‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 412 sur 416 · DUCS HEREDITAIRE · texte numérisé non relu

DUCS HEREDITAIRE

^ de BoIL^p'op^^e.

® Hugues le Grand. Q Robert tufe d&f Ihie^^

j I V 3^. . . mamee a Ursion .

I ^ Théodonc. vivaù en $$S .

h Riclulde , ^iffie d' Charles le Chauve.

BOSOX,^;'7//rr dAiitun et lie i de iPreveitce en S'^a , fntfr-t en 888, J/ ipauifa Ermenc^arde .

^ \i\^<Àh<dV^ç ,^/ianeee en d-rS a CarJoniau.,yî'/^At' mariée a Guillaume le Pieux, Cernàe d'Auvcrtfne .

IBCCSde I BlCffAi

LOUIS L'AVLCGLE, A'/^

Frevetiec, en Sqo .F?fipere^4r en ^ee. mert c-n 028 ■ fl avait ^auwv Edo'xve^/ivii- (/'Edouard-.

l Ancien Rot d'À/uileterre.

trjTAnvn& constastvv . Cnnt?

de ^'lè/iMe. znthiét encere en QÔ'S.

Il ^ows-'a Teutborp-e.

BOURGOGNE ffARD, Dne de Bjuraaofie ^(hrnte diiiUitn , mert pt^h*

5 BT.nni^RT n. Comte de Fer- Tnandoup, ^nt^a Hïlttpbrante et Tncuinit en^o^^.

^'étPianél fa ifeeende ûimaj^ie de^ Jiei,e de ALSEET LE Pmv^. centmua ^^^,^ ^^-^^^^ ^ ^^^^^ ^^ ^^ ^ ^^^^ ^^ la hanee deo' Cemtea de Ver- TrumdûTtf.

LOUIS Vdit /*'Fameaiir,r^^«„wRLuiclie et mmiritt en ,08" , ù-'onJ' pet^térité . Sn kù

itiarlema^fne la^ue/Ie a reanesZSa/hfenl^^f^-^

Jtûi de/rartee, m. 1026 ' y:i^^^l.Iiûi de I^^ance.mart ert 2efo.

a Huiles le CrrsLSïA.dtiœ dr Temiandoic, érr A*leiaide de Vennaudois en Jiez-

' PHILIPPE I. lï^i de Franee, mvrt en uo$ y/^.Berte, et a eem/mvé & 3^ race .

B Ricbaixl.r. tf.^. ^ t^pert.

© nâTTOA'^, {arnie de funne.

m oiRARn,(^T/tte de lïc/tne .

V Ehemiettc , ifui ptn'ta en dot le CenUr de t'uvine a Guillfiume le Grand , />ue de Source- ^ne . (7>uAed.\

Bozou, tite au tne^e de S^Quenfin. en ^38.

^Hugues leNiur.

^War^pns et Due de Boufyoane j mert en ^e^w Raoïd . DuedeBeifTavcpte, pjde dtet de France, m . en o^â.

BRMEÎVO.UUyE . épûU-

tTa tTislebert ,I>ac de Bôur^ijûifne, ntert vers l'an ^Sô.

iKA^ia^iài^ ^f^ de Lambert Ihmte de {Tialene .

V WVrre ,^ ^mme de Robert de Vof^mandoite .

V Leulp'ard,^/&;ï?w ^ Ottoa /hjc de BeiiTûOijne .

SIRES de BOURBON.

yrvELO.V a. mert vcr^ Syâ.

ÉI Thenc , mvatt vcr^ e^oe .

ttnr.ALdS ou AtMAR.Jifndetteier

de^youtu^ni en ^11 . Il avait epoiucc Erineii£*aA'de.

Arc 11 amo an d

Dacbert ^^^.^.Adelaide ^ ^,^^y hien/ititenr de

oS8.ép.

oouvz^a Aides mde .

HsHuuibert. B Anceamue ,

b Ebïes. dard ^ont ie '

Anuoin . j^e leé'Se^^

Gérard. dJ'Bourlïon-

Lanci, é'ehn.

du Bciwhet

ARC^A^TBAl'D J, lien/ïuteu7^ de

l'Ahbaz/e de Deel'}'. mvaiten^â^.

