‹ L'art de vérifier les datesChapitre 141 sur 230 · HENRI DE FOIX · texte numérisé non relu

HENRI DE FOIX

iByi. Henri de Foix, comte d'Astarac, de Candale et de

Benaugps , et captai de Bucli, après la rr.ort de Frédéric sOTt ppre , elait maiie dès Tan 1^77, avec Mahie, fille puînée du connétable Anne de Monlmorenci , qui procura . Tannée suivante, à son gendre , le gouvernement de Bordeaux et du Bordelais. Il ne jouit pas long tems de ces avantages. « On trouve, i> dans ic ^ec^ologe de (àimond,dit D. de Brugèles, que Henri, 3> comte d'A>Iarac, étant au siège de la ville de Sornmières, en » Langijedoc , contre les Huguenots , y fut blessé d'un coup » d'arquebuse. Il avait forme le blocus de cette place avec son j> beâu-frère , Henri de Montmorenci, qui prit la ville après » la blessure du comte, lecjuel fut porte dans la ville, ou il w mourut le 5 mars 1073. 11 ordonna, quelques moments avant » d'expirer, qu'on portât son corps à Castelnau de Barbarens , » pour y être inhumé dans le tombeau de ses ancêtres; ce qui » fut exécuté, » De son mariage, il laissa deux filles, Marguerite, qui suit, et Françoise. Celle-ci, que le duc d'iipernon , son beau-fière, contraignit dembrasser la vie reli;,;ieuse , ayant été faite en 1600, abbesse de Sainle-Glossinde , à Metz, obtint, l'an 1610, un rescrit de Rome pour se faire séculariser. Mais, n'ayant pu obtenir la restilulion de son patrimoine, elle fit profession, Tannée suivante, du Calvinisme, et mourut à Paris au mois de septembre 1649.

MARGUERITE DE FOIX, et JEAN-LOUIS DE ISOGARET.

1572, Marguerite de Foix, comtesse d'Astarac, de Candale et de Benauge, et captale de Buch du chef de Henri de Foix son père, épousa, le :>3 août 1587, au château de Vin— rennes, Jeais-Louis de IS'ogaret, marquis de la \alette, duc d'Epernon, comte de Montfurt , chevalier des ordres du roi , premier gentilhomme de la chambre , colonel- général de Tinfanteiie , gouverneur de Guicnne , de Provence et du pays Messin , crée duc et pair de France en 1682, et enfin amiral en 1587. Tant de titres, accumulés sur sa tête par Henri iil, le firent appeler la Garde-rol/e du roi. Ce prince lui avait promis (le le rendre si puissant qu'on ne pourrait pas lui ôter ce qu'il lui avait donné. Ce fut lui même qui le maria, et pour son présent de noces il lui donna quatre cent mille écus qui ^audraienl aujourd'hui plus de trois millions. « I.e festin de la >» noce, dit le journal de Henri IH, fut fait très-magnifique en w Thôtel de Montmorenci , ou le roi et toutes les dames assis* n îèrent , et y balla le roi en très-grande allégresse, portant » néanmoins son chapelet de têtes de morts attaché et pendu à »• sa ceinture , tant que dura le bal, et donna ce jour à la ma-

