VIII. BOÉMOND VL
i25i. Boémond VI, après la mort de spii père Boémond Vfat reconnu prince d'Antioche, comte de Tripoli et seigneur de Tortose. Comme il n'était alors âgé que de quatorze ans , sa mère se fit adjuger le bail de la principauté : emploi dont elle s'acquitîa mal. L'an i255 , Boémond vint avec elle trouver le roi S. Louis à Jaiïa ou Joppé. « Le roy , dit le sire de Joinville , les reçut ;> hounorablcment; et fist le roy chevalier le prince d'Antioche qui )) n'cstoit que de l'âge de seize ans. Mais oncques si sage enfant » ne vy de tel cage. Et quand il fut chevalier, il fist une requeste » au roy .-c'est à savoir qu'il parlast à luy de quelque chose qu'il j) vouloit dire en la présence de sa mère, ce qui lui fut octroyé* M Et fut sa demande telle, et dict : Sire , il est bien vrai (iug )) Madame ma mère , Cjiii cj' est présente , me tient en bail » et m j" tiendra encore juscju à quatre ans. Par cjuoy elle iolst » de toutes mes chouses , et nay puissance encore de rien faire, )) l'outefois si me semble-il ijiieUe ne doit laisser mye pei'dre » ne déchoir ma terre. . . . car ma cité d' Antioche se pert entre )) ses mains. Pourtant , sire ^ je vous supplye humblement que )) le luy imeillez remonslrer , et faire tant qu'elle me baille » deniers et gents , afin que je aille secourir mes genls qui » sont dedans ma cité , ainsy qu'elle le doit bienjaire. Après )) (jue le roy eust entendu la demande que le prince faisait , il » fist et pourchassa tant à sa mère , qu'elle lui bailla granis » deniers. Et s'en alla le prince d'Antioche en la cité , là oii il » fist merveilles. Et dès lors pour l'honneur du roy il escarte'.a » ses armes qui sont vermeilles avec les armes de Franc-e. » Oa voit parce récit qu'en vx"y) le bail de la principauté d'Antioche était déjà depuis un asses long-leius eutrç ici mains de la veuvcj
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de Boemond V, et que par conse'quent son e'poux n'e'Lait pas mort cette année , comme le prétend Sebastiano Paoli. Boémond VI ne soutint pas tout à fait les grandes espérances qu'il avait données dans son bas âge. L'an 1257 , étant venu à S. Jean d'Acre, avec la reine de Chypre , sa sœur , il prit parti imprudemment pour les Vénitiens contre les Génois. 11 entretint par là des dissensions qui entraînèrent la ruine des affaires de la Terre-Sainte. L'an 1268, il perdit Antioche, qui fut emportée d'assaut le 2g mai , suivant Sanut, ou le 12 juin, selon les Arabes , par le sultau Bibars ou Bondocliar. On fait état de 1 00000 captifs que le vainqueur emmena de cette ville, outre 17000 qu'il fit massacrer sur la place. L'an 1274, Boémond finit ses jours à Tripoli le 20 mars , selon le continuateur de Guillaume de Tyr. Sanut met sa mort l'année suivante. Il avait épousé, l'an 1264 ' Isabelle, ou Sibylle , fille d'Alton , roi d'Arménie , dont il eut Boémond, son successeur j Isabelle , morte jeune; Marie, femme de INicolas de Saint-Omer; Lucie, qui épousa, l'an 1280, INargat ou Najare de Touci , grand amiral de Sicile.