Il epeusa Ro tilde .

ARCHAMIUUV n. donne fSefH^e de Sf^Maitnce a Soum^ni. vwait en toi8,Jl ^otiea Ermene^-arde de StJ^f

S Guîcbai'd .

H Gérard, Seupi^ deJ^e^itbiçen É Anuon, ArcÂcveipie de 3ûia^tf&f , en Jo3c .

ARCffAMBACrv HT, mort tyenfwé4, époitea i^ De aura te , dent un

^ûn^e4a^^oir Pûur lu troi^éntelh/na.HÙ. leTa^mu deiûé mz Jî^i (^u'en a ^e^Pyre MT de%2LYixiM!i3x?, en /Sir

J^ota. CeTaèleatt ilnt élre pli^e Tame V.Fa^e ÔjZ, mSe cl T tt P m- 4/".

former oppcsiticu. TU sacre dii roi ^ mais la cérémonie e'tait achevée loij([ucles dépulés arrivèrent. Bertradc, maraîrc tic Louis, qu'elle avait persécute du vivant du roi son père, jusqu'à l'obliger d'aller chercher un asile à Londres en l'an i loo , et. jusqu'à lui faire donner, à son retour, un poison dont il ne guérit jamais parfaitement , renouvela contre lui ses fureurs, lorsqu'elle le vit élevé sur le trône. Elle lui suscita pour concurrent Philippe de Manies, son fils, et mit dans les intérêts de celui-ci plusieurs seigneurs des environs de Paris. Ces conjurés s'élant révoltés presque tous à îa fois , donnèrent pendant près de dix ans de l'exercice à la va'eur de Louis , et furent tous àlafin terrassés ( Voj. les romles de Blois , les sires de Montfoit, de Bpaugenci , de Moiulhéri , de Coiici , et les comtes de Coi //cil). Dans le cours de ces guerres , Henri I, roi d'Angleterre, f*)ujours attentif à profiler des occasions de s'agrandir, relira le château de Gisors des m.-;ins du clievalier Payen , à qui les deux monarques l'avaient remis en séquestre , et y fit ajouter de nouvelles fortifications. TiCuis , oJiensé de cette mauvaise foi , somma , l'an i lOQ , le roi d'Angleterre de faire démolir la place, et sur son refus , il marcha contre lui. Les deux armées étant en présence à Néanfle , des deux côtés de la rivière d'Epte , Louis fait proposer à Henri de vider leur diff rent par un combat singulier de roi à roi, pour é])argner le ssua^ de leurs sujets. L'anglais, loin d'accepter le défi, n'y répond que par une raillerie. On en vient à une bataille, où il est défait, et obligé de prendre la fuite. L'an iiii , les Français entrent en Normandie, et y font la guerre avec différents succès. Elle continue avec heaucoup d'acharnement pendant l'eipace d'environ huit ans , et n'est guère interrompue que par une paix momeutanée, conclue à Gisors l'an iiio , qui donne à peine aux peuples fatigués le tems de reprendre haleine.

Louis le Gros avait été fiancé, l'an 1104, par son père , à Lucienne, fille de Gui le Rouge, sire de Rochefort, avant qu'elle lut nubile , ante nubiles annos , dit Suger. Mais les grands, ajcule-t-il , jugeant cette alliance trop disproportionnée, la fireiit dissoudre ( l'an 1107 ) au concile de Troycs. Louis ne se liâla pas d'en contracter une autre j il attendit plusieurs années , par des raisons qu'on ignore, pour s'y déterminer. Enfin , parmi les princesses qui lui furent proposées , il choisit Alix ou Adélaïde, fille de Humbert II , comte de Mauricnne ou de Savoie, et de Gisèle de Bourgogne , et l'épousa. L'époque de ce mariage est fixée par une charte de Louis, donnée l'an 1120, la treizième année de son règne, et la sixième de la reine Adélaïde ( Gnll. Christ. , T. XII , pr. coll. 25 , 24. chartd xnî. ). Cette princesse a donc commencé à devenir reine l'an i ii5, puisque

5l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

la sixième année de son règne se trouve jointe à la treizième du l'ègne de son époux, commence au 5 août iic8, ou. si l'on veut, au 2C) juillet précédent. On trouve encore, dans plusieurs autres cliartes , les anue'es du commencement du règne d'Adolaïde , jointes à celles du roi Louis ; ce qui n'avait point été pratique' par les rois ses prédécesieurs.

