‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 71 sur 416 · DES ROIS DES BULGARES · texte numérisé non relu

DES ROIS DES BULGARES

vers l'an i525. Georges Tertek II succéda au roi Suvcstislau , son père , et fut remplace', après sa mort, par Buesilal' , sou oncle. Celui-ci fut chasse' par Michel Strascimir qui, ayant épouse', vers l'an i524, Théooora , veuve de Suvcstislau, tut tue' dans une bataille contre Michel, roi de Servie. On mit à sa place Néda , sa première femme, qui bientôt après fut chasse'e. Alexandre, petit-neveu de Michel, roi de Bulgarie, occupa le trône après l'expulsion de Ne'da. Il prit parti pour l'empereur Jean Pale'ologue, dans les guerres qu'il eut avec Jean Cantacuzène. Sur la fin de son règne il eut une guerre malheureuse avec la Hongrie, dont il fut oblige' de se reconnaître vassal et tributaire. Alexandre mourut l'an i35o. Strascimir II, son fils, s'e'tait fait proclamer roi de Bulgarie du vivant de son père , au pre'judice d'un autre de ses frères , qu'Alexandre avait nomme pour lui succe'der. Louis , roi de Hongrie, sur le refus qu'il fit de lui payer le tribut impose' à son père, vint en Bulgarie, l'an i362, avec une forte armée, et ayant fait prisonnier Strascimir, il l'emmena en Hongrie; mais 12 jours après il lui rendit la liberté. Sisman , nommé aussi Craiovich et Cratevich, autre fils d'Alexandre, était alors en possession du trône de Bulgarie. Tandis que les deux frères se disputent cet héritage, le sultan Amurafh entre à main armée dans le pays , dont il subjugue la plus grande partie. Bajazet, son successeur, acheva cette conquête l'an 1596, après la bataille de Nicopoli. La Bulgarie devint alors une pro-^ vixice de l'empire ottoman.

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Le royaume ^e Jérusalem tire son origine Ses croisades , dont il fut l'objet et le iVuit. Celles-ci eurent pour auteur un prèlreermite du diocèse d'Amiens, nomme Pierre, qui auparavant avait porte' les armes et ve'cu dans le mariage. Te'moin de la triste situation des chrétiens de Palestine, dans un voyage qi/il Y fit, Pierre en rapporta, au pape Urbain II , une lettre de Sime'on , patriarche de Je'rusalem , et des autres fidèles, par laquelle ils imploraient le secours des princes chre'tiens contre les Musulmans qui les opprimaient. C'étaient alors les Turcs qui e'taient maîtres de Jérusalem, depuis la conquête qu'en avait faite sur le calife d'Egypte, en 1076, Acsis , lieutenant du sultan Malek-Schah , fils et successeur d'Alp-Arslan , delà race des Seldgioucides. {F'ojez IVIoctadi , calife de Bagdad). Les e'crivains arabes s'accordent avec les chréliens à nous les peindre sous les couleurs les plus affreuses. Semblables à des loups affame's, ils ne respiraient, disent-ils, que carnage. Nulle compassion en eux, nul sentiment d'humanité'. Non contents d'exiger un tribut considérable des pèlerins chre'tiens qui venaient visiter les saints lieux, ils leur faisaient essuyer toutes sortes d'avanies, et tenaient Jérusalem et la Palestine dans la plus rude captivité. Urbain, touche' de la lettre du patriarche et du re'cit pathe'tique de l'ermite , publia , dans le concile de Clermont, en 1096, une indulgence ple'nière en faveur de ceux qui se de'voueraient à la délivrance de la Terre-Sainte. Cette entreprise fut nommée croisade , parce qu'on cousait une croix d'étoffe rouge sur l'épaule gauche de tous ceux qui voulaient y prendre part. Pierre, après avoir pris congé du pape , parcourut l'Italie , la France et l'Allemagne , pour engager les princes et les peuples à porter la guerre en Palestine. Ses exhortations , munies de l'autorité pontificale , firent un jîierveiUeux effet. Près d'un million de personnes de tout état ,

