LOUIS VII, DIT LE JEUNE
1137. Louis VU, dit le Jeune, fils de Louis le Gros, ne l'an 1 120, e'ieve' dans le cloitre de Notre-Dame de Paris , comme son père l'avait été dans celui de S. Denis , sacré à Pteims , le 20 octobre ii5i , par le pape Innocent II, succéda à son père le premier août 11 57, étant âgé d'environ 18 ans. Il était pour lors absent et prêt à s'en revenir de Bordeaux , où il avait épcnisé le dimanche précédent ELÉoiORE , fille et héritière de Guillaume X, duc d'Aquitaine. Arrivé à Poitiers, il y fut couroimé duc d'Aquitaine , le 8 août. La nouvelle qu'il y reçut de la mort de son père , lui fit hâter son retour à Paris. A IScël suivant, il est couronné roi de France à Bourges , et y reçoit les hommages des seigneurs français. Ordéric Vital met ce couronnement à pareil jour de l'an Ii58, sous l'iudiction I, ji-nrce qu'il commence l'année et l'iudiction à Noël. L'an i i/ji , Louis, comme duc d'Aquitaine, veut s'emparer du comté de Toulouse, et fait dans ce pays une expédition qui ne lui réussit pas ( P oj'. Alfonsc- Jourdain, conilede Toulouse.).
L'an 1142, brouillerie entre Louis et le pape Innocent II , au sujet de Pierre Eficnouard de la Chaire , que ce pontife avait
nommé et sacré archevêque de Bourges , contre la volonîé du roi qui voulaû procurer ce sièG;e à Cadurce, son chapelain. Les choses en vinrent au point qu'Innocent mit le rovannie en interdit , pour contraindre le monarque à reconnaître la Châtre. Louis s'en prend à Thibaut le Grand, comte de Champasjne , qui avait donné retraite à ce prélat, et excitait sous main le pape à tenir ferme. Il entre à main armée sur les terres du comte , et marche droit à Vilrt , qu'il prend et saccage d'une manière barhare j l3oo personnes y furent brûlées ou étouffées dans une église à laquelle il avait fait mettre le feu. Le repentir suivit de près la faute L'an 1 145 , Louis fait demander à Celes'.in II , successeur d'Innocent, la levée de l'interdit, et l'oblicnt en promettant de ne plus inquiéter l'archevêque de Bourges. Il fait la paix , l'année suivante , avec le comte de Champagne. Mais pour expier le sacragement de Vitri , le monarque prend la résolution d'aller à la Terre-Sainîe {Robert de Mont. ). Suger abbé de S. Denis , sou principal ministre, n'estpas d'avis de ce voyagej inais saint Bernard l'approuve , après avoir consulté le pspe Eugène , et le prédicateur l'emporte sur l'homme d'état. L'an ii45, aux fêtes de Noël, Louis tient à Bourges une cour plénière, oii l'évèque de Langres fait an discours pathétique sur l'état déplorable des affaires des chrétiens en Orient, et dispose par ses exhortations les seigneurs, français à leur porter du secours. ( Odo de Diogil. ) L'année suivante , Louis , avec un nombre presque infini de gcnlils'aommcs et d'autres personnes, reçoit la croix en pleine campagne, à Vézclai, des mains du saint abbé de Clairvaux, le jour de Pâques, 5 I mqrs. Il part le 1 1 juin de l'année 1 14;^ , à la tète de plus de deux cent mille hommes , avec la reine Eléonore , laissant le soin de l'état à Suger et à Raoul, comte de Vermandois , nommés régents , le t6 février précédent , au parlement d'Etampes. Louis pas-^e au mois d'octobre à Constanlinoplc , où l'empereur Manuel le reçoit avec plus d'honnêteté que de franchise. Il perd, ea traversant l'Asie , une grande partie de sou arrierc-garde dans les dirrérentes attaques que les Turcs lui livrent , et arrive à Antioche le 19 inars 1148. De là, s'étant rendu à Jérusalem, il joiut ses troupes à celles de l'empereur Conrad , pour al 1er faire le siège de Damas. Cette entreprise ayant mal réussi par la trahison des Francs de Syrie , Louis reprend la roule de la France , au mois d'avril de l'année suivante. Il est pris sur mer par des Grecs, et ensuite délivré par l'amiral de Pioger, roi de Sicile. Arrivé en Fr?iuce sur la fin de la même année ii49r i' \>^^^ pour la Normandie, dont il met en possession Geoffroi Plantagenet, et gon fiis ITcuri, depuis roi d'Angleterre; après quoi il reçoit de celui-ci l'hommage-lige pour ce duché que son père lui avait