L'an 1 1 16, la guerre se rallume entre les rois Louis et Henri , qui font de part et d'aulre de grands ravages. S'élant rencontrés , l'an 1119, près du cliàtean de Noyon , dans le Vexin, ils en viennent aux mains , le 20 août, dans la plaine de Brenneviile Les Français, après avoir eu d'abord l'avantage, sont mis en déroute ; mais la perle fut très-peu considérable. Il n'y eut , des deux côtés , suivant Ordcric \ ilai , que trois chevaliers de tués , sur go o qu'ils étaient en tout; ce qui n'est pas , au reste , surprenant. Couverls de fer de la tête aux pieds, ces guerriers étaient comme autant de citadelles mouvantes , impénétrables aux traits. D'ailleurs, comme l'observe le même écrivain , les liaisons qui étaient entre les chevaliers de l'un et de l'autre partis, faisaient qu'ils s'éj)argnaient réciproquement, et visaient moins à s'entrelucr , qu'a faire des pri^onniers, afin d'eu obtenir de fortes rançons. 11 y eu eut, dit Ordéric , i4o de pris par les IS'crmands, et un seul par les Français. On assure , dit une ancienne chronique , que Louis le Gros courut risque luimême d'être fait prisonnier par un soldat anglais j lequel , ayant saisi la bride de son cheval, s'écria : Le roi est ptis. Mais Louis, ajoute-t-on, lui déchargeant en même-tems un coup de cimeterre sur la tête, l'étendit à ses pieds , en disant : Apprends <juon ne prend jamais le roi, pas même aux échecs. Cette aventure, dit Mézerai, fut le sujet d'une médaille qu'on fit graver, avec cette inscription tirée de Virgile : Ncc capli po^ tiiere capi. Ce qu'il y a de plus certain, c'est que Louis, s'étant e'garé dans une forêt en fuyant , fut obligé de se confier à un paysan , qui le ramena , sans le connaître, à Andeli , dont Enguerrand de Chaumont avait fait, quelque lems auparavant, la conquête pour ce monarque. Sugcr dit que la défaite des Français, à Brenneville, n'empêcha pas Louis d'assiéger la forte place d'Yvri , qu'il emjîorta ; mais , pour l'accorder avec Ordéric \ ital , il faut ajouter que ce fut avec une nouvelle armée qu'il fit venir en diligence, et qui, étant composée de pavsans , fut amenée par les curés de chaque parois-se avec leurs bannières. D'Yvri, le roi vint se présenter devant Breteuil.. Mais Raoul le Breton, qui commandait dans la place, loin de s'effrayer, en lit ouvrir toutes les portes , et marcha hardiment à l'ennemi.

TES ROIS DE FKANCE. 5l5

On combattit à la fois aux trois portes , où les Français furent e'i^alcmeut repousses ( Orde'ric , p. 856. ). Los hostilités- cessèrent au mois de novembre de la même année , par les soins du pape Callisfe II , qui, de Reims , après le concile qu'il y avait tenu , s'e'tait rendu en Normandie. Mais lapais, qu'il re'tablit ne fut point durable. Deux ans après la guerre recommence. Henri fait le de'gàt sur les terres de France , pour se venger de Louis , qui soutenait les seigneurs ligues en faveur du prince Guillauiuo Cliton, fils de Robert et neveu de Henri : Guillaume revendiquait le duché' de Normandie, dont son père avait été' de'pouillé ])ar Henri , qui le retenait prisonnier depuis plusieurs auue'es. Ijonis , vers l'an 1 12 J, de'pouillé avec plus de justice , les armes à la main , Piiilip[>e , son frère consanguin , du comte' de Mantes, qu'il avait mérite de perdre, par une nouvelle révolte. Aprèd l'avoir garde l'espace de qu.iranle ans , Louis le donna en dot à la sœur de la reine Adélaïde , en la mariant à Guillaume Cliton.