»ES COMTES d'aSTARAC. 3^9

» rice un collier de cent perles, estimé cent mille écus. » Telle était la profusion de ce monarque pour ses mignons. Il en avait déjà fait autant aux noces de Joyeuse. (^Ibid.) Le duc d'Epexnon ne fut pas au reste un favori sans mérite ; il fallait même qu'on lui en reconnût beaucoup pour lui passer le caractère de hauteur et de fierté que lui avait donné la faveur, et qu'il conserva même après l'avoir perdue. Jamais courlisan ne fut moins souple que lui, ni grand seigneur plus jaloux des prérogatives attachées à son rang, et plus empressé d'y en ajouter de nouvelles. Pour peindre d'un seul trait sa vanité , ce serait assez de dire qu'il exigeait de ses gardes les mêmes preuves que font les chevaliers de Malte. Mais il y a bien d'autres traits semblables qui le caractérisent. Sous prétexte de la goutte , dont il était souvent tourmenté, il obtint de Henri IV, en 1607, la permission d'entrer en carrosse dans la cour du Louvre ; cette permission , qui jusqu'alors n'était accordée qu'aux princes du sang, s'étendit sous la régence de Marie de Médicis à tous les ducs et grands officiers de la couronne. D'Epernon avait toujours été opposé à Henri IV lorsque ce prince n'était que roi de Navarre; il avait essayé d'empêcher qu'il ne montât sur le trône de France ; il avait traversé l'établissement de l'autorité royale autant qu'il l'avait pu , et s'était maintenu dans les gouvernements et charges qu'il occupait contre la volonté du souverain. Henri IV enfin avait découvert que cet orgueilleux sujet le croisait dans tous ses desseins. D'Epernon était dans le carrosse de ce monarque à ses côtés lorsqu'il fut assassiné. Aussitôt qu'il eut expiré, d'Epernon courut donner ordre aux compagnies de garde de se saisir des portes du Louvre, manda les au 1res qui étaient logés dans les faubourgs , les fit placer sur le Pont-]Neuf, dans la rue Dauphine et aux environs des A ugustins, afin d'investir le parlement et de le contraindre, s'il le fallait, à déclarer la reine régente. Le président de Blanc- Ménil, qui tenait l'audience de l'après-midi , la rompit sur le bruit qui courut de la blessure du roi ; mais il n'osa ou ne voulut pas sortir de là. Et cependant le président Seguier, auquel le <iuc d'Epernon était aile demander conseil et assistance , s'y rendit aussitôt avec ses amis. {^Pièces infères, tom. H, pp. 162-179. ) ^"*' compagnie se trouvant assemblée pour servir les desseins du duc, il acheva de la décider par ces paroles menaij'anles : Elle est encore dans le fourreau ^ dit il, en montrant sou epée ; mais il faudra qu'elle en sorte si on n'accorde pas dans l instant à la reine un litre qui lui est dû selon V ordre de la nature et de la justice. Les obligations que la reine lulavait augmentèrent encore son audace sous la régence. « Le parlement, en i6i4» » ayant fait arrêter un soldat aux gardes pour avoir tué son

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}> camarade en duel , k- duc d'Epernon le réclama comme Juge » souverain de l'intanferie, et sur le refus que fit le parlement » 'de le rendre , huit soldats allèrent, par son ordre , enfoncer » les portes de là prison et l'enlever. Décret d'ajournement " personnel contre lui , et de prise de corps contre les huit " soldats. Celte procédure lui déplut. Il alla dans la salle du » palais, accompaghc de plusieurs officiers et gentilshommes., >' tous en botte. Lé$ audiences cessèrent; greffiers, procureurs, >' huissiers , tous s'enfuirent , il y eut des robes accrochées et " déchirées par les éperons. Le parlement déclara qu'il ne » rentrerait point qu'on ne lui eût fait satisfaction. La reine- » mère avec les ministres eurent beaucoup de peine à obtenir >' du duc d'Epernon qu'il irait faire des excuses, et celles qu'il »' fit en avait bien moins l'air que d'une réprirhande. Il finit " par dire , que par l'ordonnance qui avait érigé en sa faveur » l'état de colonel-général de l'infanterie en charge de la couj> ronnc , il était expressément marqué qu'il aurait pleine et » entière juridictiori, droit de vie et de mort sur tous les >9 soldais , et que le parlement n'aurait pas dû l'ignorer, puisi> qu'il avait enregistré cette ordonnance le 2.2 janvier i5(">2. » (Saint-Foix.) E'an 1618 , autre incarlatle du duc d'Epernon, Le garde des sceaux , du Yair , prenait la préséance sur les pairs de même que le chancelier. D'Epernon, prétendant que son office n'étant qu'une commission et non une charge , ne pouvait lui donner cette prérogative, entreprend de la lui enlever. Il choisit pour le faire avec plus d'éclat le jour de Pâques, où toute la cour était assemblée à lagrand'messe de Saint-Germainl'Anxerrois. Du Vair ayant pris sa place à l'ordinaire au-dessus des pairs, il va l'en tirer par le bras, ajoutant à cette insulte des paroles de mépris. Du Vair, estimé à la cour, aimé du roi et de la reine-mère, demande justice de cet affront , et tout ce qu'il peut obtenir est un ordre au duc de se retirer dans son gouvernement de Metz. Le ménagement dont la reine usa envers lui dans cette occasion , ne fut pas sans retour. Cette princesse , détenue comme prisonnière au château de Blois, ayant trouvé moyen de s'échapper la nuit du 21 au 22 février 1(519, ^^ ^^^ d'Epernon avec lequel son évasion avait été conserlée , vint la recevoir à la tête de ses gardes et accompagné de cent cinquante gentilshommes , à une lieue de Loches , et l'emmena dans SOS terres d'Angoulénne , comme souverain qui donnerait du secours à son allié. 11 fallut , dit un homme d'esprit , que Louis XIII traitât avec lui de couronne à couronne, sans oser faire éclater son ressentiment. L'an 1622, d'Epernon obtint le gouvernement de Guienne. Henri de Sourdis, prélat militaire, brusque et hautain, était alors archevêque de Bordeaux»

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