cède. L'an iiSs, il perd, le i5 janvier, Suger, son ministre, et verse des larmes à ses obsèques auxquelles il assiste. Ce grand homme, que la nation décora du titre de père de la patrie, honneur qui n'a jamais e'te accorde' à aucun autre ministre , ne fut point remplacé. Avant qu'il eût rendu l'esprit , Louis e'tant parti avec la reine Ele'onore pour l'Aquitaine , avait retire' des places de ce duché les garnisons qu'il y avait mises. GeofFroi du Vigeois {cap 53) remarque qu'ils arrivèrent à Limoges dans la semaine de Noël. De retour à Paris , le monarque pense à consommer le divorce qu'il me'ditait, et dont ce voyage e'iait le pre'liminaire. Dans cette vue, ayant amené', le i8 mars suivant, la reine à Beaugenci, il y fait de'clarer , en plein concile, leur mariage nul, quoiqu'ils en eussent deux filles, et renvoie cette princesse avec sa dot. La conduite licencieuse d'Elëonore fut la cause de cette séparation, et la parenté, comme il était ordinaire , en fournit le prétexte. Un moderne accuse sans fondement Suger d'avoir engagé Louis le Jeune d'en venir à cette extrémité. La chronique d'Anchin , suivant le manuscrit original , en rejette le blâme sur S. Bernard; et Guillaume, auteur de la Vie de Suger, en décharge formellement ce ministre. Les préliminaires de ce divorce, il est vrai, précédèrent sa mort. Mais il faut convenir, si l'on est équitable , que, loin d'avoir été l'effet de ses conseils, ils furent la suite de fétat de langueur et d'inaction où dès-lors sa maladie l'avait réduit. Deux mois précisément après le concile de Beaugenci , le i8 mai , Henri , duc de Normandie , moins délicat que le roi de France, donna sa main à Eléonore. L'intérêt fut le nœud de cette alliance. La princesse porta en dot à son nouvel e'poux les trois plus belles provinces de France; ce qui rendit ce vassal , avec celles qu'il y possédait de son chef, aussi puissant dans le royaume que le roi même , son suzerain. Les politiques rnachiavélisles n'ont pas manqué de dire que Louis aurait dû renvoyer sa femme et garder la dot. Mais ou ne connaît point de loi divine ni humaine qui autorisée à retenir le bien d'autrui.
L'an II 54, Louis épouse à Orléans Constance, fille d'Alfonse VIII , roi de Castille. Sur la fin de l'année suivante, il entreprend le pèlerinage de Saint- Jacques avec son épouse , et de là ils vont rendre visite au roi de Castille, père de Constance, qui les reçoit magnifiquement à Tolède. Peu de tems après leur retour, il arrive à Louis une aventure singulière. Etant en voyage aux environs de Paris , comme il s'en revenait dans sa capitale , la nuit le surprend à Créteil. Il s'y arrête , et se fait défrayer parles habitants, serfs de l'église de Paris. La nouvelle en éLant venue promptement aux chanoines , ils cessent aussitôt le service divin , résolus de ne le reprendre qu'après que le monarque aura restituée leurs serfs de corps , dit Etienue de Paris, la dépense
qu'il leur a occasionnée. Arrive' à Paris , Louis vient le même jour à la catlie'drale pour y assister à l'office. Il est étonné d'en trouver les portes fcrme'es , et demande la raison de cette singularité'. On la lui dit; mais loin de s'en offenser, il fait ses excuses , et promet re'paralion en présence de l'évêque et de ses chanoines, qu'il avait fait rappeler. Les portes de l'église alors lui sont Ouvertes, il y entre, et, après avoir fait sa prière, il s'offre à dédommager les habitants de Créteil des frais qu'il leur a causés. L'évêque se rend caution pour le monarque, et engage a l'instant au chapitre deux chandeliers d'argent pour les garder jusqu'à l'accomplissement de sa promesse. L'acte de cette réparation fut gravé sur une verge (on ne dit pas de quelle matière elle était) , que l'église de Paris a long-tems conservée en mémoire de ses libertés (Bouquet, T. XII, p. 98.) Pour apprécier avec équité ce trait, il faut se transporter au siècle où il est arrivé.