L'an ii24> 'g roi d'.Vngleterre, attentif à susciter des ennemis à la France, engage l'empereur Henri V à venger, sur la vi!le de Reims , l'atlront qiri! y avait reçu en 1119, dans le concile «p.ii l'avait excommunie'. Le monarque allemand , dans ce dessein , conduit son arme'e vers les frontières de la Champagne. Mais les grands vassaux du royaunie , au bruit de la marche des Impériaux , s'e'tant rassembles promptement avec leurs troupes, au nombre de plus de deux cent mille hommes autour du roi , volent à l'ennemi dans le niois d'août de la même anne'e, et l'obligent à rebrousser chemin avec plus de diligence qu'il n'était venu. C'est à l'occasion de cette expédition, qu'on voit , pour la première fois , dans notre histoire , le roi de France aller prendre, sur l'autel de Saint-]')enis , l'e'tendard appc'é orillâ^nme • espèce de bannière de couleur rouge , fendue par en bas , et suspendue au bout d'une lance dore'e. Les comtes du Vexin , comme avoués de l'abbaye, le portaient à la guerre ; et ce fut en cette qualité que Louis le porta, comme étant en leur place, depuis l'acquisition ou la conquête que le roi, son père, avait faite de ce comté. La retraite honteuse de l'empereur détermina le roi dAngleterre à faire de nouveau la paix avec le roi de France ( Il l'avait rompue pendant l'éloignsment de Louis , dont il avait profité pour tenter , mais sans succès , l'invasion du Vexin français.). L'an 1 126 , Louis passe en Auvergne avec une armée , pour venger l'évèque de Clermont , vexé par le comte Guillaume VL C'était la deuxième fois qu'il marchait pour le même sujet contre ce comte, qui se soumit enfin, et promit , avec le duc d'Aquitaine ■, sou protecteur et sou suze-

5l6 CKKONOl.OGIF. ÎÎIilORlQlJE

rain, d'en pas5;erpar le jugernciil de la cour du roi ( T'^oj. Guillaïune IX , duc d' Acjiiitainc).

L'an 1127, Louis prend le parti des chanoines de la cathrdrale de Paris, contre leur évèqne, Etienne de Senlis , au sujet d'une prébende de leur église , que ce pre'lat voulait unir , sans leur consentement , à l'abbaye de Saint-Yictor. Etienne persistant dans son dessein , le roi le punit de sa re'sistance , par la saisie de son temporel. L'évèffue , par repre'sailles , jette un interdit sur les terres du roi, et prend la fuite. Tandis qu'il iute'ressc dans sa querelle son archevêque et ses comprovinciaux , tandis qu'il emploie pour sa deTcnse la plume e'Ioquenle de saint Bernard , le roi travaille à mettre de son côte' le pape Honorius II , et son successeur Innocent If. Le premier leva la censure fiilmine'e par l'e'vêque de Paris j et le second , après quatre ans de troubles, termina l'affaire par un tempe'rament digne de la sagesse de ce pontife , en demandant lui-même au chapitre de rc'glise de Paris, la prébende pour lc5 V^ictorins. Elle fut accordée avec le consentement tacite du monarque ; et de cette manière, Innocent sauva en niême-tems l'honneur de la majesté' royale, et les libertés eccle'siastiques , que l'on croyait violées , par l'opposition de Louis à la collation du prélat {Ilist. Liu. de la Fi. , T. XI, p. 669.). Charles le Bon e'tant mort tragiquement dans ces entrefaites ( le 22 mars 1127 ) ■> ^^^^ laisser de poste'rite', Louis se transporta sur les 'ieux pour venger cet attentat , dont il punit sévèrement les auteurs et les complices , et exerça son droit de suzerain sur le comte' vacant , en l'adjugeant à Guillaume Cliton, poui' le de'domrnager do la perte de la JNorm nulie ( Voy. les comtes de Flandre. ).