CHR. HIST. DES ROIS DE JÉRUSALEM. 5l

^e tout âge , et de l'un et de l'autre sexes, prirent la croix (i). Les principaux chefs de cette milice furent Hugues-le-Grand, frère de Philippe I, roi de France; Godefroi de Bouillon, <luc de la Basse-Lorraine , avec ses deux frères , Baudouin et Euslache ; Rniniond , comte de Toulouse; Robert, duc de JNorniandie; Robert II, comte de Flandre; Alain, fils de Malcolrne III , roi d'Ecosse ; sans parler de l'ermite qui se chargea de conduire la première division avec Gautier, dit Sans Avoir ; car il fallut partager cette multitude en diflfërents corps et les faire partir successivement. Après avoir essuyé sur la route divers accidents funestes et bien me'rile's , les croise's se re'unirent au nombre de cent mille cavaliers , et de six cent mille hommes de pied, le 14 mai 'f>97i devant Kice'e, qui se rendit le 20 juin. L'anne'e suivante, le 5 juin, ils emportèrent d'assaut la ville d'Antioche. Enfin , après avoir conquis Edesse, Ptole'maide, depuis nommée Saint-Jeand'Acre, Lidda , autrement Diospolis , Rama ou Rames, Nicopoli, autrefois Einmaiis, et d'autres places de la Palestine, OLi ils laissèrent des garnisons , ils arrivèrent , le 7 juin 109g, devant Jérusalem, n'ayant plus de gens de service que vingt-et- 11a mille hommes de pied et quinze cents chevaux. Ils formèrent aussitôt le siège de la place (2) , qu'ils forcèrent au bout de cinq semaines, ou trente-neuf jours (5), un vendredi i5 juillet, à trois heures après midi (4), ce qui fut remarqué, comme e'tant le jour et l'heure de la mort de Jèsus-Christ. Mais ce qui n'est pas moins remarquable , c'est la manière dont les croise's se comportèrent à leur enlre'e dans la ville sainte. Poussc's par un me'lange de zèle et de fe'rocite', ils passèrent au fil de l'e'pe'e la garnison et les habitants sans distinction. Puis, rassasie's de carnage, ils mettent bas leurs

(i) l'ierrc étant revenu en Occident Tan iioi, choisit Gui, dans le Lic^^eois, ponr le lieu de sa retraite. 11 y bâtit nne «'glise en l'iionneur do la sainte Croix, et V mourut le 9 juillet de l'an iii5 suivant Sigcbert, ou l'an 11 17 suivant Gifles d'Orval.

(a) Sigcbert et Raoul de Dlceto nous apprennent que dans les huit derniers jours dn siège, tes croisés, manquant d'eau , faisaient à genoux le tour de la place pour en obtenir.

(.5) Potupéc, qui avait «ne arm<'e incomparalileraent plus forte que celle des croisés, employa trois mois au siège de Jérusalem. Âlais Jérusalem au xi* siècle n'était que l'ombre de ce qu'elle était du tcras de Pompée.

(4) Le Tronci (^Memorie délia <:ilta di Pisa , p. .-!5,) donne la gloire aux Pisans d'avoir monté les premiers a l'assaut, et d'avoir planté i'<-tentiard de la croix sur la plus forte des tours , qu'on nomma depuis le clu'itcau de Pise. Go qui est certain, c'est ce que les N'éniligni, les Pisans et les Génois étaient *eDus par mer «c joindre aux croisés.

52 CHRONOLOGIE lîlSTORiQtJE

armes ruisselantes de sang, et deviennent d'autres tommes. On les voit nu-j ieds, la tète baisse'e, en chantant des hymnes, s'avancer vers le Saint Se'pulcre, et, les yeux baigne's de larmes, se prosterner à la vue de ce monument sacré, l'objet de leur pénible et périlleuse expe'dition : tant la nature humaine est incou'îe'queute dans ses affections et passe rapidement, en certaines rencontres, d'une extrémité' à l'autre I On parla ensuite d'élire un roi de Jérusalem; mais les évêqnes s'opposèrent à cet avis , disant qu'il ne devait pas y avoir de roi dans un lieu oii le Sauveur avait souffert et avait été couronné d'épines , mais qu'il suffisait de créer un avoué pour garder la ville et partager les tributs et les autres revenus qui se percevaient dans le pays , à ceux qui seraient chargés de le défendre : Aon dehere ibi eligi regein , iibi Deiis passas et coro-^

natus est sed essel oliquis aduocatifs, qui et civi~

tatem cuslodiret , et custodibus civilaùs tributa regionis divideret et reditiis (Raj'm. de Agiles). On passa par-dessus cette opposition , et on procéda à l'élection d'un l'oi.

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