ET ROIS CIIREHEAS D ARMENIE
Ce prince s'étant noyé dans un fleuve (\c la Cilicie, Livou alla au-devant de Fre'de'ric, duc de Suabe, fils de l'empereur de'funt, qui avait pris le commandement de l'armce après la mort de son père, et l'amena à Mamistra, où il le traita magnifiquement. Fféde'ric y tomba malade, et fut visite' par le catholique des Arme'uiens. 11 n'attendit pas ne'anmoins son parfait rétablissement pour continuer sa route. Impatient d'arriver au siège d'Acre, il se fit transporter à Anfioche en bateau. L'anne'e suivante, Livon accompagna Gui de Lusignan lorsqu'il alla au-devant de Ricliard, roi d'Anglelerre , en l'ile de Chypre. Boe'mond UI, prince d'Antioche , fut aussi de ce voyage. L'an 1194» il s'e'leva uue querelle entre ces deux princes , au sujet des limites de leurs étals. Boe'mond fit proposer au prince d'Arrae'nie une conférence pour terminer cette contestation à l'amiable. Livon l'accepta. Mais connaissant , par l'exemple de son pre'de'cesseur, la perfidie de Boe'mond, il se fit accompagner par deux cents chevaux , qu'il mit en embuscade près du lieu du rendez-vous. Non seulement il e'chappa au piège que le prince d'Antioche lui tendait , mais il le lit lui-même prisonnier, et le fit conduire ea Arme'nie. Boe'mond, voyant qu'il lui serait difficile de s'accommoder avec Livon, fit prier Henri, comte de Champagne, ré^gent du royaume de Jérusalem , de vouloir bien se rendre l'arbitre de leurs diffe'rents. Henri se rendit en Arme'nie , où il fut reçu avec distinction. Par sa médiation , Boe'mond et Livon firent un traité , par lequel il était dit que l'Arménie serait quitte à l'avenir de l'hommage cju'elle devait à la principauté d'Antioche ; que Boe'mond lui-même deviendrait vassal de Livon , et lui abandonnerait les terres qu'il avait prises dans sa principauté ; enfin que, jDour établir une parfaite concorde entr'eux, Baimond , fils aine de Boémond , épouserait la fille ainée de Rupin. Livon fit demander ensuite au chancelier de l'empereur d'Allemagne , qui était alors à la Terre-Sainte, la permission de prendre le titre de roi, attendu qu'il avait assez de terres pour former un royaume. Il écrivit pour le même objet au pape Céleslin III, qui consentit à sa demande, après avoir vu la profession de foi très-orthodoxe que Livon lui envoya de concert avec Georges, catholique d'Arménie. Conrad de Wittelspach, archevêque deMayence, qui se trouvait en Syrie, fut chargé par les deux puissances de faire la cérémonie du couronnement^ ce qui fut exécuté l'an iigy. Quelques critiques, et du Gange cntr'autres, ont douté, contre l'assertion de Baronius , que le pape eût été même consulté sur cette aifaire , attendu , disentils , que Livon, dans ses titres , ne fait point mention du saint siège, et se qualifie seulement : Léo , per Dei et Romani imperiù gratiarUf rex omnium Arin&niarunu Mais Rayualdi (T. xiu.