La France, de tems immémorial , était l'asile le plus ordinaire et le plus sûr des papes pcrse'cute's. L'an 1 1 5o , Innocent II, chasse' de Rome par Anaclet , son compe'titeur , vint se jeter entre les bras de Louis. Le monarque, à son arrive'e, convoqua, dans le mois d'avril , une assemblc'e à Etampes , pour décider lequel des deux conteudants e'tait le ve'ritable chef de l'église, saint Bernard se déclara pour Innocent 5 et son avis ayant prévalu, Louis envoie de sa part l'abbe' Snger , complimenter ce pontife, qui attendait sa de'cision à Cluui, et va lui-même en- .suite, accompagne du jeune Philippe, le trouver à l'abbaye de Saint-Bonoit-sur-Loire, où il s'était transporte'. Pendant le séjour qu'Innocent fit en France, Louis perdit , le i.3 octobre ii5i , par un accident funeste , Philippe, son fils aîné, qu'il avait fait sacrer à Reims, le jour de Pâques ( 14 avril ) de l'an 1129 , à l'âge de i3 ans j il était né le 29 aoîit 1116. Pour remplir le vide qu'il laissait par sa mort, le monarque, 12 jours après cet

BES r.OIS DE FRANCE. Si/

e'vc'ncnipnl, fit couronner, par le pape , Louis, son second iils , au concile tic Reims.

Des plaintes fVeqncnles , portées au pied du trône , contre les Lrignndac;es qu'exerçait autour de son château le seigneur de Saint-l>rissonsur-£>oire , déterminèrent Louis le Gros, l'an i »55, à venir l'assie'gcr dans celte place. L'avant emportée d'assaut, non sans de grands eiïorts , il la re'duisit en cendres, pour assurer la tranqtiiîlite' du pays. Mais les faligues qu'il essuya dans cette expédition , lui causèrent une dvssenlerie à son retour, relie maladie l'ayant conduit aux portes de la mort, il remit les rênes du gouvernement à Louis, son fils , pour ne plus s'occuper que de l'cternile'. 11 en revint cependant , contre toute espérance • mais ce fut pour languir Tespace d'environ deux ans , ])endant lesquels il partagea ses soins entre les affaires publiques, qu'il n'avait pas entièrement abandonne'es , et celles de sa conscience. Enfin, le mal s'ëtant renouvelé, il y succomba, le i août de l'an 1157. Rien de plus édifiant que les circonstances de sa mort, raconle'es par Suger. De tous les rois de France, il n'en est peut-être point dont la vie ait ete' plus active que la sienne. « Louis le Gros , dit le P. d'Orle'ans , e'tail presque tou- » jours en campagne , ou pour réprimer la re'volle de quelque » prince, ou pour punir l'injustice de quelque particulier. « Il laissa en mourant , d'Adélaïde , six fils et une fille ; Louis , qui lui succe'da ; Henri, moine de Clairvaux, ensuite e'vêque de Beauvais, et enfin archevêque de Reims; Piobert , chef de la branche royale de Dreux* Pierre de Courtenai , qui a eu des descendants mâles jusqu'à notre tems ; Philippe , marie' d'abord à une des filles de Thibaut, comte de Champagne (on ne dit pas laquelle ) , puis sépare' d'elle , l'an 1 1 40 , au plutôt par Samson , archevêque de Fieims , pour cause de parente' ; archidiacre ensuite de l'e'glise de Paris , cpii eut la ge'ne'rosile' de ce'der à Pierre Lombard , l'e'vêchê de Paris , auquel il avait été' nommé, et mourut doyen de Tours , en 1161 ; Hugues , dont l'histoire ne nous apprend rien , et qui fut An'aisemblabiement ce fils que I-ouis et son épouse consacrèrent à Dieu , dans l'abbaye de Tiron ( Hist. Lilt. de la Fr. , T. XI , p. 665. ) ; et Constance , qui e'pousa , 1°, l'an 1140, Eustache, comte de Boulogue , fils d'Etienne, roi d'Angleterre; oP , Raimond V, comte de Toulouse , duc de Narbonne. Louis le Gros , outre ces enfants , eut encore une fille , nommée Isabelle, qui , dès l'an 1119 , était mariée à Guillaume , seigneur de Chaumont , en Vexin , puisqu'Ordéric Vital (p. 867 ), parlant de lui sur cette année, le qualifie gendre du roi : Tune Guillelmiis de Cah'o-wonle , ditil , gêner régis , etc. Mais la difficulté est de savoir quelle était la mère d'isabclle. Ce ne pouvait être la reine Adélaïde , puisque