L'an II 57, suivant Radewic , auteur contemporain, Louis s avance jusqu'à Dijon pour une entrevue avec l'empereur Frédéric , qui était alors à Besançon, h Mais apprenant , dit cet « historien, que l'euipereur s'en retournait en Allemagne, il « n'alla pas plus loin. Les deux princes néanmoins , ajoute-t-il , « s'envoyèrent réciproquement saluer par leurs ambassadeurs, « ^savoir l'empereur par son chancelier Renaud, et par Ulric,com« « te de Lenzbourg ; et le roi de France par le chancelier Albéric. « Or je tiens , poursuit Radewic,du vénérable Henri , évêque « de Troyes , que Louis , ayant appris que l'autorité de Fi-édéric « avait prévalu dans ces contrées (de la Bourgogne) , fut saisi de « crainte, et que ne s'attendantplus à une conférence , mais à des « hostilités , il avait disposé secrètement , dans les villes voisines, « des troupes assez considérables, et même en si grand nombre, « qu'au rapport de ce prélat, neuf évcques de sa suite avaient « logé une nuit dans Troyes, chacun avec leurs milices parli- «. culières; et comme tout ce pays fut dans le trouble et l'agitation, <( sa peur nous tint lieu de victoire». Voilà un voyage de Louis en Bourgogne dont nul autre écrivain du tems n'a fait mention. Car il n'est guère vraisemblable que Radewic le confonde avec celui que ce monarque fit en 1 162 , à l'invitation de Frédéric, et qu'il poussa jusqu'à Longwi-sur-Saône pour conférer avec cet empereur, touchant le schisme qui divisait alors l'église romaine. Nous rendrons compte ailleurs de ce dernier ( T^ojez Henri , comte de Champagne).
L'an 11 58, Louis reçoit à Paris le roi d'Angleterre , auquel il cède son palais, et va loger au cloître Notre-Dame (/îac?«//; de Diceio). Ceci montre que Louis le Jeune n'avait qu'un seul
palais dans sa capitale , et qu'il n'y était pas même loge' fort aa large.
L'an 1 160, et non pas 1 164, mort cle Pierre Lombard , e'vcque de Paris , plus connu sous le nom de Maître des Sentences. Les suflragcs ne s'accordant point, pour l'e'lection de son successeur, on nomme trois comprcimissaires. L'archidiacre IV^aurice de Sulii , l'un d'entre eux , bien assuré de n'être point de'menti par ses deux collègues , se proclame lui-même, disant qu'il ne connaissait personne plus propre ni plus dispose que lui à bien remplir !e siège vacant; et toute l'assemblée acquiesce à cette e'tonn'ante proclainalion ( Cœsar. Hehteibac ). Quel contraste 1 Philippe de France, fils de Louis le Gros, et archidiacre de Paris , nomme' canoniquemenl à l'e'vêche' de Paris, après la mort de l'ëvêque Thibaut , avait par modestie cède' la place à Pierre Lombard ; et Maurice de Sulli , de la lie du peuple (car son sur^ nom lui venait, non de sa famille , mais de son lieu natal), ose se pre'fe'rer à tous ceux qui e'iaient sur les rangs pour le même objet. On peut néanmoins dire à son avantage , qu'il re'para le vice de son e'Iection par la sagesse de son gouvernement. Ce ftit lui qui bâtit l'église de Notre-Dame, dont le pape Alexandre III posa la première pierre vers l'an 1 i65. Ce pontife, chasse' par la faclion d'Octavien, son compétiteur, se retira en France l'an 1 162. Louis vint, de compagnie avec le roi d'Angleterre , au devant de lui jusqu'à Touci-sur-Loire , où, l'ayant salue' dans la campagne , les deux monarques le conduisirent à sa tente , marchant à côte' de lui , et tenant à droite et à gauche la bride de son cheval i Pvobert-du-Mont. )
L'an 1164, Louis ouvre un asile dans ses états à un autre pontife persécute'. C'était saint Thomas , archevêque de Cantorbe'ri , qui fuyait la colore injuste du roi d'Angleterre. Des ambassadeurs de ce monarque étant venus tc'moigner à Louis son me'conientement de cet accueil : « Si votre maître , leur dit- il , » est si jaloux des coutumes de son royaume , qui font le sujet » de la querelle, il ne doit pas trouver e'trange, que je garde » aussi celle que j'ai reçue des rois, mes ancêtres , comme un » droit he're'ditaire , qui est de prote'ger les personnes afïlige'es , » surtout lorsqu'elles soufiVent perse'culion pour la justice. » Louis donna retraite, l'an 1175, à un second fugitif d'Angleterre , dont la cause e'ttiilbien diflerente de celle du saint prélat. IN'ous voulons parler du jeune Henri, dilnii Courl-Manlel, rtvohé contre le roi , son père. Non content de le recevoir dans ses e'fats et à sa cour, Louis s'engage à réunir tous ses efforts aux siens pour le mettre en possession de la Normandie. Ils entrent ensemble dans cette province , à la tête d'une armée , prennent
