GÉRAUD IL
iSao. GÉRAUD II, successeur de Gaston, son père, épousa JEAN^E , fille de Pierre-Raymond 1 , comte de Omminges , dont il eut un iils qui suit ; et une fille , Malhe , femme de Centule IV , comte d'Astarac. Le comte de Foix retenait toujours , malgré l'arrêt du parlement q.ii le condamnait à s'en dessaisir, les terres du Carcassez, qu'il avait cédées par échange au vicomte Gaston , père de Géraud. Enfin , l'an 1329, ^^ ''^^ de Navarre , ayant été choisi pour arbitre de cette querelle et d autres mues entre le comte de Foix et la maison d'Arm:'.gnac, rendit, le 19 octobre, son jugement, qui assura au vicomte Géraud , par la soumission du comte de Foix , la jouissance paisible des terres qui étaient en litige. Le vicomte Géraud mourut vers la fin de l'an i33c).
JEAN
iSSg. Jean, fils et héritier de Géraud II, eut de Mar-
SaS 'chronologie historique
GUERITE DE Carmaiiso , qu'il épousa Tan i35ï , un fils qui suit; Jeanne, mariée à Jean de Levis de Mirepoix de la Garde , maréclial de la Foi ; et Mathe , femme du vicomte de Valerne. il combattit, l'an i362, pour le comte d'Armagnac , à la batadle de Launac , donnée le 5 décembre, contre le comte de Foix, qui la gagna et fit le vicomte prisonnier avec beaucoup d'autres. Sa rançon , dont il traita l'aimée suivante , fut estimée 1 Ijo fiorins d'or, pour lesquels il donna en otage Jean , son fils aîné. Il servit ensuite dans les guerres de la France contre les Anglais, à la tête de trois cents bommes d'armes , sous les ordres du duc d'Anjou , frère du roi Charles V, qui , dans ses lettres , le qualifiait de très-cher et tres-anié cousin. L'an i36c) , Charles V, par lettres données le 8 octobre, à Montpellier, rétablit capitaine - général dans toute la sénéchaussée de Kouergue. Jl réduisit cette même année à l'obéissance du roi le château de Sauveterre dans celte province. Il enleva, l'année suivante, aux Anglais , le lieu d'Arbocave , au pays de Marsan. L'an iHya , au mois d'avril , il fut établi capitaine de l'Agénois. Les preux, en ce tems-là , faisaient profession d'une valeur féroce qu'ils exerçaient également sur les ennemis de l'état et sur les personnes qu'ils étaient obligés d'office à protéger. Des meurtres que le vicomte Géraud et ses gens commirent au lieu de Praderat ou Pradères , sur la Save , à cinq lieues environ de Toulouse , le firent rechercher parle iSénéchal de cette ville. Pour se mettre à l'abri de ses poursuites, il obtint du duc d'Anjou, lieutenant-général en Languedoc, dos lettres de grâce datées du mois de septembre iSyS. {Trésor ^'"iiéaL lom. I"., p. 2G2.) Echappé de ce danger, il n'en devint pas plus sage. L'an i38 i , il fut de nouveau poursuivi criminellement par les habitants de Saint-Pvomans deTournon, eu Rouergue , pour d'auires excès auxquels il s'était porté. Il eut encore le bonheur de se tirer de ce mauvais pas , mais on ignore comment, il mourut le 20 juin i3l)o , suivant le P. An^ st^lrae. Jean , son fils aîné , l'avait précédé au tombeau.
GÉRx\UD IIî.