5l8 CHRONOLOGIE HiSTORIQDE

Louis ne l'avait épousée qu'en iii5? Serait-ce Lucienne Je Rocliefort? Mais en 1104, lors de ses fia^railles avec Louis, elle n'e'tait point encore nubile , comme Talteste Suger; et, l'an 1107, celle alliance imparfaite fut rompue, sans qu'il paraisse que Louis eût auparavant eu commerce avec Lucienne. Quoi qu'il en soit, Isabelle vivait encore eu 1 1 75 ; nous en avons li preuve dans la charte d'une fondation qu'elle fît celle anne'e à l'abbaye de Saint-Père en Vallée de Chartres : Pro anima , dit-elle, Lugdoi'îci patris mei, régis serjnissimi Francorum... et pro sainte fîHonim meorum. De ces enfants , l'un s'appelait Louis, qui signa cet acte avec sa mère {Cariul de Saint-Père en Vallée, p. 194 , ù la Bihl. du Roi. ). La reine Adélaïde se i^miaria à Mathieu de Monlmorenci , connétable de France. Elle mourut en i 164 , et fut inhumée à l'abbaye de Montmartre, qu'elle avait fondée en 1 133 , et 011 elle passa les dernières années de sa vie.

Les années du règne de Louis le Gros sont comptées dans les chartes , tantôt de l'an 1099, °^^ ^^ ''' ^'^ ^^ '*^9^ 5 tantôt du 3 août 1 108. Depuis l'an 1 1 15, il joignait assez souvent, comme on l'a dit , aux années de son règne celles du règne de sa femme. Il y ajouta celles de ses deux fils , Philippe et Louis, lorsqu'il les eut fait sacrer.

C'est à ce prince qu'on rapporte l'établissement des communes , c'est-à-dire des associations de bourgeois d'une uième ville oa d'un même bourg en corps de communauté sous un maire et des échcvins qu'ils se choisissaient pour défendre la liberté qu'ih avaient achetée de leurs seigneurs , dont ils étaient auparavant les serfs , juger les différents qu'ils avaient enlr'eux, et maintenir la police dont ils étaient convenus. Chaque paroisse ainsi affi'anchie sous certaines réserves marchait à la guerre pour le service du roi sous la bannière de son saint.

Une autre institution de Louis le Gros , qui ne servit pas moins à étendre l'antorilé royale et à restreindre celle des barons , ce furent les bourgeoisies. Ceux à qui le roi les accordait, ne formaient pas entre eux dans la même ville un corps municipal ; mais affranchis de la justice de leurs seigneurs, ils ressortissaienfc nûmeut à celle des officiers royaux tant au civil qu'au criminel.

On ne connait point de plus anciennes lettres de Cotnmittiinus, que celles que Louis le Gros donna le 12 avril ii2o, en faveur de l'abbaye de Tiron. On a vainement soupçonné celte pièce de supposition ; elle existe en original , munie du sceau royal , et revêtue de tous les autres caractères qui peuvent en assurer l'authenticité. On peut en voir la copie dans le Galiia Lhrisdana (T. Vlil, pr, p. 520. ).

Sous le règne de ce monarque , les Français portaient des liaMts traînants, serres par le corps , avec de larges manches qui couvraient les mains j leurs souliers, nommes Plgaces , et depuis souliers à la poiilaine , finissaient en pointes longues d'un et de deux pieds, taiilàl directes, tantôt recourbées. Cette mode, inventée par Foulques le Ke'cliin, comte d'Anjou, subsista jusqu'à Charles \ . Les laïques portaient les cheveux longs , usage contre lequel plusieurs cvèques , fondas snr S. Paul malentendu, s'elevèrent, jusqu'à le traiter de pêche' contre nature.