DES ROIS DE FflANCE. Saf)
diverses places , et ëcliouent devant d'autres. Richard et Geolfroi, frères du jeune prince , l'iniilent dans sa re'volte , et trouvent la même ressource dans le roi de France, qui leur fournit troupes et argent pour accabler leur père infortune' ( fojez Henri II , roi cC Angleterre). L'an 1 176 ou 1 177, la guerre do l'Angleterre avec la France , qui n'avait e'te' interrompue que par des trêves assez courtes , est tcrmine'e par l'entremise du cardinal Pierre de Saint-Clirisogone , légal du pape. L'an Ï179, le 21 août, Louis se rend au tombeau de saint Thomas de Can~. torbe'ri, pour demander à Dieu , par l'intercession de ce saint, la gue'rison de Philippe, son fils, dangereusement malade. Il l'obtient, se rembarque à Douvres le '->.6 août , et arrive en vingtquatre heures au port de Vitsan dans le Bonlonuais. Pioger de Hoveden , qui rapporte ce voyage , dit que c'est la première fois qu'on vit un roi de France en Angleterre. Louis le Jeune , quelque tems après son retour, fut frappe d'apoplexie à Saint- Denis, où il e'tait aile rendre à Dieu ses actions de grâces, et demeura paralytique de la moitié du corps. Cet accident lui fit hâter le couronnement de son fils, dont lo jour fut fixe' à la Toussaint suivante 1179- Maigre' son infirmité', il en ordonna luiraièrae tous les pre'paratifs. « On pre'tend qu'à celte occasion , î) il régla le nombre et le rang des pairs qui devaient y figurer. )) Il est certain que le roi d'Angleterre (Henri le Jeune, beau- » frcie de Philippe), comme duc de Normandie, y porta la » couronne , et le comte de Flandre re'j)e'e royale, et que plu- » sieurs grands seigneurs marchaient devant et après le jeune » prince , faisant les fonctions pour lesquelles ils éiaient desti- » ne's. Mais nous ne voyons pas que les six pairs eccîe'siasliques » y aient eu aucune distinction sur les autres pre'lats du royaume. » L'archevêque de Reims, Guillaume de Champagne, frère de 1) la reine, fut le ministre de la cJre'monie. Il profita de la puis- » sance et du grand crédit que lui donnait son alliance avec la » maison royale, pour obtenir un e'dit qui assurait à perpétuité » aux archevêques de Pieims le privile'ge de pouvoir seuls sacrer » les rois de France ; et cet e'dit, confirmé par une bulle d'A- » lexandre 111, termina enfin une queslion qui avait paru jus- » que là assez indécise» (Oroux, Illsl. Eccl. de la Cour, t. I , p. 258).
L'an II 80, Louis donne , pour épouse à son fils, Isabelle, fille de Baudouin V, comte de Hainaut. La princesse fut amenée à l'abbaye d'Arouaise, où le inaiiage fut célébré le 28 avril, par Pioger, évêque de Laon, et de là cnudtiite à Bapaume où les réjouissances des noces se firent. Le 18 septembre suivant, Louis meurt à Paris , âgé de soixante ans , après quarautc-trois ans uu
mois et rlix-huit jours de règne depuis la mort de son père. Son corps fut porte' à l'abbaye de Barbeaux , au-dessus de Melun , qu'il avait fonde'e en ii47> et où l'on voit encore aujourd'hui son tombeau couvert de lames d'argent au milieu du chœur. Les historiens du tems ont donne' quelquefois à Louis le Jeune, le surnom de Pieux , qu'il me'ritait à plusieurs égards. Fidèle aux pratiques de la religion, jusqu'au scrupule, il observait trois carêmes , s'abstenait de vin et de poisson tous les vendredis , assistait re'gulièrement aux oflices divins , et respectait les ministres de l'autel au point que dans les processions, il faisait passer devant lui jusqu'au moindre clerc. Ce monarque ne'anmoins si religieux ne craignit point d'outrager la nature , en fomentant, appuyant, et même excitant la re'volte des trois fils du roi d'Angleterre contre leur père. Du reste , la douceur et l'e'quite' de son gouvernement furent très-avantageuses à la France. L'agriculture , suivant le te'moignage des mêmes e'crivains , n'y fut jamais plus florissante que sous son règne. On vit de tous côte's les forêts se convertir en terres