1.390. GÉRAUD m , fils du vicomte Jean et son successeur, joignit aux vicomtes do Fezenzaguet et de Rrulhois, aux baronnies de Creisseil , de l\oquefeuil et de Persain , le comté de l\-irdiac, par son mariage contracté, l'an 1070 , avec Anne DE î'vIoNTLEZUN , fille aînée et principale héritière d'Arnaud- Guillaume IV, comte de Pardiac et d'Aliénor de Pçralla. Jaloux de ses droits et de ses prétentions , il voulut contraindre Jfe chevalier Mçnaul de Barhazan à lui rendre hommage d©
JbES VICOMTES DE fÉzEISIZAGUET. ^27
îîPS terres. Celui-ci soutenant qu'elles ne relevaient point de lui, on en vint aux armes pour décider la querelle. Ln grand nombre de seigneurs prirent parti pour ou contre dans cette guerre. Les principaux furent les comtes d'Astarac et de Tilc- Jourdain , les vicomtes de Saint-Paulin et de Caraman , les seigneurs de Lenac , de Duras , d'Orbessan , de Campagnac , de Cestairols en Albigeois, de Beaufort , de Castanet , de Sainte-Camèle, de Bonac et de Belle-affaire. Le maréchal de Sancerre, qui commandait pour lors en Languedoc, interposa son autorité pour empêcher ces alliés de marcher au secoure de l'un ou de l'autre des deux contendants. Il fut peu écoulé dans la première chaleur de la querelle. Mais après quelques hostilités réciproques, le sénéchal de Toulouse, dans le ressort duquel se trouvaient du moins en partie, les terres des parties belligérantes, s'etant rendu médiateur, les assembla, de concert avec les lieutenants du maréchal, d'abord à Gironne, puis à Fleurance , dans le comté de Gaure , au mois de décembre i3g3. Les conférences furent ensuite transférées à Grenade sur la Garonne. Ce fut là qu'on arrêta les articles de pacif\cation , auxquels Barbazan offrit de s'en tenir. Mais Géraud les ayant rejetés, le maréchal, après avoir mis ses domaines, sous la main du roi, le fit arrêter et conduire à Toulouse , et de là à Carcassonne. Cette voie de fait fut suivie d'un jugement solennel qu'il rendit sur cette affaire , le 26 juin de l'an loc^^^ dans la nouvelle salle du palais de Toulouse , où il logeait alors. Géraud ayant appelé de la sentence au parlement de Paris , fut am«^né aux prisons du Châlelet , où il demeura jusqu'à la Saint- Martin i.:>95 , qu'il obtint son élargissement sous caution. Ce ne fut pas la seule mauvaise affaire où s'engagea le vicomte Géraud. De son mariage il avait deux fds , Jean et Arnaud- Guillaume. Il maria le premier, le 4 juin i3(^6 (et non lo^S) , avec Marguerite, comtesse de Comminges et veuve de Jean III , comte d'Armagnac ; alliance funesie par les dissensions qui arrivèrent presque aussitôt qu'elle fut contractée entre les deux époux. Marguerite , plus âgée que Jean cpii n'avait alors que dix-huit à dix -neuf ans, voulut le maîtriser et user à sou égard de l'empire d'une mère sur son fils. L'époux , choqué des hauteurs de sa femme , la quitta pour se retirer chez sou père , ou il demeura quelque tems. Ayant appris ensuite que Maiguerite avait établi le seigneur de Fontenelle , son lieutenant dans le comté de Comminges, il revint la trouver à Muret. Il en fut mal accueilli , et résolu de se venger, il retourna vers son père , afin de concerter avec lui les moyens de réduire la comtesse. Leur avis fut d'implorer le secours de Bernard Vil , comte d'Armagnac, leur parent. Jean s'étant rendu auprès de
SsS CHRONOLOGIE HISTORIQUE
lui , en reçut de belles promesses que Bernard n'avait nulle envie d'effectuer. Le comte d'Armagnac, attaché jadis au parti des Anglais, était piqué contre Géraud , dévoué de tous tems aux intérêts de la France , de ce qu'il avait défait une troupe d anglais , qui était venu faire des courses jusqu'aux portes de Cotidom, et de ce qu'en ayant pris d'autres près de Gimond, il les avait fait pendre sans miséricorde. Il se souvint encore que Géraud mniit autrefois tiré la dague contre lui. Il était de plus irrité contre le fds de ce qu'il avait épousé la comtesse de < omminges sans le consulter. Loin donc «Je