‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 403 sur 416 · VIL ROBERT L'ANGEVIN · texte numérisé non relu

VIL ROBERT L'ANGEVIN

Robert le Fort et Robert i/Angïyin éUit le même homme.

Capct et d'Adélaïde, e'Ieve par le fameux Gerbert dins l'école de Reims, couronne, i°, à Orléans le i janvier 986^ 2", l'an 991, à Remis , après l'emprisonnement de Charles de Lorraine , succéda , l'an 996, à son père. Il était marie depuis l'an 995 , avec Berthe, veuve d'Eudes , comte de Blois. Berthe était sa cousine issue de germain, étant fille de Conrad, roi de Bourgogne, et de Mathilde , sœur de Lothaire . roi de France, dont la mère, Gerberge, était sœur d'Halwige , aieule de Robert. Ce prince avait de plus contracte' une affinité' spirituelle avec Berthe , dont il avait tenu un des enfants sur les fonts de baptême. Ces deux raisons , suivant la discipline du lems , s'opposaient à leur mariage. M. de S. Marc prétend que Robert aj aut assemble' les e'vèques de son royaume, pour les consulter sur cette difficulté, tous furent d'avis de lui accorder la dispense dont il avait besoin : dispense d'autant plus légitime, dit cet écrivain, qu'elle e'tait fondée sur la raison d'état, attendu que les enfants qui naîtraient de ce mariage pourraient succéder au royaume de Bourgogne , Rodolphe le fainéant , oncle de la princesse , n'en ayant point. Mais on n'aperçoit dans l'histoire aucune trace de cette assemblée , ni de cette prétendue dispense. D'ailleurs Eudes avait eu de Berthe quatre fils , dont trois encore vivants , auraient très-légitimement disputé la succession de Rodolj^he , leur grand-oncle , aux enfmfs de Robert et de Berthe ( Voy. les comles de Blois. ). Il est vrai qu'Abbon, abbé de Fleuri, fut le seul en France qui osa se déclarer ouvertement contre cette alliance. Sur ses plaintes , elle fut déclarée nulle , dans un concile que le pape Grégoire V tint à R.ome l'an 99B. Robert, ayant refusé de déférer au

Robert avait porté d'abord le nom de Fort , à cause de sa valeur. Ce fut, suivant Albéric de Trois- Fontaines , la raison qui lui fit donner la commission de défendre les bords de la Lou'c contre les Normands , tauquam vivo forli. Il fut nommé l'Angevin , à cause du gouvernement de l'Anjou , qui lui fut donné l'an 8G4. Ceux qui veulent distinguer Vyingevin et le Fort , sont obligés de convenir que le Forl périt à la bataille de Brisserte , l'an 8GG , qui est celle où fut tué V Angevin. La chronique de Strozzi n'eu fait qu'un seul et même homme , qui fut père des rois Eudes et; R.obert : Hiduofralres,sciUcet Odo et Roberlus fnenuit fJU Roherti Forlis , marchionls , comilis Andegavornm , qui fuit Saxonici geneiis , quem supra memoravlmits occisuni à A^orinannis ( Bouquet , T. X , p. 275. ).

Robert était un prince de race royale. Des auteurs graves y. 65

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décret de celte asscmble'e , fut excommunie' par le pape , et son royaume mis en interdit : on n'avait encore rien vu de semblable en France ; l'excommunication fit un tel elTet , que Robert se vit abandonné de tout le monde. Denx seuls domestiques , suivant Pierre de Damien, auteur, à la vérité', peu sûr , lui restèrent ^ mais ils avaient soin , dit-il , de purifier par le feu tout ce qu'il avait touche'. Robert effraye' de cette de'sertion , prit enfin le parti de renvoyer Berthe , la même anne'e , ainsi que le prouve D. Vaissèle, et non pas au bout de trois ans , comme le marquent la plupart des modernes. Peu de tems après, il épousa en 9^8 (Yoy. T. II. p. 992.), Co.NSTA^CE , fille de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse, la plus belle , et l'une des plus mccliantes femmes de son siècle ( Yaissète. ). L'arrivée de cette princesse introduisit en France des mœurs e'ti-angèrcs , qui n'y e'taient point connues jusqu'alors. » Lorsque le roi Pvobert , dit un ancien clironi- » queur, eut pris pour femme en Aquitaine, la reine Cons- » tance , on vit la France et la Bourgogne inonde'es d'une » nouvelle espèce de gens, les plus vains et les plus le'gers » de tous les hommes. Leur façon de vivre , leur habillement, » leur armure , les harnais de leurs chevaux , e'tgient e'ga- » lement bizarres ; vrais histrions , dont le menton rase' , les » hauts-de-chausses , les bottines ridicules , et tout l'extérieur » mal compose' annonçait le dérèglement de leur âme; hommes )) sans foi, sans loi, sans pudeur, dont les contagieux exem- » pies corrompirent la nation française autrefois si de'cente ,

l'annoncent clairement. L'auteur de la vie et de la translation de S.nnt-Genoul , en parlant du mariage de Piobert avec Agane , dit : Qui Robertits ad suce uobilitalis excellenliam regalis eti'am stemmatis per sororetn adepiiis erat convoi lia : quant isdem Domtius Pippinus uxovem duxit ( Bouquet, T. ^I," p. 55o. ).

