LOTHAIRE
g54« LoTHAiRE , fils de Louis d'Outremer et de Gerberge , sœur d'Otton I, ne' l'an 941 > associe' à son père , l'an tjSa , avec le consentement de la nation , ménage' par Hu^^nes le Grand , l'ut couronné par l'archevêque Artaud le 1 2 novtiubre 934 , à Saiut- Remi de Reims , où il fut salue des principaux seigneurs français , bourguignons et aquitains. Charles , son frère, centre l'usage, n'eut, comme on l'a dit, aucune part dans le rojauint, et dès lors commença à s'établir la loi qui adjuge la couronne a un seul prince du sang royal. Lothaire disposa des duchés do Bourgogne et d'Aquitaine en faveur de Hugues le Grand , à qui il était redevable de la royauté, jjar les soins qu'il se donna pour lui concilier les suffrages.
L'an 965 , dit la chron. de Tours , Lothaire, roi de France, étant parti pour Rome , J'fitt honorablement accueilli par les Romains qui l^élevèrent à la digniie^impériale. Cette anecdote, méconnue des historiens modernes , parait d'abord incroyable , d'autant plus que Jean XII, qui tenait alors le saint siège , avait couronné empereur Otton le Grand le 2 février de l'année précédente. Mais en réfléchissant sur le caractère perfide de ce pontife , on ne doit pas être surpris de la conduite que lui prête la chronique de Tours , et voici comment la chose s'explique. Après le départ d'Otton , le pape Jean XII offrit d'abord à Bérenger, roi d'Italie , de le couronner empereur. Mais celui-ci n'ayant osé accepter cet honneur ( car on ne voit pas qu'il ait elToclivement été couronné) , Jean , pour opposer les Français aux Saxons , appela le roi Lothaire qui , flatté de l'offre , vint en diligence recevoir la couronne impériale. Mais il parait qu'Olton l'engagea peu de tems après , soit de gré, soit de force , à renoncer à cette dignité.
L'an 966, Lothaire épouse la princesseE.MME, fille de Lothaire, roi d'Italie , et de la reine Adélaïde , mariée en secondes noces à l'empereur Otton. L'an 9-8 , Lothaire associe à la couronne Louis, son fils, âgé seulement de dix ans j et cela dans la craint que Charles, sou frère, étant lié avec Ottou II, qui l'avi''
crée duG^ de Lorraine l'anne'e pre'cédente , ne formât quelques desseins pre'judiciablcs à la monarchie française. La cëre'monie du couronnement de Louis se fit à Compiègne le 8 juin , suivant une charte-pancarte donne'e par ce prince en faveur de l'e'glise d'Orléans à Compiègne , anno Incarn. Dom. dcccc lxxviii , secundo regiœ ordinaticnis die, vi idus Jitnii {Arcliiv. de l'église d^ Orléans. )
Lothaire , indigne' que son frère se soit rendu le vassal du roi de Germanie , se remet en marche avec son arme'e vers la haute Lorraine , où il entre à l'imprévu , va droit à Aix-la-Chapelle avec tant de promptitude, qu'Otton , qui e'tait dans cette ville , et près de se mettre à table , eut à peine le teras de monter à cheval pour s'enfuir: cette surprise est des environs de la S. Jean. D'Aix. Lothaire arrive à Metz, où il reçoit le serment de fidélité' des Lorrains {Bouquet, T. X . p. 140 )• Otton ne tarda pas à prendre sa revanche. Au mois d'octobre suivant , il fait une irruption en France à la tête de soixante mille hommes, porte le fer ot le feu jusqu'aux portes de Paris ; mais bientôt il est obligé de se retirer. Lothaire et Hugues Capet le poursuivent jusqu'à Soissons ; il perd, dans sa retraite, la plus grande partie de son arrière-garde , qui est taillée en pièces , ou se noie au passage de la rivière d'Aisne. Lothaire ne sait point profiter de ses avantages. L'an 980, il fait à Reims (et non pas sur la rivière du Chier , qui sépare la Lorraine du Luxembourg ) , un traité avec Otton , par lequel il lui cède la Lorraine , pour la tenir en fief de la couronne de France; ainsi la souveraineté du ro\'aume de Lorraine demeurait à Lothaire , et le duché de la basse Lorraine , qui avait è(é donné, l'an 97Ô, à Charles , son frère, retournoilàsa disposition: il le céda aussi à Charles. Yoilà ce que dit Guillaume de Nangis ; en quoi il ne s'accorde point avec Sigebert. Selon ce dernier, Lothaire , par le traité qu'il conclut , renonça absolument à la Lorraine : Rex Lolharius Lotharingiani ahjjtrnt ; d'où il s'ensuit que ce fut Olton H qui confirma Charles dans le duché de Lorraine. Triais pour décider entre ces deux écrivains , il faudrait avoir le traité , et il n'eu reste aucun fragment.