Des écrivains modernes reprochent à Louis le Gros d'avoir manque' de politique. Cependant il est le premier de nos rois qui ait connu le vrai système de la royauté'. Ceux de ses successeurs qui ont eu des lumières n'ont fait que marcher sur la route qu'il leur a trace'e. Ils n'ont fait que suivre son plan pour la re'union des grands îiefs à la couronne, et l'extension de l'autorité' royale pour l'administration de la justice.

Ce monarque était persuade que l'hommage envers ses sujets, pour les fiefs qu'il tenait dans leur mouvance , était incompatible avec la dignité' du troue. Lorsqu'il alla prendre l'oriflamme à S. Denis , il de'clara , dit Suger, en plein chapitre , qu'il tenait de celte abbaye le Vexin , et q l'en qualité' de son porte-elendard il lui devrait l'hommage, s'il n'tîtait pas roi; iu j)leno capitula pru fessas est a'o eo habere ^Vilcassinum) et jure signiferi, si rex non esset , hoininium ei debere. Nos rois ont e'te' moins délicats par la suite , et n'ont pas fait difficulté' de faire rendre hommage pour eux par un de leurs officiers en semblable occasion, ou bien ils ont racheté' ce droit et les services auxquels il engageait, par une indemnité'.

Un e'crivain peu facile à se laisser e'blouir, atteste, d'après le te'moignage de ses yeux , que Louis le Gros avait le don de gue'rir miraculeusement des e'crouelles. Voici ses paroles: Parlons maintenant dn prodige que notre roi Lonis est dans l'usage d'opérer. J'ai vu moi-même ceux qui éiaie/it aj/l'gés des écrouelles , soit à la gorge, soit en d'autres parties de leur corps , s'attrouper autour de lui, pour qu'il daignât les toucher et faire sur eux le signe de la croix. J'étais alors à ses cô:cs , et je %'oulais les repousser. Ma' s ce prince, les rece^'anl d'un air de bonté , s"" avançait vers eux pour les toucher, et faisait sur eux dévotement le signe de la croix. Il en résultait un miracle éclatant , vertu que le roi Philippe avait aussi exercée , mais dont il fut ensuite privé pour je ne sais quels péchés. Je me dispenserai de dire comme les autres rois se comportent en pareille occasion. Mais ce que je sais certainement, c'est que les rois d' Angleterre n ont jamais osé rien tenter de semblable ( Guib.

520 CHRONOLOGIE HISTOKIQTE

dsNovt'g. de Sacris Pif;nor. Liv. r , c. i.)- Us l'ont cependant ose dans la suite, après s'être attribue le titre et les armes des rois de France.

Au commencement du règne de Louis le Gros , l'abstinence clu samedi n'e'tait pas encore do précepte en France. Oa le voit par un re'glemcnt de Ponce, abbe' de CJimi, portant que dans toutes les maisons de l'ordre , on fera , le 2 du mois de novembre, l'office des morts pour tous les frères de'funts et leurs parents , et que le lendemain on donnera aux pauvres un repas en gras , à moins que ce jour ne tombe un vendredi , auquel cas il sera remis au samedi. Mais du tems de Pierre le Ve'ne'rable, successeur immédiat de Ponce, l'abstinence dli samedi €iait dëja si scrupuleusement observe'e , que les bouffons même et les bistrions ne s'en dispensaient pas {MabilL Annal. T. V. p. 147.).

Les horloges à roues, invenle'es sous le règne de Hugues- Capet , e'taient encore bien imparfaites sous celui de Louis le Gros , comme on le voit par les Us de Cîtcaux , compile's vers l'an 1 120. Alors, et long-tems même depuis, le rouage du mouvement et celui de la sonnerie n'avaient l'un et l'autre que deus roues au lieu de cinq qu'ils ont à présent. Les deux roues leur suffisaient, mais il fallait l'emonter les horloges 4 f'^i* par jour.

Page 1