lui tenir sa parole, il se ligua secrètement avec Marguerite, contre son beau-père et son mari. Ceux-ci , se croyant assurés de son secours , entrèrent avec confiance dans le Comminges, où ils prirent d'abord quelques places. Mais le comte d'Armagnac ayant obtenu du roi Charles VI , par lettres du 19 mars 1400 (v. s.) , permission de défendre la comtesse , marcha contre le vicomte Géraud ^ qu'il assiégea dans le château de Montlezun. Géraud s'étant échappé avant que la place fut prise , se retira au château de P>russens , en Bigorre. Le comte l'ayant poursuivi dans cet asile, obligea les habitants à le livrer entre ses mains. Maître de sa personne, il le fit conduire d'abord au château de Lavar-* dons à quatre lieues d'Auch, et de là à la Kodèle , en J'iouergue , où il le fit enfermer dans une citerne , avec ordre de ne lui donner que du pain et de l'eau. Il y mourut au bout de dix à douze jours environ l'an i4o3. Le traitement que Ber- ' nard fit essuyer aux deux fils de Géraud , ne fut pas moins bartare. Le vicomte Jean et Arnaud-Guillaume , son frère , à la nouvelle de l'arrêt de leur père, s'étaient précipitamment retirés à Puigasquet dans le Fézenzaguet. Le comte de l'ile- Joordain et le bâtard d'Armagnac étant venus les y trouver, leur conseillèrent de se rendre avec eux auprès du comte d' Armagnac, pour tâcher de recouvrer, ses bonnes grâces. Us y consentirent. Arrivés à Auch , où le comte Bernard était alors, le Jeudi-Saint i4o3, (v. s.) ils lui furent présentés le lende- )nain dans la salle de l'archevêché par le comte de l'Ile-Jourdaln, lequel s'agenouillant avec eux , lui dit : Monseigneur, ils i-ont vos neveux., et les voyez qu 'ils sont ir.y de votre hôtel., et portent votre nom et vos armes , et sont bien jeunes comme vous voyez , qui vous requerrent pardon et moy avec eux , en vous priant qu 'en l 'honneur de Dieu et de la passion en quoi nous sommes , il vous plaise de leur pardonner et remettre les déplaisirs que vous avez pris contre eux. A quoi le comte d'Armagnac répondit : Oncle , vous les estes allé quérir de votre volonté , par quoi s''ils se veulent mettre à notre mercy , c'est un. Monseigneur, repartit l'Ile- Jôurdain, assez se met à mercy qui demande pardon. Demander
DES VICOBITES DE FÏÏZEIS'ZAGUET. 829
mercy , dit Bernard , est un autre. Enfin ils demandèrent pardon et mercy ; de quoi le conate d'Armagnac requit acte; et le jour de Pâques ils furent menés au château de Lavardens ; puis ayant été séparés , l'aîné fut conduit au château de Brusson , en Rouergue , et le second, à la Rodèle ou son père était mort. Mais comme il en approchait , l'aspect de cette prison le saisit si fort , que sur le refus que firent ses conducteurs de le descendre de cheval , il tomba mort à leurs pieds. A Têtard de l'aîné , dès qu'il fut arrivé dans sa prison de Brusson , on lui fit perdre la vue avec un bassin ardent qu'on lui mit devant les yeux. Il languit long-tems dans cet état , privé de tout secours et mourut enfin accablé de misère. (Froissart et Anselme.) Ainsi finit la branche aînée des vicomtes de Fézcnzaguet. Le comte d'Armagnac n'avait pas attendu la mort de ces deux jeunes seigneurs pour se mettre en possession de tous les biens de leur maison. H s'y maintint par la protection du duc de Berri , son beau-père, contre Jeanne d'Armagnac, sœur de Jean de Levis , seigneur de Mirepoix , à laquelle cette succession était substituée. Jeanne, après avoir vivement disputé ses droits , de concert avec son fils Roger-Bernard et ses autres enfants , se laissa enfin persuader de remettre ses intérêts entre les mains de Jean de Levis , seigneur de Livrac , et des sires de Roqaetaillade, de Tolin et de Volère. On fit une transaction, le 9 juillet 1404» P^r laquelle le comte d'Armagnac, au moyen de la cession qu'il fit au sire de Mirepoix et à ses frères de la baronnie de Preixan et de ses dépendances , resta paisible possesseur de la vicomte de Fézenzaguet et du comté de Pardiac.