) , et de Dûment (Corps Di'pl. T. f, p. 29). A ces trois époques on peut en ajouter une quatrième qui commence l'an 900, lorsque Charles fut reconnu dans l'Aquitaine et la Septimanie. D. Vaissète cite plusieurs diplômes de Charles qui prouvent celte date ; ils font voir aussi , selon la remarque de cet habile historien , que Charles ne fut pas reconnu roi dans ces pays aussitôt après la mort d'Eudes, et qu'il ne fut pas reconnu dans toute leur étendue en même tems. Il en est de même pour la Bourgogne, où, suivant quelques chartes, il ne fut reconnu qu'eu 899.

C'est au règne de Charles le Simjîle que finissent les capitulaires de nos rois.

LOUIS ÏV, suR-NOMMÉ D'OUTREMER.

906. I-x>uis IV. né, l'an 921 , de Charles le Simple et d'Ogive, surnommé d'OuTr.EMER à cause du séjour qu'il fit eu Angleterre ])endant environ treize ans , est rappelé par les seigneurs après la mort de Raoul, et ramené par Guillaume, archevêque de Sens, qu'ils avaient député au roi d'Angleterre pour, le redem.'.ider. Arrivé en France , il est couronné à Laon le 1 g juin q56 , ii l'âge de seize ;ins par ce même Guillaume , puis une seconde fois à Reims par larchevêque Artaud. (Bouquet, T. IX , p. 65 et 209). La ville de Laon faisait alors le séjour le plus ordinaire de nos rois. L'an 907 , Louis prend en main les rênes de l'état , et trouve la France désolée par les courses des Hongrois qui avaient pénétré jusqu'en Berri. A ce fléau se joignit la famine.

Pour comble de maux , l'an C)58 , plusieurs seigneurs, a la tt-ie desquels est Hugues le Grand, font une ligue contre Louis. D'uu autre côte' les seigneurs lorrains re'volte's contre le roi Olton , se donnent à Louis. Pour assurer ses droits sur la Lorraine , il épouse Gef.bekge , veuve du duc Giselbert et sœur d'Olti u. Etant ensuite entre' dans ce pays à main arme'e, il pe'nètre jusques dans l'Alsace qu'il envahit. Mais bienlotaprès il en est chassé par Otton. La confédération , formée en France l'anne'e précédente , s'enhardit de ce revers. L'an 940 , les rebelles se saisissant de Pieims , dont Louis avait donné cette même année la comté à l'archevêque. L'année suivante , Louis est défait par Hugues le Grand et Herbert, devant la ville deLaon, et mis eu fuite , après avoir perdu la moitié de son armée. N'ayant plus de ville propre, il se retire en Bourgogne, dont les peuples lui demeurent fidèles ; de-là il se rend à Vienne , oii il est reçu par Charles Constantin qui en était comte. Les principaux seigneurs aquitains viennent lui rendre leurs hommages en cette ville , les uns en personne , les autres par députés. De Vienne Louis passe en Aquitaine : il était à Poitiers le G janvier 942 , comme on le voit par une charte qu'il y donna en faveur de l'abbaye de Saint Hilaire. Louis reprit ensuite la rouie de France, où , par la soumission de Hugues le Graisd et d'Herbert, chefs des rebelles , on vit enfin cesser les troubles qui agitaient depuis plusieurs années, ce royaume. L'autorité du pape Etienne VHI , auquel Louis avait eu recours, et les bons ofllces de Guillaume I , duc de Normandie , contribuèrent beaucoup à cette paix : mais el'e ue fut pas de longue durée. Après la mort de Guillaume, Louis voulut s'emparer de ses états ; mais il fut adroitement joué par le comte Bernard , tuteur du jeune Piichard , qui fit venir secrètement à son secours Aigrold, roi de Danemarck. Les Danois ayant demandé à Louis une conférence au lieu depuis nommé le Gué d'Herluin, sur la Dive , ce prince y consent. Mais tandis qu'elle se tient, les gens d'Aigrold se jettent sur les Français de la compagnie du roi dont ils massacren'.. dix-neuf des principaux. Le roi se sauve avec peine à Rouen où il est fait prisonnier par les habitants sur Fattachement desquels il comptait. Les Normands consentent de rendre la liberté à ce prince , pourvu qu'il donne un de ses fils en otage, et quehjues autres seigneurs, jusqu'au rétablissement du jeune Richard. A ces conditions Louis est remis entre les mains de Hugues le Grand, qui' le retint comme prisonnier encore quelque tems , sous la garde de 'l'hibaud I , comte de Blois ( Voy. Hugues le Grand, duc de France).

