CHI- TSONG
iBai. ( 18^. année Sin-se, du Lxvi^. cycle.) Tchu-yuentsong, né à la huitième lune de l'an iSoj , ayant appris par une ambassade querimpératrlcelui envoya, le choix qu'on avait fait de lui pour succéder à l'ompereur Ou-tsong , partit de Ngan-lo-
(i) L'usage, en Chine, est d'exe'cuter les criminels à terre, et non sur un échalTaud.
tchéou , capitale de la principauté de son père, où il résidait ,'
f»our aller prendre possession du trône impérial. Chi-tsumg fut e nom sous lequel il voulut régner. Les Tartares , sous son règne , firent de fréquentes incursions sur les frontières delà (iliine, qu'ils désolèrent malgré l'habileté des généraux qu'on leur opposa. Mansour, prince de Turfan, nefut pas néanmoins heureux dans la première irruption qu'il fit en i522. Les Chinois l'ayant rencontré devant Sou -tchéou qu'il voulait attaquer, le battirent si complètement, qu'il fit courir le bruit que lui-même avait été tué , afin qu'on ne le poursuivit pas. D'autres bordes , quoique divisées entre elles, semblèrent avoir conspiré pour venger le prince de Turfan. L'an 1629 , à dixième lune , Yen-ta , à la tête d'un corps de cavalerie , entra sur les terres du département de Taï-long, d'où il emporta un riche butin. A la cinquième lune de l'année suivante , ayant passé le Hoang-ho avecKisiang, il ravagea le pays de Ning-hia : ensuite, repassant ce fleuve , ils firent les mêmes dégâts sur le territoire de Suenhoa-fou, qu'ils parcoururent avec tant de célérité, que les troupes impériales ne purent les atteindre. Le '^han -si et le Cben-si éprouvèrent leur fureur en i53i. Douze hordes s'étant réunies sous leurs drapeaux , commirent tant d'horreurs en divers cantons , que les mandarins , en i542 , promirent à celui qui apporterait la tête de Yen-ta jusqu'à mille taëls, avec un mandarinat d'un troisième ordre : mais personne n'osa tenter l'aventure. Il demanda cependant en 1647 , d'être reçu à faire hommage et de payer tribut , et renouvela ces offres dans les années suivantes ; on les rejeta toujours , parce qu'on ne les crut pas sincères. S'étant approché de Pé-king en i55o , il jeta l'effroi dans cette capitale. Mais apprenant que les troupes des provinces voisines se rassemblaient pour lui donner la chasse, 11 lit sa retraite en si bon ordre, qu'il ne perdit aucune des riches dépouilles qu'il emmenait. Etant revenu en iSay avec deux cent mille chevaux , il emporta de force Yng-tchéou , ainsi que quarante petites places où il signala sa férocité. Le siège de Taï-tong , qu'il entreprit l'an i55y , ne lui réussit pas.
Outre cette guerre contre les Tartares , la Chine en soutenait une autre sur terre et sur mer contre les pirates du Japon , qui ne lui causaient pas moins d'embarras. Leurs hostilités avaient commencé dès l'an i^jo , secontle année de l'empereur liongvou. l.anhoaï, leur roi, sur les plaintes que l'empereur de la Chine lui en porta s'était reconnu , pour l'apaiser , tributaire de l'empire. Mais cette démarche n'arrêta pas les pirateries des Japonais. L'avidité du butin If s fit revenir plusieuis fols sur les rotes de la Chine, sous les empereurs suivants; mais ce fut avec peu de succès jusqu'au règne de Chi-tsong. Les Japonais ne
laissaient pas cependant de commercer avtc les Chinois. Une querelle qui s'éleva , l'an iSzS , entre les trafiquants des deux nations, occasionna des actes d'hostilité qui ne tournèrent pas à l'avantage des Chinois. Cette événement fit fermer la porte de la Chine aux étrangers , avec de sévères défenses d'y commercer avec d'autres qu'avec les régnicoles. Mais les Chinois ne laissèrent pas de trafiquer sous -main. Les vaisseaux étrangers se rendaient aux îles voisines où les Chinois leur portaient leurs marchandises. Ce commerce interlope procurait de grands avantages à l'empire ; cependant queltjue considérahle que fut la bénéfice des marchands chinois . lenvie de gagner , et leur mauvaise foi à l'égard des étrangers , causèrent la guerre que les Japonais firent depuis sur les côtes ,de la Chine. Cette guerre commença l'an 1646 , à l'occasion d'un marchand japonais, qui , après avoir livré son argent , ne put obtenir les marchandises de retour. Depuis cette époque , jusqu'en i564 les Japonais ne manquèrent presque pas de faire chaque année des descentes sur les côtes de la Chine , qu'ils dévastèrent, mais non pas toujours impunément. Deux défaites que le général Tsi-ki-kouang leur lit essuyer en i5G4 , et auxquelles peu d'entre eux échappèrent , leur fit perdre l'envie de revenir. L'empereur cependant occupé du prétendu secret de l'immortalité, dont le leurraient les Taossé , paraissait insensible aux maux que ces descentes occasionnaient. Un mandarin lui ayant fait des remontrances dans un placet sur la chimère du secret qu'il recherchait , il en fut si choqué , que dans un premier transport , il le fit mettre en prison chargé de chaînes. Revenu de sa précipitation , il l'en retira bientôt après et le rétablit dans son poste. Ce fut une de ses dernières opérations. Etant tombé dangereusement malade à la dixème lune de l'an i566, il connut qu'il touchait à sa fin. Ouvrant alors les yeux, il fit dresser un écrit , pour être publié après sa mort , par lequel il demandait pardon aux grands et à ses peuples de s'être laissé tromper par des imposteurs , et d'avoir négligé le soin de l'état pour s'abandonner à leur vaine science. Il vécut encore quelques jours, et mourut dans la soixantième année de son âge,