Agane fut sa première femme ; la seconde fut Ade'laïde , fille de l'empereur Louis-le-Dèbonnairc , et veuve de Conrad I , comte d'Auxerre ( Bouquet , T. VIL, p. 24C). ).

Celui qui a e'crit la vie de Saint- Jacques l'hermite , dit formellement que Pxobert était de race royale : Robertus siquidem Saxiaci ( Saisseau ) vici et circumjacenlis regionis dominus , -vir polens et nobilis , ex regum Francorum génère ortus erat ( Eouquet , ï. VII , jî. 582.).

Robert était frère d'Ingeltrude et beau-frcre de Pépin I, roi

» et la pi'e'cipitèrent dans toute sorte de débauches et de nie- » chancete' » (" Ixadulp. Glaber. ).

L'an 1O02 fut le commencement d'une longue guerre que Robert eut avec Otie Guillaume , pour le duchc de Bnurgogne, auquel ils prétendirent l'un et l'autre , après la mort du duc Henri le Grand. Robert à la lin resta maître , l'an ioi5, de ce duché', dont il investit Henri, son deuxième fils (Voy. les ducs de Bourgogne.). La raison d'état obligea Robert, l'an 1006, de marcher avec Richard, duc de ÎNormandie , au secours de Baudouin le Barbu, comte de Flandre, son vassal, attaque' par Henri H, roi de Germanie , qu'ils contraigin'rcnt de se retirer (Voy. Baudouin le Barbu.]. Robert et Henri s'eslimaient re'ciproquement. L'an 1007, le second c'tant venu à Paris , fait la paix avec le roi de France , par la médiation de Notker , évêque de Liège ( Voy. les és>eques de Liège. ). L'an Toig, et non 1021, Robert se met en marche pour Rome ( Vaisscle. ). On ignore l'objet de ce voyage ; mais comme Berthe , sa première femme, le suivit de près, quelques-uns soupçonnent qu'ils e'taient convenus de se rendre ensemble auprès du pape Benoit VIII, pour faire réhabiliter leur mariage , et casser le second , dont Robert n'avait pas lieu d'è(re content. Celle conjecture a d'autant moins de vraisemblance , que deux ans auparavant ( l'an ici 7 ), Robert, à l'instigation de la reine Constance, et contre l'avis des grands du royaume, avait associe' au trône Hugues , son fils aîné , qui n'avait encore que 10 ans , et l'avait fait couronner à Compiègne le C)juin, fête de la Pentecôte {Rad. Glab.).

d'Aquitaine. 1° Suivant l'auteur cité de la vie de Saint-Genoul ^ Pcpin avait épousé la sœur de Robert : Regalis etiam slewluatis per sororem adeplus erat consorlia , quam isdeni Domitais Pippiiuis uxorem duxil. 2° Tous les historiens s'accordent à dire que Robert occupa les premières dignités à la cour de Pépin, son beau-frère, et qu'il soutint le parti de Pépin II , son neveu , contre le roi Charlcs-le-Chauve.

Robert était donc fils de Théotbert. En effet, si Robert était de race royale, comme le dit l'auteur de la vie de Saint-Jacques; s'il était frère de la reine Ingellrude, comme il est prouvé par l'histoire de la translation de Saint-Genoul; s'il élait bcau-frere du Roi Pépin I, et qu'il ait pris la défense de Pépin II , son neveu, contre le roi Charles le Chauve; il était ncccssairemeiit fils de Théolberl , comte de Madrie.

5oo cll^o^'OL0CIE historique

Le Manichéisme, proscrit de l'Orient par les e'dits sanglants des empereurs grecs , s'e'lait re'pandu sourdement en difFe'rentes contrées de l'Occident. L'an 1022 . tandis que la cour de France se'journait à Orléans , on de'couvrit des personnes, de l'un et de l'autre sexes, infectc'es de celte hérésie, à la tète desquelles était le confesseur de la reine. Ptobert , ayant aussitôt assemble' , dans celte ville , un concile , fait condamner au feu les chefs de ces sectaires : premier exemple de la peine de mort de'cerne'e en France pour crime d'hérésie (Voy. les Conciles. ).

L'an 1025 , tout étant paisible au dedans et au dehors da royaume , Henri II , pour lors empereur , et Pvobert , pour prévenir tout sujet de rupture , conviennent d'une entrevue sur les bords de la Meuse à l'endroit ou le Chiers se jette dans cette rivière , près d'Yvoi dans le Luxembourg. C'était dans des bateaux qui partiraient en même tems des rives opposées , qu'on devait s'aboucher. L'empereur trancha les difficultés du cérémonial en passant tout-à-coup du côté du monarque français qu'il alla surprendre agréablement dans sa tente. Ils renouvelèrent leur traité d'alliance , et se quittèrent après s'être mutuellement donné toutes les marques de l'estime et de l'amitié la plus sincère. Robert , à son retour, éprouva un désagrérncrit domestique, qui lui fut d'autant plus sensible qu'il aimait plus tendrement sa famille. Le jeune roi Hugues , irrité des mauvais traitenients de sa mère , se déroba secrètement de la cour, et s'étant joint à des seigneurs de sou âge , il alla faire le dégât sur les terres du domaine royal, et sur celles qui l'avoisinaient. Guillaume Talvas , comte du Perche, l'ayant surpris sur les siennes^ le fit prisonnier, et

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