L'an 946; Louis, ayant recouvré la liberté, fait une ligue

avec OUon, roi de Germanie , et Arnould , comte de Flandre , contre Hugues le Graiid et Richard I , duc de Normandie. Les trois princes, ainsi ligués , commencent par s'emparer de Reims, et rétablissent l'archevêque Artaud, que Hugues, fils d'Herbert, avait supplanté : ils marchent ensuite à Senlis , dont ils lèvent ]e siège après quelques jours d'attaque , entrent en Normandie , sont repoussés devant Rouen, puis se retirent honteusement, et perdent beaucoup de monde dans leur retraite. Poussé à bout, l'an 948, Louis se rendit, le 7 juin, avec Otton , roi de Germanie )au concile d'Ingelheim , et y fit de grandes plaintes contre les persécutions qu'il souffrait de la part de Hugues le Grand. L'excommunication , dont ce dernier fut frappé , s'il refusait de se soumettre à son souverain , ne l'empêcha pas de persévérer dans sa révolte jusqu'à l'an 960 , qu'il fit un traite' avec le roi.

L'an gSi , Louis marche en Auvergne avec une armée , pour réduire les seigneurs du pays révoltés contre Guillaume ïêted'Etoupe , qu'il leur avait donné pour comte. L'an 954, liouis, allant de Laon à Reims, oi^i il comptait faire sa résidence, rencontre un loup, le poursuit, est renversé de son cheval, et meurt à Reims de cette chute le 10 septembre ( Vaissète ). Telle fut la fin d'une vie d'environ trente-trois ans , et d'un règne de dix-huit ans et de trois mois moins neuf jours , mêlé de mille traverses. Louis avait épousé , comme on l'a dit , l'an 959 , Gebbf.rge , qui lui survécut au moins jusqii'en 968, et fut inhumée auprès de lui à S. Rémi de Reims. Il laissa de son mariage deux fils , Lothaire et Charles, qui lui restaient de cinq qu'il avait eus de cette princesse. Lothaire succéda seul à son père^ Charles ne partagea point avec lui , contre la coutume de ce tcms , tant à cause de son bas âge , que parce qu'il ne restait plus alors , au roi de France , presque aucune ville en propre, que Reims et Laon. Louis laissa aussi trois filles , Malhilde , femme de Conrad , roi d'Arles; Gerberge , femme d'Albert , comte de Verraandois , et Albcrade, mariée à Renaud, comte de Rouci.

Les années du règne de Louis d'Outremer se comptent ordinairement dans les diplômes, du 19 juin 926, jour de son couronnement. U se trouve aussi des chartes oii le commencement de son règne est pris du jour de la mort de son père , c'est-à-dire du 7 octobre 929 , et d'autres, où on le fixe à la mort du roi Raoul. Plusieurs chartes du Maçonnais ne le prennent que de l'an g58 j mais d'autres du même pays le placent en 9^6. Ce prince commençait l'année dans ses diplômes au a5 raars , ou bien à

Pâques ; témoin cette date d'uu privilège accorde par ce prince à Te'glise de Saint Merri de Paris : ^ciutn Lugduid Calvati Cal.

februarii anno Doin. Incarn. d. cccc xxxvi anno vrio

primo Ludovico Rege {Gall. Chr., T. VII, pp. col. 18 ). Louis d'Oulremer n'ayant commence' à régner qu'au mois de juin 956 , ce n'est qu'en 957 que le mois de fe'vner a pu se rencoutrer dans la première anne'e de son règne.

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