L'an 982 , Lothaire se rencontrait en Auvergne , comme on le voit par la date de deux chartes. Le mariage du jeune prince Louis , son fils , qui alors épousa Blanche , fille d'un seigneur d'Auvergne , semble avoir été l'objet de ce voyage.
La paix conclue entre la France etla Germanie n'éiait rien moins que solide. L'an 984 , à la faveur des troubles que la minorité du roi Olton III avait fait naître en Allemagne, Lothaire entre «ne seconde fois à main armée dans la Lorraine é dessein de
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la recouvrer. II fait le siège de Verdun , que le comte Godcfroi l'ancien l'oblige de lever. Mais il bat ensuite ce comte , qui s'était nus à sa poursuite, et le fait prisonnier avec Sit^efroi, son oncle, et d'autres seigneurs. Verdun , alors prive' de son chef, ouvre ses portes au vaintjueur (Voj. les comtes de Verdun). L'an 985, Lofhaire passe la Loire, soit pour secourir Borel, comte de Barcelonne , conlro les Sarrasins , soit pour ramener son fils que Blanche ; son épouse , qui ue l'aimait point, avait engagé d'aller avec elle voir ses parents et qu'elle aviit ensuite abandonné sur la route j.our se retirer chez eux. Loihaire meurt peu de lems après son retour en France, le 2 mars 986, dans la trente-deuxième année de son règne depuis la mon de son père , et dans la quarante-cinquième de son àjje. 11 est enterré à S. Rémi de Reims. Ce prince recommanda en ri;Oiirant son HIs Louis à Hugues Capet : c'était le seul qui lui reslàt de son mariage : il av.Tit perdu deux autres fils , Otton, dont il st fait mention dans le psautier de la reine sa mère , et Hugues dont on voit la signature à la suite du roi. son père, dans un diplôme daté de la x« année de ce monarque ( 964 de J-C. ) , par lequel il donne à l'abbaje de S.-C)pricn de l'oiliers le village de Saleignes , dans la viguerie de lîriou {Aichiv.de S. Cj'i>iien). Si C(* fils était légitime , ce que nous nep^uvons assurer, il faudrait avancer de plusieurs aimées le mariage de r.olliaire , que le p. Anselme place en 966. Nous sommes plus certains de l'illégitimité d'Arnoul , fils de Lolliaire, qui devint archevêque de Reims. Ou croit que ce monarque fut empoisonné par la reine, sa femme. Cette pr.ncesse , du vivant de son mari, s'était déshonorée par ses privautés avec Adalberon , évêque de Laon. Loihaire avait de la bravoure, de l'activité, de l'adresse ù manier les esprits, de grandes vues , de la suite et de la méthode dans ses desseins. Mais il man([ua d'exactitude à tenir sa parole* et par une circonstance naturelle , il soutint mal ce qu'il avait sagement entrepris.
Le commencement du règne de Lothaire est marqué de quatre el même de cinq manières différentes dans les chartes. Le plus grand nombre le rapportent au 12 novembre 954, qui est le jour de sou couronnement; quelques-unes le fixent au losep- ' tcmbre de la même année. Plusieurs, et sur-.'oul celles qui ont été dressées en Languedoc , le font concourir avec le commencement de 955 ; d'autres l'avancent sur celles ci d'une année entière. On en voit enfin, qui le lient avec l'exp 'dilion du père de Lothaire dans l'Auvergne en 95 1 . Louis d'Oui rcmcr, à cequ'oa croit, étant alors tombé dangereusement malade , ordonna que sou fils fût couronné. Ou voit mêmç des chartes du Maçonnais V. 6a
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qui lui donnent jusqu'à trente-six années de règne, et qui par éouscquent font commencer son association à l'an g5o. Lothaire prend le titre d'auguste dans plusieurs de ses diplômes. Il est le premier de nos rois de la IP race dont le sceau soit de figure l'ondc. Ceux de ses prdde'ccsseurs , depuis Pépin, e'iaicnt de figure ovale.