labourables j et comme la population suit les progrès de l'agriculture , les villes , les bourgs et les villages se trouvèrent trop e'troits et en trop petit nombre, pour contenir la multitude des habitants. On bâtit par tout de nouveaux e'difices; on releva les anciens j on e'iargit les enceintes des villes 5 on les embellit de temples superbes , et on y ajouta de nouvelles fortifications. Ces constructions attirèrent en Franc» des ouvriers étrangers , et surtout des Arabes d'Espagne. Ce sont eux qui nous apportèrent cette manière e'ie'gante et hardie de bâtir, qu'on appelle improprement la gothique moderne, et qu'on devrait plutôt nommer Yarabesque. L'église cathe'drale de Paris, commence'e, ainsi qu'on l'a dit , vers l'an ii65 , est un des plus anciens monuments de cette espèce d'architecture , et peut-être le plus beau, par son e'tcndue et sa de'licatesse. Louis le Jeune eut d'ELÉoNOREdeux filles , comme on l'a dit , Marie , femme de Henri I, comte de Champagne , et Alix , marie'e à Thibaut le Bon, comte de Blois. De Constaisce , sa deuxième . femme, déce'déc en 1160, le 4 octobre, il laissa Marguerite, femme, \° du jeune Henri, dit au Court- Blanlel , sacre' roi d'Angleterre ; 2P de Bêla III , roi de Hongrie ; et Alix , accorde'e à Richard , roi d'Angleterre , puis marie'e, en i igS, à Guillaume III, comte de Ponthieu. En donnant à Constance cette seconde fille, que les modernes attribuent à la troisième femme de Louis, nous suivons les auteurs contemporains , qui s'accordent tous sur ce point. Louis épousa en troisièmes noces , le i3 novembre 1 160 , Alix , fille de Thibaut le Grand , comte de Champagne , morte le 4 juin 1206, et enlerre'e à Pontigni. Il n'eut de ce dernier mariage , comme le dit positivement Geoffroi du Vigeois ,
qu'un fils et une fille, savoir, Philippe , et Agnès , conse'cutivement femme des empereurs grecs , Alexis le Jeune , et Andronic Comnèue ; puis mariée en troisièmes noces à The'odore Branas.
Le commencement du règne de Louis le Jeune , se calcule de quatre manières dans les cliartes. 11 se prend, i" de l'an i i5i , e'poque de son association au trône ; 2° de l'an ii55 , après le mois de juillet , ou de l'an 1 134 avant ce mois (on ne sait point la raison de celle-ci); 5° de l'an n55 , lorsque son père , dans une maladie dont il n'espe'rait pas de revenir, lui i-e'signa le gouvernement , et lui remit , ainsi qu'on l'a dit , l'anneau royal , en signe d'inveslilure; 4° '^^ ^^ mort de son père, premier août 1157. On voit aussi des diplômes où ce prince date de la naissance de son fils. Il est remarquable que dans une ordonnance de Louis le Gros , date'c de Paris , et dans une autre donne'e par Louis le Jeune à Bordeaux , sous la même date , les mêmes te'moins sont nomine's et dans le même ordre. C'est que comme les actes e'taient souvent signe's par des absents , ils étaient aussi atteste's par des personnes qui n'étaient point sur les lieux où ils e'taient passés. On a de Louis le Jeune, un diplôme de l'an 1171, où il prend le titre de roi de France ; au lieu de roi des Français, comme s'étaient qualifiés ses prédécesseurs ( Ordonn, du Lou\'f tom. 4 j p- 206).
Le nom de régale commença d'être en usage sous le règne de Louis le Jeune , pour marquer le droit qu'a le roi de percevoir les fruits des abbayes et évcchés vacants. Les systèmes varient sur l'origine de la chose. Il est le premier roi de la troisième race qui ait imposé des taxes au clergé. Prêt à partir pour la Terre-Sainte , il taxa l'abbaye de Saint-Bcnoit-sur-Ijoire à mille marcs d'argent , somme qui fut réduite par comuosition à trois cents marcs. Il est fait mention aussi delà taxe de l'abbaye de Ferrières , et de celle du chapitre de Brioude pour le même sujet (DuGhesne, Sciipt. Franc, lova. 4, p. 4^^» ^^^- Patru, Traité des décimes. )
Louis le Jeune est aussi le premier roi de Fraiice, sur le sceau duquel on voit une véritable fleur de lys (A'. '//'. de Dipl., t. 4 , p. 580,) Ce fut encore lui qui introduisit l'usage du petit sceau ou cachet pour contre-sceller les diplômes.
Le marc d'argent, en 1 144 » valait quarante sols ; et en 11 58, il était porté à cinquante-trois sous quatre deniers tournois (Le Blanc , p. i65).
!j2S CEKONOLOGIE HISTORIQUE