OU-TSONG
i3u5. {2.'^. année Y-ichcoii ^ du Lxvi*. cycle. ) Tchu-heou-* tchao , fils de l'empereur Hiao-tsong , qui l'avait déclaré prlncehénlier , lui succéda, dans sa quinzième année, sous le nom de Uu-TSONG. Huit eunuques du palais, dont le principal était l.ieou-liln , qui avait élevé le jeune empereur, formèrent le complot de le plonger dans la débauche , afin de le distraire par-là des soins *lu gouvernement , et de se renilro maîtres de l'autorité. Us n'y réussirent malheureusement que trop. Les ministres d'eîat et les grands , alainiés de la conduite du prince , lui firent des remontrances fort vives , par un placet cont la lecture Ir
3o CnRONOLOGlE HISTORIQUE
fit frémir. Mais les euniujiies qu'il avait congédiés , trouvèrent bientôt moyen de le regagner, et déployèrent leur ressentiment contre ceux qui les avaient desservis. Acharnés à les découvrir >^ ils eurent l'audace de faire publier , l'an iSoy, un ordre supposé de l'empereur, dans lequel ils inculpaient de soupçons de révolte soixante des premiers et des plus considérables de l'empire , du nombre desquels étaient deux ministres d'état, trois présidents de tribunaux, douze censeurs, qu'ils déclaraient tous incapables de posséder aucune charge. Ces hommes respectables lurent remplacés par des gens, la plupart obscurs et entière-ment dévoués aux eunuques. La conduite atroce de ces derniers causa un soulèvement général dans l'empire. Du côté de Ningbia dans le Chen-si , Tchu-chi-fan , de la famille impériale des Ming et prince de Ngan-hoa, pensa à profiter des conjonctures pour s'élever au-dessus de son rang. Les troubles qu'il commençait d'élever ayant donné l'alarme à la cour, Yang-y-ting, ministre d'état , imagina de se servir de l'eunuque Tchang-yong pour perdre Lieou-kin qui en était l'auteur. Le premier de ces deux eunuques était ennemi de l'autre depuis une querelle fort vive qu'ils avaient eue ensemble , et malgré les soins qu'on avait pris de les réconcilier.
Comme le bruit de la révolte du prince de Ngan-hoa demandait d'être approfondi , le ministre persuada à l'empereur d'envoyer sur les lieux un homme de confiance , et fit donner cette commission à Tchang yong. Celui-ci, à son retour, remet à l'empereur un manifeste répandu par le prince rebelle , contenant dix-sept chefs d'accusation contre Lieou-kin. Le monarque , en ayant pris lecture , se détermine , après avoir hésité quelque îems , à faire arrêter ce favori, et ordonner de faire des perquisitions chez lui. Lin prodigieux amas d'armes offensives et défensives qu'on y trouva, fournit la preuve du dessein qu'on lui imputait d'exciter une révolution pour placer sa famille sur le Irône impérial. On ne fut pas moins convaincu de ses déprédations , à la vue de deux cent quarante mille pains d'or, pesant dix taë/s chacun (i), de cinquanle-sept mille huit cents ■faè'ls monnayés , en tout vingt-quatre millions cinquante-sept mille huit cents tnè'/s en or ; de deux cent cinquante et un millions cinq cent quatre-vingt-trois mille six cents taëls en argent , de deux mesures ou teoii de pierres précieuses , et d'autres effets d'un prix inestimable, énoncés dans l'inventaire qu'on fit de ses meubles. Condamné d'une voix unanime par ses juges ,
(i) Le faë/ est une once chinoise qui est à l'once commune d'Europe roinme i6 à i8.
on le fit mourir clans la prison même oij il élait détenu , par la crainte qu'on eut que ses partisans n'entreprissent de le sauver.
Le parti du prince de Ngan - hoa , quoique redoutable , fut proinptement détruit par la sage conduite de Kleou-yueï , officier subalterne , qui , l'ayant surpris avec une partie de ses gens , les fit conduire à la cour où ils subirent le supplice dû aux rébelles. D'autres révoltes , qui s'élevèrent dans le même tems en différentes provinces, donnèrent plus d'exercice aux armes de l'empire. Pendant qu'on était occupé à les réprimer, Tchu-chinhao , prince de Ning , de la famille impériale des Ming, se faisait un parti dans le Kiang-si , sous prétexte de secourir le trône opprimé par les eunuques. Ou - tsong , en étant averti par ses niandarins , veut le faire arrêter. Il éclate , l'an iSiq , et prend le titre d'empereur. Après s'èlie emparé de Nan-tchang, il s'at tache à faire le siège de Nan-king. On le laisse se morfondre devant cette place , et on lui enlève Nan-tchang, dont les habitants eux-mêmes favorisèrent la conquête. S'étant embarqué avec son armée sur le Kiang , sa flotte est battue par celle des Impériaux , qui , l'ayant fait prisonnier , le conduisent à Nan-tchang. L'empereur ayant appris cette victoire à Nan-king, dans la huitième lune de l'an 1^19, y fait amener le prince captif et les autres prisonniers. Son indolence naturelle et son éloignement
λour les affaires le retiennent dans Kiang-nan jusqu'à la dixième une de l'an iSao. Pressé par ses ministres , il part à la même lune pour Pé-king , emmenant avec lui ses prisonniers. Condamnés tous à mort , ils sont exécutés , le prince à leur tête , dans la douzième lune, au milieu des rues (i). Le i4 de la troisième lune de l'an iSai , Ou-tsong meurt sans laisser de postérité , et sans s'être choisi un successeur. Dès qu'il eut fermé les yeux, l'impératrice Tchang-chl , de concert avec les ministres , appela au trône Tchu-yuen-tsong , l'ainé des enfants du prince de Hien , second des fds de l'empereur Hien -tsong, quoiqu'il ne fût point à la cour.